Category Archives for "Histoire du soir vraie pour 8 ans+"

Guillaume Tell Histoire de grand homme

Guillaume Tell raconté aux enfants

L'Histoire que voici est une histoire qui mêle des faits historiques et une part de légende. Il est très difficile de savoir ce qui s'est exactement passé. Mais dans cette histoire de Guillaume Tell racontée aux enfants, j'ai essayé de vous esquisser le cœur le plus intéressant de l'histoire.

La dure saison d’hiver approchait, chassant le soleil.

Le lac se couvrait de lourdes vagues soulevées par un vent glacial et menaçant.

Guillaume Tell raconté aux enfants

Les pêcheurs rentraient leurs barques et se préparaient à réparer leurs filets. Les nuages tombant sur eux, les vachers du canton d’Unterwald dirent adieu aux pâturages. Dans un tintement de cloches et de meuglements, les troupeaux redescendaient dans la vallée.

Les monts et les plaines revêtaient leur manteau de neige et de glace. Les chasseurs de chamois du canton d’Uri entendaient le tonnerre gronder derrière les sommets des montagnes. Du haut des sentiers verglacés, la vallée s’étendait à leur pied comme une mer de brume.

Cela se passait au 13e siècle au pays d’Helvétie (que l’on appelle maintenant la Suisse). Les trois cantons de Shwytz, d’Huri et d’Unterwald formaient un petit monde à part sur les bords du lac de Lucerne.

Le lac de Lucerne http://lhistoiredusoir.com guillaume tell raconté

Le lac de Lucerne

On y vivait en paix, dans le droit et la justice. Jadis, l’empereur d’Allemagne, Rodolf de Hasbourg, avait autorisé les citoyens des trois cantons à se gouverner eux-mêmes, en récompense de leur fidèle attachement à l’Empire… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). .

A la mort de Rodolf, son fils Albert, le Duc Noir, avait reçu le duché d’Autriche en héritage. Il ne respecta pas les édits accordés par son père, et traita les cantons suisses en pays conquis. Il y installa des baillis autrichiens, qui gouvernaient en son nom. Certains d'entre eux, dit-on, se montrèrent injustes.

C’est ainsi qu’un jour, au début de l’hiver, il y eut un incident. Sur la rive du lac, un batelier sifflotait en rangeant sa barque dans son abri, aidé de son ami, un certain Guillaume Tell, connu pour être un chasseur adroit. Soudain, ils entendirent les pas d'un homme qui accourait.

— Eh ! mais voilà notre camarade Baumgarten ! s’écria le batelier.

Baumgarten, hors d’haleine, s’arrêta près d’eux.

— Pour l’amour de Dieu, batelier, ressors ta barque ! Transporte-moi vite de l’autre côté du lac !
— Eh, là ! l’interpella Guillaume. Qu’est-ce qui te presse tant, camarade Baumgarten ?
— Ah ! c’est toi, Guillaume ! répondit l’homme. Les soldats me poursuivent. Je suis un homme mort s’ils m’attrapent. Je viens de tuer le bailli d’Unterwald d’un coup de hache !
— Tué, le bailli ? fit Guillaume Tell. Voilà une mauvaise affaire. Du moins pour toi. Ce maudit bailli a fait trop de mal pour que je le regrette, que Dieu ait son âme ! Mais te voilà en danger, désormais.
— Oui, fit Baumgarten, il me faut passer le lac, et vite. Batelier ! Mène-moi donc sur l’autre bord !
— Mais comment voulez-vous que je fasse ?! s’exclama le batelier. Le vent est déchainé ! Voyez comme le lac se soulève !
— Il y va de ma vie, batelier ! le supplia Baumgarten. Pense à ma femme et à mes enfants !
— Moi aussi, j’ai femme et enfants ! fit le batelier. Je ne veux pas risquer de me noyer ! Aucun homme de bon sens ne tenterait de traverser le lac aujourd’hui !

Alors Guillaume Tell dit calmement, avec un calme étrange d'ailleurs :

— Il faut venir en aide à celui qui demande du secours. Donne-moi ton bateau, ami ! Allons, Baumgarten, nous allons traverser ensemble.
— Merci, Guillaume, tu me sauves la vie.
— De nos jours, reprit Guillaume Tell, il vaut mieux confier sa vie aux mains de Dieu qu’à celle des hommes.Lire davantage

Découverte de la grotte de Lascaux racontée aux enfants

Découverte de la grotte de Lascaux raconté aux enfants

Un jour, des amis aventureux partaient avec en tête l'idée de trouver un trésor. La légende qui circulait parmi les gens du village voulait que le seigneur de Lascaux, dont le château aujourd'hui en ruine dominait la ville de Montignac, eût caché ses richesses dans le souterrain traversant la colline.

