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Histoire pour enfants Egypte antique Egypte, Assouan, temple de Philae

Histoire pour enfants Egypte antique – Héria, Partie I

Histoire pour enfants Egypte antique

Héria s’était levée tôt, ce matin-là. Elle avait quitté son village alors que le soleil commençait à peine à s’élever au-dessus des montagnes, réveillant la vallée du Nil et la ville de Thèbes. De l’autre côté du fleuve majestueux, les temples sortaient doucement de la pénombre. Dans les collines silencieuses se dissimulaient les tombeaux des pharaons et des reines du temps passé.

Malgré sa marche rapide, Héria frissonnait, car l’air était frais en ce matin de janvier. Et puis, elle allait au-devant d’une épreuve. Son rêve allait-il enfin pouvoir se réaliser ? Car la jeune fille portait dans son cœur un grand désir : devenir médecin, soigner ceux qui souffrent. Déjà, elle avait appris avec sa grand-mère, la vénérable Mikêt, les secrets des plantes qui guérissent. Aujourd’hui, elle voulait étudier à l’école de médecine, au temple de Karnak. Mais elles étaient bien rares, les femmes qui étaient admises à étudier dans ce lieu. Comment Nebka, le grand-prêtre, allait-il accueillir sa demande ?

Héria arrivait, un peu essoufflée, devant l’entrée monumentale du temple. Elle leva les yeux vers les statues gigantesques du pharaon Ramsès II, que les sculpteurs venaient juste d’achever. Ces colosses semblaient contempler l’obélisque qui se dressait au centre de la cour, ornée de hiéroglyphes, l'écriture égyptienne. Son sommet recouvert d’électrum

étincelait au soleil. La jeune fille passa sous le portique, secouant la poussière du chemin de sa tunique neuve en lin blanc. Il lui fallait faire bonne impression. Ses cheveux noirs, soigneusement nattés, encadrait son visage à la peau dorée.

Un scribe passait par là d’un air affairé. Héria l’interpella d’une voix douce mais assurée.

– S’il vous plaît, je voudrais voir le grand-prêtre.
– Le grand-prêtre ? fit le scribe. Tu… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu, en haut à droite.  n’y penses pas, il ne va pas recevoir tous les paysans qui se présentent ici, même s'il les respecte beaucoup.
– Mais c’est très important, insista la villageoise.
– A cette heure-ci, il célèbre le culte de Râ, le dieu-soleil, ça aussi, c’est important. Tu n’as aucune chance, dit-il encore en s’éloignant.

Histoire pour enfants Egypte antique

Les Scribes sont les érudits de l’Égypte Antique. Ils sont des lettrés qui aident Pharaon à diriger le Royaume.

Héria soupira et puis reprit courage. Non, elle n’allait pas se laisser rebuter ainsi ! Puisque personne ne l’arrêtait, elle entra dans le sanctuaire. Sur le seuil de l’hypogée, elle s’arrêta, bouche bée.

Hypogée Histoire pour enfants Egypte antique

Une hypogée, accès vers un lieu souterrain

Cette salle immense était une forêt de colonnes, toutes sculptées et décorées de couleurs vives. Le plafond, à peine visible dans l’obscurité de la salle, était peint d’étoiles dorées.

– Petite, que fais-tu là ? demanda soudain une voix grave.

Héria sursauta et se retourna. C’était bien lui, Nebka, le grand-prêtre, un des personnages les plus importants du royaume après Pharaon. Son front plissé et son crâne rasé lui donnaient un air sévère, mais une belle lumière dans son regard annonçait un homme juste. Vite, la jeune fille retrouva ses esprits. Prenant une grande inspiration, elle lui demanda d’un ton rapide :

Nebka

– Je veux devenir médecin. S’il vous plaît, permettez-moi d’étudier à la Maison de Vie.
– Tu veux devenir médecin… répéta le prêtre d’un ton songeur. Tu as de l’ambition, jeune fille. Ce sont des études longues et difficiles. Ne serais-tu pas plus heureuse chez toi, à tisser la laine ou à t’occuper de ta maison ?
– Non, ce n’est pas de ce bonheur tranquille que je souhaite. Je veux apprendre à soigner les blessés, réconforter les malades. Je ne suis pas ignorante, vous savez. J’ai appris à cueillir les herbes et je lis même quelques hiéroglyphes. Mon frère est à l’école de scribe, c’est lui qui m’a appris.
– Qui es-tu ? demanda Nebka, et qui est ton père ?
– Je suis Héria, fille de Khany. Mon père cultive dix arpents de terre. Nos champs sont fertiles et bien entretenus, s’exclama fièrement la jeune fille, mon père est un homme respecté.
– Eh ! bien, Héria, fille de Khany, tu m’as l’air d’être décidée ! Mais tu ferais mieux de renoncer. Ce que tu sais te servira à soigner les gens de ton village, les ouvriers de ton père et de ton mari, plus tard. Tu feras du bien autour de toi. Mais médecin…. Allons, rentre chez toi.

Histoire pour enfant Egypte antique

Histoire pour enfant Egypte antique

Nebka s’éloigna d’un pas pressé. Déjà, des prêtres accouraient vers lui, attendant ses ordres pour la journée. La cour du temple s’emplissait d’une foule nombreuse. Des ouvriers portant leurs outils s’interpellaient gaiement. Les paysans, guidant leurs charrettes traînées par des bœufs, apportaient leurs offrandes au temple : des jarres de bière, des pièces de laine ou de lin tissées, des poteries de toutes tailles, les premiers légumes de leurs récoltes.

