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bouquiniste

Le billet perdu, histoire pour enfants

Paul Matthieu habitait une grande ville, la capitale de la France : Paris. Figurez-vous que ce petit garçon habitait tout près de la Seine, le grand fleuve, en plein cœur de Paris. Tout près de ce qu’on appelle l’Ile de la Cité. Quelle chance ! En été, la Seine brillait. Paul pouvait la voir aussi souvent qu'il voulait puisque son appartement donnait juste au-dessus, sur les quais.

De sa chambre, il pouvait voir la Conciergerie, un bâtiment important et surtout la Seine, qui a connu tous les rois, les Romains et les Gaulois, toute l'Histoire de la France. Dans la rue, le matin, le midi, le soir, il y avait toujours de l’animation, les gens allaient et venaient. Le bruit montait jusqu'à sa fenêtre, c'est pourquoi il valait mieux la laisser fermée. Les trottoirs étaient remplis de monde. Et dans la rue, il y avait aussi beaucoup de voitures.

Le soir, dans sa chambre, quand la nuit arrivait, il ne faisait jamais tout noir, il y avait toujours une lumière qui se coinçait au plafond. Plusieurs fois dans la nuit, il y avait une grande lumière qui balayait toute la chambre, c'était les bateaux-mouches qui naviguaient à travers Paris.

Bateaux Mouches Excellence 8 billet perdu

Les bateaux-mouches sur la Seine

Avec son chat allongé sur ses jambes ou en travers de son cou, Paul s'endormait doucement.

Parfois, avant de s'endormir, Paul se relevait et allait à la fenêtre. Mistou (c'est le nom de son chat) le rejoignait et grimpait debout sur ses épaules. Paul admirerait les boutiques du soir qui s’allumaient et la multitude de fenêtres des immeubles qui s'éteignaient une à une. Quand il pleuvait, du jaune, du rouge, du rose, du marron ou du blanc se reflétaient sur le goudron de la rue et du trottoir, par-ci, par-là.

Depuis quelques semaines, Paul avait un grand secret dans son cœur qui le faisait brûler de joie et d’impatience. Ce secret, il ne l’avait dit qu’à Mistou. Cette année, pour la première fois, il allait faire un cadeau. Un cadeau à l’occasion de l’anniversaire de sa maman. C’est toujours un grand événement de fêter l’anniversaire de ceux qu’on aime, n’est-ce pas ? Pour une fois, Paul avait décidé d’offrir, lui tout seul, un présent à sa chère maman. Tout seul, sans l’aide de son papa. Oui, une surprise qu’il offrirait.

C’était pour lui un immense secret mais une aventure aussi car il se demandait : « Quel cadeau vais-je choisir et ne faut-il pas de l’argent pour l’acheter ? Si, bien sûr, mais combien ? Et quoi acheter ? » Tout cela tournait dans la tête de Paul.

Quel cadeau ? Cette question fut réglée très vite, par chance. Il faut dire que Paul avait été très observateur. Un après-midi, de grand beau temps, Paul était parti avec sa maman se promener près des bouquinistes, les marchands de livres le long de la Seine, et elle s’était arrêtée devant une gravure, c'est-à-dire une grande image, qui lui avait beaucoup plue. Elle l’avait reposée. Elle n'y avait pas passé beaucoup de temps et si Paul avait regardé ailleurs, il ne s'en serait même pas rendu compte. Mais cette fois-là, il l'avait observée et il avait bien vu que cette image lui plaisait. Cette gravure, c’était des jeunes filles qui jouaient au piano ; mais attention, pas n'importe quelles jeunes filles : celles d’une peinture du célèbre peintre Auguste Renoir. Sa maman l’avait regardée avec envie, cette image-là et puis elle l’avait reposée. C'était décidé: Paul allait offrir cette gravure à Maman.

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Renoir: Jeunes filles au piano

La seconde interrogation, où trouver l’argent, avait également une réponse : la grand-mère de Paul lui avait offert à un petit billet de banque tout neuf pour ses étrennes, à Noël. Paul avait placé cet argent dans une petite enveloppe dans son livre préféré, sur sa table de nuit, fier mais sans savoir alors ce qu'il en ferait. Le garder précieusement ? Acheter des bonbons ? Faire le tour de la terre avec toute sa famille ? Mais lorsque son papa avait rappelé, il y a quelques jours, en chuchotant, qu’il ne fallait pas oublier l’anniversaire de maman, Paul sut tout de suite comment il allait utiliser son argent. Mais attention ! personne ne devait le savoir et il n'en parla qu'à Mistou, son chat qui, avec ses coups de langue et son perpétuel ronronnement, était toujours d'accord avec lui.

On voyait les bouquinistes, depuis la fenêtre de sa chambre. Paul allait vérifier toutes les heures que son billet était toujours caché dans son livre sur sa table de chevet.

Paul emmenait son précieux argent quand il sortait, pour être sûr de ne pas le perdre. Il faillit le dépenser, lorsqu’ils allèrent au zoo de Vincennes puis au Jardin des Plantes, dans la boutique des souvenirs.

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Le Jardin des Plantes

Il faut dire que les jouets et les carambars étaient très tentants. Mais il avait résisté ; oui, il était resté fidèle à son projet : « Pour Maman, je garde tout. » Et son cœur bondissait de joie à l’approche de ce grand jour.

