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Histoire de quoi ? Choisir un sujet

Histoire de voyageurs ? de prisonniers ? d'incroyables quêtes ? de pionniers, d'impressionnantes aventurières ? Histoire de quoi ? Choisir un sujet.

Raconter des histoires : essentiel pour les enfants

N’hésitez plus, tous les thèmes sont intéressants, histoire de bien s'endormir !

Retrouvez toutes les belles histoires de ce site ici.

Une histoire de votre quotidien permettra à l’enfant de revivre les événements vécus dans sa journée.

Sachant que l'enfant a besoin de repères et de modèles, racontez-lui, de temps en temps, une histoire de ses aïeuls : ses grands parents ont vécus des tas de choses passionnantes, ils ont surmonté bien des obstacles et combattu le découragement surement de nombreuses fois. Vous ne savez pas quoi raconter sur eux ? Allez les voir, et prenez des notes ! Vous  découvrirez des aspects de vos proches que peut-être vous ne soupçonniez pas... Ils seraient surement fier que vous parliez d'eux et de leur histoire à leurs petits enfants.

Particulièrement pertinentes les histoires d'autres enfants de son âge lui permettront de s'identifier. Servez-vous de l'histoire de petits enfants comme lui, qui jouent, rencontrent des amis, grandissent.

Oui mais, des histoires de quoi ?

Les histoires du passé aussi sont passionnantes, bien-sur !

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Histoire de Gengis khan

L’histoire de héros, d’hommes et de femmes qui ont réellement vécu et qui accomplissent de grands exploits, lui donneront le goût de l’effort. Par exemple, un pompier qui sauve des vies ou l’histoire d’un montagnard qui escalade les hautes cimes et atteint les neiges éternelles. Ou bien encore, l’histoire de grands aventuriers, les premiers chevaliers du ciel ou de l’espace. Les aventures de ceux qui ont exploré les mers ou découvert des terres inconnues.

Et pourquoi pas la vie de ses animaux favoris ou l’histoire de bêtes extraordinaires ? Car pour aimer la nature, il faut la connaître. Avec des histoires, les animaux deviendront familiers à cet enfant qui vous écoute, intrigué.

De même, l’Histoire de France, l’histoire de nos églises, l’histoire de nos châteaux, mais aussi l’histoire de tous ceux qui ont construit notre pays. En effet, il est important de connaître l’histoire de ceux qui nous ont précédés. Nous avons à apprendre de l’histoire de leurs erreurs comme de leurs hauts-faits.

Également, l’histoire de grands conquérants et des guerriers farouches, qui leur donnera de l’audace et du courage. Ou l’histoire de ceux qui ont travaillé, souvent dans l’ombre, à établir la paix et à faire histoire de-montagnes d'asiegrandir l’entente entre les hommes.

Une histoire de personnages imaginaires, vivant dans un monde fabuleux, loufoque, fantaisiste, déjanté...

Une histoire de prince et princesse qui les fera rêver, les emmènera dans un monde enchanté où tout devient possible.

Résumons : variez, donnez à entendre des contes connus et des choses plus rares, des histoires vraies ou des histoires inventées, comme sur ce site merveilleux, laissez parler votre potentiel créatif !

Il existe des générateur d'idées. Il y a cet article aussi. Quelque soit l’histoire que vous racontiez à votre enfant, il appréciera ce moment passé avec vous.

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Histoire pour enfants Egypte antique – Héria, Partie II

Egypte racontée aux enfants - Héria- Partie II

Le bateau vogue sur le large fleuve du Nil, poussé par le vent du nord. Mikêt et Héria sont installées à l’avant sur des coussins.

– Regarde, ma petite fille, le fleuve généreux. Si les cultures peuvent pousser, si tu vois les champs verdoyants, c’est bien grâce à lui. Chaque année, lors de la crue, il déborde de son lit et pendant plusieurs semaines, inonde les terres. Tout est recouvert du limon, cette terre légère si riche. Sur ce sol fertile, lorsque le fleuve rentre dans son lit, les hommes peuvent semer les graines qui poussent facilement, malgré le soleil brûlant. Après les labours et les semailles, vient le temps des moissons. Les hommes coupent les épis de blé, qui sont battus et vannés pour récupérer le bon grain. Puis la récolte est comptée et rentrée dans les greniers.
– Sans le Nil et le travail de ses paysans, l’Egypte ne serait rien ! ajouta le capitaine Obed qui écoutait la conversation. Tiens, petite, veux-tu cette grenade bien mûre ? Ou préfères-tu ce melon ? cela te rafraichira.

Héria accepte le fruit avec plaisir, remerciant vivement le capitaine.

– Dans mon village, raconte-t-elle, nous élevons des chèvres et des moutons. Je les emmène souvent paître dans les prés.
– Tout au nord du royaume, dans le delta du Nil, là où le fleuve rejoint la mer, ce ne sont que des vastes marécages, dit le marin qui a beaucoup voyagé. On y capture les oies et les canards sauvages !

Obed interrompt soudain son récit, se lève et crie vers les marins :

– Ohé, attention, les gars ! Ralentissez !

Histoire pour enfant - Héria

Alertée par le cri du capitaine, Héria se penche par-dessus bord. Elle voit des hippopotames qui leur barrent la route.

– S’ils ne se poussent pas, nous allons devoir attendre ici, sous le soleil, se plaint un marin.
– Attends avant de râler ! répond le capitaine. Regarde ce qui approche…

Du bord du fleuve, un grand crocodile vient de glisser dans l’eau verte. Les hippopotames, peu enclins à lui disputer le passage, se regroupent rapidement près de l’autre rive et le bateau peut terminer son voyage sans encombre.

Arrivées au palais, Mikêt et Héria sont conduites auprès de la reine. Elle git, immobile, sur son lit. En les entendant arriver, Néfertari ouvre les yeux et dit d’une voix presque inaudible :

– Vous êtes là… merci. Je m’en remets à vous. Les potions données par le médecin du palais ne m’ont pas guérie, vous êtes mon dernier espoir.
– Que vous a-t-il prescrit ? demanda la guérisseuse.
– Ceci, répondit une servante en lui tendant un pot de terre.

Histoire pour enfant - Héria

Les Égyptiens maîtrisaient déjà le verre et la céramique. Ils étaient de talentueux artisans.

Mikêt saisit le pot, flaire la préparation, trempe le doigt dedans.

– Ce sont des graines de pavot. Je ne suis pas étonnée que vous vous sentiez toute endormie, ô reine ! C’est un somnifère très puissant. Le médecin est un âne !

La vieille femme pose sa main sur le front de la reine : il est brûlant. Elle palpe délicatement son estomac. La reine gémit de douleur.

– Je pense que vous  avez une infection, peut-être avez-vous mangé de la nourriture mal préparée.
– C’est possible… souffle la reine. Dans les villages, on me propose souvent des fruits et des gâteaux.
– Je vais vous préparer une décoction d’écorce de saule, contre la fièvre ; ainsi qu’une purée d’ail mêlée à quelques autres ingrédients, qui purifiera votre estomac. Ensuite, jeûne complet, vous ne mangerez rien, jusqu'à nouvel ordre, à part une tisane au miel. Et plus de pavot !

