Category Archives for "Histoire du soir inventée pour 5 ans et moins"

Jorinde et Joringel

Il y avait une fois, dans un sombre château, au cœur d'une forêt épaisse, une magicienne qui vivait seule. La solitude, quand on ne fait rien, peut être source de bien des tourments, à commencer par l'ennui. Puis de vilaines pensées vous tournent dans la tête. C'est ce qui se passa chez cette pauvre femme.

Durant la journée, elle se transformait en chouette, mais le soir elle reprenait sa forme humaine. La légende disait que quiconque étant garçon, approchait du château à moins de cent pas, était transformé en statue ! Le malheureux à qui ce châtiment arrivait ne pouvait plus bouger tant que la magicienne ne l'avait pas délivré au moyen d'une de ses formules magiques. La délivrance ne tardait généralement pas et le garçon pouvait s'en aller, quitte pour une frayeur.

Par contre, si c’était une jeune fille qui venait trop près du château, la vieille femme la métamorphosait en oiseau, puis l'enfermait dans une corbeille. Il en était venu de ces jeunes filles au point que l'affreuse sorcière avait sept mille corbeilles de cette sorte dans son château.

Dans le village voisin, vivait Jorinde. Elle était fiancée à Joringel, un vaillant jeune homme.

Un soir d’automne, ils allèrent se promener dans la forêt pour … La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Hans le Balourd (Andersen) raconté aux enfants

Il y avait dans la campagne un vieux manoir et, dans ce manoir, habitaient un vieux seigneur et ses trois fils. Les deux fils aînés étaient très intelligents et pleins d'esprit. Le troisième des frères, le benjamin donc, n'était pas instruit et semblait un peu sot; tout le monde l'appelait Hans le Balourd.

Les deux frères aînés prétendaient demander la main de la fille du roi. Or, elle avait fait savoir dans tout le pays que sous huit jours, elle épouserait l’homme qui saurait le mieux la convaincre par de belles paroles. Les deux aînés se préparèrent donc. Même s’ils n’avaient qu’une semaine pour étudier, ils étaient déjà très savants : l'un savait par cœur tout le dictionnaire, et l'autre avait étudié tous les atlas et toutes les cartes du monde.

– J'aurai le cœur de la fille du roi, disait le premier. Elle sera séduite par mon habileté de langage, je la ferai rêver en lui racontant les plus belles histoires.
– La fille du roi m’épousera sans hésiter, rétorquait le deuxième. Ma culture géographique l’émerveillera, et je lui ferai découvrir sur ma mappemonde les pays les plus exotiques.

Leur père confia un cheval à chacun d'eux. Tous les domestiques étaient réunis dans la cour pour les voir partir, quand parut Hans le Balourd.

– Où allez-vous ainsi en grande tenue ? leur demanda-t-il.
– À la cour, gagner la main de la princesse. Tu n'as pas entendu ce que le tambour proclame dans tout le pays ?
– Non. On ne m'a rien dit.

Ses frères le mirent donc au courant.

– Parbleu, fit Hans, il faut que je tente ma chance, moi aussi.

Éclatant de rire en entendant ces naïves paroles, les deux frères partirent à cheval vers le château du roi. Sans tenir compte de leurs moqueries, Hans le Balourd alla trouver son père.

– Père, lui demanda-t-il, donne-moi un cheval s’il te plaît. Je veux moi aussi chercher à épouser la princesse… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu.

Le Dé conte pour enfants

Il y a fort longtemps, dans la belle ville de Nantes, vivaient deux vieilles sœurs, Cousette et Bobinette. Couturières et mercières depuis plus de soixante ans, toutes les deux taillaient, coupaient, piquaient et brodaient chaque jour de la semaine.

Dans leur atelier exigu, situé à deux pas du château et de la cathédrale, des piles de coupons et des rouleaux de tissus s’amoncelaient périlleusement jusqu’au plafond. Ils formaient des châteaux, des colonnes, des piliers instables et périlleux. Il y avait aussi des dizaines de bocaux regorgeant de boutons et de bobines qui se serraient sur une haute étagère. Des tiroirs d’une commode s’échappait un enchevêtrement inextricable de ruchers, de rubans et de galons, tous plus fins les uns que les autres. Elles seules savaient se retrouver dans ce fouillis où les soies et les taffetas chatoyants côtoyaient les draps rêches et les popelines colorées.