Mais il fallait encore acheter la gravure discrètement, et tout seul. Sans que personne ne s'en aperçoive. Comment faire ?

L’occasion se présenta. Un beau matin, monsieur Matthieu proposa à Paul de refaire cette jolie promenade le long de la Seine et de chiner, c'est-à-dire de chercher de jolies choses intéressantes :

— On va voir les bouquinistes ? Ils vendent toutes sortes de livres, de dessins, parfois uniques et en tous cas très anciens. Il fait grand soleil, et il y a beaucoup de monde, plein de touristes qui se pressent sur les trottoirs, viens avec moi, ce sera chouette !

Paul avait accepté.

— Je sais ce que c’est, les bouquinistes, papa.

Il furent rapidement sur le trottoir. C’est vrai qu’il y avait des touristes, qui se reposaient sous les grands arbres d’un tendre vert, ou bien déambulaient sur les quais de la Seine. Il faisait déjà chaud.

En marchant sur le trottoir, Paul prêta l’oreille. « Bonjour, je vous rappelle pour notre rendez-vous », disait un monsieur moustachu très bien habillé et très sérieux au téléphone. Un tout petit chien à la queue frétillante vint renifler de sa truffe humide le mollet de Paul. Il y eut un autre chien assez grand, qui ne fit pas attention à lui et sortait une grande langue humide, il avait soif. Et les pigeons, les fameux pigeons de Paris, gris-vert, qui roucoulent à tout bout de champs. A travers l’agitation, ils parvenaient toujours à picorer d’invisibles miettes, ou des graines d’arbres.

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Paul se fit bousculer et attrapa rapidement la main de monsieur Matthieu pour ne pas le perdre de vue. Les bouquinistes, enfin. Là, s’étalaient des multitudes de revues, de toutes les couleurs, certaines avaient l’air même un peu sales, car elles étaient jaunies, vieillies, mais il y avait aussi de belles cartes postales.

histoire4Avec tout ce monde, Paul craignait que la gravure ne soit déjà vendue, car c’était celle-là qu’il voulait et non une autre. Par bonheur, le bouquiniste était là, la gravure trônait toujours en bonne place. Ils s’arrêtèrent. Paul dit :

— Attends, p’pa, je vais regarder ces livres-là.

— Vas-y, vas-y, prends ton temps, mon fils.

Monsieur Matthieu regarda des livres de son côté.

Paul s’approcha du vendeur ; il dut se mettre sur la pointe des pieds car il était petit et s’accrocha au comptoir couvert de revues qui semblaient le soutenir:

— S’il vous plaît, monsieur, dit-il assez doucement, je voudrais acheter cette image.

De son côté, le bouquiniste était fort intrigué de voir un petit garçon lui faire cette demande, il se contenta de hausser ses épais sourcils en signe d’étonnement.

— Celle-ci ? 5 euros. Tu les as ?

Paul fit oui de la tête.

Le marchand la décrocha de son présentoir, et l’enroula soigneusement, puis, il l’entoura d’un petit papier blanc. C’était drôle de voir un monsieur, aussi large et grand, être si délicat avec une si petite chose. Le vœu de Paul était en train de se réaliser : il était en train d’acheter un cadeau pour sa maman et tout seul. Sa main était toute moite quand elle s’enfonça dans sa poche droite pour prendre le billet.

Mais voilà que même tout au fond de la poche, les doigts ne rencontrèrent pas de billet. Voyons dans l’autre poche. Rien non plus. Non, ce n’était pas possible. Les poches de son pantalon n’étaient pas trouées. Et Paul était sûr de l’y avoir mis. Le billet devait s’y trouver. Paul refit la manœuvre encore à droite, à gauche et encore une fois, à gauche et à droite et pour mieux chercher sortit les poches à l’extérieur : elles étaient vides. Le vendeur avec ses gros sourcils se voulait encourageant.

— Alors ?

— Je ne le retrouve pas !

— Cherche mieux, mon gars. Regarde par terre, sur le trottoir, quand tu as cherché dans ta poche… il a dû tomber.

Pendant ce temps, monsieur Matthieu ne se rendait compte de rien, il continuait à lire. Avec le vendeur, Paul regarda autour de l’échoppe, sur le sol. Ils fouillèrent du regard même le caniveau poussiéreux et repoussant : rien, pas de billet. Attendri par le malheur qui frappait Paul, le bouquiniste était presque aussi triste que le jeune garçon ; mais il n’avait pas le temps de s’attarder davantage. Il mit une tape amicale sur l’épaule de Paul anéanti et repassa derrière son étal.

— Eh bien, c’est perdu, mon gars.

— Mais... mais... fit Paul, qui n'arrivait à rien dire d'autre.

— Je suis désolé, dit le marchand. Mais écoute, voilà ce que je vais faire. Je vais garder la gravure dans un coin. Tu reviendras un de ces jours avec un autre billet et la gravure sera à toi.

Paul lui fit un petit sourire triste. Comment pourrait-il avoir un autre billet ? Mais où était-il passé ? Le billet avait disparu, peut-être tombé, peut-être même volé. Les yeux du petit Paul s’emplirent de larmes. Plus de billet, plus de cadeau, plus de surprise.