Héria sort du panier de sa grand-mère l’écorce de saule séchée, la brise en petits fragments et la met à bouillir dans l’eau chaude d'un brasero. Pendant que la tisane se réchauffe, elle écrase des gousses d’ail dans un mortier en pierre, ce qui lui fait pleurer les yeux, naturellement. Mais ce n'est pas grave. Si elle veut être médecin un jour, elle ne doit pas s'arrêter à ces petits tracas du métier. Elle  ajoute de l’huile d’olive et l’apporte enfin à la reine.

– Pouah, quelle odeur ! s’exclama Néfertari… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu, en haut à droite.  .

Mikêt sourit :

– Oui, c’est fort, mais c’est aussi extrêmement efficace pour tuer les mauvais microbes.Lire davantage

La princesse aux oiseaux une histoire du soir

La Princesse aux Oiseaux est un exemple d'histoire

Il était une fois une princesse qui vivait dans un pays très lointain: la princesse aux oiseaux. Elle vivait dans un grand et merveilleux château de cristal, près d’une vaste forêt.

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La princesse aux oiseauxOr, la princesse aimait s’y promener. Tous les matins, elle partait, chaudement vêtue de sa cape en laine bleue et de ses souliers vernis.

Chaque jour donc, elle avançait sans bruit dans les sentiers couverts d’un tapis de feuilles ocres, rousses et dorées. Certes, tous les animaux de la forêt la connaissaient et l’approchaient sans peur.

La princesse prenait toujours soin d’apporter dans un panier tressé des graines et du pain, tout ce qui pouvait nourrir ses petits amis de la forêt. Ainsi, les faons, les écureuils et les chevreuils venaient manger dans sa main.

Mais la princesse aimait surtout les oiseaux. Mésanges, fauvettes, rossignols et colibris picoraient les graines qu’elle leur lançait. C’était un joyeux concert de pépiement autour d’elle.

L'oiseleur menace la princesse aux oiseaux

Cependant, voilà qu'un jour, un méchant homme suivit la princesse. C’était un oiseleur, qui voulait capturer les oiseaux pour les montrer en spectacle dans les foires. Lors, il se cachait derrière les arbres et la princesse ne l’avait pas remarqué.

La princesse était alors parvenue dans la clairière où elle avait l’habitude de se rendre. Tandis qu'elle avait posé son panier au sol, enlevé le torchon à carreaux qui le couvrait et qu'elle s’apprêtait à lancer une poigne de croutons, les oiseaux s’approchaient, pépiant en attendant de recevoir leur pitance.

Déjà, le méchant oiseleur sortait son filet et s’apprêtait à les capturer tous !

Heureusement, Loyal, le chien fidèle de la princesse, avait remarqué ce brigand. Aussitôt, aboyant furieusement, grognant, montrant les crocs, il lui fit si peur qu’il s’enfuit en courant et ne revint jamais dans la contrée. Bien sûr, Loyal fut récompensé de sa vigilance par un bel os. Tandis que la princesse put continuer à visiter ses animaux favoris en toute tranquillité.

On ignore l'origine de ce conte mais lui aussi est d'une simplicité désarmante et d'une vacuité narrative totale. Il manque assurément de rebondissement et de surprise. Il convient donc aux tout-petits enfants. Les plus grands ne s'en contenteront pas.

Y trouve-t-on des sens cachés ? C'est peu probable. L'origine populaire ne fait pas de doute. L'adversaire est ce"lui qu'on croise sur la route, le trésor est animalier. Rien ne donne à penser à un très haut niveau de culture ou de renommée. Ce conte a-t-il été inspiré par un personnage réel ? C'est possible. Des quantités de jeunes femmes ont bien pu vivre de tels événements.

Histoire pour enfant Au temps de la préhistoire, Partie II

Préhistoire - Histoire pour enfant, Partie II

Touk et Boga sont tombés dans un piège, ils n’arrivent pas à en sortir. Qui viendra à leur secours ? Des guerriers s'approchent, un homme se penche au-dessus de la fosse où ils sont tombés.

– Touk ! Boga ! mais que faites-vous ici ?

C’est le chef Faro ! ils sont sauvés !

Les hommes descendent une longue branche dans la fosse. Boga s’accroche solidement et il est hissé hors du piège. Puis, c’est le tour de Touk. Les garçons s’avancent devant les hommes, confus, la tête basse.  Faro dit de sa voix sévère.

ours– Vous avez encore préféré vos jeux et votre amusement au travail qui vous a été demandé. Que vouliez-vous faire aussi loin du campement ? N’avez-vous pas entendu hier mon avertissement : les ours se réveillent de leur sommeil d’hiver et ils sont dangereux !
– Nous voulions voir un mammouth, dit Boga d’une petite voix timide.
– Un mammouth ! répond Faro. Vous saviez bien pourtant qu’il y en a très peu. Il vous est défendu de vous éloigner.

Les garçons ne répondent rien, ils savent bien qu’ils ont fait une grosse bêtise.

– Vous auriez pu mourir, seuls dans ce trou ! reprend le chef. Je pense que vous avez été assez punis par la peur. Mais demain, vous devrez travailler deux fois plus, pour compenser ce que vous n’avez pas fait aujourd’hui.

Ils se mettent en marche. Touk les suit en boîtant, clopin-clopant, mais il souffre trop. Un homme le porte sur son dos. Quelle humiliation pour le garçon, d'être porté comme un enfant !

Le retour leur paraît interminable, mais voici au loin le campement.

Miti s’avance, très inquiète.

– Enfin vous voilà ! Que s’est-il passé ? Et ton pied, Touk, tu t’es fait mal ?

Faro prend la parole :

– Ils ont désobéi et mis leur vie en danger, simplement pour s’amuser. Leur a-t-on commandé d'y aller ? L'enfant obéit à ceux qui l'élèvent, comme l'Homme obéit à mère nature qui le conduit. Ils devront racheter leur faute… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu, en haut à droite. 

Histoire pour enfant Au temps de la préhistoire – Partie I

Histoire pour enfant Au temps de la préhistoire

Cette histoire commence il y a fort longtemps, au temps des premiers hommes qui aient jamais habité sur la Terre, au temps de la Préhistoire. Si nous pouvions y être transportés, comme le monde nous paraîtrait étrange ! Pas de maisons en pierre, pas de magasins, pas de voitures, pas de téléphones ni d’ordinateurs, pas de rue, rien de ce qu'on voit dans nos villes ou nos villages, en fait.

Tu reconnaîtrais certains animaux, les rhinocéros, les rennes, les ours, les chevaux, les lièvres ou des oiseaux, mais d’autres te paraîtraient bien différents : des aurochs (qui ressemblent un peu à nos taureaux), des bisons et même des mammouths, ces éléphants couverts d’un épais pelage laineux.