Découverte de la grotte de Lascaux raconté aux enfants

Cette histoire commence comme un roman d’aventures, mais c’est une histoire vraie. Elle s’est passée en 1940, quand vos grands-parents étaient encore, je suppose, des bébés au berceau ou même pas nés. D'ailleurs, quand sont nés vos parents ? Et leurs parents, le savez-vous ?

Cette année-là, la France était en guerre. Mais le Périgord, cette belle région du Sud de la France, était en zone sans guerre, loin du front et du bruit des armes.

Une innocente ballade entre amis allait finir par changer beaucoup de choses.

Ce dimanche de septembre, six garçons, presque des hommes, s’étaient promenés sur les collines, dans les châtaigneraies, au travers les prairies grasses parsemées de fleurs. Ils avaient flâné agréablement, cherchant, comme tant d’autres garçons avant eux, la mystérieuse entrée du souterrain au trésor. L’heure s’avançant, ils s’en retournaient au village, discutant gaiement et jetant machinalement des cailloux sur le côté ou mâchouillant un brin d'herbe.

Un chien aux longs poils roux, tournant autour d’eux à se faire presque marcher dessus, jappait après les papillons, reniflant la piste d’un… (...) la suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu.

couvent

Hildegarde de Bingen racontée aux enfants

Hildegarde_von_Bingen Hildegarde de Bingen http://lhistoiredusoir.com

Hildegarde de Bingen

Le 17 septembre 1179, voici que deux arcs-en-ciel apparaissent dans le ciel, s’élevant des quatre coins de l’horizon. Là où les arcs se croisent, une croix rayonne dans une vive lumière. D’abord de petite taille, la croix grandit puis emplit l’immensité du ciel.

Cette clarté surnaturelle enveloppe toute la colline de Saint-Rupert, au cœur de la vallée du Rhin au sommet de laquelle se dresse une abbaye où une religieuse vient de mourir. C’est Mère Hildegarde, l’abbesse de la communauté.

Les sœurs qui l’entourent ne sont pas surprises de cette étonnante vision. Mère Hildegarde n’avait-elle pas annoncé la date de sa mort quelques jours auparavant ? N’est-elle pas célèbre dans toute l’Europe pour les récits de ses visions divines ?

Cette histoire vraie se passe il y a presque mille ans, en Allemagne.

Dans le château de Bermersheim, vivait une noble famille de chevaliers. Hildebert et Mathilde avaient dix enfants. La benjamine, Hildegarde, était très pieuse. Elle aimait contempler la nature, le Rhin qui serpentait dans la vallée, les champs de blés dorés par le soleil, de même qu'elle aimait se promener dans les forêts verdoyantes.

A l’âge de quatre ans, en promenade dans les champs avec sa nourrice, elle s’exclama joyeusement :

— Nourrice, regarde cette vache, là-bas !
— Oui, mon enfant, répondit la nourrice. Elle va bientôt mettre bas, un petit veau va naître.
— Vois, nourrice, comme il est joli, le veau qui est dans cette vache ! Il est tout blanc, avec de nombreuses taches noires sur le front, les pattes et le dos !

La nourrice, stupéfaite, raconta cela à la maman, Mathilde, au retour de la promenade. Celle-ci désira qu’on lui apporte le veau à la mise bas, à la naissance. Il fut comme Hildegarde l’avait annoncé ! Ce fut sa première vision.

Voyant son amour de Dieu et sa piété, ses parents l’envoyèrent grandir et étudier dans un monastère proche, comme c’était l’usage au Moyen-Age. Ainsi, la jeune Hildegarde âgée de huit ans, fit un beau matin ses adieux à sa famille et … La suite dans votre abonnement (cliquez ici).

auvergne hiver

La Bête du Gévaudan racontée aux enfants

— « Au secours ! à l’aide ! » s’écrie Jeannette en courant à perdre haleine sur le chemin qui mène à son village.
— Ma Jeannette, que se passe-t-il ? s’exclame sa mère en sortant de leur ferme. Pourquoi tes habits sont-ils tout déchirés ? Et où sont les bœufs que tu dois garder ?
— Oh ! maman, répond la jeune fille tout essoufflée, une bête… une bête terrifiante m’a attaquée ! Je menais tranquillement les bœufs à paître dans le pré, lorsqu’elle a surgi du bois et s’est jetée sur moi. J’ai eu tellement peur, maman ! mais les vaches m’ont défendue. La Noiraude lui a donné de grands coups de cornes, et la brave Roussette ! vous auriez dû la voir grattant le sol avec ses sabots !
— Dieu soit loué, mon enfant, tu es saine et sauve ! dit la mère en serrant sa fillette dans ses bras.