Monsieur Matthieu sortit de sa lecture, reposa le livre. En voyant Paul, il pensa qu’il s’ennuyait et décida de rentrer à la maison pour prendre un bon goûter. Le chemin du retour fut beaucoup, beaucoup, beaucoup moins joyeux. Paul ne regardait plus rien. Il n’écoutait plus personne. La boulangerie était fermée, et de toutes manières, Paul n’avait pas faim. Il revoyait en image la jolie gravure emballée que le vendeur avait cachée sous son présentoir après sa mésaventure.

A leur retour, quand madame Matthieu aperçut la sombre mine de son fils, elle se demanda quel malheur avait pu se produire ; avait-il fait une bêtise ? Etait-il malade ? Elle n’eut pas le temps de poser de question. Paul, en voyant le visage de sa Maman doux comme un petit pain et si plein de tendresse, se mit à courir pour se jeter dans ses bras : « Oh ! Maman, ton cadeau… »

Il ne put en dire davantage. Toute la maison résonnait de ses sanglots. L’horloge n’osait plus faire son tic-tac habituel, le chat Mistou se cacha presque honteux sous le canapé, alors qu’il n’avait rien fait.

Mais après avoir repris un peu de calme, Paul, entre deux sanglots, expliqua le petit billet de grand-mère, l’attente, le bouquiniste et surtout la gravure. Ils comprirent à leur tour et leurs yeux à eux aussi s’embuèrent de larmes. En apprenant tous les petits sacrifices que son petit garçon avait faits pour elle, au Jardin des Plantes, au Zoo de Vincennes, le cœur de la maman à elle aussi, se mit à battre très fort. Un mot jaillit de ses lèvres :

— Mon chéri, merci de tout mon cœur !

Paul, désespéré, secouait la tête.

— Mais, maman, pourquoi me dis-tu merci ? j’ai tout perdu et je n’ai plus rien à t’offrir.

Et de ses yeux, les larmes recommencèrent. Madame Matthieu entoura tendrement Paul de ses bras :

— Mais si, bien sûr que si, mon chéri. Ton cadeau, tu me l’as déjà fait.

— Quoi ?

Maman lui caressa le visage sans rien dire, quelques secondes. Puis, elle murmura:

— Ton cadeau, c’est l’amour que tu as mis à me préparer ta surprise. C’est le plus beau cadeau que j’aie jamais eu. Toute ma vie, je me souviendrai de tout ce que tu as fait pour moi, mon petit Paul, toute ma vie, je me souviendrai de mon plus bel anniversaire.

Alors, Papa, à son tour, prit Paul et sa Maman dans ses grands bras rassurants.

— Et moi, mon cadeau, c’est vous deux.

Mistou sortit à pattes de velours et vint se frotter à la jambe de Paul en ronronnant et avec ses petits coups de langue qui semblaient dire : « C’est bien vrai, tout ça. »

Lorsque les lumières de la ville s’allumèrent et que les bateaux-mouches pleins de lumière glissèrent sur la Seine, Paul s’endormit consolé, rassuré, avec le chat sur les pieds.

Le lendemain matin, quand il souleva son oreiller, que trouva-t-il en dessous ? Il n’en croyait pas ses yeux.  Un billet ! oui, un autre petit billet tout neuf. Il entendit la voix joyeuse de son papa qui ouvrait la porte : « Ça te dirait d’aller voir les bouquinistes ? » Paul courut à la fenêtre pour voir si les marchands de livres étaient ouverts. Ils étaient là. La gravure l’attendait.

La Seine semblait se réjouir, immobile, scintillant de mille feux.

Loire

Pêche sur la Loire, histoire pour les 5 ans et moins

Dans un petit coin de campagne, entre coteaux boisés et vertes prairies, serpente un long ruban argenté : la Loire. Au creux d’un méandre est nichée une vieille demeure de pierres blanches, au toit d’ardoises grises. C’est là que vit le grand-père de Louise.

Louise passe toutes ses vacances avec lui. Elle aime tant se promener dans les vignes ou au bord de l’eau.

Lorsque l’on descend les marches du perron, à l’arrière de la maison, et que l’on traverse les dalles de la terrasse, s’ouvre un petit chemin qui traverse la pelouse, descend en pente douce jusqu’aux rives de la Loire. Dans une cabane en bois sommeille tout l’attirail de pêcheur, c'est-à-dire les instruments pour la pêche.

La barque flotte à trois pas de la cabane, retenue à la rive par une vieille corde. On peut monter à bord grâce à un petit ponton fait de quelques planches. Les moments que Louise affectionne particulièrement, c’est l’attente, les longues heures de pêche sur la Loire, en espérant prendre des sandres ou des brochets.

photo_brochet_2 Pêche sur la Loire

Le brochet

sandre120607 Pêche sur la Loire

La sandre

Mais ce matin, Louise est en colère. Occupé dans son potager, Grand-père a repoussé la partie de pêche promise. Les tomates sont mûres à point et il s’est mis en tête de les récolter tout de suite :

« Ma petite chérie, je sais que nous devions aller pêcher ce matin, je te l’ai dit hier. Mais ce matin, j’ai fait un tour dans le jardin. Une grande quantité de tomates sera perdue si nous ne les ramassons pas.

— Mais Grand-père, allons pêcher d’abord, nous pourrons toujours les ramasser en rentrant. Du poisson pour aller avec les tomates, ça serait parfait ! a répliqué Louise, sûre que son astuce convaincrait Grand-père.