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L'auroch

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Chasseurs et mammouth

La nature était partout, des forêts sombres et touffues, des vastes plaines parsemées de rochers entre lesquels scintillaient des ruisseaux argentés ou des fleuves tumultueux, des montagnes couronnées de neige et percées de grottes au creux desquelles se cachaient les animaux.

C’était le royaume du silence. Du moins, le silence des hommes, car la nature, elle, chantait de tous côtés. Le jour, on entendait le pépiement des oiseaux, les cris des animaux se mettant en chasse, les froissements de cigales ou de crickets, et la nuit le chant des grillons, des oiseaux de nuit, des renards et de toutes les bêtes qui vivent éveillées la nuit ; et de jour comme de nuit, le doux murmure des sources, le vent qui siffle dans les arbres, la pluie qui crépite, l'orage ou le ressac de la mer. Parfois même, on percevait au loin l'effrayant grondement d'un volcan. A la fin de l'hiver, le spectacle le plus saisissant, auquel les hommes allaient parfois se rendre, c'était la débâcle: la glace des rivière se rompait et se bousculait de loin en loin dans le lit du cours d'eau, en faisant un vacarme assourdissant, jusqu'au bout des vallées où elle s'empilait et se fracassait entre les passes rocheuses, à moins qu'elle disparaisse en mer. Il fallait faire attention parce que des morceaux de glace étaient souvent projetés en l'air et allaient frapper les rives. Parfois même, c'était les hommes eux-mêmes qui provoquaient ce grand événement en brisant la glace le plus haut possible dans la rivière, en amont de la montagne, car ils ont besoin de retrouver les poissons, l'une de leur nourriture préférée. Et puis, il y avait les grandes marées où la mer semble un monstre en furie. Les hommes connaissaient très bien la nature, en ce temps-là.

On aurait pu marcher pendant des journées entières sans rencontrer un seul homme, car ils étaient peu nombreux, ces hommes préhistoriques. Tiens ! Mais justement, ne dirait-on pas là-bas deux petits d’homme ? Approchons-nous un peu…

– Descends, Boga ! s’exclame Touk, un jeune garçon trépignant au pied d’un arbre. C’est à mon tour maintenant
– Oh ! répondit Boga, perché en haut de l’arbre, attends un peu ! D’ailleurs, c’était mon idée. Je veux absolument voir un mammouth !
– Une autre fois, le soleil se couche, il faut rentrer.

Les deux garçons prennent le chemin du campement, escaladant avec agilité les souches, sautant allègrement les ruisseaux. Ils sont vêtus d’une tunique en peau de bête et portent des bottes de peaux.

erectus-cuisson-alimentLorsqu’ils arrivent au camp, chacun s’active. Les chasseurs ont tué un renne : le repas sera bon pour la tribu ! A l’aide de pierres tranchantes, les hommes dépècent des quartiers de viande et les enfilent sur des bâtons, pour les faire cuire au dessus du feu. Les femmes raniment les braises. Miti, la maman de Touk, les interpelle :

– Touk ! Boga ! vous deviez rapporter du bois, qu’avez-vous fait ?
– Oh ! maman, proteste Touk. Je suis presque un homme, je veux apprendre à chasser.  Ramasser du bois, c’est un travail pour les filles.
– Tu te trompes Touk, dit une voix grave derrière lui.

C’est Faro, le chef du clan, un chasseur habile et prudent, un chef sage et juste. Tous l’écoutent et le respectent. Le chef reprend :

– Ramasser du bois est facile, mais c’est une tâche très importante. Sans feu, comment faire cuire la viande ? Comment nous réchauffer ?  Et pense à ces veillées qui nous rassemblent le soir. Le clan ne pourrait pas vivre, sans le feu. Alors, va, mon garçon !

Histoire pour enfant Au temps de la préhistoire

Histoire pour enfant Au temps de la préhistoire Peinture rupestre

La tribu se régale de la viande de renne grillée, d’œufs cuits dans la braise, de racines et de baies. La nuit est tombée, tous se rassemblent autour du feu. Un vieil homme sort une flûte taillée dans un os de bison et commence à jouer. C’est une mélodie simple mais envoûtante. Tous se mettent à chanter, frappant dans leurs mains en rythme. Puis, le silence se fait. On entend un rugissement, des cris d’animaux. Un oiseau de nuit vole lourdement près du feu puis s’éloigne. D’une petite voix, Boga demande timidement :

– Faro, raconte-nous encore la chasse au mammouth…

Le chef sourit, il sait que cette histoire fait rêver les garçons. Et de sa voix grave, il commence.

Woolly mammoth model

« C’était il y a de nombreuses saisons, 251 lunes exactement. J’étais jeune alors et, comme vous, je rêvais d’aventure. Je voulais que tous voient mon courage et ma valeur ! C’était lors d’un hiver très froid, le clan avait faim. La terre était gelée, nous ne pouvions pas déterrer des racines. Les petits animaux, lièvres ou lézards, se cachaient dans leurs terriers. Je suis parti un matin. J’avais fixé une pierre tranchante sur un bâton, je voulais tuer un buffle. Pendant de nombreuses heures, j’ai marché, droit devant moi. J’avais faim, mais je ne voulais pas rentrer les mains vides, sans rien rapporter. Soudain, je l’ai vu, là… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu, en haut à droite. 

Une histoire pour dormir: pour votre enfant

Une histoire pour dormir

Tous les enfants réclament une histoire pour dormir, quel que soit leur âge. Car ils aiment ce moment passé avec leur papa ou leur maman, un instant de tendresse avant la nuit. Voyez par exemple cette belle histoire du soir.

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Racontez une histoire pour dormir. Ils seront accompagnés dans leur sommeil par le chant de la petite sirène ou la mélodie du joueur de flûte de Hamelin. De cette manière, ils s’endormiront bercé par votre voix. Car l'histoire du soir peut être l'occasion pour vous de fredonner ou de chanter !

Une histoire pour dormir est importante pour le sommeil de l'enfant

Racontez-leur une histoire pour dormir, ils seront encouragés par les exemples du vaillant petit tailleur, ou ceux des chevaliers de la Table Ronde. Car l'enfant a besoin de cet imaginaire.

Une histoire du soir, une histoire pour dormir, pour rêver à la fée clochette qui accompagne Peter Pan et ses amis au pays de l’enfance éternelle. Et pourquoi pas à la fée bleue qui tente de guider Pinocchio, ce pantin désobéissant. Sans oublier les bonnes fées qui président au destin de la belle au bois dormant, ou l’enchanteresse Viviane qui tente de séduire Merlin.

Une histoire du soir pour frissonner devant les terribles ogres : celui qui menace le Petit Poucet et ses frères. Ou la sorcière qui engraisse Hansel et Gretel ou bien sûr le loup qui aimerait croquer le petit chaperon rouge. Ils se sentiront rassurés par votre présence bienveillante et s’endormiront ensuite apaisés.