Passant au milieu de ce joyeux vacarme sans y prêter attention, Héria ressortit du temple. Elle était désolée. Traînant les pieds dans la poussière du chemin, elle reprit le chemin du village. Elle traversa les champs sans leur accorder un regard. D’ordinaire, elle aimait à contempler ce paysage calme, le sol brun fertilisé par l’inondation, où perçaient déjà les premières pousses vertes du blé et de l’orge. La récolte serait bonne cette année, si les insectes ne la dévoraient pas. Elle croisa un âne qui trottinait, portant du fourrage. L’homme qui le menait l’apostropha joyeusement. Perdue dans sa tristesse, elle ne l’entendit même pas.

Le Nil - Histoire pour enfants Egypte antique

Ombres et lumières des rives en Egypte antique

Elle parvint au village. Ce matin, comme tous les matins, les garçons riaient aux éclats en se renvoyant adroitement une balle en tissu. Les fillettes, accroupies devant le seuil des maisons blanchies à la chaux, jouaient avec leurs poupées. Les femmes préparaient des galettes d’orge pour le repas ou filaient la laine. Les hommes étaient aux champs, réparant les canaux, arrachant les mauvaises herbes, ou redressant les bornes renversées par l’inondation.

Héria se réfugia chez Mikêt, sa grand-mère. Sa maison sentait bon les herbes séchées. Sur un brasero fumait de l’encens, qui purifiait l’air et chassait les insectes. Des lentilles mijotaient dans la marmite. C’était une odeur familière, apaisante. Voyant le visage bouleversé de sa petite-fille, Mikêt se leva de son tabouret et la serra dans ses bras.

– Oh ! grand-mère, il a refusé ! pleura amèrement Héria.

Histoire pour enfants Egypte antique
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La princesse aux oiseaux une histoire du soir

La Princesse aux Oiseaux est un exemple d'histoire

Il était une fois une princesse qui vivait dans un pays très lointain: la princesse aux oiseaux. Elle vivait dans un grand et merveilleux château de cristal, près d’une vaste forêt.

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La princesse aux oiseauxOr, la princesse aimait s’y promener. Tous les matins, elle partait, chaudement vêtue de sa cape en laine bleue et de ses souliers vernis.

Chaque jour donc, elle avançait sans bruit dans les sentiers couverts d’un tapis de feuilles ocres, rousses et dorées. Certes, tous les animaux de la forêt la connaissaient et l’approchaient sans peur.

La princesse prenait toujours soin d’apporter dans un panier tressé des graines et du pain, tout ce qui pouvait nourrir ses petits amis de la forêt. Ainsi, les faons, les écureuils et les chevreuils venaient manger dans sa main.

Mais la princesse aimait surtout les oiseaux. Mésanges, fauvettes, rossignols et colibris picoraient les graines qu’elle leur lançait. C’était un joyeux concert de pépiement autour d’elle.

L'oiseleur menace la princesse aux oiseaux

Cependant, voilà qu'un jour, un méchant homme suivit la princesse. C’était un oiseleur, qui voulait capturer les oiseaux pour les montrer en spectacle dans les foires. Lors, il se cachait derrière les arbres et la princesse ne l’avait pas remarqué.

La princesse était alors parvenue dans la clairière où elle avait l’habitude de se rendre. Tandis qu'elle avait posé son panier au sol, enlevé le torchon à carreaux qui le couvrait et qu'elle s’apprêtait à lancer une poigne de croutons, les oiseaux s’approchaient, pépiant en attendant de recevoir leur pitance.

Déjà, le méchant oiseleur sortait son filet et s’apprêtait à les capturer tous !

Heureusement, Loyal, le chien fidèle de la princesse, avait remarqué ce brigand. Aussitôt, aboyant furieusement, grognant, montrant les crocs, il lui fit si peur qu’il s’enfuit en courant et ne revint jamais dans la contrée. Bien sûr, Loyal fut récompensé de sa vigilance par un bel os. Tandis que la princesse put continuer à visiter ses animaux favoris en toute tranquillité.

On ignore l'origine de ce conte mais lui aussi est d'une simplicité désarmante et d'une vacuité narrative totale. Il manque assurément de rebondissement et de surprise. Il convient donc aux tout-petits enfants. Les plus grands ne s'en contenteront pas.

Y trouve-t-on des sens cachés ? C'est peu probable. L'origine populaire ne fait pas de doute. L'adversaire est ce"lui qu'on croise sur la route, le trésor est animalier. Rien ne donne à penser à un très haut niveau de culture ou de renommée. Ce conte a-t-il été inspiré par un personnage réel ? C'est possible. Des quantités de jeunes femmes ont bien pu vivre de tels événements.

L’histoire à raconter le soir

L’histoire du soir est comme un trésor pour les enfants. Histoire à raconter le soir ou moment de partage.

Ce livre que vous ouvrez chaque soir est comme un coffre rempli de merveilles pour votre famille. Ou alors, aujourd'hui, grâce à lhistoiredusoir.com, c'est sur votre smartphone que vous lisez l'histoire.

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La première pierre précieuse que vous en sortirez pourra être un rubis, d’une chaude couleur rouge, symbole de l’affection partagée.