C'était, au début de l’été 1764, la première attaque d'une bête mystérieuse qui effraya tout une région, une bête qu'on appellerait la "bête du Gévaudan". La paix de ces petits villages d’Auvergne, nichés au creux des vallées du grand "pays" du Massif Central, allait être troublée pendant plusieurs années.

ob_6bc90e_dsc06015-gf La Bête du Gévaudan

Après la vachère Jeannette, d’autres enfants furent attaqués et gravement blessés par la bête. Son poil roux était strié de bandes noires, et une tâche blanche apparaissait sur son poitrail. Ses courtes oreilles, son museau fin, et sa gueule armée de quarante-deux dents la rendaient terrifiante.

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Charlemagne, l’empereur des Francs raconté aux enfants

Histoire pour enfant Charlemagne, l'empereur des Francs

Voici ce soir une page très célèbre de l’Histoire de France, celle d’un grand roi franc, Charlemagne. Son nom signifie « Charles le grand roi », du latin « magnus rex », non pas parce qu’il était de haute taille, mais parce qu’il a été un roi très important et respecté.

Cette histoire commence le 9 octobre 768, il y a fort longtemps, plus de 1200 ans. Le roi des Francs, Pépin le Bref, vient de mourir.  Son fils aîné Charles arpente à grands pas la salle du palais. C’est un guerrier valeureux, de haute taille, âgé de 29 ans. Son ancêtre Clovis a été le premier roi des Francs, par qui la France est devenue chrétienne. On compte aussi parmi ses aïeux Clotaire II, le fils de la terrible Frédégonde, et l’intrépide Charles Martel, dont le courage à Poitiers a protégé la France de l’invasion arabe.

Charles est fier de cette noble et ancienne famille. Il est fort et ambitieux. Mais, comme le veut la coutume germanique, il doit partager le royaume avec son jeune frère Carloman.  Leur mère, la reine Bertrade, que l’on surnommera « Berthe aux grands pieds », est une femme douce mais ferme. Elle a fort à faire pour maintenir l’amitié entre les deux frères rois.

Histoire pour enfant Charlemagne, l'empereur des Francs http://lhistoiredusoir.com

Cet homme ressemble peut-être à Charlemagne. Ce qui est sûr, c'est que l'empereur à "la barbe fleurie" ne portait... pas de barbe.

— Carloman a un royaume plus riche et plus grand que le mien ! se révolte Charles. C’est injuste, je suis son aîné !
— Charles, lui répond sa mère, c’est la tradition et la volonté de votre père qu’il en soit ainsi.
— Et Carloman me refuse son aide pour combattre l’Aquitaine en révolte ! s’exaspère Charles. Qu’à cela ne tienne, je vais montrer à tous que je peux m’en sortir seul !

Charlemagne, l'empereur des Francs, carte de deux royaumes de Charles et Carloman http://lhistoiredusoir.com

Le royaume est partagé par les deux frères

Et il réussit à soumettre les Aquitains avec seulement son armée. Il en profite pour agrandir son royaume en Gascogne. Mais après seulement trois ans de règne, Carloman meurt. Maintenant, Charles gouverne seul, ayant écarté du pouvoir ses neveux, les enfants de son frère.

Le royaume des Francs est riche et très vaste, et de nombreux ennemis le convoitent, attaquant les … La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

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Avant la nuit de Noël raconté aux enfants

Lorsque Marie et Joseph traversèrent Bethléem en quête d’un gîte et d’un couvert, ils rencontrèrent ses habitants.

Histoire pour enfant Avant la nuit de Noël

Histoire pour enfant Avant la nuit de Noël le voyage de Joseph et Marie

Ils ne trouvèrent nulle part où se loger. Par charité, tout le monde a oublié les réponses des habitants de la ville, qui ne leur trouvèrent aucune place. Pourtant, Marie et Joseph n’étaient pas encombrants, ils n’avaient qu’un petit bagage. La maman était enceinte et avait besoin d’un toit sous lequel dormir. Mais rien n’y fit, ils ne trouvèrent pas à se loger dans cette grande ville.