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Galon rucher

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Galon large

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Rubans satin

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Popeline de coton blanc

– Cousette, où as-tu rangé la pièce de lin grège achetée la semaine dernière sur le marché ? Je ne la trouve pas.
– Là-bas, dans la pile près de l’armoire, entre le velours écarlate et le coutil de soie… Non, pas sous la tarlatane ! L’autre pile, je t’ai dit… Oui, celle-ci.

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Corset en coutil

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Fauteuil de soir grège

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Velours

Mais le plus étonnant était de voir ces vieilles femmes, voutées et fripées, manier l’aiguille. Malgré leur âge très avancé, leurs doigts noueux n’avaient rien perdu de leur agilité. Leurs aiguilles comme les ciseaux virevoltaient sur leur ouvrage, entraînant fils et étoffes dans une danse folle.

produit_soieUn beau matin d’hiver, elles apprirent le décès de… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Noël noir raconté aux enfants

— Vite, v'nez vite !
Sans même frapper à la porte ou dire bonjour, Titouan déboule hors d’haleine dans la cuisine des Le Doërn en ce matin de Noël. Ses cheveux comme son ciré dégoulinent, et il ne doit pas faire chaud dehors à voir son nez rouge et ses doigts glacés. En face de lui, Gaël, vêtu de son pyjama, rêve devant son bol de chocolat fumant. Ses boucles blondes en bataille, il lève un visage encore bouffi de sommeil vers son ami :
— Ben quoi, qu’est-ce qu’il y a ?
— Vite Gaël, habille-toi ! Descends avec moi sur la plage !
— Tu as vu l’heure ? Laisse-moi manger tranquillement. On est en vacances, et en plus, c’est le jour de Noël.
— Non, ça ne peut pas attendre ! Vite, j’te dis ! C’est grave !
Sans plus d’explications, Titouan attrape son ami par le bras et le pousse vers l’escalier.
— Allez ! va t'habiller ! je t’attends.
En grommelant, Gaël monte pesamment les marches qui le mènent à l’étage. Il sait bien que cela ne sert à rien de discuter quand Titouan est dans un tel état d’excitation : il n’y a qu’à faire ce qu'il dit. Son ami, en bon Breton autoritaire, sait ce qu’il veut du haut de ses 10 ans, et lui n’a pas le courage de lui tenir tête… surtout sans petit-déjeuner dans le ventre.

imagesDans le salon, la guirlande électrique du sapin clignote dans l’obscurité. Titouan a du mal à croire que c’est le matin de Noël.
— Qu’est-ce que c’est ce raffut ?… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

La petite gymnaste conte pour enfants

Maria est une petite fille de 6 ans aux longues tresses brunes et aux grands yeux noirs. Depuis sa naissance, elle vit dans une roulotte avec ses trois frères et sœurs, car ses parents sont forains. Toute la famille travaille dans le cirque de leur oncle Marco, comme beaucoup d’autres, c'est un vrai clan.

Tôt ce matin, la troupe est arrivée dans la petite ville d’Arzon, dans le sud de la Bretagne. Il fait frais quand Maria sort de sa roulotte. Le vent du large apporte des odeurs de goémon.

–  Hum ! ça sent la mer, dit la fillette à sa maman. Regarde : il y a plein d’oiseaux !

vol-de-mouettes_0132En effet, de nombreuses mouettes tournoient au-dessus des tracteurs qui labourent les champs. Sur le chemin de terre, un couple passe dans une charrette tirée par un petit âne. La femme qui est assise à l’arrière au milieu de nombreux paniers porte une étrange coiffure en dentelle.

– Quelle drôle de chapeau ! On dirait un tuyau de poêle ! s’esclaffe la fillette.
– C’est une coiffe bretonne, lui explique sa maman qui est déjà venue dans cette région et qui connaît les coutumes des  habitants.
– Maman, on peut aller voir la mer ?
– Non, pas aujourd’hui ! Et tu sais pourquoi. Demain, peut-être.

