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Pourquoi je ne dis pas tout aux enfants

Pourquoi est-ce que je ne dis pas tout aux enfants ?

L'Histoire est évidemment bien plus complexe et parfois même plus affreuse que ce que vous lisez sur mon blog, destiné aux enfants. Evidemment.

On ne compte pas les horreurs, les massacres, les viols de tous les temps.

Certains pensent qu'il faut tout dire aux enfants, ou du moins ne serait-ce qu'une large partie.

Je ne le crois pas. Car si l'on pense lui rendre service, on se trompe.

Pourquoi est-ce qu'on ne leur dirait pas la vérité toute crue, parfois horrible ?

L’Histoire est une matière qui peut faire découvrir ces choses abominables.

C'est souvent en termes chastes que les historiens antiques nous exposaient les pillages, les sacs, les razzias. La Bible aussi a des mots brefs qui avaient un sens alors, bien plus fort qu'aujourd'hui. Quand on lit "La famille du roi fut dépossédée de ses biens et ses serviteurs dispersés", il faut comprendre que l'on a fait irruption dans le domaine, on a tout volé, mis le feu, et massacré plusieurs serviteurs.

C'est un peu comme aujourd'hui quand le gouvernement dit qu'il faut agir "avec la plus grande fermeté contre l'extrême-droite", cela veut dire que des gens, innocents pour la plupart ou coupables seulement de pensées, verront leurs comptes bancaires saisis, leur maison vendue, ils seront dans l'impossibilité de retrouver du travail, on les privera de leurs droits sociaux, leurs comptes sur les réseaux sociaux seront fermés, il y aura des condamnations au tribunal (injustes naturellement mais c'est la règle) et les policiers auront pour consigne de les arrêter sur la route trois fois par semaine.

Une maman me signale que Christophe Colomb, ce fut une affaire parfois horrible. Elle a raison.

Mais devons-nous tout raconter aux enfants ?

Oui, c'est vrai, il y a bien des choses assez dramatiques dans le parcours de Christophe Colomb. Et dans le parcours d'autres explorateurs.

Ces explorateurs, dont certains que l'Eglise a formellement récusés, disaient le contraire des évidences affirmées par les religieux (sur la distance entre l'Europe et l'Asie, sur les routes à prendre, etc.) (déjà !). On  en a vu qui employaient leurs chiens pour traquer et dévorer les Indiens. Colomb en fut.

Sur cette question des Conquistadors, il y a beaucoup d'hypocrisie mais là n'est pas la question*.

On prétend souvent, à Gauche, que c'était "les Espagnols", méchants catholiques. Or, c'était justement des bandits qui fuyaient l'Eglise et s'en défiaient. Pizzare, bouvier de son état, devint un vrai grand gangster criminel que l'Eglise n'a jamais encensé, au contraire !

Dire tout cela aux enfants ?

Mais je n'ai pas voulu raconter ces horreurs aux enfants.

Mettre en accusation l'Humanité toute entière pour quelques-uns, coupables, auprès d'un enfant, est catastrophique.

Le Christ disait qu'il ne dirait pas tout à ses disciples, parce qu'ils n'étaient pas prêts à tout entendre.

A fortiori, un enfant ne peut pas et NE DOIT PAS tout entendre.

D'abord parce qu'il faut le protéger, lui.

Ensuite parce qu'il faut protéger son prochain contre une vision qu'il pourrait avoir, radicale et dangereuse, en grandissant: car l'enfant qui entend des horreurs racontées par sa mère développe un sentiment qui dit: "Le monde est peuplé de monstres, sauf maman", qui devient plus tard, au cours du retournement psychologique de l'adolescence: "Le monde est peuplé de supers copains géniaux mais il y a quand même un monstre: ma mère, qui est possessive et qui n'arrête pas de m'embêter et me surveiller."

L'enfant entend différemment de vous, il se crée des schémas facilement: bons et gentils.

C'est ce qu'il faut éviter.

De plus, de manière générale, on comprend bien mieux l'Histoire quand on en a eu une version simple, et même édulcorée. Nécessairement édulcorée puisque vous ne raconterez pas à l'enfant l'horreur du massacre de Carthage par Rome. Vous ne direz que quelques mots qui en diront assez.

Autant on se doit de dire toute la vérité à l'étudiant qui est assez grand pour entendre, autant vous êtes prudent avec l'enfant.

L'intérêt, outre celui de protéger la pudeur de l'enfant, c'est aussi que cela permet à l'enfant arrivé à l'âge adulte de conquérir un vrai savoir et de se positionner en adulte. Un jeune adulte qui apprend que les choses se sont passées un peu différemment, s'établit en lui-même, prend confiance en lui et en une recherche plus poussée.

Voilà pourquoi il ne faut PAS tout dire à l'enfant.

Il y a aussi ce phénomène bien connu que le jeune adulte va prendre le contrepied de ce qu'il a appris et donc, si vous lui dites que l'Histoire fut telle, il ira vers la position contraire.

Il faut donc éviter de trop prendre position. Raconter les grandes et belles choses, et non les faits sordides ou la vérité trop comptable.