L’histoire à raconter le soir

L’histoire à raconter le soir: tradition utile

Histoire à raconter le soir : un moment d’intimité familiale

Voyez votre progéniture blottie autour de vous sur le canapé, sur votre lit ou même au sol avec des coussins moelleux.

Vos jeunes auditeurs se réjouissent de ce temps que vous leur consacrez, entrant avec eux dans un monde enchanté ou leur faisant découvrir les trésors de notre passé et de notre planète.

Continuez à fouiller dans votre « livre aux trésors » pour choisir l’histoire à raconter le soir.

Vous pourriez ensuite y trouver un saphir, d’un bleu profond comme les océans.

Grandes vies

L'imaginaire, c'est bien. Mais les vraies vies, c'est magnifique aussi !

Racontez à vos enfants les aventures des grands explorateurs, ceux qui ont osé braver les éléments pour s’en aller découvrir des terres inconnues, Christophe Colomb en Amérique, Marco Polo en Chine ou Robert Scott au pôle Nord.

Ils donneront à vos enfants l’audace et le goût des aventures.

Sortez ensuite avec précaution des soieries chatoyantes, des colliers de perles aux reflets nacrés, roses ou blanches.

Choisissez alors une histoire à raconter le soir qui fera rêver les fillettes. Princesses ou bergères, fées ou enchanteresses, elles leur apporteront de la douceur et l’amour des belles choses.

Les garçons s’y intéresseront aussi, pour peu qu’un chevalier sans peur et sans reproche sauve la belle dame par son courage et sa bravoure.

histoire à raconter le soir sur https://lhistoiredusoir.com/

Grâce à lui, la demoiselle pourra échapper aux griffes d’un terrible dragon ou d’un mauvais tyran.

Princesse sortie des pages de l’histoire de France ou des contes traditionnels, les ouvrages ne manqueront pas pour cette histoire à raconter le soir. Le monde entier propose des contes. Une vie n'y suffit pas.

Brillant dans l’ombre du coffre, voici un diamant, pur et resplendissant, comme la vie de ceux qui nous montrent le droit chemin par leur vie exemplaire.

Ce soir, vie exemplaire ou fable ?

Racontez simplement la vie des hommes, célèbres ou inconnus, qui ont su faire le bien autour d’eux. Certains ont apporté la paix au monde.

Inventez aussi des fables qui apprendront à vos enfants comment trouver le bien. Inventez, c'est bon pour vous !

Des pierres sombres comme l’onyx ou l’améthyste vous feront penser aux récits de guerres et de conquêtes, qui ont souvent fondées les grandes civilisations. Ainsi, mettez des joyaux dans l'histoire...

Des chevaliers de la table ronde à Garibaldi, en passant par Alexandre le Grand, François Ier et du Guesclin... Cette histoire à raconter le soir leur fera découvrir les grands moments de l’histoire du monde.

L’histoire du passé apporte un éclairage nouveau pour comprendre le monde d’aujourd’hui. Car oui, il est arrivé que les puissants et les grands rois aient su mettre leur courage et leurs talents au service de leur pays et de leurs idéaux.

Des bijoux d’ambre ou de topaze font luire leurs reflets jaunes comme l’or.

Convoquez maintenant à l’heure de l’histoire à raconter le soir les poètes, musiciens, conteurs et autres artistes qui illuminent le quotidien parfois gris.

Victor Hugo, Virgile, Chopin ou Mozart ont égayé des milliers de personnes par leurs dons artistiques.
Peut-être révélerez-vous ainsi chez vos enfants un talent caché, un rêve enfoui dans leur cœur ?

Ainsi, les thèmes pour l’histoire à raconter le soir sont aussi riches que variés.
Vous trouverez sans peine de nombreuses sources d’inspiration. Elles plairont à tous les enfants, quel que soit leur âge ou leur caractère.

Mais, attention, ne leur offrez pas des trésors « en toc ».
Un texte riche et poétique, des illustrations de qualité, un récit passionnant, tout ceci contribue à élever l’âme de nos petits.

Histoire pour enfant Au temps de la préhistoire, Partie II

Préhistoire - Histoire pour enfant, Partie II

Touk et Boga sont tombés dans un piège, ils n’arrivent pas à en sortir. Qui viendra à leur secours ? Des guerriers s'approchent, un homme se penche au-dessus de la fosse où ils sont tombés.

– Touk ! Boga ! mais que faites-vous ici ?

C’est le chef Faro ! ils sont sauvés !

Les hommes descendent une longue branche dans la fosse. Boga s’accroche solidement et il est hissé hors du piège. Puis, c’est le tour de Touk. Les garçons s’avancent devant les hommes, confus, la tête basse.  Faro dit de sa voix sévère.

ours– Vous avez encore préféré vos jeux et votre amusement au travail qui vous a été demandé. Que vouliez-vous faire aussi loin du campement ? N’avez-vous pas entendu hier mon avertissement : les ours se réveillent de leur sommeil d’hiver et ils sont dangereux !
– Nous voulions voir un mammouth, dit Boga d’une petite voix timide.
– Un mammouth ! répond Faro. Vous saviez bien pourtant qu’il y en a très peu. Il vous est défendu de vous éloigner.

Les garçons ne répondent rien, ils savent bien qu’ils ont fait une grosse bêtise.