Mais rien n’est plus simple que de savoir ce que les habitants leur dirent : ils suffit de traverser une vie et de tendre l’oreille.

A la première maison, Joseph avait frappé doucement sur la porte en chêne. Il n’y avait eu aucune réponse. Personne non plus à la seconde maison. Peut-être ne frappait-il pas assez fort ? Alors, à la troisième maison, il tapa du poing. La porte s’ouvrit sur une dame au visage impassible.
— Madame, que Dieu soit sur vous et tous les vôtres, nous sommes à la recherche d’un logis, connaîtriez-vous quelqu’un qui pourrait nous héberger ?
La dame ne fut guère surprise. L’empereur romain avait ordonné à tous les habitants de l’empire de se faire recenser. Alors chacun des environs était venu en ville avec sa famille. Ils étaient très nombreux à la recherche d’un abri. Mais c’était là le premier couple qui osait venir jusque chez elle.

Histoire pour enfant Avant la nuit de Noël

Bruegel l'ancien: le dénombrement de Bethléem

— Est-ce que dans ce quartier on ne trouverait pas une place pour ma femme, qui est sur le point d’accoucher ? redit Joseph.
Impavide, la dame ne trouvait pas de réponse :
— Je vais voir. Repassez plus tard, je me renseignerai. Continuez à chercher et si jamais vous ne trouvez rien, revenez par ici, j’aurai peut-être trouvé quelque chose. Mais je ne vous promets rien.
Marie et Joseph s’éloignèrent et naturellement la brave dame oublia l’incident.
Plus loin, on leur répondit :
— Vous allez au-devant d’une grosse désillusion. Les gens ici sont égoïstes.
— Est-ce possible ?
— Vous verrez, ils vous diront qu’ils vont essayer de trouver, mais ils ne feront rien. Allez, bonne chance quand même.
Plus loin encore, ils furent mis en garde :
— Méfiez-vous, on va vous dire « oui », mais au final on vous fera payer une fortune.
Et la porte se refermait.