*: Sur les Conquistadors, je dis ailleurs:

Je suis de plus en plus frappé par la candeur avec laquelle on peut aborder des questions de ce genre. Depuis 20 ans, j’ai croisé mille fois, deux mille fois ces discours. A chaque fois j’ai répondu, d’un message original, sans copier-coller. Je voudrais vous poser une question : pourquoi vous parle-t-on chaque année du Tour de France, du Grand Prix de Monaco ou du Paris-Dakar ? Vous pensez que c’est parce que VOUS aimez ça ? Non. On en parle parce qu’il y a derrière de l’argent, des intérêts. Alors voyez-vous, si une idée est très répandue, vous pouvez être certains que c’est la même chose : elle est voulue par des gens qui ont des intérêts. Des gens, des institutions. S’il y a des troupes en Afghanistan, c’est qu’il y a un enjeu sur les gazoducs chinois. Il n’y a pas de « hasard ». Est-ce que jusqu’ici nous sommes entre gens d’accord ? Bien. On doit donc, à partir d’une certaine maturité, se méfier des idées reçues. Je lis par exemple qu'au moyen-âge, on brûlait des herboristes ? C’est pour faire plaisir à son public qu'on dit ça. Mais c’est faux. L'usage des plantes était fort répandu à l'époque des… supposés bûchers, d'abord. On soignait par les plantes, on buvait, on mangeait les plantes beaucoup plus qu’aujourd’hui, à l’époque de vos « bûchers », disons à l’époque que vous supposez, entre 900 et 1300. C'est à la Révolution, puis durant la guerre et dans les années 1950 et enfin aujourd'hui que la lutte contre les plantes s'est déclenchée, institutionnalisée, puis sanctuarisée au profit des labos. Dire que les médiévaux se faisaient brûler à cause des plantes est un fameux contresens qui montre à quel point la propagande révolutionnaire a fait son travail. En effet, les plantes c'était les religieux (je ne vais pas vous lister les abbayes qui ont produit des élixirs, des aromates, des boissons de jouvence, des alcools etc. ; ni vous rappeler que les 9/10ème des plantes auraient disparu si les religieux ne les avaient collectées). Les plantes, c’était donc la religion, et donc à supprimer le plus vite possible... voilà que nous retombons sur nos pieds.

Quant aux bûchers, pour la plupart imaginés, fruit d'une littérature fiévreuse qui nous ferait croire que les Balkans étaient peuplés de vampire ou que la Saint-Barthélémy a fait 50.000 morts, je vous recommande Jacques Heers qui vous remettra la culture à l'endroit. Ça va vous faire bizarre…

Les bûchers, c'est surtout an Angleterre protestante, et aux USA, où a eu lieu l'affaire des sorcières de Salem. Pas en France catholique, en Italie ou en Espagne. Les procès en sorcellerie, ce n'est pas l'Inquisition, qui n'a jamais tué pour les idées des personnes mais pour des délits de droit commun (rackets, viols, attaques etc.). Elle n'a d'ailleurs jamais tué directement !

Je dis aussi, encore ailleurs:

Quant à l'Inquisition: L'Inquisition fut un extraordinaire instrument de civilisation. Elle n'a, d'abord, tué personne : c'est le pouvoir séculier qui exécutait les décrets. Plus de 99% des gens sont graciés et, notons-le, TOUS LES CONDAMNES le sont pour des faits de droit commun: viol, meurtres, vols etc.

Ensuite, la Révolution française a tué plus de gens en deux semaines que l'Inquisition durant tout son temps.

L'inquisition en fait n'est qu'assez peu de chose, surexploitée par des modernes qui croient pouvoir trouver là l'exemple parfait pour éliminer le sentiment religieux et éradiquer le catholicisme. On l'a sans scrupule confondu avec les sorcières brûlées vives dans les pays protestants. C'est aux USA qu'a eu lieu l'affaire dites des "sorcières de Salem", et non en terre catholique.

Et il faut ajouter que les sentences de mort ne sont arrivées que tard, bien après la création de la vénérable institution. Saint-Dominique n'a jamais condamné personne et n'a fait que défendre l'Eglise attaquée par sa seule parole, subissant mille affronts et mille attaques.

Combien de prêtres tués lors de cette reconquête pacifique des terres versant dans l'aryanisme ou le bogomilisme par exemple ?

C'est bien plus tard que le pouvoir séculier a imposé cette manière de justice en instrumentant la Sainte Inquisition, qui de ce fait a perdu son statut.

Si bien que, durant les procès, les prêtres ont essentiellement passé leur temps à innocenter des accusés. Nul n'est mort pour ses idées. Il est vrai qu'on ignore tout de cette question et qu'on n'apprend plus rien à l'école et qu'on trouve des quantités de gens du commun à gloser sur cette Inquisition...

L'idée générale étant que la religion, surtout catholique en fait, c’est pas bien. Beurk. Vous ne trouvez pas bizarre que tout le monde pense comme ça ? A telle enseigne que les cathos eux-mêmes ne la ramènent pas beaucoup ? Il n’y a pas d’idée répandue par hasard. Alors les gens ne savent pas trop. Ils rejettent le catholicisme parce que c’est dans l’air ambiant, et puis si on gratte un peu on s’aperçoit qu’il existe un réflexe enfantin de rejeter son propre patrimoine, qui est universel, on voit la même chose au Japon ou chez les Aïnus. Tous les gamins de 16 ans rejettent la culture familiale, tous les jeunes adultes rejettent leur civilisation. Si on va un peu plus loin, ma foi, c'est si chic de penser zen et bouddhiste surtout quand, contrairement à moi, on ne connaît pas l'Asie, ni ne parle aucune langue asiatique ni fait aucune étude prolongée sur ces sujets. Il y a un boboïsme populaire de l’hétérogénéité. Montesquieu s’en amusait déjà : comment peut-on être persan, ma chère ? Grattons encore un peu et c’est la boîte de Pandore : la religion, ça tue (même si ça tue bien mois que l'athéisme ou le laïcardisme).

Et puis ça conditionne. Et puis ce n’est pas scientifique. Mais surtout le christianisme et dans les christianismes, surtout le catholicisme latin car le protestantisme américain est bien mois malmené, curieusement. Bref, beaucoup d’idées reçues. Le catholicisme, l'Eglise, c'est pas bien, voilà l'idée tellement répandue, croyance si forte dans le peuple.