Maria est déçue : elle aimerait beaucoup aller se promener sur la côte qui est si proche. Elle ne voit pas souvent la mer et rêve de regarder les vagues, de ramasser des coquillages… Mais en même temps, elle sait bien que sa maman a raison : le spectacle commence ce soir, donc le temps presse. Il faut installer le cirque. Sur le terrain vague, les hommes s’activent déjà à monter le chapiteau jaune et rouge, et des cris fusent çà et là pour tendre un cordage, déplier une toile ou planter des piquets. Plus loin, près des caravanes grillagées dédiées aux animaux, Maria aperçoit son ami Pierro qui, une fourche à la main… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Blanche-Rose et Rose-Rouge conte pour enfants

Une veuve avait deux filles, Blanche-Rose et Rose-Rouge, prénoms qu'elle leur avait donnés à cause de deux rosiers blanc et rouge qui fleurissaient dans son jardin. Les deux fillettes grandirent sages et de très bon cœur. Toutes deux ne se quittaient jamais. Elles s’aimaient tant que leur mère disait : « Ce que l'une aura, elle le partagera avec l'autre. »

Un soir d'hiver, alors que la maman et ses deux filles devenues grandes filaient la laine au coin de la cheminée, quelqu’un frappa à la porte.

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– Toc, toc, toc.

Qui pouvait être dehors par un froid pareil et aussi tard ?

– Toc, toc, toc.
– Rose-Rouge, dit la mère, cours ouvrir la porte. Un pauvre homme a peut-être besoin d’un bol de soupe ou d’un abri… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Au feu, les pompiers ! histoire pour enfants

– Vite Gaspard, il est l’heure de partir à l’école, appelle Maman.

Gaspard enfile son gros manteau en grognant. Ce matin, il n’a vraiment pas envie d’aller à l’école. Vraiment pas. Pendant trois jours, il est resté à la maison avec une grosse bronchite. Malgré la fièvre et la toux, il s’est amusé comme un fou avec ses Playmobils pompiers et a construit une belle caserne en Kapla dans sa chambre. Par la fenêtre de l’entrée, il aperçoit de nombreux nuages dans le ciel. Visiblement, il y a du brouillard dehors. Cela ne l’amuse pas du tout de sortir par un temps pareil et de se remettre à apprendre les lettres. En plus, il va encore faire froid pendant la récréation du matin et les élèves de maternelle n’auront pas le droit de sortir : zut, il ne pourra pas jouer aux billes !

sans-aller-a-lecole– Allez Gaspard, presse-toi mon chéri. Tu vas être en retard. Prends ton écharpe surtout et couvre-toi bien.

Maman ouvre la porte de la maison… et aussitôt une forte odeur de fumée chatouille les narines du petit garçon.

– Ça sent le barbecue, maman !
– Le barbecue ? Mais personne ne fait de barbecue l’hiver, mon lapin, surtout par un froid pareil. C’est plutôt l’odeur d’un bon feu de cheminée. En route !

Gaspard et sa maman se rendent à l’école à pied, comme tous les matins. Celle-ci n’est pas très loin et le garçonnet connaît par cœur le trajet : il pourrait le faire les yeux fermés… en tenant la main de sa maman, bien sûr, surtout pour traverser la route. Cependant, aujourd’hui, tout semble bien différent. Les petites rues paraissent étranges, comme emmitouflées dans du coton. Plus ils se rapprochent de l’école, plus le brouillard s’épaissit… et plus l’odeur de fumée augmente. Maman fronce les sourcils, tousse, et Gaspard devine que quelque chose ne va pas.

– Qu’est ce qui se passe, maman ? C’est quoi tout ce brouillard et cette…… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Joliette conte pour enfants

Il était une fois un royaume où tout n’était que joie. Le roi joyeux et sa femme s’aimaient tendrement, et leur peuple vivait heureux et en paix.

Or, dans le royaume voisin qu’on appelait le Pays des larmes, tout était fort différent. Le roi qui le dirigeait avait un cœur de pierre et il ignorait la tristesse de son peuple. Plus que tout, il ne supportait pas d'entendre parler le bonheur de son voisin. Si un conseiller venait lui annoncer qu'une juste mesure avait apporté du bonheur au peuple joyeux, il se mettait en colère et envoyait en prison le conseiller qui lui avait annoncé la nouvelle.

Quand il apprit que la reine joyeuse venait de donner naissance à une ravissante petite fille et que tout le royaume de la joie était en fête, il se mit dans une terrible colère. Il jura de tuer le roi joyeux et lui déclara la guerre. Partout dans cette partie du monde, on se mit à trembler à cette nouvelle, surtout la reine du peuple joyeux.