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Joseph comprit alors qu’il était bien loin de Nazareth, la petite ville où il travaillait, où les choses étaient plus simples.
De seuil de porte en seuil de porte, la plupart des gens ne répondaient pratiquement rien. Neuf sur dix ne répondaient vraiment rien, à part quelques mots gênés comme « je ne sais pas » ou « je ne suis pas au courant ». Il n’y avait pas vraiment lieu d’être « au courant », mais c’était le genre de mots qu’on dit sans y penser, pour se défausser.
Ou encore :
— Excusez-moi, mais on ne se connaît pas. Avec tous ces brigands sur la route. Sans compter tous ces étrangers qui rôdent comme s’ils étaient chez eux…
Et ainsi de suite, la litanie des mauvaises excuses n’avait pas de cesse :
— Nous n’avons pas de place et je suis trop occupé.
— Je peux vous donner un quignon de pain, mais pour vous loger, ce n’est pas possible.
— Ce serait sacrilège, pour nous, c’est le 25ème jour du calendrier qui précède l’immolation des brebis offertes à Phoibos (il y avait une quantité de religions alors, et il était impossible de dénombrer les cultes et les rituels).
— Je passe mon temps à m’occuper des pauvres et des miséreux, je leur donne tout, laissez-moi en paix un jour ou deux, voulez-vous ?
Cette dernière réponse était la plus fréquente, avec des variations, telles que :
— J’ai déjà hébergé quelqu’un hier.
— Ce serait avec plaisir et grande joie, mais le personnel de maison a pris son congé.
— Je garde une chambre, c’est vrai, d’ailleurs chacun doit avoir de quoi loger un pèlerin, mais d’abord vous n’êtes pas pèlerins et puis pour tout vous dire, je conserve cette chambre pour des gens qui seraient vraiment démunis, pour des vrais pauvres. Si je vous logeait et qu’un vrai pauvre surgissait ? Nous serions vous et moi dans le pétrin, pas vrai ?
Bref, les mauvaises excuses étaient nombreuses.
— Personne ne vous obligeait à venir à Bethléem.
— Vous collaborez à l’ordre romain en vous faisant recenser.
— Cachez-vous vite, fuyez, ne restez pas dans les parages ! (la porte dans ce cas-là claquait fort au nez de Joseph).
— Réfléchissez une seconde : si je vous héberge, je rends service à l’Empire, et pour moi mieux vaut ne rien faire qui arrange ses affaires.
— Il va y avoir du grabuge. Si quelqu'un vous trouve chez moi, ma retraite est fichue. Essayez de comprendre un peu.
— Ne faites pas de la provocation. A errer ainsi dans la rue, vous allez nous attirer des ennuis.
— Est-ce que vous avez l’air de dire que Rome n’a pas prévu de vous loger ? Impossible ! A moins que vous soyez des propagandistes ennemis de Rome.
Une jeune dame voulait absolument faire comprendre qu’elle était riche :
— Une chambre ? Vous plaisantez ! Je peux vous offrir un palais, seulement mon mari attend le droit de le construire, revenez l’année prochaine.
Il y avait les impies qui disaient non et ajoutaient, une fois la porte refermée :
« Si Dieu existait réellement, il ne les aurait pas envoyés sur la route dans cet état-là ! »
Il est vrai qu’enceinte et sur le point d’accoucher, Marie ne pouvait que supporter difficilement le voyage.
Une fois, ils tombèrent sur un homme très intelligent, un lettré, qui discourut d’un air très pénétré sur ce qu’il convenait de mettre en place en faveur des pèlerins et des voyageurs, sur la politique de la ville et sur le destin de l’homme confronté à la solitude et à l’égoïsme.
Mais il y avait d’autres réactions, moins courantes. Par exemple, cette maisonnée pleine de rires et d’humour, qui orienta le pauvre couple dans une mauvaise direction et les observa se perdre. C’était si drôle.
Tout en s’égarant, convaincus d’aller vers un lieu hospitalier, les trois saintes personnes (Joseph et Marie, et puis Jésus dans le ventre de Marie) passèrent devant une maison à laquelle Joseph n’osa pas frapper, et l’hôte de cette demeure prit très mal la chose :
— Ils ne viennent même pas frapper chez nous comme chez la voisine. Non, mais, pour qui se prennent-ils ? Ce n’est pas croyable !
Il y avait bien sûr ces gens qui les orientaient vers l’hospice public ou le temple, après tout il y a des services publics pour ça, à quoi servent les impôts et les offrandes ?
— Le temple et l’hospice sont pleins, malheureusement, nous y sommes allés.
— Il faut dire que vous vous y prenez un peu tard. Vous avez planifié votre déplacement ? Il fallait vous organiser. Vous n’avez pas entendu parler du recensement ?
Celui-ci ajouterait vers sa femme, une fois la porte tirée : « Il voyage avec une femme enceinte et il s’y prend au dernier moment. On se demande vraiment dans quel monde on est. »
Dans un autre registre, il y avait ceux qui se scandalisaient à mi-mots :
— Le problème, c’est que par ce temps-là, vous jouez avec la santé de l’enfant. La santé, c’est primordial.
Ou ceux qui ne s’inquiétaient pas, ils étaient nombreux, spécialement ceux qui étaient sur le point de passer à table :
— Ne vous en faites pas, ça va s’arranger. Soyez patients.
Ou même :
— Priez, priez, priez ! Le Ciel vous viendra en aide. Bonne route !
— Le Ciel entend toutes les prières et Dieu est bon. Gardez courage. J’ai bien connu votre situation. Il y a des tas de gens dans votre situation, il ont besoin de votre courage. Au revoir !
Pourtant, Marie et Joseph pensèrent à un moment donné toucher au but. Il y eut de très braves gens qui, pleins de bons sentiments, répondirent :
— Nous ne méritons pas votre présence chez nous.
— Mais au contraire, insistait Joseph qui reprit courage, vous nous feriez grand honneur, vraiment si vous aviez une petite place.
— Oh ! non, monsieur, madame, on voit bien que vous êtes des gens bien élevés, avec de la religion et tout et tout, non, nous ne sommes pas dignes. Si j’avais de quoi, une pièce propre... digne des gens de la "haute"... non, vraiment, nous n’oserons jamais. Passez votre chemin, nous sommes trop humbles.
Cette remarque laissa Marie et Joseph décontenancés car ils se pensaient eux-mêmes fort humbles, et ils étaient réellement fort modestes, à Nazareth, étant parmi les plus pauvres alors qu'il y avait au village de puissants personnages possédant des centaines de bêtes et de grandes maisons. Ce n'était pas leur cas, Joseph et Marie étaient simples; comme beaucoup de jeunes couples, il faut le dire. Assurément, jamais ils n'auraient pensé être regardés comme d'un haut rang social. Mais à la vérité, si cette personne leur avait dit ça, c'est parce qu'ils portaient non seulement sur leur visage la royauté sublime de leur deux belles âmes mais en plus, dans tout leur être irradiait la divinité rayonnante de l'enfant qu'ils attendaient. Si bien que, si une maman est bien contente de s'entendre dire qu'elle rayonne grâce à sa grossesse, imaginez ce que ce devait être chez Marie, combien elle pouvait être belle !
Oui, enfin, en attendant, il n’y avait rien à faire. Ils étaient toujours sur la route, le vent sifflait doucement en refroidissant de minute en minute. Sans doute qu'il neigerait, cette nuit.
Le meilleur, je vous le garde pour la fin. Un homme qui avait tout l’air d’un visionnaire leur dit :
— Pour l’amour du Ciel, mais je sais qui vous êtes !
— Vous savez qui nous sommes ?
— Par le Très-Haut, vous êtes Marie et Joseph, de Nazareth !
— C’est vrai. Nous serions-nous déjà rencontrés ?
Joseph eut un regard joyeux vers Marie qui sourit, dans la joie d’avoir rencontré quelqu’un qui les reconnaissait.
— Oui, je vous ai vus, à Nazareth. Je suis persuadé que c'est votre enfant qui sera le Sauveur. Je l'ai entendu en songe. Il est écrit qu’un sauveur va nous naître, les prophètes nous l’ont annoncé, et je sais au fond de moi qu’Il va venir par vous et je sens… Dieu me garde ! Je sais que c’est l’enfant qui est dans ce ventre ! N’est-ce pas ? J’en ai eu l’illumination dès que je vous ai revus à l'instant.
— Béni soit l’Esprit !
— Je vous en supplie, priez pour moi !
— Nous prierons pour vous.
— Je vais de ce pas prévenir les miens !
— Mais nous logeriez-vous ?
— Hosanna ! Je cours avertir mon père et ma mère, et ma famille tout entière, les voisins, les prêtres, mes amis. Béni soit le Ciel. Restez ici, je serai bientôt de retour. Dieu soit loué, j’ai vu les parents du Sauveur ! Priez pour moi, je vais annoncer cette bonne nouvelle.
Et le visionnaire disparut aussitôt, laissant Joseph et Marie à leur dénuement. Il n’avait pas compris qu’ils avaient besoin de lui.