Il y a une culture anticatholique très forte, très répandue dans les classes populaires et les classes moyennes. Cela vient d'opérations de manipulations très bien orchestrées, j'en conviens, essentiellement sur des massacres supposés ; car la manipulation fait que dès qu'on parle religion, le réflexe pavlovien fait qu'on parle Inquisition, massacres d'Indiens, guerres de religions. Je l’ai entendu ou lu au moins mille fois. C’est répété, ressassé, c’est convenu. C’est comme la désocialisation de l’école à la maison. C’est établi. Eh bien, mieux vaudrait suppléer, à l’opinion dangereuse, l’examen des faits.

Je rappelle toujours en passant que les sociétés sans dieu ont tué et tuent infiniment plus. C’est indiscutable, net, sans bavure. Le XXème siècle le prouve. Les trois plus grandes idéologies criminelles que sont dans l’ordre le communisme, le nazisme et le capitalisme proclament l’homme sans Dieu. Le grief le plus célèbre étant le sort réservé aux Indiens d'Amérique: au sud, des Espagnols baptisés et catholiques mais n'ayant plus, aux XVIII et XIX siècles, d'historiens d'envergure mondiale, de l'autre, au nord, les Anglais ou Anglo-Saxons, appuyés par l'argent et ayant conquis de leur point de vue toutes les universités mondiales. Résultat: les Espagnols catholiques sont de vilains massacreurs. Réalité: ils ont tué environ 5 à 10% d'Indiens. Peut-être. Grand maximum. Au nord, les Anglais et les WASP ont tué… plus de 95% des Indiens. La religion catholique et les rois très chrétiens ont quelque peu freiné le meurtre, absolument systématique au nord, au profit du dieu argent. Mais tout le monde cite les Conquistadors. Saint-Barthélémy, Inquisition… tout ce que nous croyons est faux ou presque. La Saint-Barthélémy, c'est une vengeance à cause de la Michelade, un massacre de catholiques commis auparavant par des Protestants ! Et un massacre ridicule si on le compare à ce qu'on a vu depuis à la Révolution ou à la "Libération".

Tout a été réécrit. Mais l’interprète de l’Histoire, celui qui a le pouvoir, dit ce qu’il veut être la vérité. L’interprète aujourd’hui, c’est la révolution mondiale, matérialistes, qui dit : les religions tuent. Vous voudriez que je répète cette antienne. J’ai, je le confesse, un penchant plus affirmé pour la vérité. Elle seule m’intéresse. Bref, en ces matières, la raison du plus fort est toujours la meilleure. On peut dire sans se tromper que le catholicisme et le christianisme sont surtout connus pour ne pas se défendre ; ce qui favorise une culture du mépris. Car la société est en fait éprise du rapport de force : le gagnant, le plus fort, « quelque part a raison ». Vous direz « non, pas moi » et je vous dirai « vous avant les autres » ! Car tout en croyant ne pas céder à la culture du rapport de force, vous contestez que les contribuables français payent pour recevoir le pape en France mais vous ne direz rien à votre banquier qui vous ponctionne 100 fois ça chaque mois ! Nous sommes tous un peu comme ça : on dénonce ce qu’il est plus facile de dénoncer. On conteste 3 euros de trop perçu chez un commerçant mais on « la ferme » devant le fisc. Et tout est ainsi : on grossit des riens, on écrase des masses. C’est dans l’ordre des lois séculières, cela remonte à la nuit des temps : mort aux vaincus ! s’exclamait Brennus, le chef gaulois conquérant Rome. Déjà, le réflexe d’un homme sain, devrait être de se dire que tant d’unanimité pour lyncher rend le coupable sympathique. Demain on aura à comparer les mérites de l’athéisme et du dieu argent, pratiquant les manipulations génétiques ; la religion rappelant le droit naturel ; et l’ignorance, se satisfaisant de barbarie. Mais passons. Je m'arrête maintenant à ces phrases très intéressantes: "Quoiqu'il en soit, je pense pas personnellement qu'il faille "apprendre" ni même sensibiliser les enfants a la "spiritualité" parce que j'espère que notre éducation ne devrait pas créer de vide existentiel qui a besoin d'être comblé et que les parents peuvent juste dérouler l'histoire de l’humanité." C'est très intéressant. On pourrait dire de la même manière "Je ne pense pas qu'il faille faire le plein de la voiture parce j'espère que le carburant que j'y ai mis suffira à faire le tour du monde." C’est très répandu aussi, je ne veux viser personne. On peut dire aussi: "je ne donnerai pas à manger à mon enfant, je ne veux pas conditionner ses goûts, il choisira lui-même dans le frigo."

C'est absurde, vous en conviendrez. Il faut donner, et donner de tout. Si on le peut. Mais bien des familles, d'un bout à l'autre de la Terre, n'ont donné qu'un tout petit bout d'une seule culture locale, et ça a parfaitement bien marché. Les Aïnus ne racontent pas Christophe Colomb ou ne valorisent pas le culte de Mithra. Et ça marche pourtant très bien.

En donnant seulement un morceau de tout, on pense qu’on donne assez. On pense qu’on est assez fort. Qu'on éclaire assez l'enfant. On est dans la quantité, en fait. On donne un peu de tout par esprit de syncrétisme (même sans le savoir), de "diversité". Mais ça ne marche absolument pas mieux que l'ancienne manière. On a des enfants ou des adultes maintenant qui savent un peu de tout mais rien à fond.