La lecture les aide à entrer paisiblement dans le sommeil, à enrichir leurs rêves, leur imaginaire, leurs jeux. Ils s’imagineront princesse ou preux chevalier, bandits féroces ou pirates aventureux, magicien ou sage empereur.

Cette histoire du soir sera aussi parfois l’occasion de reparler des événements de la journée, ou celle de partager ses questions. Car l'enfant se pose des tas de questions. Et à travers les personnages des livres, l’enfant pourra revivre des éventuels moments joyeux ou difficiles et les revivre avec vous. C'est ainsi qu'il grandira intérieurement.

Un fond de musique ?

Si vous le pouvez, mettez un fond de musique classique, ou au moins apaisante, relaxante, de la musique pour petits enfants. Ainsi, l'enfant associera intérieurement de belles idées et un état de repos.

Tout simplement, cette histoire pour dormir est une façon de se dire « à tout-à-l'heure et à demain ! » avant la séparation de la nuit.

histoire-pour-dormir Une histoire pour dormir

 

Le dauphin Louis, futur Louis XI raconté aux enfants

Un matin de l’été 1423, un messager s’approche du roi Charles VII. Charles VII, vous savez, c'est ce roi que Jeanne d'Arc a fait sacrer.

— Sire, les armées anglo-normandes se fortifient. L’armée française est mal organisée. Et l’ennemi approche !

Ce sont des nouvelles accablantes. Et pourtant le roi est plutôt heureux. La veille, il a eu un fils. Le dauphin Louis est né. Dauphin ? Oui, c’est ainsi qu’on appelait le fils du roi, à l’époque.

C’était des temps difficiles pour le royaume de France. Les Armagnacs et les Bourguignons se disputaient le pouvoir, au lieu de s’allier contre les Anglais qui voulaient conquérir le pays.

Charles est devenu roi il y a un an. Mais il règne seulement sur un petit domaine, les Anglais sont installés presque partout en France. La naissance du dauphin Louis est une grande joie pour lui, mais le reste de la France est dans l’inquiétude. Le peuple manque de nourriture, et il y a la guerre, et les brigands qui ravagent les campagnes !

D’ailleurs, il faut mettre le petit dauphin en sécurité. Il est emmené à Loches, dans le centre de la France, non loin de Tours. C’est un grand château fort, assez triste et isolé. C’est là que Louis passera toute… La suite dans votre abonnement (cliquez ici).  

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Avant la nuit de Noël

Lorsque Marie et Joseph traversèrent Bethléem en quête d’un gîte et d’un couvert, ils rencontrèrent ses habitants.

Histoire pour enfant Avant la nuit de Noël

Histoire pour enfant Avant la nuit de Noël le voyage de Joseph et Marie

Ils ne trouvèrent nulle part où se loger. Par charité, tout le monde a oublié les réponses des habitants de la ville, qui ne leur trouvèrent aucune place. Pourtant, Marie et Joseph n’étaient pas encombrants, ils n’avaient qu’un petit bagage. La maman était enceinte et avait besoin d’un toit sous lequel dormir. Mais rien n’y fit, ils ne trouvèrent pas à se loger dans cette grande ville.

Mais rien n’est plus simple que de savoir ce que les habitants leur dirent : ils suffit de traverser une vie et de tendre l’oreille.

A la première maison, Joseph avait frappé doucement sur la porte en chêne. Il n’y avait eu aucune réponse. Personne non plus à la seconde maison. Peut-être ne frappait-il pas assez fort ? Alors, à la troisième maison, il tapa du poing. La porte s’ouvrit sur une dame au visage impassible.
— Madame, que Dieu soit sur vous et tous les vôtres, nous sommes à la recherche d’un logis, connaîtriez-vous quelqu’un qui pourrait nous héberger ?
La dame ne fut guère surprise. L’empereur romain avait ordonné à tous les habitants de l’empire de se faire recenser. Alors chacun des environs était venu en ville avec sa famille. Ils étaient très nombreux à la recherche d’un abri. Mais c’était là le premier couple qui osait venir jusque chez elle.

Histoire pour enfant Avant la nuit de Noël

Bruegel l'ancien: le dénombrement de Bethléem

— Est-ce que dans ce quartier on ne trouverait pas une place pour ma femme, qui est sur le point d’accoucher ? redit Joseph.
Impavide, la dame ne trouvait pas de réponse :
— Je vais voir. Repassez plus tard, je me renseignerai. Continuez à chercher et si jamais vous ne trouvez rien, revenez par ici, j’aurai peut-être trouvé quelque chose. Mais je ne vous promets rien.
Marie et Joseph s’éloignèrent et naturellement la brave dame oublia l’incident.
Plus loin, on leur répondit :
— Vous allez au-devant d’une grosse désillusion. Les gens ici sont égoïstes.
— Est-ce possible ?
— Vous verrez, ils vous diront qu’ils vont essayer de trouver, mais ils ne feront rien. Allez, bonne chance quand même.
Plus loin encore, ils furent mis en garde :
— Méfiez-vous, on va vous dire « oui », mais au final on vous fera payer une fortune.
Et la porte se refermait.