Joseph emmena donc Marie à l’écart de la ville où personne n’avait su les recevoir.

Extension, si l'enfant est à même de l'entendre:

La neige commença à tomber — beaucoup de gens sourient à cette idée, c’est qu’ils ne connaissent pas Bethléem, sur les montagnes de Judée, à 800 mètres d’altitude, où les neiges ne sont pas rares à ce moment de l’année. C’était un 25 décembre, les historiens sérieux le savent à cause du recensement de l’empereur Auguste, et puis les registres des heures sacerdotales trouvés à Qu’mran mentionnent celle de saint Zacharie, père de saint Jean-Baptiste, datant l’apparition de l’Archange saint Gabriel dans le temple, venu annoncé la conception de son fils le 25 septembre, 6 mois pile avant l’Annonciation à Marie ; et puis, c’était le jour de la Fête des lumières et du solstice d’hiver, quand le soleil recommence à s’élever sur l’horizon. Jésus Soleil de Justice, qui illumine les ténèbres de ce monde, a voulu apparaître sur Terre le jour de cette fête païenne. Enfin, la Sibille de Rome indiqua que Dieu naîtrait sur Terre un 25 décembre. D’autres prophéties avaient prédit qu’en cette nuit un immeuble connu de Rome se serait écroulé, ce qui se produisit, et que la fontaine de l’Hospice des vieux soldats donnerait de l’huile au lieu d’eau, ce qui eut lieu. Telle fut la nuit ou naquît l’Enfant Jésus, quoi qu’en disent les farfelus qui prétendent que Jésus ne naquit pas le jour de sa naissance… Et oui, mais ce n’est pas une surprise pour les gens qui ont du bon sens : Noël a lieu à Noël.