Au vrai, on se contente de ce qu’on donne. On n'a que ce dont on se contente. Mais en terme de spiritualité, on peut toujours avoir plus. Il n'y a pas de limite, ce qui est le propre de la Foi. C'est la différence entre la Foi et l'opinion. Si on pense être autosuffisants ou capables de donner tout ce dont l'enfant a besoin, alors on est dans l'opinion que nous en sommes capables. Bien fragile. Pour notre part, nous sommes convaincus — en fait nous SAVONS — que nous sommes très insuffisants, très en-dessous des besoins de nos enfants. Vous voyez ? Et nous savons aussi que ni nous ni la science n’expliquons tout. Il y a donc un mystère. Ce mystère n’est pas neutre, ce n’est pas le chaos, il y a un sens dans la vie, sinon je n’aurais pas un goût plus prononcé pour le beau que pour le laid, pour la joie que pour le malheur, pour le vrai que pour le faux. C’est la première manifestation en l’homme de Dieu. Tout cela — qui dépasse de loin le culturel — est ancré en l’homme pour une raison que nous ignorons. Première chose. Seconde chose, nous voulons que l’enfant ait plutôt du beau, du vrai, de la paix, de la joie etc. Donc nous mettons en œuvre ce que nous pouvons. Et plus il demande, plus nous essayons de lui donner. Plus nous sommes exigeants aussi, plus nous lui composons une vie qualitative ; plutôt que de le laisser devant la télé ou s’en fiche. Vous comprenez ? Eh bien, cette exigence que personne ne nous demande et surtout pas la société médiatique ou l’argent, qui préféreraient que nous soyons des consommateurs dociles, cette exigence, cette soif, ce désir d’un « mieux » et d’un « bien » sont déjà religieux. Etymologiquement, nous sommes reliés à quelque chose que nous n’expliquons pas. Il n’y a pas de raison objective pour que je veuille ce qu’il y a de mieux pour mon enfant, puisque la culture moderne est plutôt de le démolir. Religion, c’est relation à quelque chose de non quantifiable et mystérieux. C’est ce qui fait que les croyants sont statistiquement plus libres intellectuellement que les autres, et je mets les pieds dans le plat : les stats qu’on ne sort jamais, c’est celles-là qui disent que plus un homme pense, plus il est libre et plus il se dit lui-même religieux.

La liberté des gens sans intelligence est une liberté de choix : je fais ce que je veux. La liberté des gens intelligents est tendue vers l’horizon du dépassement et de l’inconnu. L’imbécile choisit entre deux modèles de voiture, l’intelligent se demande d’abord pourquoi une voiture. Croire que nous suffisons à satisfaire le besoin d’un enfant est une croyance : vous n’y arriverez jamais. Jamais seule, jamais en couple, jamais avec les psys ou les spécialistes. L’homme ne suffit pas à la tâche de l’homme. Prenons la suite de votre propos : « J'expliquerais a mes enfants que la religion c'est du darwinisme, de l’Histoire : un jour les humains étaient suffisament intelligents pour se poser la question sur la maitrise de leur environnement et on inventés des réponses (les dieux grecs par ex) et n'avoir pas a se poser la question du sens de la vie et controler les peuples, jusqu'a que le fait religieux soit pour certains l’orde sociétal principal. »

Que de banalités ! Et fausses. C’est l’inverse en fait. La révélation première est religieuse. L’intelligence est première. L’intelligence, c’est ‘ce qui est relié’ aussi. On n’est pas « devenus intelligents », ça c’est le crédo évolutionniste qui ne repose sur aucune preuve. On est plutôt devenus idiots, la preuve est qu’on pense qu’on a « inventé les dieux »: les gens qui croient cela sont infiniment plus idiots que leurs ancêtres qui méditaient sur le mystère de l’Incarnation ou l'ordre de précession stellaire. Ces gens modernes disent: "On en a fait un bout de chemin pour arriver jusqu'à moi !" On a là une belle huile essentielle d'imbécillité.

Dès le départ, l’homme a connaissance de quelque chose, et ce qu’il sait dépasse de loin ce que nous croyons savoir. L’Egypte est infiniment plus intelligente que nous.

Mais regardez les enfants. Ils sont d’abord religieux. Puis, ils rationalisent et se laissent convaincre que dieu est une fadaise, parce que voyez-vous la guerre prouve que dieu n’existe pas etc., ce que vous voudrez. Puis, vieillissant, après avoir vécu, il retrouve le sens religieux : la question, le non-expliqué. La science en ce moment opère une énorme conversion en « cherchant le visage de Dieu ». Les mathématiciens, les neuroscientifiques, les physiciens sont en pleine révolution.

J’abrège. Les dieux grecs ici semblent des pantins. C’est dire qu’on a perdu le sens de la mythologie. Les dieux grecs manifestent, par des figures que le petit peuple croit figées et incarnées, des symboles. Cela vient d’Egypte. Qu’est-ce qu’un symbole ? un « principe principiant », un « concept agissant » auquel on donne une figure pour permettre au peuple de comprendre. Le taureau de l’Egypte symbolise entre autres l’emprise sur la terre, le labeur etc. Les Egyptiens ne croyaient pas en un dieu taureau. Ce sont les instits de la République ignorante qui le croient et qui anônent, encore aujourd’hui : les Egyptiens sont polythéistes, allez hop, ça c’est fait, maintenant on passe à Robespierre. Ignorance, quand tu nous tiens… Il n’y a que symboles.