Il a secoué la tête en se grattant le menton :

— Il faut aller au potager avant que le soleil ne soit trop haut dans le ciel. Sinon, les tomates seront gâtées par la chaleur et nous, nous risquerions une insolation à travailler en plein midi !

tomates

— Mais, cet après-midi, il sera trop tard aussi pour la pêche ! Les poissons descendront au fond de l’eau pour chercher la fraîcheur et nous n’attraperons rien !

— Ma petite, les poissons resteront dans la Loire, alors que demain, les tomates seront abîmées. Ce matin, c’est jardin. La pêche se fera un autre jour, peut-être demain. Tu viens m’aider ?

Mais Louise n’a pas entendu la demande de Grand-père : elle a déjà claqué la porte et dévale les marches du perron. Elle court tout le long du chemin menant à la Loire, les yeux plein de larmes. Maintenant, elle arpente la rive, grommelant toute seule et jetant des bâtons dans l’eau. Pendant qu’elle récrimine, son regard tombe sur la barque. Elle oscille près du bord. Une idée germe dans son esprit :… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Les bonbons de Melchior, histoire pour enfants

regard enfant Les bonbons deSais-tu enfant que tu ne perdras jamais ton joli regard ?

Le regard, c’est comme la parole des yeux. Tes yeux, en effet, montrent ce que tu as dans ton cœur. Par exemple, si tu perds ton jouet préféré tu as les yeux tristes, peut-être même qu’ils pleurent. Mais si tu retrouves ton jouet perdu, alors tes yeux sourient, ils sont heureux.

Regarde à côté de toi : il y a une grande personne qui te lit cette histoire. Je suis sûr que ses yeux sont doux lorsqu’elle te regarde et dedans tu peux y voir beaucoup d'amour. Le regard, c’est donc très important, autant que ton doudou, les câlins et même les bisous.

Tes yeux à toi sont tout neufs mais ils sont très, très forts ! Si, je t'assure. Ils sont capables d'envoyer un filet pour attraper les personnes. Tu ne me crois pas ? Eh bien, ton premier regard de bébé a attrapé ta maman et ton papa, à ta naissance. Il a bondi vers eux et les a attrapés. Comme ta main dans un bocal à bonbons.

Hum ! les bonbons… Tes yeux les aiment beaucoup, eux aussi. Ils s’ouvrent grand et brillent d’un regard gourmand… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Prairie_en_Meurthe-et-Moselle

Tsar dans la prairie conte pour enfants

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L’hibernation racontée aux enfants

L’hibernation

(ici, le parent qui lit posera des questions et laissera le temps à l’enfant de répondre)

En Europe, en Amérique du Nord, en Russie, au Japon, en Chine et dans tous les pays du monde où il y a un été chaud et un hiver froid, au début de l’hiver, quand vient le froid, une quantité d’animaux, mais alors, une quantité énorme, énorme, d’animaux, se mettent en boule et commencent à dormir.

Ils ne dorment pas pour une nuit, comme toi, non, ils dorment pour des jours et des jours, sans se réveiller, ils dorment pour des semaines et des mois !

On dit que ces animaux hibernent.

Pourtant, les animaux que tu as autour de toi n’hibernent pas, ils ne dorment pas tout l’hiver. Le chat et le chien, est-ce qu’ils dorment tout l’hiver ?

—…

Et les chevaux, la vache et le bœuf, ou la poule, ou le cochon, l’âne ou les autres animaux de la ferme, à ton avis, ils dorment tout l’hiver ?

—…

— Eh bien, non, ils ne dorment pas tout l’hiver. Et pourquoi ?

—…

— En fait, c’est parce qu’ils peuvent se réchauffer, eux. Et on leur donne à manger. Le cheval, la vache, le bœuf ou l’âne dorment dans l’étable; la poule, le coq et les poussins dans…

—…

— … le poulailler, et le chien et le chat dans la ferme s’ils ont le droit d’entrer, sinon à la niche pour le chien et sous les toits pour le chat, ou dans une grenier, ou près de la chaudière de la maison, ou un autre endroit où il fait moins froid.

Donc, ces animaux n’hibernent pas, parce qu’ils n’ont pas froid en hiver. Ce sont des animaux domestiques, c’est-à-dire qu’ils vivent près de l’homme, et l’homme a construit des maisons pour eux qui s’appellent étable, poulailler, ou porcherie pour les…

—…

— cochons, et il y a aussi l’écurie pour les fermes plus grosses ou les châteaux, la grange où le chat peut aller chasser les souris et qui sert à mettre les récoltes, il y a aussi la bergerie pour les…

—…

— moutons, le clapier pour les…

—…

— lapins ; et les pigeons, ils dorment où ? dans le…

—…

— pigeonnier.

Donc, les animaux de la ferme sont bien au chaud, en hiver, en tous cas assez au chaud pour eux.

Mais pense à des milliers d’animaux qui n’ont pas d’endroit où se réchauffer, à ces millions d’animaux, qui doivent trouver un endroit le moins froid possible durant l’hiver, et se pelotonner pour s’endormir.