– Vous auriez pu mourir, seuls dans ce trou ! reprend le chef. Je pense que vous avez été assez punis par la peur. Mais demain, vous devrez travailler deux fois plus, pour compenser ce que vous n’avez pas fait aujourd’hui.

Ils se mettent en marche. Touk les suit en boîtant, clopin-clopant, mais il souffre trop. Un homme le porte sur son dos. Quelle humiliation pour le garçon, d'être porté comme un enfant !

Le retour leur paraît interminable, mais voici au loin le campement.

Miti s’avance, très inquiète.

– Enfin vous voilà ! Que s’est-il passé ? Et ton pied, Touk, tu t’es fait mal ?

Faro prend la parole :

– Ils ont désobéi et mis leur vie en danger, simplement pour s’amuser. Leur a-t-on commandé d'y aller ? L'enfant obéit à ceux qui l'élèvent, comme l'Homme obéit à mère nature qui le conduit. Ils devront racheter leur faute… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu, en haut à droite. 

Histoire pour enfant Au temps de la préhistoire – Partie I

Histoire pour enfant Au temps de la préhistoire

Cette histoire commence il y a fort longtemps, au temps des premiers hommes qui aient jamais habité sur la Terre, au temps de la Préhistoire. Si nous pouvions y être transportés, comme le monde nous paraîtrait étrange ! Pas de maisons en pierre, pas de magasins, pas de voitures, pas de téléphones ni d’ordinateurs, pas de rue, rien de ce qu'on voit dans nos villes ou nos villages, en fait.

Tu reconnaîtrais certains animaux, les rhinocéros, les rennes, les ours, les chevaux, les lièvres ou des oiseaux, mais d’autres te paraîtraient bien différents : des aurochs (qui ressemblent un peu à nos taureaux), des bisons et même des mammouths, ces éléphants couverts d’un épais pelage laineux.

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L'auroch

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Chasseurs et mammouth

La nature était partout, des forêts sombres et touffues, des vastes plaines parsemées de rochers entre lesquels scintillaient des ruisseaux argentés ou des fleuves tumultueux, des montagnes couronnées de neige et percées de grottes au creux desquelles se cachaient les animaux.

C’était le royaume du silence. Du moins, le silence des hommes, car la nature, elle, chantait de tous côtés. Le jour, on entendait le pépiement des oiseaux, les cris des animaux se mettant en chasse, les froissements de cigales ou de crickets, et la nuit le chant des grillons, des oiseaux de nuit, des renards et de toutes les bêtes qui vivent éveillées la nuit ; et de jour comme de nuit, le doux murmure des sources, le vent qui siffle dans les arbres, la pluie qui crépite, l'orage ou le ressac de la mer. Parfois même, on percevait au loin l'effrayant grondement d'un volcan. A la fin de l'hiver, le spectacle le plus saisissant, auquel les hommes allaient parfois se rendre, c'était la débâcle: la glace des rivière se rompait et se bousculait de loin en loin dans le lit du cours d'eau, en faisant un vacarme assourdissant, jusqu'au bout des vallées où elle s'empilait et se fracassait entre les passes rocheuses, à moins qu'elle disparaisse en mer. Il fallait faire attention parce que des morceaux de glace étaient souvent projetés en l'air et allaient frapper les rives. Parfois même, c'était les hommes eux-mêmes qui provoquaient ce grand événement en brisant la glace le plus haut possible dans la rivière, en amont de la montagne, car ils ont besoin de retrouver les poissons, l'une de leur nourriture préférée. Et puis, il y avait les grandes marées où la mer semble un monstre en furie. Les hommes connaissaient très bien la nature, en ce temps-là.

On aurait pu marcher pendant des journées entières sans rencontrer un seul homme, car ils étaient peu nombreux, ces hommes préhistoriques. Tiens ! Mais justement, ne dirait-on pas là-bas deux petits d’homme ? Approchons-nous un peu…

– Descends, Boga ! s’exclame Touk, un jeune garçon trépignant au pied d’un arbre. C’est à mon tour maintenant
– Oh ! répondit Boga, perché en haut de l’arbre, attends un peu ! D’ailleurs, c’était mon idée. Je veux absolument voir un mammouth !
– Une autre fois, le soleil se couche, il faut rentrer.

Les deux garçons prennent le chemin du campement, escaladant avec agilité les souches, sautant allègrement les ruisseaux. Ils sont vêtus d’une tunique en peau de bête et portent des bottes de peaux.

erectus-cuisson-alimentLorsqu’ils arrivent au camp, chacun s’active. Les chasseurs ont tué un renne : le repas sera bon pour la tribu ! A l’aide de pierres tranchantes, les hommes dépècent des quartiers de viande et les enfilent sur des bâtons, pour les faire cuire au dessus du feu. Les femmes raniment les braises. Miti, la maman de Touk, les interpelle :

– Touk ! Boga ! vous deviez rapporter du bois, qu’avez-vous fait ?
– Oh ! maman, proteste Touk. Je suis presque un homme, je veux apprendre à chasser.  Ramasser du bois, c’est un travail pour les filles.
– Tu te trompes Touk, dit une voix grave derrière lui.

C’est Faro, le chef du clan, un chasseur habile et prudent, un chef sage et juste. Tous l’écoutent et le respectent. Le chef reprend :

– Ramasser du bois est facile, mais c’est une tâche très importante. Sans feu, comment faire cuire la viande ? Comment nous réchauffer ?  Et pense à ces veillées qui nous rassemblent le soir. Le clan ne pourrait pas vivre, sans le feu. Alors, va, mon garçon !