Les anciens saisissent dès le départ — parce qu’ils sont confrontés au vivant, source intarissable de vérité, qui est succession d’expériences et questionnement perpétuel — qu’il y a des principes mystérieux mais ordonnés, ils leur donnent figures, chacun comprend. De même que le vitrail donne figure à une lumière, un fait, une histoire, une révélation, et tout cela à divers degrés de compréhension : chacun comprend ce qu’il peut. Il faut tomber bien bas pour n’y voir qu’une apparence. Quand le scientifique vous explique la théorie du Big bang, que fait-il ? Il vous donne un exemple, il symbolise. C’est ce que font les anciens. Pour dire que la terre tourne, il dessinent le panthéon. Les révolutionnaires prétendront que les anciens croyaient que la terre était plate : ils mentent. Cicéron parle d’une terre ronde et l’Egypte le sait : elle calcule les équinoxes parfaitement, situe chaque astre dans le ciel. Elle établit même les correspondances entre longueurs d’onde, couleurs, planètes et signes astraux ! Elle a la science. Aujourd’hui on refsue ces ponts parce qu’on est dans l’hyperspécilalisation, qui est une forme se bêtise. On sait tout sur peu de choses, alors qu’il faudrait savoir peu de tout. Mais le niveau est tel que les modernes ne peuvent pas comprendre. Ils expliquent à leur manière. Et disent que l’Egypte est plurithéiste ou polythéiste. Ce qui est inexact. Mais la nature de l’ignorance, c’est d’attribuer aux autres l’ignorance. A quoi reconnaît-on l’ignorant ? A sa certitude de savoir et son affirmation qu’avant lui rien n’était, hors les superstitions. Or, voilà que l’Eglise catholique est l’héritière de l’Egypte en passant par le legs romain et je pourrais vous donner beaucoup d’exemples. Il y a une filiation, un empilement, une succession, bref une culture de l’ajout. On ajoute au prédécesseur. Ainsi, les cathédrales sont l’application de découvertes mathématiques égyptiennes jamais mises en œuvre jusqu’alors. Quelle est la différence avec aujourd’hui ? Aujourd’hui on sait tout, on réinvente tout, on fait chaque jour table rase, on croit qu’en changeant l’organe sexuel d’un garçon et en lui greffant des ovaires il va devenir une fille, on n’a besoin de rien, on est à l’égal des dieux, nous sommes les dieux qui disent « il n’y a pas de dieu ! » Avant nous c’était la barbarie, je cite (dans le texte et en gardant l’orthographe): les humains « on inventés des réponses (les dieux grecs par ex) et n'avoir pas a se poser la question du sens de la vie et controler les peuples, jusqu'a que le fait religieux soit pour certains l’orde sociétal principal » Que lidiotie est sûre d'elle-même ! On est tellement sûr... Ils étaient dans le contrôle des peuples et l’abrutissement, alors que nous, nous sommes si intelligents, d’ailleurs nous sommes la société la plus heureuse de tous les temps. C’est beau comme l’antique, et même mieux encore !

Avec une telle merveilleuse illusion, de telles certitudes, pourquoi devrais-je vous convaincre du contraire ? Pourquoi libérer celui qui ne le veut pas ? Payez vos impôts et tout va bien. Pour moi, les choses sont bien ainsi. Je lis n’importe quelle lettre de n’importe quel poilu et je vois 100 fois votre niveau intellectuel, votre niveau de culture, mais qu’importe ? J’ai toujours pensé qu’il y avait un esclavage consenti.

« n'avoir pas a se poser la question du sens de la vie » ? Nul autant que le religieux ne s’est posé, dans l’histoire, la question du sens, de la vie, et de tout ce qui est visible et invisible. C'est vous qui ne vous posez aucunement la question, en réalité. Car si vous vous posiez la question de la nature de la vie et de la mort, vous verriez assez vite que la mort est une entité qui n'existe pas, et qu'il n'y a en fait de "mort" qu'une absence de vie. Vous voyez: vous ne le savez pas et un religieux vous l'apprend.

Quelle prétention on peut avoir en imaginant que nos ancêtres étaient des imbéciles qui ne s’interrogeaient pas pareillement, alors qu’ils étaient confrontés à des réalités plus crues, et moins de confort que nous. Quelle vanité mon Dieu… On est aujourd’hui dans l’interrogation fondamentale parce qu’on a perdu le fondamental. On a perdu la relation au mystère en perdant la relation qui nous rattachait à la révélation, oui, cette religion qui nous donnait la clé, cette clé qui est chemin, vie et vérité vers toujours plus d’accomplissement. Celui qui n’en veut pas, qu’importe ? On a rejeté la Révélation. Elle nous a pourtant été donnée.

La terrible bataille des anges pour Noël, histoire pour enfants

Un jour, quelques années avant l’an zéro, il y eut un grand remue-ménage dans le Ciel. On disait que le grand patron, le chef des chefs, le roi suprême, celui qui commande aux archanges[1] qui commandent aux myriades d’anges, avait décidé de descendre sur Terre.

Lui, sur Terre !

Une histoire impensable.

Si cela devait avoir lieu, quel déménagement ! Le cortège de Dieu devait traverser l’Univers. Il faudrait que les anges s’y mettent sérieusement, ce serait comme lors de la Création du Monde, un travail titanesque ! Pis que titanesque : angélique, archangélique ! Cent montagnes à déplacer ou mille écuries d’Augias à récurer eussent été une tâche autrement plus légère !

Déplacer le patron, déménager le Big One ! Vous imaginez ? Nous autres, ici bas, on se fait tout un pataquès de déplacer un président de la République en province, alors pensez : déplacer Dieu ! Autant essayer de balayer les étoiles à gauche de l’Univers et les trous noirs à droite. Autant se servir d’un pied de biche pour soulever Saturne ou de transporter mars à coups de brouette. Dieu, il a quelques millions de galaxies dans la poussière de l’ourlet de son pantalon. Pour le bouger, il allait falloir quelques milliards d’armées de tractopelles !

On murmurait chez les anges. Jusqu’aux plus hauts des anges, la stupéfaction emplissait tout. Il n’y avait que le petit groupe des Sept autour du trône[2], le groupe des archanges dont… La suite dans votre abonnement (cliquez ici).