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C’est ce que fait le hérisson, quand il commence à faire froid, il trouve un trou dans un arbre, ou sous les racines d’un arbre, il se met en boule, on ne voit plus ni ses pattes, ni son museau, et il s’endort bien au chaud. Et tous les hérissons, par milliers de milliers, font la même chose au même moment : ils se mettent dans un trou et s’endorment. Et ils s’endorment pour des mois, jusqu’à ce que le printemps soit revenu. C’est pourquoi on ne voit jamais de hérisson en hiver. Le hérisson ne voit jamais la neige.

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Les abeilles aussi dorment l’hiver

Parfois, si tu te promènes avec tes parents en forêt, durant l’hiver, et que tu cherches bien les trous de racines, tu peux voir un hérisson qui hiberne, qui dort pour tout l’hiver. Tu devrais demander à tes parents de t’emmener pour essayer d’en trouver un.

Mais il y a d’autres animaux qui, eux, dorment à moitié seulement. L’ours, le blaireau, l’écureuil ou la taupe se réveillent de temps en temps. Eh ! oui, il faut qu’ils se réveillent pour manger un peu, car ils sont trop gros pour vivre plusieurs mois sans manger. La faim les réveille.

Tandis que le hérisson, et bien d’autres animaux, comme la marmotte, le loir, le lézard, la chauve-souris, l’escargot, les serpents et encore bien d’autres, s’endorment pour tout l’hiver. Tu imagines ces millions et ces millions d’animaux qui vont se cacher pour dormir ?

Et une chose qui est étonnante, c’est que leur sang baisse en température, presque au niveau de la température de l’air. Il fait aussi froid dehors que dans leur corps.

Et même les poissons, la grenouille, ou le crapaud, ne font presque plus rien.

Voilà comment ça se passe: quand il commence à faire froid, le hérisson commence à se trouver en difficulté. Son manteau d’épines le protège très bien contre ses ennemis, mais il le protège mal du froid. Pour ne pas avoir froid, il faudrait qu’il mange beaucoup car quand on mange, le corps se réchauffe. Mais le hérisson ne mange que des insectes et en hiver, il n’y en a presque plus. S’il ne s’endort pas, il mourra.

Donc, dès qu’il fait moins de 15°C, le hérisson se roule en boule dans sa tanière et s’endort. Si tu veux savoir quand c’est, tu peux le savoir facilement: c’est quand tes parents rallument la chaudière pour l’hiver: ils ont froid comme le hérissons, alors que toi, souvent, tu n’as pas froid.

Mais je reviens au hérisson. Pendant qu’il dort très très profondément, rien ne peut le réveiller. Son corps a juste un degré de plus que l’air ambiant, l’air de sa tanière. C’est le meilleur moyen pour économiser ses forces. S’il fait 10 degrés, son corps fait 11 degrés, il est comme un mini radiateur automatique. Mais si la température descend au-dessous de 5°, alors sa température ne descend pas au-dessous, sinon il mourrait congelé. Et il chauffe tout seul, tout en dormant, sans s’en rendre compte. Je te signale que tu fais la même chose quand tu vas dehors par temps froid ou que tu t’endors: ton corps augmente ta température tout seul, c’est vraiment automatique. Et même, plus tard dans la nuit, quand tu es endormi, la température de ton corps baisse un peu, toute seule. Trop génial, ce corps humain, quand même, pas vrai ?

C’est pour cela qu’il est très important, pour le hérisson, de trouver un endroit le plus chaud possible. Sous la terre, il fait plus chaud que dehors, en hiver. Tu es peut-être déjà descendu dans une cave en hiver, il y fait doux, souvent autour de 10°C, c’est froid pour y vivre, mais pour les animaux qui hibernent, c’est une température parfaite.

Deux marmottes du Parc Animalier des Pyrénées

Deux jolies marmottes du Parc Animalier des Pyrénées

La marmotte, quant à elle, dort dans un véritable dortoir souterrain. Il se trouve à deux ou trois mètres sous terre, et il est large d’une dizaine de mètres ! Une quinzaine de marmottes y dorment, ce qui est très malin, car elles se réchauffent les unes les autres.

Elles ont préparé leur dortoir en été, elles ont coupé beaucoup d’herbe et l’ont laissé sécher au soleil, puis elles l’ont transportée avec leur bouche dans leur souterrain. Là, elles l’ont superposée en plusieurs couches. L’herbe étant sèche, on appelle ça du foin, et le foin fait un très bon matelas. Elles s’endorment, l’hiver venu, en mettant leur tête entre leurs pattes arrières. Elles ne respirent presque plus, très très lentement, quinze fois moins vite que d’habitude.

Comme il arrive souvent qu’il fasse froid, la marmotte a mangé beaucoup avant le début de l’hiver, elle a fait de la graisse qui lui tient chaud, et ensuite, pendant qu’elle dort, elle maigrit. Elle maigrit tellement qu’on ne la reconnaît plus, au printemps, quand elle sort de son dortoir. Toi aussi, tu grossis en hiver, mais bon c’est après Noël, quand tu as mangé plein de chocolat et de gâteau, et en plus ça ne te sert pas pour dormir tout l’hiver, c’est juste parce que tu es gourmand(e) !

Mais celui qui est le plus célèbre dormeur, c’est le … La suite vous intéresse ? Ce sera dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous.