Histoire pour enfant Au temps de la préhistoire

Histoire pour enfant Au temps de la préhistoire Peinture rupestre

La tribu se régale de la viande de renne grillée, d’œufs cuits dans la braise, de racines et de baies. La nuit est tombée, tous se rassemblent autour du feu. Un vieil homme sort une flûte taillée dans un os de bison et commence à jouer. C’est une mélodie simple mais envoûtante. Tous se mettent à chanter, frappant dans leurs mains en rythme. Puis, le silence se fait. On entend un rugissement, des cris d’animaux. Un oiseau de nuit vole lourdement près du feu puis s’éloigne. D’une petite voix, Boga demande timidement :

– Faro, raconte-nous encore la chasse au mammouth…

Le chef sourit, il sait que cette histoire fait rêver les garçons. Et de sa voix grave, il commence.

Woolly mammoth model

« C’était il y a de nombreuses saisons, 251 lunes exactement. J’étais jeune alors et, comme vous, je rêvais d’aventure. Je voulais que tous voient mon courage et ma valeur ! C’était lors d’un hiver très froid, le clan avait faim. La terre était gelée, nous ne pouvions pas déterrer des racines. Les petits animaux, lièvres ou lézards, se cachaient dans leurs terriers. Je suis parti un matin. J’avais fixé une pierre tranchante sur un bâton, je voulais tuer un buffle. Pendant de nombreuses heures, j’ai marché, droit devant moi. J’avais faim, mais je ne voulais pas rentrer les mains vides, sans rien rapporter. Soudain, je l’ai vu, là… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu, en haut à droite. 

Jeannot et Trim, Chapitre V : les Deux Ecuyers

Dans l’épisode précédent, après la bataille d’Outteviele, messire Guillaume recouvre son château et épouse Clotilde. Avant de partir en croisade, il apprête son château. Jeannot l’assiste et apprend ce qu’est un écuyer.

cheval11 Jeannot et Trim, les deux écuyers

Jeannot rêvait de devenir chevalier et il aimait que messire Guillaume lui explique comment en le devenait.

— Me feriez-vous votre écuyer, messire Guillaume ? osa-t-il demander.

Guillaume releva la tête, le regarda longuement et dit à mi-voix, avec un demi-sourire admiratif :

— J’espérais que tu me le demandes. J’en serais heureux.

Et il lui tend la main. Jeannot lui applique un baiser en disant :

— Mon seigneur.
— Je veillerai à ce que tu apprennes les nobles règles. On t’enseignera à monter à cheval, à manier les armes et à lutter à mains nues. Tu vivras seul en forêt durant plusieurs semaines, chassant et pêchant ta nourriture. Tu connaîtras aussi le chant des ménestrels, les poèmes des troubadours et tu apprendras à jouer de la lyre. Tu partiras en pèlerinage, car un chevalier est pieux et sert Dieu. Si tout cela est fait à mon retour de croisade, tu seras digne d’être mon écuyer.

Jeannot est fou de joie.

Afficher l'image d'origineMais son ami Trim lui manquait ; il n’avait qu’une hâte, c’était d’aller tout lui raconter.

Un matin, il se mit en route pour Outteviele, son village natal. Le printemps amenait des fleurs roses et blanches sur les talus, des coquelicots faisaient de grandes nappes rouges dans les champs. Les arbres des vergers étaient en fleurs, les moutons et les vaches trottaient le long des enclos en le suivant, sur son passage. Des parfums de toutes sortes montaient du sol encore un peu humide et lourd, sous le timide soleil de la fin d’hiver.

Lorsque Jeannot arriva à cheval au village, Trim accourut. Quelle joie pour eux de se retrouver ! Ils avaient tous les deux grandi et forci, ils devenaient des hommes. Du poil leur avait poussé au menton. Après un instant, ils se jetèrent dans les bras l’un de l’autre.

Jeannot raconta comment il vivait au château de Tilly. Trim de son côté expliqua… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). 

Jeannot et Trim, Chapitre IV : la Bataille et la Paix

Dans l’épisode précédent, le village d’Outteviele est attaqué par des cavaliers francs. Jeannot et Trim, les deux jeunes amis, sont partis chercher de l’aide dans les villages voisins.

Jeannot et Trim avaient gagné la lisière de la forêt. Comme l’avait prévu Eudelin, un guetteur à cheval se tenait là. L’homme les avait vus, et leur barra la route. Agiles, Jeannot et Trim grimpèrent dans un arbre.

— Descendez de là, tous les deux. Il ne vous sera fait aucun mal.
— Vous nous ferez prisonniers !
— Certes, mais sans vous faire de mal.
— Nous sommes normands, nous ne nous laissons jamais prendre ! s’exclama fièrement Jeannot. En disant ces mots, il fit tournoyer sa fronde et lança un caillou sur la croupe du cheval. L’animal poussa un hennissement et partit au grand galop. Le cavalier ne put le maîtriser.
— Filons, maintenant ! dit Jeannot.

Les deux garçons dégringolèrent au pied de l’arbre et détalèrent aussi vite qu’ils le purent. Ils traversèrent un marais, se mouillant et se crottant jusqu’à la taille. Puis, courant dans les chemins, escaladant des talus, sautant par-dessus des fossés, ils atteignirent enfin Bascogne.