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Joseph comprit alors qu’il était bien loin de Nazareth, la petite ville où il travaillait, où les choses étaient plus simples.
De seuil de porte en seuil de porte, la plupart des gens ne répondaient pratiquement rien. Neuf sur dix ne répondaient vraiment rien, à part quelques mots gênés comme « je ne sais pas » ou « je ne suis pas au courant ». Il n’y avait pas vraiment lieu d’être « au courant », mais c’était le genre de mots qu’on dit sans y penser, pour se défausser.
Ou encore :
— Excusez-moi, mais on ne se connaît pas. Avec tous ces brigands sur la route. Sans compter tous ces étrangers qui rôdent comme s’ils étaient chez eux…
Et ainsi de suite, la litanie des mauvaises excuses n’avait pas de cesse :
— Nous n’avons pas de place et je suis trop occupé.
— Je peux vous donner un quignon de pain, mais pour vous loger, ce n’est pas possible.
— Ce serait sacrilège, pour nous, c’est le 25ème jour du calendrier qui précède l’immolation des brebis offertes à Phoibos (il y avait une quantité de religions alors, et il était impossible de dénombrer les cultes et les rituels).
— Je passe mon temps à m’occuper des pauvres et des miséreux, je leur donne tout, laissez-moi en paix un jour ou deux, voulez-vous ?
Cette dernière réponse était la plus fréquente, avec des variations, telles que :
— J’ai déjà hébergé quelqu’un hier.
— Ce serait avec plaisir et grande joie, mais le personnel de maison a pris son congé.
— Je garde une chambre, c’est vrai, d’ailleurs chacun doit avoir de quoi loger un pèlerin, mais d’abord vous n’êtes pas pèlerins et puis pour tout vous dire, je conserve cette chambre pour des gens qui seraient vraiment démunis, pour des vrais pauvres. Si je vous logeait et qu’un vrai pauvre surgissait ? Nous serions vous et moi dans le pétrin, pas vrai ?
Bref, les mauvaises excuses étaient nombreuses.
— Personne ne vous obligeait à venir à Bethléem.
— Vous collaborez à l’ordre romain en vous faisant recenser.
— Cachez-vous vite, fuyez, ne restez pas dans les parages ! (la porte dans ce cas-là claquait fort au nez de Joseph).
— Réfléchissez une seconde : si je vous héberge, je rends service à l’Empire, et pour moi mieux vaut ne rien faire qui arrange ses affaires.
— Il va y avoir du grabuge. Si quelqu'un vous trouve chez moi, ma retraite est fichue. Essayez de comprendre un peu.
— Ne faites pas de la provocation. A errer ainsi dans la rue, vous allez nous attirer des ennuis.
— Est-ce que vous avez l’air de dire que Rome n’a pas prévu de vous loger ? Impossible ! A moins que vous soyez des propagandistes ennemis de Rome.
Une jeune dame voulait absolument faire comprendre qu’elle était riche :
— Une chambre ? Vous plaisantez ! Je peux vous offrir un palais, seulement mon mari attend le droit de le construire, revenez l’année prochaine.
Il y avait les impies qui disaient non et ajoutaient, une fois la porte refermée :
« Si Dieu existait réellement, il ne les aurait pas envoyés sur la route dans cet état-là ! »
Il est vrai qu’enceinte et sur le point d’accoucher, Marie ne pouvait que supporter difficilement le voyage.
Une fois, ils tombèrent sur un homme très intelligent, un lettré, qui discourut d’un air très pénétré sur ce qu’il convenait de mettre en place en faveur des pèlerins et des voyageurs, sur la politique de la ville et sur le destin de l’homme confronté à la solitude et à l’égoïsme.
Mais il y avait d’autres réactions, moins courantes. Par exemple, cette maisonnée pleine de rires et d’humour, qui orienta le pauvre couple dans une mauvaise direction et les observa se perdre. C’était si drôle.
Tout en s’égarant, convaincus d’aller vers un lieu hospitalier, les trois saintes personnes (Joseph et Marie, et puis Jésus dans le ventre de Marie) passèrent devant une maison à laquelle Joseph n’osa pas frapper, et l’hôte de cette demeure prit très mal la chose :
— Ils ne viennent même pas frapper chez nous comme chez la voisine. Non, mais, pour qui se prennent-ils ? Ce n’est pas croyable !
Il y avait bien sûr ces gens qui les orientaient vers l’hospice public ou le temple, après tout il y a des services publics pour ça, à quoi servent les impôts et les offrandes ?
— Le temple et l’hospice sont pleins, malheureusement, nous y sommes allés.
— Il faut dire que vous vous y prenez un peu tard. Vous avez planifié votre déplacement ? Il fallait vous organiser. Vous n’avez pas entendu parler du recensement ?
Celui-ci ajouterait vers sa femme, une fois la porte tirée : « Il voyage avec une femme enceinte et il s’y prend au dernier moment. On se demande vraiment dans quel monde on est. »
Dans un autre registre, il y avait ceux qui se scandalisaient à mi-mots :
— Le problème, c’est que par ce temps-là, vous jouez avec la santé de l’enfant. La santé, c’est primordial.
Ou ceux qui ne s’inquiétaient pas, ils étaient nombreux, spécialement ceux qui étaient sur le point de passer à table :
— Ne vous en faites pas, ça va s’arranger. Soyez patients.
Ou même :
— Priez, priez, priez ! Le Ciel vous viendra en aide. Bonne route !
— Le Ciel entend toutes les prières et Dieu est bon. Gardez courage. J’ai bien connu votre situation. Il y a des tas de gens dans votre situation, il ont besoin de votre courage. Au revoir !
Pourtant, Marie et Joseph pensèrent à un moment donné toucher au but. Il y eut de très braves gens qui, pleins de bons sentiments, répondirent :
— Nous ne méritons pas votre présence chez nous.
— Mais au contraire, insistait Joseph qui reprit courage, vous nous feriez grand honneur, vraiment si vous aviez une petite place.
— Oh ! non, monsieur, madame, on voit bien que vous êtes des gens bien élevés, avec de la religion et tout et tout, non, nous ne sommes pas dignes. Si j’avais de quoi, une pièce propre... digne des gens de la "haute"... non, vraiment, nous n’oserons jamais. Passez votre chemin, nous sommes trop humbles.
Cette remarque laissa Marie et Joseph décontenancés car ils se pensaient eux-mêmes fort humbles, et ils étaient réellement fort modestes, à Nazareth, étant parmi les plus pauvres alors qu'il y avait au village de puissants personnages possédant des centaines de bêtes et de grandes maisons. Ce n'était pas leur cas, Joseph et Marie étaient simples; comme beaucoup de jeunes couples, il faut le dire. Assurément, jamais ils n'auraient pensé être regardés comme d'un haut rang social. Mais à la vérité, si cette personne leur avait dit ça, c'est parce qu'ils portaient non seulement sur leur visage la royauté sublime de leur deux belles âmes mais en plus, dans tout leur être irradiait la divinité rayonnante de l'enfant qu'ils attendaient. Si bien que, si une maman est bien contente de s'entendre dire qu'elle rayonne grâce à sa grossesse, imaginez ce que ce devait être chez Marie, combien elle pouvait être belle !
Oui, enfin, en attendant, il n’y avait rien à faire. Ils étaient toujours sur la route, le vent sifflait doucement en refroidissant de minute en minute. Sans doute qu'il neigerait, cette nuit.
Le meilleur, je vous le garde pour la fin. Un homme qui avait tout l’air d’un visionnaire leur dit :
— Pour l’amour du Ciel, mais je sais qui vous êtes !
— Vous savez qui nous sommes ?
— Par le Très-Haut, vous êtes Marie et Joseph, de Nazareth !
— C’est vrai. Nous serions-nous déjà rencontrés ?
Joseph eut un regard joyeux vers Marie qui sourit, dans la joie d’avoir rencontré quelqu’un qui les reconnaissait.
— Oui, je vous ai vus, à Nazareth. Je suis persuadé que c'est votre enfant qui sera le Sauveur. Je l'ai entendu en songe. Il est écrit qu’un sauveur va nous naître, les prophètes nous l’ont annoncé, et je sais au fond de moi qu’Il va venir par vous et je sens… Dieu me garde ! Je sais que c’est l’enfant qui est dans ce ventre ! N’est-ce pas ? J’en ai eu l’illumination dès que je vous ai revus à l'instant.
— Béni soit l’Esprit !
— Je vous en supplie, priez pour moi !
— Nous prierons pour vous.
— Je vais de ce pas prévenir les miens !
— Mais nous logeriez-vous ?
— Hosanna ! Je cours avertir mon père et ma mère, et ma famille tout entière, les voisins, les prêtres, mes amis. Béni soit le Ciel. Restez ici, je serai bientôt de retour. Dieu soit loué, j’ai vu les parents du Sauveur ! Priez pour moi, je vais annoncer cette bonne nouvelle.
Et le visionnaire disparut aussitôt, laissant Joseph et Marie à leur dénuement. Il n’avait pas compris qu’ils avaient besoin de lui.