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Jeannot et Trim, I, Les Loups, chap. I

Musique: Angela’s Ashes Soundtrack Suite (John Williams), The Towering Inferno Soundtrack Suite (John Williams)

   Il était une fois, il y a fort longtemps, vers l’an 1140, au temps des chevaliers et des croisades, un petit garçon que tout le monde appelait Jeannot, un enfant de Normandie, le pays occupé par les fiers Normands. Jeannot avait un ami inséparable, qui s’appelait Trim, avec qui il était comme un frère. Il aimait aller avec lui à la chasse aux alouettes, ou braconner des lièvres, ou attraper des lapereaux (des petits lapins). Là où était Jeannot, on trouvait presque toujours Trim, et là où était Trim, il y avait de fortes chances pour qu’on trouvât Jeannot.

Ce jour-là, après la leçon de latin que leur faisait la maman de Trim, les deux garçons partirent à la chasse au goupil, enfin, le renard; en ce temps-là, on disait un goupil pour un renard.

Le renard qui vivait aux alentours du village avait mauvaise réputation, il venait la nuit dans les poulaillers pour manger deux ou trois poules, et parfois dévorer le coq. Cela faisait un mois qu’il maraudait ainsi, et qu’il tuait les poules. Jeannot et Trim se proposèrent donc d’aller le débusquer pour l’attraper dans les bois. Les villageois acceptèrent, en leur conseillant la prudence, car maître renard est fort rusé, et ses morsures dangereuses; quand il mord, on peut attraper des maladies.

— Faites attention, tenez-vous au loin ! Et emmenez chacun un couteau long, dirent leurs papas.

Les garçons obéirent et suivirent ces conseils. Outre deux couteaux longs qu’ils portaient au côté, accrochés à leur ceinture, ils emmenèrent leur piège, une solide corde épaisse servant de bride accrochée à un cadre de bois. Quand on passait la tête dans le cadre de bois, on passait en même temps la corde au cou et si l’on tirait sur la corde, un nœud coulant vous serrait à la gorge.

Ils partaient donc dans la forêt à la recherche d’un terrier de renard.

Les oiseaux des bois chantaient et parmi leurs chants mélodieux, on entendait celui d’une mésange, deux notes aiguës, mais voilà que le chant se transforme en gazouillement, sûrement un merle. Mais presque aussitôt, c’est un chant aigu, puissant et prolongé, un chant d’alouette assurément. Les garçons n’y comprennent rien, car immédiatement après, c’est un rossignol qu’on entend, avec son chant très varié, si caractéristique. Il n’est pas possible que tous ces oiseaux vivent au même endroit. Jeannot arrête ses pas, et un oiseau au plumage brun rougeâtre s’envole, filant comme une flèche.

— Une pie-grièche ! s’exclame-t-il. Tout s’explique.

La pie grièche

En effet, la pie-grièche, petit rapace, n’est pas très forte, mais elle est très rusée, et elle est capable d’attirer de nombreux oiseaux en imitant leur chant. Comme elle a bien réussi à les tromper !

Jeannot et Trim ne sont pas longs à trouver des laissées, c’est-à-dire des crottes de renard.

— Ça y est, il ne doit pas être loin, dit Trim, le plus jeune des deux.
— Tu penses ? son territoire peut être cent fois plus grand que le village ! Cherchons encore.

Ils fouillent le sous-bois. Parvenant au plus profond, ils trouvent une bonne quantité de lapins de garenne, qui se dispersent dans tous les sens.

— Cette fois, nous sommes peut-être proches, dit Jeannot, ces lapins en grand nombre sont souvent signe que le goupil est là.
— Ah bon ? Il ne les mange pas ?
— Non, goupil est malin, il laisse souvent des familles entières de lapins ou de lièvres se développer près de chez lui, car ainsi il est sûr d’avoir des réserves, s’il vient à manquer de nourriture.

Jeannot a raison, le terrier n’est pas loin. Les deux garçons fouillent les taillis et spécialement sur les buttes et les talus, où goupil aime à creuser son gîte. C’est dans un talus qu’ils trouvent le terrier de maître renard. Des lapins s’y cachent à leur approche, on voit leurs petites queues s’enfoncer dans le noir.

— C’est là ! s’exclame Jeannot.
— Il garde des lapins dans son terrier ?
— Oui, cela arrive. Regarde la taille du trou, c’est son terrier, à coup sûr. La nuit tombera dans une heure, c’est à ce moment-là qu’on l’attrapera.
— D’accord.

Jeannot dit vrai, c’est l’hiver et c’est à ce moment-là, à la tombée de la nuit, que goupil fait la plupart de ses sorties. Ils installent le piège. Puis, ils déroulent la corde jusqu’au bout, assez loin pour se cacher et attendre que goupil sorte. Une fois cachés, Jeannot fait un nœud simple au bout de la corde et prend le nœud bien en main. Enfin, ils patientent, sans bouger.

Notre renard apparaît, mais il ne sort que le bout de son museau et renifle à l’entrée du terrier. Il a détecté quelque chose d’anormal, il faut dire qu’il a l’odorat très développé, il peut sentir toutes les odeurs inhabituelles. Il refuse de sortir. Il reste là, s’assied sur son arrière-train et attend.