Guillaume Tell Histoire de grand homme

Guillaume Tell raconté aux enfants

L'Histoire que voici est une histoire qui mêle des faits historiques et une part de légende. Il est très difficile de savoir ce qui s'est exactement passé. Mais dans cette histoire de Guillaume Tell racontée aux enfants, j'ai essayé de vous esquisser le cœur le plus intéressant de l'histoire.

La dure saison d’hiver approchait, chassant le soleil.

Le lac se couvrait de lourdes vagues soulevées par un vent glacial et menaçant.

Guillaume Tell raconté aux enfants

Les pêcheurs rentraient leurs barques et se préparaient à réparer leurs filets. Les nuages tombant sur eux, les vachers du canton d’Unterwald dirent adieu aux pâturages. Dans un tintement de cloches et de meuglements, les troupeaux redescendaient dans la vallée.

Les monts et les plaines revêtaient leur manteau de neige et de glace. Les chasseurs de chamois du canton d’Uri entendaient le tonnerre gronder derrière les sommets des montagnes. Du haut des sentiers verglacés, la vallée s’étendait à leur pied comme une mer de brume.

Cela se passait au 13e siècle au pays d’Helvétie (que l’on appelle maintenant la Suisse). Les trois cantons de Shwytz, d’Huri et d’Unterwald formaient un petit monde à part sur les bords du lac de Lucerne.

Le lac de Lucerne http://lhistoiredusoir.com guillaume tell raconté

Le lac de Lucerne

On y vivait en paix, dans le droit et la justice. Jadis, l’empereur d’Allemagne, Rodolf de Hasbourg, avait autorisé les citoyens des trois cantons à se gouverner eux-mêmes, en récompense de leur fidèle attachement à l’Empire… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). .

A la mort de Rodolf, son fils Albert, le Duc Noir, avait reçu le duché d’Autriche en héritage. Il ne respecta pas les édits accordés par son père, et traita les cantons suisses en pays conquis. Il y installa des baillis autrichiens, qui gouvernaient en son nom. Certains d'entre eux, dit-on, se montrèrent injustes.

C’est ainsi qu’un jour, au début de l’hiver, il y eut un incident. Sur la rive du lac, un batelier sifflotait en rangeant sa barque dans son abri, aidé de son ami, un certain Guillaume Tell, connu pour être un chasseur adroit. Soudain, ils entendirent les pas d'un homme qui accourait.

— Eh ! mais voilà notre camarade Baumgarten ! s’écria le batelier.

Baumgarten, hors d’haleine, s’arrêta près d’eux.

— Pour l’amour de Dieu, batelier, ressors ta barque ! Transporte-moi vite de l’autre côté du lac !
— Eh, là ! l’interpella Guillaume. Qu’est-ce qui te presse tant, camarade Baumgarten ?
— Ah ! c’est toi, Guillaume ! répondit l’homme. Les soldats me poursuivent. Je suis un homme mort s’ils m’attrapent. Je viens de tuer le bailli d’Unterwald d’un coup de hache !
— Tué, le bailli ? fit Guillaume Tell. Voilà une mauvaise affaire. Du moins pour toi. Ce maudit bailli a fait trop de mal pour que je le regrette, que Dieu ait son âme ! Mais te voilà en danger, désormais.
— Oui, fit Baumgarten, il me faut passer le lac, et vite. Batelier ! Mène-moi donc sur l’autre bord !
— Mais comment voulez-vous que je fasse ?! s’exclama le batelier. Le vent est déchainé ! Voyez comme le lac se soulève !
— Il y va de ma vie, batelier ! le supplia Baumgarten. Pense à ma femme et à mes enfants !
— Moi aussi, j’ai femme et enfants ! fit le batelier. Je ne veux pas risquer de me noyer ! Aucun homme de bon sens ne tenterait de traverser le lac aujourd’hui !

Alors Guillaume Tell dit calmement, avec un calme étrange d'ailleurs :

— Il faut venir en aide à celui qui demande du secours. Donne-moi ton bateau, ami ! Allons, Baumgarten, nous allons traverser ensemble.
— Merci, Guillaume, tu me sauves la vie.
— De nos jours, reprit Guillaume Tell, il vaut mieux confier sa vie aux mains de Dieu qu’à celle des hommes.Lire davantage

Découverte de la grotte de Lascaux racontée aux enfants

Découverte de la grotte de Lascaux raconté aux enfants

Un jour, des amis aventureux partaient avec en tête l'idée de trouver un trésor. La légende qui circulait parmi les gens du village voulait que le seigneur de Lascaux, dont le château aujourd'hui en ruine dominait la ville de Montignac, eût caché ses richesses dans le souterrain traversant la colline.

Découverte de la grotte de Lascaux raconté aux enfants

Cette histoire commence comme un roman d’aventures, mais c’est une histoire vraie. Elle s’est passée en 1940, quand vos grands-parents étaient encore, je suppose, des bébés au berceau ou même pas nés. D'ailleurs, quand sont nés vos parents ? Et leurs parents, le savez-vous ?

Cette année-là, la France était en guerre. Mais le Périgord, cette belle région du Sud de la France, était en zone sans guerre, loin du front et du bruit des armes.

Une innocente ballade entre amis allait finir par changer beaucoup de choses.

Ce dimanche de septembre, six garçons, presque des hommes, s’étaient promenés sur les collines, dans les châtaigneraies, au travers les prairies grasses parsemées de fleurs. Ils avaient flâné agréablement, cherchant, comme tant d’autres garçons avant eux, la mystérieuse entrée du souterrain au trésor. L’heure s’avançant, ils s’en retournaient au village, discutant gaiement et jetant machinalement des cailloux sur le côté ou mâchouillant un brin d'herbe.