Joseph emmena donc Marie à l’écart de la ville où personne n’avait su les recevoir.

Extension, si l'enfant est à même de l'entendre:

La neige commença à tomber — beaucoup de gens sourient à cette idée, c’est qu’ils ne connaissent pas Bethléem, sur les montagnes de Judée, à 800 mètres d’altitude, où les neiges ne sont pas rares à ce moment de l’année. C’était un 25 décembre, les historiens sérieux le savent à cause du recensement de l’empereur Auguste, et puis les registres des heures sacerdotales trouvés à Qu’mran mentionnent celle de saint Zacharie, père de saint Jean-Baptiste, datant l’apparition de l’Archange saint Gabriel dans le temple, venu annoncé la conception de son fils le 25 septembre, 6 mois pile avant l’Annonciation à Marie ; et puis, c’était le jour de la Fête des lumières et du solstice d’hiver, quand le soleil recommence à s’élever sur l’horizon. Jésus Soleil de Justice, qui illumine les ténèbres de ce monde, a voulu apparaître sur Terre le jour de cette fête païenne. Enfin, la Sibille de Rome indiqua que Dieu naîtrait sur Terre un 25 décembre. D’autres prophéties avaient prédit qu’en cette nuit un immeuble connu de Rome se serait écroulé, ce qui se produisit, et que la fontaine de l’Hospice des vieux soldats donnerait de l’huile au lieu d’eau, ce qui eut lieu. Telle fut la nuit ou naquît l’Enfant Jésus, quoi qu’en disent les farfelus qui prétendent que Jésus ne naquit pas le jour de sa naissance… Et oui, mais ce n’est pas une surprise pour les gens qui ont du bon sens : Noël a lieu à Noël.

Donc, grelottant de froid, Joseph et Marie trouvèrent une étable abandonnée et s’y installèrent. Marie accoucha là et ne trouva, comme lit pour le bébé, qu’une mangeoire emplie de paille. Bientôt viendraient des gens simples, sans demeure, des bergers qui leur sacrifièrent leur temps et leurs présents ; il vint aussi des gens qui avaient de quoi leur offrir de l’or, de la myrrhe et de l’encens, des mages. Ceux-là, pauvres ou riches, étaient déjà sur la route.

Avant la nuit de Noël

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Saku et Kaya, les couleurs de la banquise

Il existe, au-delà des murs de ta chambre et des rebords de ton lit, d'incroyables pays.

Bien plus loin que de l'autre côté des grands océans, l'un de ces pays mystérieux et sauvage est tout blanc. Oui, oui, je t’assure tout blanc. D’ailleurs, regarde bien toi-même l'image…

Tu es là au milieu de la neige, bien au chaud dans ton épais manteau. Le vent glisse le long de tes joues rougies par le froid. Tu regardes les yeux presque fermés, et que vois-tu ? Tout le paysage est d’un blanc éclatant, immaculé ! Ce blanc étincelant fait de tous côtés rebondir la lumière du soleil en mille petites étoiles brillantes. C’est vraiment un spectacle fascinant, comme une crème chantilly constellée de paillettes. Devant toi, sur le côté, derrière, partout enfin, le paysage s’étire en blanc.

Intrigué, tu regardes alors la terre sous tes pieds pour vérifier. Est-elle blanche elle aussi ? Mais oui, elle aussi : blanche comme un nuage glacé. Ce n’est pas de la terre, mais de la glace. Aussi blanche que tes petites dents lorsque ton sourire dit bonjour au jour présent.

Seul, le ciel, au-dessus de toi, brille d'un beau bleu pur et infini. C’est apaisant un ciel tout propre. C’est comme une grande mer azur qui semble tenir en l’air toute seule, une grande mer bleue flottante. Il est vraiment incroyable, ce lieu inconnu. Voudrais-tu savoir quel est son nom ?

Eh bien, dans les livres, on appelle cette grande étendue blanche et plate comme une assiette, « la banquise ». J’aime bien ce nom. Il donne envie de partir en voyage.

La banquise, c'est le pays des grands ours blancs et des bébés phoques tout aussi blancs qu’eux. groenland-banquise couleurs de la banquise

Mais la banquise, c’est aussi le pays d’un garçon qui s’appelle Saku et de sa sœur Kaya. Ce sont des enfants aïnus, des petits esquimaux comme on dit parfois.

Ces deux enfants-là aiment beaucoup vivre dans ce pays de nuage et de chantilly.

Après avoir fait leurs leçons de l’école, ils s’amusent et font les quatre-cent coups ensemble, imaginant toutes sortes d’aventures.

Par exemple, ils partent sur les pistes dès qu’ils le peuvent pour de grandes promenades à pieds avec des chaussures spéciales, des mocassins, équipées de raquettes. M2005.35.1.1-2-R2 couleurs de la banquiseCes raquettes ressemblent à de grandes raquettes de tennis avec un manche très court et un treillis en peau de chevreuil, autrement dit, une sorte de grillage en cuir. Elles permettent à Saku et sa sœur de ne pas s’enfoncer dans la neige, alors que sans raquettes, ils s'enfoncent jusqu’aux genoux. C’est bien plus facile de marcher longtemps avec ces chaussures-là.

 Par grand beau temps, lorsque le soleil réchauffe la glace, au milieu des vapeurs qui dansent sous le vent, Saku prépare fièrement le traîneau. Ah ! le traîneau, ça, c’est de l’aventure !couleurs de la banquise

Le traîneau tiré par des chiens permet de se déplacer facilement sur la glace. Cela fait penser à une chaise en bois posée sur deux patins qui sont des sortes de skis. Les patins glissent sur la neige comme de l’eau sur une vitre. Ils sont très longs, plats et bien lisses comme les pages d’un livre.

Les chiens sont des Husky, husky_siberien2des Malamutes, Malamutesdes Groenlandais groenlandaisou bien des Samoyèdes.

samoyedes

Ils ont un pelage magnifique : une robe double, épaisse et douce composée de sous-poils doux, denses et duveteux couchés contre la peau et un poil de couverture lisse et doux lui aussi. Cela leur permet d’être toujours bien au chaud car sur la banquise, on ne plaisante pas avec le froid ! Ces valeureux chiens sont très musclés et les charges lourdes ne leur font pas peur. Mais surtout, plus que tout, ils aiment courir. Pour les balades, on les attache au traîneau avec une ligne, c'est-à-dire une longue corde très solide pourvue de harnais qu’on leur enfile comme un pull. Sur la banquise, ils sont ensuite placés par colonnes de deux, ou en éventail, selon le paysage qu’on traverse. Avec 8 chiens, on peut aller aussi vite que sur un… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu, en haut à droite. 

bouquiniste

Le billet perdu

Paul Matthieu habitait une grande ville, la capitale de la France : Paris. Figurez-vous que ce petit garçon habitait tout près de la Seine, le grand fleuve, en plein cœur de Paris. Tout près de ce qu’on appelle l’Ile de la Cité. Quelle chance ! En été, la Seine brillait. Paul pouvait la voir aussi souvent qu'il voulait puisque son appartement donnait juste au-dessus, sur les quais.