« — Il ne veut pas sortir. Qu’est-ce qu’on fait ? » murmure Trim.
« — Chut ! Ne fais pas un bruit, il pourrait t’entendre. Attendons, il va sortir. »

Une fois encore, Jeannot a raison. Renard a faim, cela lui remue le ventre et il est temps pour lui de se risquer dehors. Il passe la tête hors du terrier. Il sent la corde du piège tomber sur son cou. Effrayé, il s’élance devant lui. Le nœud coulant se referme aussitôt autour de son cou.

— Ça y est, on l’a ! s’écrie Trim.

La bride se tend, Jeannot la tient en main. Il la tire à lui. Maître renard fait un bond et une cabriole, mais il est pris. Les garçons se lèvent. Mais goupil est méfiant, il se remet sur ses pattes et s’élance vers le fond de la forêt. La corde se tend avec une telle force que Jeannot la lâche.

— Misère ! il nous échappe !

Le renard part tout droit dans les taillis, avec la corde traînant derrière lui !

— Cours, Trim, cours !

Et voilà les deux enfants à partir tout droit, sans savoir où ils vont. Ils courent comme des dératés, sautent par dessus des troncs d’arbre morts, par-dessus des taillis, des mares, des ruisseaux, et goupil de fuir comme une flèche toujours plus loin. Heureusement, la corde le gêne, il s’arrête pour se passer la patte sur le col et tenter de l’enlever. Mais le nœud coulant est bien serré. Les garçons surgissent. Alors, il reprend sa course.

Ça dure bien cinq minutes et Trim n’en peut plus.

— Courage, Trim ! J’ai fait un nœud au bout de la corde.
— Et alors ? J’en peux plus !
— Le nœud finira bien par se prendre dans un tronc d’arbre. Avance !

Et c’est en effet ce qui se passe. La corde se coince dans une brisure de tronc mort. Goupil est prisonnier.

— Victoire ! fait Trim.
— Attends ! crie Jeannot. Ne t’approche pas, il peut se montrer méchant et t’attaquer. Il faut juste attraper le bout de la corde et monter dans un arbre. De là-haut, nous tirerons dessus et il sera à nous.

La nuit commence à tomber. Ils passent sur un tronc d’arbre qui croise celui où est coincé la corde, et passent de l’un à l’autre en sautant avec agilité. Jeannot prend le bout de la corde et se dresse sur le tronc, en s’accrochant à une branche morte bien solide. Il enroule la corde autour. Goupil tire dessus de toutes ses forces quand il voit les garçons, pour s’enfuir. Il tire et tombe, se relève et tourne en rond.

— Te voilà, voleur ! Tu nous as pris des poules, c’est à nous de te prendre, maintenant !

Renard tourne en rond sur un terrain dégagé, au milieu des feuilles mortes.

C’est à ce moment-là que surgissent les loups.

*

*       *

Ils sont cinq, ces redoutables chasseurs loups. Ils ne sortent des bois que lorsqu’un grand froid menace. Ils sentent le froid arriver et s’approchent des villages, en descendant de la montagne, pour trouver leur pitance, pour trouver tout ce qu’ils peuvent dévorer, et rien ne les fait reculer.

Jeannot et Trim ne s’y attendaient pas. Le loup est bien plus dangereux que le renard. Il est intelligent et téméraire, lorsqu’il cherche ardemment du gibier. Les cinq loups s’approchent lentement de renard, qui est prisonnier au bout de sa corde. Ils grognent et montrent les crocs. Ils vont l’attaquer.

— Allez-vous en ! Laissez-le tranquille, cria Trim, pris de pitié pour le malheureux goupil.

Les loups, surpris à leur tour par ce cri d’enfant, détalent plus loin. Puis, ils se rassemblent et font un demi-cercle. Les enfants sont pour eux une menace, car messire loup sait que l’homme est le plus redoutable des chasseurs et qu’entre l’homme et lui, il n’y a pas de merci, on se bat à mort.

Les cinq loups reviennent en marchant lentement, la tête basse, jappant et grognant. L’un d’eux, qui semble le chef, plus vieux, s’assoit sur son postérieur et lance son cri lugubre : « Ou ououuuu ! »

Solitude face aux loups, Jeannot

C’est inquiétant. Il doit avoir compris qu’il n’y a là que deux enfants, c’est-à-dire des petits hommes qui ne sont pas aussi dangereux que leurs pères. Les plus jeunes loups reviennent vers goupil. Goupil ne bouge plus, tendu sur ses pattes courtes, il montre les crocs, lui aussi, prêt à se battre jusqu’au bout, mais il cesse ensuite et geint, puis halète, inquiet et doux, laissant pendre sa langue, regardant vers les enfants qui le retiennent prisonniers. C’est inégal, il est seul face à cinq loups.

Que faire ?

C’est ce que Trim demande :

— Qu’est-ce qu’on fait ? Le pauvre, il va se faire manger.

Jeannot réfléchit aussi vite qu’il le peut.

— Mon vieux, pour maître goupil, il est en danger, mais ce qui m’inquiète le plus, c’est que nous le sommes aussi. Le loup que tu vois là-bas, il a appelé sa horde. Ils vont venir à cinq ou dix de plus. Et nous sommes bien loin de chez nous.