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— Ohé ! du village !
— Qui va là ?

Comme Eudelin leur avait commandé, les deux garçons racontèrent tout. Le chef de Bascogne ordonna d’apprêter les montures et les armes. Il envoya un messager vers… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu, en haut à droite.  le village du Quesnay, en leur demandant de prévenir les villages de Grainville et de La Bouleautière. Et ainsi, mille hommes viendraient en secours. Puis, les hommes de Bascogne montèrent à cheval et partirent à bride abattue au secours d’Outteviele, village d’Eudelin.

La petite armée arriva au grand galop. Le combat faisait rage. Les cavaliers francs avaient jeté des torches enflammées sur les toits de chaume de plusieurs maisons. Les femmes jetaient des seaux d’eau sur les flammes, les hommes se battaient férocement et les soldats francs avaient à faire face à des paysans normands farouches et rudes combattants. Il y avait déjà plusieurs morts.

Bientôt ceux du Quesnay, de Grainville et de la Bouleautière surgirent, se mêlant aux combats, tirant des flèches, distribuant des coups d’épées. Débordés, les cavaliers francs voulurent s’enfuirent, mais ils étaient encerclés. Ils avaient mal agi en attaquant Outteviele, mais ils étaient braves et courageux guerriers. Ils se seraient battus jusqu’à la mort et cela, Eudelin ne le voulait pas.

3012292137_2_3_ne9jDQOf Jeannot et Trim, la bataille et la paix

Alors il lança un grand cri :

— Cessez le combat. Paix ! Paix, aux braves !

Rapidement, les combats s’arrêtèrent. Eudelin s’avança vers les cavaliers francs :

— Cavaliers, voulez-vous la paix comme nous la désirons ?

Les Francs discutèrent brièvement entre eux, puis répondirent en déposant les armes :

— Par Dieu, nous la voulons.

Les villageois d’Outteviele, et tous les autres avec eux, s’activèrent pour éteindre les incendies, pendant que les Francs se tenaient, calmes, à l’écart.

La bataille fut une grande affaire. La rumeur arriva jusqu’à la cour du duc Étienne de Normandie. Il exigea des explications. Le seigneur Amaury de Montfort lui raconta comment un chevalier, Guillaume de Tilly, avait été chassé de son château par son ennemi, Valbert de Laërce. Traqué, il avait été accueilli dans un village, que ce même Valbert avait attaqué.

Le duc décida qu’un tribunal normand rejugerait toute l’affaire du chevalier de Tilly. Une autre assemblée réunirait Normands et Francs, pour entendre Valbert de Laërce et Eudelin de Lacy, au sujet de l’attaque du village normand d’Outteviele. Jusque là, Francs et Normands s’étaient mutuellement respectés, et le duc voulait préserver la paix.

Mais le roi de France aussi entendit parler de l’affaire. Il ne voulait pas qu’un Franc soit jugé par des Normands. Aussi, un matin, un envoyé de la couronne de France vint-il au village.

— De part le roi, j’ai un message, pour le sire Guillaume de Tilly !
— C’est moi, dit Guillaume à l’émissaire du roi.
— Oyez donc le message de votre souverain. Le roi vous mande qu’il vous rendra votre titre de chevalier et vos terres, ainsi que tous vos droits, si vous partez en croisade, pour délivrer le Tombeau de Notre Seigneur Jésus-Christ.

C’était là des paroles fermes et nobles. En toute sagesse, Guillaume accepta ce que son roi demandait, car cela arrangeait tout. En gage d’obéissance, il s’agenouilla devant l’envoyé royal.

Il se releva cependant et dit, d’une voix moins sûre :

— Et Clotilde, ma fiancée que Valbert m’a prise, le roi me la rendra-t-il ?

L’émissaire royal sourit et dit :

— Messire, voyons, cette affaire ne regarde que le sire Valbert de Laërce et vous-même. Le roi ne prétend pas avoir de pouvoir sur le cœur des femmes. Vous ferez ce que vous avez à faire pour la reconquérir.

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Bientôt, Valbert de Laërce fut jugé et reconnu coupable de l’attaque contre le village d’Outteviele et de moult autres mauvaises actions, dont le meurtre de Jean de Tilly, frère de  Guillaume. La paix était revenue entre Francs et Normands.

Valbert devait être jugé mais restait en son château, en attendant.

Guillaume s’en alla lui arracher Clotilde, il arriva furieux au château, fracassa les portes jusqu’à ce qu’il la trouvât. Valbert apprit qu'il était là mais n'osa pas bouger, car il devait avoir un procès grave.

La pauvre Clotilde se jeta dans les bras de Guillaume, délivrée.