De sa chambre, il pouvait voir la Conciergerie, un bâtiment important et surtout la Seine, qui a connu tous les rois, les Romains et les Gaulois, toute l'Histoire de la France. Dans la rue, le matin, le midi, le soir, il y avait toujours de l’animation, les gens allaient et venaient. Le bruit montait jusqu'à sa fenêtre, c'est pourquoi il valait mieux la laisser fermée. Les trottoirs étaient remplis de monde. Et dans la rue, il y avait aussi beaucoup de voitures.

Le soir, dans sa chambre, quand la nuit arrivait, il ne faisait jamais tout noir, il y avait toujours une lumière qui se coinçait au plafond. Plusieurs fois dans la nuit, il y avait une grande lumière qui balayait toute la chambre, c'était les bateaux-mouches qui naviguaient à travers Paris.

Bateaux Mouches Excellence 8 billet perdu

Les bateaux-mouches sur la Seine

Avec son chat allongé sur ses jambes ou en travers de son cou, Paul s'endormait doucement.

Parfois, avant de s'endormir, Paul se relevait et allait à la fenêtre. Mistou (c'est le nom de son chat) le rejoignait et grimpait debout sur ses épaules. Paul admirerait les boutiques du soir qui s’allumaient et la multitude de fenêtres des immeubles qui s'éteignaient une à une. Quand il pleuvait, du jaune, du rouge, du rose, du marron ou du blanc se reflétaient sur le goudron de la rue et du trottoir, par-ci, par-là.

Depuis quelques semaines, Paul avait un grand secret dans son cœur qui le faisait brûler de joie et d’impatience. Ce secret, il ne l’avait dit qu’à Mistou. Cette année, pour la première fois, il allait faire un cadeau. Un cadeau à l’occasion de l’anniversaire de sa maman. C’est toujours un grand événement de fêter l’anniversaire de ceux qu’on aime, n’est-ce pas ? Pour une fois, Paul avait décidé d’offrir, lui tout seul, un présent à sa chère maman. Tout seul, sans l’aide de son papa. Oui, une surprise qu’il offrirait.

C’était pour lui un immense secret mais une aventure aussi car il se demandait : « Quel cadeau vais-je choisir et ne faut-il pas de l’argent pour l’acheter ? Si, bien sûr, mais combien ? Et quoi acheter ? » Tout cela tournait dans la tête de Paul.

Quel cadeau ? Cette question fut réglée très vite, par chance. Il faut dire que Paul avait été très observateur. Un après-midi, de grand beau temps, Paul était parti avec sa maman se promener près des bouquinistes, les marchands de livres le long de la Seine, et elle s’était arrêtée devant une gravure, c'est-à-dire une grande image, qui lui avait beaucoup plue. Elle l’avait reposée. Elle n'y avait pas passé beaucoup de temps et si Paul avait regardé ailleurs, il ne s'en serait même pas rendu compte. Mais cette fois-là, il l'avait observée et il avait bien vu que cette image lui plaisait. Cette gravure, c’était des jeunes filles qui jouaient au piano ; mais attention, pas n'importe quelles jeunes filles : celles d’une peinture du célèbre peintre Auguste Renoir. Sa maman l’avait regardée avec envie, cette image-là et puis elle l’avait reposée. C'était décidé: Paul allait offrir cette gravure à Maman.

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Renoir: Jeunes filles au piano

La seconde interrogation, où trouver l’argent, avait également une réponse : la grand-mère de Paul lui avait offert à un petit billet de banque tout neuf pour ses étrennes, à Noël. Paul avait placé cet argent dans une petite enveloppe dans son livre préféré, sur sa table de nuit, fier mais sans savoir alors ce qu'il en ferait. Le garder précieusement ? Acheter des bonbons ? Faire le tour de la terre avec toute sa famille ? Mais lorsque son papa avait rappelé, il y a quelques jours, en chuchotant, qu’il ne fallait pas oublier l’anniversaire de maman, Paul sut tout de suite comment il allait utiliser son argent. Mais attention ! personne ne devait le savoir et il n'en parla qu'à Mistou, son chat qui, avec ses coups de langue et son perpétuel ronronnement, était toujours d'accord avec lui.

On voyait les bouquinistes, depuis la fenêtre de sa chambre. Paul allait vérifier toutes les heures que son billet était toujours caché dans son livre sur sa table de chevet.

Paul emmenait son précieux argent quand il sortait, pour être sûr de ne pas le perdre. Il faillit le dépenser, lorsqu’ils allèrent au zoo de Vincennes puis au Jardin des Plantes, dans la boutique des souvenirs.

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Le Jardin des Plantes

Il faut dire que les jouets et les carambars étaient très tentants. Mais il avait résisté ; oui, il était resté fidèle à son projet : « Pour Maman, je garde tout. » Et son cœur bondissait de joie à l’approche de ce grand jour.

Mais il fallait encore acheter la gravure discrètement, et tout seul. Sans que personne ne s'en aperçoive. Comment faire ?

L’occasion se présenta. Un beau matin, monsieur Matthieu proposa à Paul de refaire cette jolie promenade le long de la Seine et de chiner, c'est-à-dire de chercher de jolies choses intéressantes :

— On va voir les bouquinistes ? Ils vendent toutes sortes de livres, de dessins, parfois uniques et en tous cas très anciens. Il fait grand soleil, et il y a beaucoup de monde, plein de touristes qui se pressent sur les trottoirs, viens avec moi, ce sera chouette !

Paul avait accepté.

— Je sais ce que c’est, les bouquinistes, papa.

Il furent rapidement sur le trottoir. C’est vrai qu’il y avait des touristes, qui se reposaient sous les grands arbres d’un tendre vert, ou bien déambulaient sur les quais de la Seine. Il faisait déjà chaud.

En marchant sur le trottoir, Paul prêta l’oreille. « Bonjour, je vous rappelle pour notre rendez-vous », disait un monsieur moustachu très bien habillé et très sérieux au téléphone. Un tout petit chien à la queue frétillante vint renifler de sa truffe humide le mollet de Paul. Il y eut un autre chien assez grand, qui ne fit pas attention à lui et sortait une grande langue humide, il avait soif. Et les pigeons, les fameux pigeons de Paris, gris-vert, qui roucoulent à tout bout de champs. A travers l’agitation, ils parvenaient toujours à picorer d’invisibles miettes, ou des graines d’arbres.