— Alors ? demande Trim.
— Alors, il faut qu’on arrive à s’échapper. Seulement, si nous partons maintenant, ces loups nous courront sus (c’est-à-dire qu’ils nous courront après), et Dieu sait ce qui peut arriver avant que nous n’ayons retrouvé le village.
— Alors ? redemande Trim.
— Alors, je réfléchis.
— Tu me fais peur.
— Non, n’aie pas peur, mon ami. La bonne Vierge nous protège. Tu as ton couteau long ?
— Oui.
— Nous allons nous faire un épieu chacun, un bâton bien pointu, pour nous défendre. Mais pas ici. On n’a pas le temps. Il ne faut pas rester ici. Nous devons repartir vers le village.
— Pourquoi ? Que veux-tu faire, Jeannot ?
— Nous sommes passés tantôt dans une clairière, tu te rappelles ? où il y avait un beau tas de bois. Je le connais, cet endroit, cette clairière, on l’appelle l’Œil. Le bois qui est là, on l’a coupé il y a longtemps.
— Et alors ?
— Et alors, le bois doit être bien sec.
— J’y comprends rien.
— Réfléchis, Trim. Les loups ont peur du feu. Si nous allons à la clairière et que nous nous mettons au milieu d’un grand feu, je veux dire, si nous nous entourons de feu, nous ne risquons rien. Enfin, je crois.

Trim ne semble pas rassuré. Mais il fait confiance à Jeannot, qui a toujours su les sortir de mauvaises situations.

— On ne va pas brûler, au moins ?
— Mais non, nigaud, on va faire un grand cercle de feu, de dix ou douze coudées.
— Alors, dit Trim, on va jusque là-bas et on y fait un cercle de feu et on se met dans le cercle ?
— Oui, c’est exactement ça, dit Jeannot.
— Mais les loups ne nous laisseront pas aller jusque là-bas !
— Justement, j’y ai pensé. Nous allons lâcher le goupil. Je défais le nœud de la corde, tu vois, comme ça, tiens la corde.

Trim obéit et tient fermement la corde, qui passe toujours autour d’une branche. Jeannot défait le nœud.

— Voilà. Nous allons le lâcher, je vais crier et il partira aussi loin qu’il pourra. Alors, les loups lui courront après. Goupil arrivera sûrement à se sauver parce qu’il est petit et menu, et qu’il arrivera bien à se glisser dans un trou. N’empêche, les loups resteront là-bas, de son côté, et pas du nôtre. C’est pendant ce temps-là que nous partirons vers la clairière, et quand nous y serons, nous ferons un cercle de feu et nos épieux.

Trim réfléchit à son tour. L’idée lui semble bonne. Mais il va falloir courir vite.

— Les loups reviendront quand ?
— Dès qu’ils en auront fini avec goupil, ils reviendront sur nos traces. Ça nous laisse un peu de temps. Mais pas beaucoup. Peut-être une moitié d’heure. Il faut que nous soyons prêts à les recevoir à ce moment-là. Tu comprends ?
— J’ai faim.
— Moi aussi, j’ai faim. Mais nous ne devons pas y penser. Il faut juste suivre le plan sans hésiter ni perdre de temps. Nous n’aurons que quelques instants. Tu comprends ?

Pendant ce temps, Goupil tire toujours sur sa corde. Les loups l’approchent, ils sont sur le point de se jeter sur lui.

Trim a compris, il faut courir sans se retourner et atteindre la clairière. Il ne répond rien. Les deux garçons se tiennent prêts.

— Si je tombe, tu m’attends, hein ? dit Trim.
— Bien sûr. N’aie pas peur. Prends ton couteau en main, au cas où tu en aies besoin. Quand je te le dis, tu te mets à courir vers là-bas. Mais pas avant que je te le dise, d’accord ?

Trim fait un signe de tête et se tourne vers l’endroit d’où ils étaient venus.

— Prêt à sauter ?
— Prêt.

(suite au prochain épisode)

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Jeannot et Trim, I, Les loups, chap. II

Dans le premier épisode, Jeannot et Trim sont partis en forêt pour attraper un renard, mais ils se sont retrouvés face aux loups. Ils doivent s’en aller aussi vite qu’ils peuvent pendant que les loups pourchassent le renard.

Ça y est, Trim est prêt à sauter. Jeannot lâche alors la corde et pousse un cri.
Les loups se figent. Le renard en profite pour s’échapper, oreilles basses, aussi vite qu’il le peut. C’est un fuyard habile, il passe entre deux loups et s’enfuit dans un taillis. Les mâchoires des loups ont claqué sur son passage, mais il s’est faufilé entre eux. Les loups aussitôt se jettent à sa poursuite.
Sauf un, le plus vieux des loups, qui s’est mis debout et regarde les enfants.

Quand les jeunes loups ont disparu, Jeannot crie à Trim :

— Pars !

Trim se jette à bas du tronc et s’élance. Jeannot saute à son tour. Ils se mettent à courir vers la clairière. Derrière eux, le vieux loup n’a pas bougé. Il regarde dans leur direction et les voit s’enfuir. Une lueur apparaît dans ses yeux. Il recommence à hurler.

*
*    *

Trim court vite, mais Jeannot le rattrape rapidement. Ils passent des broussailles, se font griffer les jambes par les ronces, sautent par-dessus des troncs morts. Ils arrivent enfin à la clairière.

— Voilà, c’est ici ! Trim, arrête-toi !

Mais Trim n’entend pas, il court toujours.

— Trim ! Trim !

Va-t-il abandonner son ami Jeannot ?

les loups

 

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