– Sire, dit-elle à son mari, il faut nous enfuir ! Pensez à Joliette, notre petite fille !
– Ma douce amie, lui répondit le roi, je ne peux pas fuir devant l'ennemi, en abandonnant mon peuple. Que deviendrait-il si ses chefs le laissaient à la merci de la guerre ? Non, j'irai me battre avec notre petite armée.

Le roi qui, ce jour-là, avait perdu son magnifique sourire, dit tendrement adieu à la reine, monta sur destrier et partit combattre son cruel voisin.

La guerre fut longue. Tous les jours, la reine joyeuse recevait une lettre de son époux qui la rassurait et lui prouvait qu’il était toujours en vie. Mais un matin, alors qu'elle regardait par-dessus les murailles du château, elle aperçut un messager qui accourait.

– Mon brave, l'interpella-t-elle, tu sembles bien pressé. Quelles sont les nouvelles de notre armée ?
– Hélas, noble dame, allez dire à la reine que le roi joyeux est mort, dit-il tout essoufflé, la bataille est perdue, et le méchant roi arrive dans un moment avec son armée.

Catastrophe ! La pauvre reine tomba évanouie. On la porta au lit et tous ses gens, dames et valets, pleurèrent autour d’elle. Bientôt, l’armée ennemie envahit la contrée et investit le château. La reine, qui avait repris connaissance, eut juste le temps de cacher une bourse d’or sous son matelas avant que le cruel souverain ne vint la trouver.

– Madame, lui dit-il, vous voilà punie d’avoir été trop heureuse. Vous resterez désormais prisonnière de votre chambre, dans mon château, cousant, filant la laine et vous nourrissant de pain sec. Tous vos beaux habits et vos biens vous sont confisqués. Vous vivrez comme une pauvresse. Quant à votre fille qui vient de naître, elle m’épousera dans quelques années.

Le chagrin de la reine fut immense quand elle entendit ces mots. Joliette ne pouvait pas devenir l’épouse de cet affreux personnage ! Désespérée, elle se mit à prier pour qu’un miracle se produise…

Un soir qu'elle demeurait en sa chambre close dans le château du méchant roi, tandis qu'elle cousait tristement sur sa pauvre table, elle surprit du coin de l’œil une souris au sortir de son trou de plancher. Le petit animal, rond et dodu, se mit curieusement à gambader autour d’elle.

– Bonsoir ma mignonne, lui dit-elle, que viens-tu chercher ici ? Si tu veux manger, c'est raté, car je n'ai qu’un morceau de pain pour mon souper et celui de ma fille.

La souris continuait de trottiner sur le parquet. Amusée, la généreuse reine lui tendit sa part du quignon de pain.

– Après tout, prends donc ! Je n’ai rien d’autre, mais tu es si ravissante et tu fais de si jolis tours que je te le donne de bon cœur. Tu me rappelles ma vie d’avant, pleine de rires et de danses.

La souris se fit un plaisir de grignoter le morceau de pain sec, et ce avec une vitesse prodigieuse. Enfin, elle hala ce qui en restait, dès que ce fut possible, en direction de son trou. La souris avait disparu et la reine revint à son ouvrage sur la table mais qu'y trouva-t-elle ? Il y avait là un plat de poisson accompagné d’un pichet de cidre étincelant, et un broc fumant de lait de chèvre. Émerveillée d'un tel prodige, la reine dévora le plat d’un fort bon appétit, Joliette but tout le lait, et toutes deux s’endormirent rassasiées. Le méchant roi avait-il gagné un peu d'amour en son cœur ? Le mystère était complet.

Le soir suivant, la souris revint chercher son morceau de pain et le miracle se répéta. Personne n'était entré dans la cellule pour y déposer les plats, ils étaient apparus aussitôt après que la souris eut reçu son morceau de pain !Et ce prodige recommença de même chacun des soirs suivants.

La reine était rassurée, car sa fille et elle avaient de quoi manger à leur faim. Mais elles restaient toujours prisonnières…

– N’y-a-t-il pas un moyen de nous sauver ? se lamentait-t-elle souvent.

thumb_3541_default_full_imageAlors qu’elle prononçait ces paroles, elle remarqua que la petite souris jouait avec des brins de paille et un bout de laine. Cela lui donna une idée.

– Si j'avais assez de paille, se dit la reine, je ferais un panier assez grand pour y mettre ma petite fille et je tresserais une longue corde pour descendre le panier par la fenêtre. Puis, je confierais Joliette à la première personne charitable qui accepterait de s’en occuper.