— Guillaume, mon doux ami, je rends grâce à Dieu pour ce bonheur retrouvé ! Valbert m’avait enfermée dans ma tour, seule et privée de tout. Il voulait me forcer à l’épouser ! Mais mon cœur ne pensait qu’à vous. Jour et nuit, je suppliais la Sainte Madone de vous rendre à moi.
— Clotilde, ma tendre mie, dit Guillaume, j’ai vécu ces mois-ci dans la pauvreté, j’étais sans vous et je n’étais plus rien. Tout cela est fini à présent et Dieu nous a réunis à nouveau. Loué soit-Il ! Mais Il a voulu nous aider par les bons soins de la Providence, qui a mis sur mon chemin, alors que j’étais seul, comme un sauvage au fond des bois, un garçon généreux et bon : voici Jeannot, ajouta Guillaume en présentant le jeune Normand à Clotilde. Ce valeureux garçon et son ami Trim m’ont secouru avec générosité. Leur village m’a défendu, au péril de leurs vies. Grâce à eux, j’ai retrouvé ma vie et j’ai pu vous retrouver enfin.
Afficher l'image d'origine— Jeannot, répondit Clotilde en se tournant vers le jeune garçon, que Dieu vous ait en sa Sainte Garde toujours, vous et les vôtres. Vous avez touché mon cœur en sauvant l’homme de ma vie. Soyez-en remercié pour l’éternité. Quoique vous puissiez me demander, je le ferai.

Bientôt, le mariage de Clotilde et Guillaume fut célébré dans la liesse.

Guillaume s’occupa de son château qui lui avait été rendu. Tout s’arrangeait donc. Et cependant, Guillaume devait partir en croisade. C’était un grand voyage à l’autre bout du monde, à l’autre bout de l’ancien empire de Charles le Grand, et même pouvait-on dire jusqu’au bout de l’empire romain.

Mais pourquoi le roi avait-il demandé à Guillaume de partir en croisade ? Jérusalem était en Orient, de l’autre côté de la mer Méditerranée. Là-bas, Jésus-Christ, le fils de Dieu avait été crucifié (c'est-à-dire mis à mort sur une croix) et Il était ressuscité. En Terre Sainte, les pèlerins et les croisés allaient se recueillir là où le Christ avait vécu. Hélas, les Sarrasins s’y étaient installés, et les chrétiens étaient tristes de voir ces lieux saints aux mains des infidèles. Ainsi donc, les croisés s’y rendaient pour refouler les païens et protéger le tombeau du Christ.

Guillaume ne pouvait partir sans de longs préparatifs. Un tel voyage demandait beaucoup d’argent. Il fallut vendre des terres de son fief de Tilly, et des récoltes de céréales, des bois, et des bijoux aussi. Il put ainsi acheter un destrier, des armes neuves et des vivres.

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Guillaume envoya des messages aux seigneurs voisins, pour leur demander leur aide et leur protection en son absence. Puis, il convoqua tous ses gens, serfs et hommes d’armes dans la grande salle du château.

— Je vais partir en Terre Sainte, combattre pour Notre Seigneur Jésus-Christ. En mon absence, Dame Clotilde mon épouse sera votre suzeraine, votre chef. Jurez-lui donc fidélité, et de lui obéir comme à moi-même.

L’un après l’autre, les paysans, les travailleurs, les gardes s’approchèrent de Dame Clotilde, et promirent de la servir fidèlement.

Le seigneur de Tilly ordonna aussi de réparer les toits du château et les coursives endommagées, car Valbert n’avait pas bien entretenu la demeure. Il faisait bâtir des granges pour y entreposer du grain et des vivres, il enrôlait des paysans pour surveiller ses terres. Quand un domaine est vaste, il y a mille choses à faire avant de le quitter pour de longs mois.

Jeannot vécut durant tout l’hiver au château. Il apprit beaucoup de son grand ami. Mais ce qu’il goûta le plus, ce sont les histoires de chevaliers que messire Guillaume lui contait, le soir, au coin du feu de l’immense cheminée.

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— Un chevalier, lui expliqua Guillaume, a souvent commencé par être un jeune garçon de ton âge, qui quitte ses parents pour se mettre au service d’un seigneur.
— Et si son père est lui-même seigneur ?
— En ce cas, il va en servir un autre, car on ne devient pas chevalier dans la maison de son père. Là, il retrouve d’autres jeunes garçons qui se préparent également à être chevaliers. Les plus jeunes sont appelés pages, et ceux qui ont plus de quatorze ans sont les écuyers. Ils prennent soin de toutes les affaires du chevalier, de ses armes, et surtout de son écu, son bouclier. L’écu est un objet très important pour un chevalier : il montre ses armes. C’est un dessin qui représente le chevalier, qui il est, qui est sa famille, ses hauts-faits, ses ambitions. L’écuyer doit savoir lire tous les écus, il connaît la science de l’héraldique. Car pendant un tournoi, ou sur le champ de bataille, les chevaliers portent le heaume, un casque qui protège et cache leur visage. Impossible de les reconnaître ! L’écuyer doit donc examiner l’écu et avertir son maître de ce qu’il a vu. Ainsi, le chevalier peut savoir qui sont ses amisAfficher l'image d'origine et ses ennemis.

Jeannot eut l’air songeur et soupira avec envie :

— Ecuyer… Protéger l’écu de mon seigneur, le lui apporter sur le champ de bataille… J’aimerais tant apprendre tout cela…

Il commençait à vouloir devenir un jour chevalier.

(suite au prochain épisode)

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Jeannot et Trim, Chapitre III : l’Attaque

Dans l’épisode précédent, des cavaliers francs sont venus au village pour prendre Guillaume, le chevalier errant. Mais Eudelin, le chef du village, a refusé de le livrer.

2-1-chevalier-fin-xi-25d9810 Jeannot et Trim, l’attaqueLes cavaliers s’éloignent au galop, promettant de revenir.