Donc, grelottant de froid, Joseph et Marie trouvèrent une étable abandonnée et s’y installèrent. Marie accoucha là et ne trouva, comme lit pour le bébé, qu’une mangeoire emplie de paille. Bientôt viendraient des gens simples, sans demeure, des bergers qui leur sacrifièrent leur temps et leurs présents ; il vint aussi des gens qui avaient de quoi leur offrir de l’or, de la myrrhe et de l’encens, des mages. Ceux-là, pauvres ou riches, étaient déjà sur la route.

Avant la nuit de Noël

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Ste Geneviève et ste Clotilde racontées aux enfants – deuxième partie

Clovis réfléchit à épouser Clotilde.Il n'est pas encore tout à fait décidé

Le roi Clovis envoya son ami Aurélien à Genève, où vivait la princesse Clotilde. Il voulait s’assurer qu’elle avait toute les qualités dont l'évêque Rémi l’avait parée, et qu’elle consentirait à ce mariage. Aurélien vit la princesse, qui était très belle. Il accomplit sa mission secrète, et Clotilde accepta d’épouser Clovis. Elle avait grandi dans la foi catholique, et depuis son enfance, l’évêque Avitus l’avait préparée à son rôle : épouser un chef païen et le convertir, l’amener à Dieu. Génie d'un grand évêque !

Clovis demanda donc au roi Gondebaud la main de sa nièce. Celui-ci n’osa pas refuser la demande de son puissant voisin. Ainsi, un matin de l’an 492, Clotilde prit ainsi le chemin de Soissons. Elle était escortée d’évêques et de guerriers. De lourds chariots traînés par des bœufs transportaient ses bagages, mais ralentissaient l’avance du convoi. Aussi la princesse fit-elle appeler le chef des guerriers qui l’accompagnaient :

charettes ste clotilde

— Je me méfie de mon oncle Gondebaud, dit-elle. Il pourrait bien changer d’avis, et chercher à me rattraper. Laissons donc les chariots continuer sur ce chemin, et prenons un raccourci à cheval.

Effectivement, Gondebaud envoya ses cavaliers pour tenter de rattraper sa nièce ! Clotilde avait eu une juste intuition. Mais c’était trop tard. Clovis l’attendait à la frontière, près de Troyes. … La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

les huns

Ste Geneviève et ste Clotilde, Clovis roi racontés aux enfants– première partie

En ce temps-là, des peuples barbares s’installaient en Gaule romaine, se mêlant aux chefferies gauloises et aux romains établis depuis plusieurs générations, adoptant leurs coutumes et leurs façons de vivre. Certains étaient devenus chrétiens, d’autres étaient restés païens, adorant les dieux des forêts et des fontaines.

Mais voici qu’au milieu du quatrième siècle surgit une tribu barbare redoutable : les Huns, dont nous avons parlé il y a plusieurs mois. On racontait que ces cavaliers étaient infatigables, mangeant et dormant sur leurs petits chevaux. Ils pillaient, tuaient, incendiaient tout sur leur passage. Les terribles hordes barbares déferlèrent en Allemagne puis en Gaule. Détruisant, pillant, ils semaient la terreur ; et tous fuyaient devant eux.

Les Huns : de redoutables barbares Clovis roi

Les Huns : de redoutables barbares menés par le célèbre Attila

C’est ainsi que les Huns arrivèrent devant Paris, après avoir rasé la ville de Metz. Les édiles qui dirigeaient la ville furent épouvantés.

— Les Huns arrivent ! Sauvons-nous ! s’exclama un chef des commerçants.
— Attila va nous massacrer, si nous tentons de résister, dit un notable.
— Ouvrons les portes de la ville aux barbares. Peut-être ainsi serons-nous épargnés ? ajouta un clerc de notaire.

C’est alors qu’une… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Saint Louis roi de France raconté aux enfants – première partie

Saint Louis roi

Saint Louis

Histoire-pour-enfant-saint-louis-roi-de-france-premiere-partie

En ce matin de novembre 1226, il y a de cela presque huit cents ans, les cloches de la cathédrale de Reims sonnent à la volée, et leur carillon joyeux est bientôt repris par toutes les églises du royaume de France. Modestes chapelles, églises de villages et fières cathédrales lancent ainsi dans le ciel leur message : un nouveau roi vient d’être couronné !

Un jeune garçon de douze ans, le prince Louis, vient d’être sacré roi. Il a prêté le serment avec sérieux, puis a reçu l’onction sainte et les insignes de la royauté : la couronne, l’épée de Charlemagne, les éperons, la main de justice, et le sceptre.