Un chien aux longs poils roux, tournant autour d’eux à se faire presque marcher dessus, jappait après les papillons, reniflant la piste d’un… (...) la suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu.

Histoire pour enfants Egypte antique – Héria, Partie II

Egypte racontée aux enfants - Héria- Partie II

Le bateau vogue sur le large fleuve du Nil, poussé par le vent du nord. Mikêt et Héria sont installées à l’avant sur des coussins.

– Regarde, ma petite fille, le fleuve généreux. Si les cultures peuvent pousser, si tu vois les champs verdoyants, c’est bien grâce à lui. Chaque année, lors de la crue, il déborde de son lit et pendant plusieurs semaines, inonde les terres. Tout est recouvert du limon, cette terre légère si riche. Sur ce sol fertile, lorsque le fleuve rentre dans son lit, les hommes peuvent semer les graines qui poussent facilement, malgré le soleil brûlant. Après les labours et les semailles, vient le temps des moissons. Les hommes coupent les épis de blé, qui sont battus et vannés pour récupérer le bon grain. Puis la récolte est comptée et rentrée dans les greniers.
– Sans le Nil et le travail de ses paysans, l’Egypte ne serait rien ! ajouta le capitaine Obed qui écoutait la conversation. Tiens, petite, veux-tu cette grenade bien mûre ? Ou préfères-tu ce melon ? cela te rafraichira.

Héria accepte le fruit avec plaisir, remerciant vivement le capitaine.

– Dans mon village, raconte-t-elle, nous élevons des chèvres et des moutons. Je les emmène souvent paître dans les prés.
– Tout au nord du royaume, dans le delta du Nil, là où le fleuve rejoint la mer, ce ne sont que des vastes marécages, dit le marin qui a beaucoup voyagé. On y capture les oies et les canards sauvages !

Obed interrompt soudain son récit, se lève et crie vers les marins :

– Ohé, attention, les gars ! Ralentissez !

Histoire pour enfant - Héria

Alertée par le cri du capitaine, Héria se penche par-dessus bord. Elle voit des hippopotames qui leur barrent la route.

– S’ils ne se poussent pas, nous allons devoir attendre ici, sous le soleil, se plaint un marin.
– Attends avant de râler ! répond le capitaine. Regarde ce qui approche…

Du bord du fleuve, un grand crocodile vient de glisser dans l’eau verte. Les hippopotames, peu enclins à lui disputer le passage, se regroupent rapidement près de l’autre rive et le bateau peut terminer son voyage sans encombre.

Arrivées au palais, Mikêt et Héria sont conduites auprès de la reine. Elle git, immobile, sur son lit. En les entendant arriver, Néfertari ouvre les yeux et dit d’une voix presque inaudible :

– Vous êtes là… merci. Je m’en remets à vous. Les potions données par le médecin du palais ne m’ont pas guérie, vous êtes mon dernier espoir.
– Que vous a-t-il prescrit ? demanda la guérisseuse.
– Ceci, répondit une servante en lui tendant un pot de terre.

Histoire pour enfant - Héria

Les Égyptiens maîtrisaient déjà le verre et la céramique. Ils étaient de talentueux artisans.

Mikêt saisit le pot, flaire la préparation, trempe le doigt dedans.

– Ce sont des graines de pavot. Je ne suis pas étonnée que vous vous sentiez toute endormie, ô reine ! C’est un somnifère très puissant. Le médecin est un âne !

La vieille femme pose sa main sur le front de la reine : il est brûlant. Elle palpe délicatement son estomac. La reine gémit de douleur.

– Je pense que vous  avez une infection, peut-être avez-vous mangé de la nourriture mal préparée.
– C’est possible… souffle la reine. Dans les villages, on me propose souvent des fruits et des gâteaux.
– Je vais vous préparer une décoction d’écorce de saule, contre la fièvre ; ainsi qu’une purée d’ail mêlée à quelques autres ingrédients, qui purifiera votre estomac. Ensuite, jeûne complet, vous ne mangerez rien, jusqu'à nouvel ordre, à part une tisane au miel. Et plus de pavot !

Héria sort du panier de sa grand-mère l’écorce de saule séchée, la brise en petits fragments et la met à bouillir dans l’eau chaude d'un brasero. Pendant que la tisane se réchauffe, elle écrase des gousses d’ail dans un mortier en pierre, ce qui lui fait pleurer les yeux, naturellement. Mais ce n'est pas grave. Si elle veut être médecin un jour, elle ne doit pas s'arrêter à ces petits tracas du métier. Elle  ajoute de l’huile d’olive et l’apporte enfin à la reine.

– Pouah, quelle odeur ! s’exclama Néfertari… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. .

Mikêt sourit :

– Oui, c’est fort, mais c’est aussi extrêmement efficace pour tuer les mauvais microbes.Lire davantage

Histoire pour enfants Egypte antique Egypte, Assouan, temple de Philae

Histoire pour enfants Egypte antique – Héria, Partie I

Histoire pour enfants Egypte antique

Héria s’était levée tôt, ce matin-là. Elle avait quitté son village alors que le soleil commençait à peine à s’élever au-dessus des montagnes, réveillant la vallée du Nil et la ville de Thèbes. De l’autre côté du fleuve majestueux, les temples sortaient doucement de la pénombre. Dans les collines silencieuses se dissimulaient les tombeaux des pharaons et des reines du temps passé.