Enhardie, elle se mit au travail. La paille ne lui manquait point, car la souris en apportait tous les soirs. Le panier fut bientôt fini. La reine joyeuse tressa une corde avec les restes de laine qui lui servaient à filer. Une nuit qu’elle regardait  par la fenêtre quelle longueur elle devait encore tresser, elle aperçut une vieille femme au pied du château, à bas de son donjon. Celle-ci lui dit :

– Madame, je connais votre chagrin. Si vous voulez, je vous aiderai.
– Ah ça ! Vous le savez donc ! Merci, bonne dame, lui répondit la reine du haut de sa chambre. Dans ce cas, je vous descendrai ma petite fille dans un panier sitôt que je le pourrai. Vous la nourrirez et, en échange, je vous paierai d’or.
– Je ne suis pas intéressée par l’or, répondit la vieille femme. Ce que je veux, croyez-le ou non, ce sont des souris, si possible grasses et dodues, pour mon chat. Il les aime tant ! Si vous en trouvez là-haut, tuez-les et gardez-les moi. Mon chat en aura satisfaction et votre enfant sera à l'abri.

jacopo-d-andrea-penelope joliette https://lhistoiredusoir.comLa reine fut contristée de cette proposition. La vieille femme lui demanda pourquoi elle faisait si triste mine.

– Hélas ! expliqua la reine joyeuse, tous les soirs une souris vient dans ma chambre. Elle est grasse et dodue comme vous la souhaitez. Mais elle est si gentille et elle m’a tellement aidée, que je ne peux pas lui faire de mal.

– Comment, dit la vieille femme dépitée, vous préférez donc une souris à votre fille ? C'est, madame, que vous n'êtes pas tant à plaindre et je ne vous aiderai pas. Je trouverai des souris sans vous.

Et elle s'en alla en maugréant.

Les soirs suivants, que la souris venait quérir son morceau de pain, la reine le lui donnait tristement.

Cependant, le panier et la corde furent terminés. Une nuit, après avoir longuement embrassé et serré contre elle sa chère Joliette, la reine la posa tout endormie dans le panier. Quel immense chagrin elle avait de se séparer de sa petite fille ! Mais il fallait qu’elle la sauve du méchant roi. Alors que la reine joyeuse allait descendre le panier en s’aidant de la corde, elle entendit des chicotements à côté d’elle. C’était la petite souris. Elle sautait sur le plancher et virevoltait sans qu'on puisse comprendre pourquoi. La ramassant dans le creux de la main, la reine lui demanda :

– Que veux-tu, mignonne ? Tu vois, je dois dire adieu à notre Joliette. Il n’y a pas d’autre solution.

Mais damoiselle souris ne semblait pas prêter attention à ces mots et sauta dans le panier.

– Malheureuse, lui dit la reine en l’extirpant par la queue, tu risquerais d'être prise par la vieille femme et son chat.

À ce moment-là, un autre prodige se produisit.

La souris sauta hors du panier et, tombant sur le plancher, elle se transfigura. Devant la reine se dressait maintenant une fée.

index jacopo-d-andrea-penelope joliette https://lhistoiredusoir.com– Chère reine joyeuse, dit la fée, tu as eu bon cœur avec moi. J'ai voulu éprouver ton cœur en me transformant en souris. Quand tu m’as donné ton seul morceau de pain, j’ai vu que tu étais généreuse. J’ai ensuite pris l’apparence d’une vieille femme. Là encore, tu as été bonne. J'ai connu tes malheurs et, sache-le, ils ne resteront pas plus longtemps dans ta vie. Je veux que tu t'enfuies d’ici.
– Et comment le pourrais-je, bonne fée !
– Tu feras comme je le commande, car je commande aux reines comme aux princesses. Vois ! la corde que tu as tressée avec des brins de laine, je l'ai faite solide et capable de te porter, accroche-la aux barreaux de la fenêtre. Descends ensuite avec ta fille Joliette, puisque sur mon ordre, quelqu’un vous attend en bas. Aie confiance.

Sans plus hésiter, la reine prit le panier où sa petite fille dormait, descendit avec grâce l’échelle de corde suspendue aux barreaux de sa fenêtre, et fut bientôt à bas du donjon. Un cocher l’attendait et la fit monter dans son carrosse. Mystérieusement, sans réveiller les gardes et les soldats du méchant roi, l’équipage s'éloigna du sinistre château et ramena la reine et sa fille au royaume de la joie. La maladie frappa le méchant roi avant que trois lunes aient passé. Plus tard, Joliette devint reine à son tour et le royaume du méchant roi fut donné au sien.