Près de lui se tient sa mère, la reine Blanche de Castille. Son père, le roi Louis VIII, est mort soudainement de maladie, après six ans de règne seulement. La reine avait toujours veillé à ce que ses enfants soient instruits par de bons précepteurs et entraînés au maniement des armes. Aussi le roi Louis fut un vrai chevalier, énergique, pieux et instruit.

Blanche de Castille, mère de Saint Louis et reine régente Saint Louis roi

Blanche de Castille, mère de Saint Louis et reine régente

— Mon fils, aime à lui répéter la reine, vous êtes roi par la grâce de Dieu, et je vais consacrer mes forces à vous maintenir en ce royaume que notre Seigneur Dieu vous a confié. Soyez toujours digne de vos ancêtres : votre grand-père, le roi Philippe-Auguste, a établi la paix et la prospérité en France. Vous êtes né la même année que la bataille de Bouvines, cette victoire décisive contre les Anglais. Mais surtout, souvenez-vous toujours que vous êtes chrétien, priez Dieu en toutes circonstances de vous guider.

En ce temps-là, le trône royal était assez fragile, et les grands seigneurs du royaume ne manquaient pas une occasion d’affirmer leur pouvoir et leur indépendance : quelle chance pour eux que de voir un jeune prince inexpérimenté monter sur ce trône ! Ils allaient ainsi pouvoir régner à sa place. Mais c’était sans compter sur la force et la volonté de la reine Blanche. Courageuse et déterminée, en digne petite fille de la reine Aliénor d’Aquitaine, elle est nommée régente du royaume pour son jeune fils.

La France au XIIIe siècle : une mosaïque de duchés Saint Louis roi

La France au XIIIe siècle : une mosaïque de duchés dirigés par des seigneurs, certains puissants et ambitieux

Mais déjà, les barons entrent en rébellion. Le… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu.

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Saint Louis roi de France raconté aux enfants – seconde partie

Histoire pour enfant Saint Louis, roi de France - seconde partie

Le roi Louis IX est en Terre sainte. Hélas, les nouvelles de France ne sont pas bonnes.

statue-saint-Louis roi de FranceAprès ces deux ans passés en Terre Sainte, à fortifier le royaume chrétien, le roi Louis reçoit une triste nouvelle : sa mère, la reine Blanche de Castille, vient de mourir. Le royaume de France est sans chef. Il lui faut rentrer au plus vite, après en tout six ans d’absence, ce qui est énorme (imagine l'un de nos présidents parti pendant 6 ans).

Voici enfin le roi de retour en France, l’été 1253. Il va se consacrer entièrement à son devoir de roi, cherchant à établir la paix, la justice, en se laissant guider par Dieu pour le bien du royaume.

— Sire, tout de même, vous êtes vêtu trop simplement ! Vous ne portez pas de riches fourrures, ni d’étoffes précieuses. Les gens vous regardent comme l'un d'entre eux et ne vous respectent pas assez. Plus de faste serait plus avantageux pour le royaume. Le roi d'Angleterre est respecté et puissant, lui, car il sait montrer sa magnificence !
— Croyez-vous ? Les gens me critiquent sur le moment, peut-être, mais vous verrez que je leur laisserai bon souvenir car on se rappelle mieux ce qui est proche de soi. Le faste que je veux, c'est le faste spirituel, le faste des vertus.
Un autre jour, on lui dit:
— Mais enfin, Sire, vous coupez votre vin avec de l'eau, un vin excellent pourtant de nos meilleurs vignerons qui risquent d'être bien fâchés, et puis vous mangez les mets les plus pauvres, au lieu de ce que les cuisiniers avaient prévu. Vraiment, vous allez peiner bien de vos sujets.
— Croyez-vous ? Ils ne le sauront pas si vous ne le leur dites point, tout simplement. Et puis la bonne nourriture doit être pour les sujets, et non les princes qui au contraire doivent descendre au niveau du peuple, alors que celui-ci cherche à s'élever à eux. Pour moi qui suis roi, je dois montrer l'exemple et ne pas offenser notre Seigneur qui est mon modèle puisqu'il est roi de la Terre et du Ciel. Il mangeait simplement, Lui. Oui, je veux vivre un peu de la pauvreté du Christ et je veux être attentif à ce que les pauvres gens reçoivent à manger.

Le roi veille aussi à ce que ses enfants reçoivent … La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

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