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Paul se fit bousculer et attrapa rapidement la main de monsieur Matthieu pour ne pas le perdre de vue. Les bouquinistes, enfin. Là, s’étalaient des multitudes de revues, de toutes les couleurs, certaines avaient l’air même un peu sales, car elles étaient jaunies, vieillies, mais il y avait aussi de belles cartes postales.

histoire4Avec tout ce monde, Paul craignait que la gravure ne soit déjà vendue, car c’était celle-là qu’il voulait et non une autre. Par bonheur, le bouquiniste était là, la gravure trônait toujours en bonne place. Ils s’arrêtèrent. Paul dit :

— Attends, p’pa, je vais regarder ces livres-là.

— Vas-y, vas-y, prends ton temps, mon fils.

Monsieur Matthieu regarda des livres de son côté.

Paul s’approcha du vendeur ; il dut se mettre sur la pointe des pieds car il était petit et s’accrocha au comptoir couvert de revues qui semblaient le soutenir:

— S’il vous plaît, monsieur, dit-il assez doucement, je voudrais acheter cette image.

De son côté, le bouquiniste était fort intrigué de voir un petit garçon lui faire cette demande, il se contenta de hausser ses épais sourcils en signe d’étonnement.

— Celle-ci ? 5 euros. Tu les as ?

Paul fit oui de la tête.

Le marchand la décrocha de son présentoir, et l’enroula soigneusement, puis, il l’entoura d’un petit papier blanc. C’était drôle de voir un monsieur, aussi large et grand, être si délicat avec une si petite chose. Le vœu de Paul était en train de se réaliser : il était en train d’acheter un cadeau pour sa maman et tout seul. Sa main était toute moite quand elle s’enfonça dans sa poche droite pour prendre le billet.

Mais voilà que même tout au fond de la poche, les doigts ne rencontrèrent pas de billet. Voyons dans l’autre poche. Rien non plus. Non, ce n’était pas possible. Les poches de son pantalon n’étaient pas trouées. Et Paul était sûr de l’y avoir mis. Le billet devait s’y trouver. Paul refit la manœuvre encore à droite, à gauche et encore une fois, à gauche et à droite et pour mieux chercher sortit les poches à l’extérieur : elles étaient vides. Le vendeur avec ses gros sourcils se voulait encourageant.

— Alors ?

— Je ne le retrouve pas !

— Cherche mieux, mon gars. Regarde par terre, sur le trottoir, quand tu as cherché dans ta poche… il a dû tomber.

Pendant ce temps, monsieur Matthieu ne se rendait compte de rien, il continuait à lire. Avec le vendeur, Paul regarda autour de l’échoppe, sur le sol. Ils fouillèrent du regard même le caniveau poussiéreux et repoussant : rien, pas de billet. Attendri par le malheur qui frappait Paul, le bouquiniste était presque aussi triste que le jeune garçon ; mais il n’avait pas le temps de s’attarder davantage. Il mit une tape amicale sur l’épaule de Paul anéanti et repassa derrière son étal.

— Eh bien, c’est perdu, mon gars.

— Mais... mais... fit Paul, qui n'arrivait à rien dire d'autre.

— Je suis désolé, dit le marchand. Mais écoute, voilà ce que je vais faire. Je vais garder la gravure dans un coin. Tu reviendras un de ces jours avec un autre billet et la gravure sera à toi.

Paul lui fit un petit sourire triste. Comment pourrait-il avoir un autre billet ? Mais où était-il passé ? Le billet avait disparu, peut-être tombé, peut-être même volé. Les yeux du petit Paul s’emplirent de larmes. Plus de billet, plus de cadeau, plus de surprise.

Monsieur Matthieu sortit de sa lecture, reposa le livre. En voyant Paul, il pensa qu’il s’ennuyait et décida de rentrer à la maison pour prendre un bon goûter. Le chemin du retour fut beaucoup, beaucoup, beaucoup moins joyeux. Paul ne regardait plus rien. Il n’écoutait plus personne. La boulangerie était fermée, et de toutes manières, Paul n’avait pas faim. Il revoyait en image la jolie gravure emballée que le vendeur avait cachée sous son présentoir après sa mésaventure.

A leur retour, quand madame Matthieu aperçut la sombre mine de son fils, elle se demanda quel malheur avait pu se produire ; avait-il fait une bêtise ? Etait-il malade ? Elle n’eut pas le temps de poser de question. Paul, en voyant le visage de sa Maman doux comme un petit pain et si plein de tendresse, se mit à courir pour se jeter dans ses bras : « Oh ! Maman, ton cadeau… »

Il ne put en dire davantage. Toute la maison résonnait de ses sanglots. L’horloge n’osait plus faire son tic-tac habituel, le chat Mistou se cacha presque honteux sous le canapé, alors qu’il n’avait rien fait.

Mais après avoir repris un peu de calme, Paul, entre deux sanglots, expliqua le petit billet de grand-mère, l’attente, le bouquiniste et surtout la gravure. Ils comprirent à leur tour et leurs yeux à eux aussi s’embuèrent de larmes. En apprenant tous les petits sacrifices que son petit garçon avait faits pour elle, au Jardin des Plantes, au Zoo de Vincennes, le cœur de la maman à elle aussi, se mit à battre très fort. Un mot jaillit de ses lèvres :

— Mon chéri, merci de tout mon cœur !

Paul, désespéré, secouait la tête.

— Mais, maman, pourquoi me dis-tu merci ? j’ai tout perdu et je n’ai plus rien à t’offrir.

Et de ses yeux, les larmes recommencèrent. Madame Matthieu entoura tendrement Paul de ses bras :

— Mais si, bien sûr que si, mon chéri. Ton cadeau, tu me l’as déjà fait.

— Quoi ?

Maman lui caressa le visage sans rien dire, quelques secondes. Puis, elle murmura:

— Ton cadeau, c’est l’amour que tu as mis à me préparer ta surprise. C’est le plus beau cadeau que j’aie jamais eu. Toute ma vie, je me souviendrai de tout ce que tu as fait pour moi, mon petit Paul, toute ma vie, je me souviendrai de mon plus bel anniversaire.

Alors, Papa, à son tour, prit Paul et sa Maman dans ses grands bras rassurants.

— Et moi, mon cadeau, c’est vous deux.

Mistou sortit à pattes de velours et vint se frotter à la jambe de Paul en ronronnant et avec ses petits coups de langue qui semblaient dire : « C’est bien vrai, tout ça. »

Lorsque les lumières de la ville s’allumèrent et que les bateaux-mouches pleins de lumière glissèrent sur la Seine, Paul s’endormit consolé, rassuré, avec le chat sur les pieds.

Le lendemain matin, quand il souleva son oreiller, que trouva-t-il en dessous ? Il n’en croyait pas ses yeux.  Un billet ! oui, un autre petit billet tout neuf. Il entendit la voix joyeuse de son papa qui ouvrait la porte : « Ça te dirait d’aller voir les bouquinistes ? » Paul courut à la fenêtre pour voir si les marchands de livres étaient ouverts. Ils étaient là. La gravure l’attendait.

La Seine semblait se réjouir, immobile, scintillant de mille feux.