La Fève histoire pour enfants

– Maman, regarde : j’ai encore une dent qui va tomber !

Tout fier, Joseph ouvre une grande bouche et montre une incisive qui bouge sous la pression de sa langue rose.

– Bravo, mon Jojo ! Quel grand garçon tu fais ! Mais, vas-tu réussir à manger une part de galette des rois demain ?
– Oui ! Oui !
– Je me demande. Une dent qui bouge, ça empêche de manger.
– Bah ! non, je peux manger très bien.

Tirer les rois, Joseph ne manquerait cela pour rien au monde. Il a tellement envie d’être roi ! Surtout que, dans sa famille, celui qui a la fève est traité comme un vrai souverain durant tout le reste de la journée. Pas question de vider le lave-vaisselle ou de mettre la table : le roi ou la reine du jour se fait servir, décide de ce qu’il va manger ou à quel jeu on va jouer.

Il décide de beaucoup de choses.

Malheureusement, depuis la naissance de sa sœur Odette qui a trois ans, Joseph n’a presque plus eu la fève. Et il sait très bien pourquoi ! Il a remarqué que papa, maman ou l’un de ses grands frères se débrouille toujours pour glisser dans l’assiette de sa petite sœur LA part qui a LA fève. Même s’il n’a que 6 ans, il se rend très bien compte de la supercherie. Et il est bien décidé à en parler à sa maman. Celle-ci est justement en train de confectionner la frangipane pour la galette.

41178684-maman-avec-ses-2-ans-de-l-enfant-cuisson-tarte-de-vacances-dans-la-cuisine-pour-la-f-te-des-m-res-d– Maman ?
– Oui, mon grand.
– Il faut que je te parle...
– De quoi, mon chéri ?
– Une chose qui me fait beaucoup de peine…
– Vas-y, je t’écoute.
– C’est difficile à dire… Odette a toujours la fève, et je sais très bien pourquoi.
– Ah bon ? fait maman en essuyant ses mains sur son tablier. Pourquoi alors ?
– Ben, je vois bien que vous vous débrouillez toujours pour qu’elle ait la bonne part.
– C’est normal, mon chéri ! Nous avons fait… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

La grande marée histoire pour enfants

Ce matin, une grande agitation règne à KerJob, chez Grand-Papa et Grand-Maman. Les adultes, comme les enfants, sont très occupés à réunir tout le matériel de pêche éparpillé dans la grande maison aux volets bleus.

equipement-peche-de-base– Est-ce que quelqu’un a pris mon épuisette ?
– Maman, je ne trouve plus mes bottes !
– Qui sait où ont été rangés les crochets à crabes ?

Cette agitation s’explique par un seul mot : grande marée ! En effet, durant les derniers jours du mois d’août, la mer a l’habitude de se retirer très loin à marée basse, plus que d’habitude. Certains endroits de la côte sont exceptionnellement découverts. Les grandes marées font la joie des pêcheurs à pied qui ramassent alors beaucoup plus de crabes, de coques, de crevettes, etc. Aujourd’hui, c’est le premier jour de la grande marée dans cette belle région de Bretagne Sud, et il n’est pas question pour toute la famille de rater un événement pareil. Certains cousins sont même venus passer spécialement la journée à KerJob pour cette occasion. Seule Grand-Maman restera à la maison pour garder les plus jeunes.

Une fois tout le monde équipé de bottes, seaux, épuisettes et crochets, la petite troupe se met en route. Pipe à la bouche, grand-papa ouvre la marche, avec son traditionnel panier de pêche vert passé en bandoulière. La plage est à 5 minutes à pied, mais, aujourd’hui, elle semble deux fois plus grande aux enfants.

– Grand-Papa, regardez : la plage est immense ce matin ! s’émerveille Gwendal.
– Oui mon grand, tu as raison. Nous ne la voyons pas souvent ainsi. Regarde, la mer est descendue plus loin que la bouée cardinale. Tu vas pouvoir la voir enfin de près… et peut-être même monter dessus !
– Waouh ! exulte le petit garçon dont le visage criblé de taches de rousseur s’éclaire d’un large sourire.
– Tu vois Gwendal, continue Grand-Papa, cette partie de la plage… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

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