Guillaume s’approche d’Eudelin et lui dit :

— Allons, chef, le temps est venu. Je vais me livrer.
— Jamais ! s’exclame Eudelin.

Les villageois se sont approchés. Jeannot et Trim sont là, inquiets pour Guillaume, leur ami chevalier. Guillaume dit :

— Entends ce que j’ai à vous dire, Eudelin, hôte noble au cœur pur. Je n’oublierai jamais votre hospitalité. Mais le temps de la paix est fini pour moi. Et il le sera pour vous tous si je reste au village. Crois-moi, ces cavaliers ne cesseront jamais de me courir sus. Sais-tu ce qu’ils vont faire ?

— Que vont-ils faire ? s’exclame Trim.
— Amis, dit Guillaume, leur seigneur va aller trouver le vôtre. S’ils se mettent d’accord, vos chefs normands vous ordonneront de me livrer. Et vous serez punis pour votre refus. S’ils ne s’entendent pas, et que je ne suis pas livré, une guerre commencera. Cela ne peut que vous amener troubles, et ennuis, et conscience mauvaise. Il faut que je me livre.

Eudelin s’avance au milieu des villageois.

2-a-chevalier-xii-25e1ae8 Jeannot et Trim, l’attaque

— A moi de parler ! Ecoutez-moi, vous tous ! Guillaume est brave, et courageux. Il voudrait se livrer pour nous protéger. Alors, il serait jeté au fond d’un cachot pour le reste de ses jours. Et vous, vous le regretteriez toute votre vie. Nous défendrons notre cause auprès de nos chefs, nous irons même trouver le duc Étienne en personne s’il le faut. Et nous bataillerons contre les Francs. Mais jamais nous ne livrerons un hôte à ses ennemis. C’est un devoir sacré !
— Jamais, jamais ! s’écrient les villageois, agriculteurs et artisans qui ont toujours leur cœur de guerriers.
— Mais qui… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu, en haut à droite. 

Jeannot et Trim, Chapitre II : le Village et le Chevalier

Dans l’épisode précédent, Jeannot et Trim croisent, dans la forêt, un chevalier nommé Guillaume de Tilly, qui leur raconte son histoire en échange de quelques champignons.

Le chevalier dévore les champignons cuits sur le feu de bois, comme s’il n’avait point mangé depuis plusieurs jours. Puis, il reprend :

« J’avais donc vaincu mon ennemi, loyalement, avec la grâce du Dieu Tout-Puissant qui a fait le ciel et la terre. Or, Valbert de Laërce refusait de s’avouer vaincu. Il jura de se venger.

« Quelques semaines plus tard, je me rendis en pèlerinage avec ma fiancée, la belle Clotilde, pour remercier Dieu. Mon frère Jean m’accompagnait. Mais pendant la traversée de la forêt, nous tombâmes dans une embuscade.

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« Voilà que des hommes armés sur le chemin nous barrent la route et se jettent sur nous. Valbert renverse mon cheval et je chute au sol, empêtré par quelque diablerie dans le harnais de ma monture. Pendant ce temps, Valbert se saisit de Clotilde et l’emporte sur son cheval. Voilà que mon frère aussi est assommé et emporté, mais par d’autres hommes et d’un autre côté. Je bataille fort contre les mauvaises gens qui m’assaillent et les fais enfin fuir. Lors, je ne sais quelle direction choisir. Dois-je secourir mon frère ou ma belle ? J’adresse une courte prière à Dieu et je cours sus après ma belle, aux trousses de mon ennemi, qui l’avait enlevée, parce que je pensais que mon frère saurait mieux qu’elle se défendre. Je rattrape Clotilde après une bien longue course car Valbert avait une avance ; mais son cheval peinait pour deux. J’ai blessé mon rival le seigneur de Laërce, dans un combat mémorable. De sainte colère, je l’assaillais de coup d’épée et de masse d’arme. Je le blessai à la tête, aux jambes, au torse et aux mains. Las, il mit genou au sol et demanda grâce.… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu, en haut à droite. 

Jeannot et Trim, Chapitre I : le Chevalier errant

1505924316Par un bel après-midi, Jeannot et Trim partirent en forêt, comme ils aimaient à le faire. Les voilà à courir les bois, à ramasser des champignons et à chasser les oiseaux. Pour cela, ils avaient emporté leurs frondes. C’était une lanière de cuir, qu’ils faisaient tournoyer au-dessus de leur tête et qui lançait des cailloux à grande distance. Ils étaient si adroits qu’ils pouvaient assommer un oiseau à douze pas. L’après-midi se passa ainsi, joyeusement.

Les garçons commençaient à reprendre le chemin du village, quand soudain, un homme surgit de derrière un arbre et attrapa Trim. Une lourde cape tombait sur ses épaules, la capuche lui cachait le visage. Il portait une cotte de maille un peu rouillée et une lourde épée à la ceinture. C’était un homme inquiétant.

Pour défendre son ami, Jeannot brandit sa fronde et la fait tournoyer, se préparant à lancer une pierre au front de l’inconnu. L’homme lui dit :

— Ne fais pas cela ou il en cuira à ce garçon que je tiens !
— Messire, le supplie Jeannot, tout en continuant de faire tournoyer sa fronde, ne lui faites pas de mal, c'est mon ami !

L’homme regarde Trim et Jeannot.… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu, en haut à droite. 

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