Malgré sa marche rapide, Héria frissonnait, car l’air était frais en ce matin de janvier. Et puis, elle allait au-devant d’une épreuve. Son rêve allait-il enfin pouvoir se réaliser ? Car la jeune fille portait dans son cœur un grand désir : devenir médecin, soigner ceux qui souffrent. Déjà, elle avait appris avec sa grand-mère, la vénérable Mikêt, les secrets des plantes qui guérissent. Aujourd’hui, elle voulait étudier à l’école de médecine, au temple de Karnak. Mais elles étaient bien rares, les femmes qui étaient admises à étudier dans ce lieu. Comment Nebka, le grand-prêtre, allait-il accueillir sa demande ?

Héria arrivait, un peu essoufflée, devant l’entrée monumentale du temple. Elle leva les yeux vers les statues gigantesques du pharaon Ramsès II, que les sculpteurs venaient juste d’achever. Ces colosses semblaient contempler l’obélisque qui se dressait au centre de la cour, ornée de hiéroglyphes, l'écriture égyptienne. Son sommet recouvert d’électrum

étincelait au soleil. La jeune fille passa sous le portique, secouant la poussière du chemin de sa tunique neuve en lin blanc. Il lui fallait faire bonne impression. Ses cheveux noirs, soigneusement nattés, encadrait son visage à la peau dorée.

Un scribe passait par là d’un air affairé. Héria l’interpella d’une voix douce mais assurée.

– S’il vous plaît, je voudrais voir le grand-prêtre.
– Le grand-prêtre ? fit le scribe. Tu… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. n’y penses pas, il ne va pas recevoir tous les paysans qui se présentent ici, même s'il les respecte beaucoup.
– Mais c’est très important, insista la villageoise.
– A cette heure-ci, il célèbre le culte de Râ, le dieu-soleil, ça aussi, c’est important. Tu n’as aucune chance, dit-il encore en s’éloignant.

Histoire pour enfants Egypte antique

Les Scribes sont les érudits de l’Égypte Antique. Ils sont des lettrés qui aident Pharaon à diriger le Royaume.

Héria soupira et puis reprit courage. Non, elle n’allait pas se laisser rebuter ainsi ! Puisque personne ne l’arrêtait, elle entra dans le sanctuaire. Sur le seuil de l’hypogée, elle s’arrêta, bouche bée.

Hypogée Histoire pour enfants Egypte antique

Une hypogée, accès vers un lieu souterrain

Cette salle immense était une forêt de colonnes, toutes sculptées et décorées de couleurs vives. Le plafond, à peine visible dans l’obscurité de la salle, était peint d’étoiles dorées.

– Petite, que fais-tu là ? demanda soudain une voix grave.

Héria sursauta et se retourna. C’était bien lui, Nebka, le grand-prêtre, un des personnages les plus importants du royaume après Pharaon. Son front plissé et son crâne rasé lui donnaient un air sévère, mais une belle lumière dans son regard annonçait un homme juste. Vite, la jeune fille retrouva ses esprits. Prenant une grande inspiration, elle lui demanda d’un ton rapide :

Nebka

– Je veux devenir médecin. S’il vous plaît, permettez-moi d’étudier à la Maison de Vie.
– Tu veux devenir médecin… répéta le prêtre d’un ton songeur. Tu as de l’ambition, jeune fille. Ce sont des études longues et difficiles. Ne serais-tu pas plus heureuse chez toi, à tisser la laine ou à t’occuper de ta maison ?
– Non, ce n’est pas de ce bonheur tranquille que je souhaite. Je veux apprendre à soigner les blessés, réconforter les malades. Je ne suis pas ignorante, vous savez. J’ai appris à cueillir les herbes et je lis même quelques hiéroglyphes. Mon frère est à l’école de scribe, c’est lui qui m’a appris.
– Qui es-tu ? demanda Nebka, et qui est ton père ?
– Je suis Héria, fille de Khany. Mon père cultive dix arpents de terre. Nos champs sont fertiles et bien entretenus, s’exclama fièrement la jeune fille, mon père est un homme respecté.
– Eh ! bien, Héria, fille de Khany, tu m’as l’air d’être décidée ! Mais tu ferais mieux de renoncer. Ce que tu sais te servira à soigner les gens de ton village, les ouvriers de ton père et de ton mari, plus tard. Tu feras du bien autour de toi. Mais médecin…. Allons, rentre chez toi.

Histoire pour enfant Egypte antique

Histoire pour enfant Egypte antique

Nebka s’éloigna d’un pas pressé. Déjà, des prêtres accouraient vers lui, attendant ses ordres pour la journée. La cour du temple s’emplissait d’une foule nombreuse. Des ouvriers portant leurs outils s’interpellaient gaiement. Les paysans, guidant leurs charrettes traînées par des bœufs, apportaient leurs offrandes au temple : des jarres de bière, des pièces de laine ou de lin tissées, des poteries de toutes tailles, les premiers légumes de leurs récoltes.

Passant au milieu de ce joyeux vacarme sans y prêter attention, Héria ressortit du temple. Elle était désolée. Traînant les pieds dans la poussière du chemin, elle reprit le chemin du village. Elle traversa les champs sans leur accorder un regard. D’ordinaire, elle aimait à contempler ce paysage calme, le sol brun fertilisé par l’inondation, où perçaient déjà les premières pousses vertes du blé et de l’orge. La récolte serait bonne cette année, si les insectes ne la dévoraient pas. Elle croisa un âne qui trottinait, portant du fourrage. L’homme qui le menait l’apostropha joyeusement. Perdue dans sa tristesse, elle ne l’entendit même pas.

Le Nil - Histoire pour enfants Egypte antique

Ombres et lumières des rives en Egypte antique

Elle parvint au village. Ce matin, comme tous les matins, les garçons riaient aux éclats en se renvoyant adroitement une balle en tissu. Les fillettes, accroupies devant le seuil des maisons blanchies à la chaux, jouaient avec leurs poupées. Les femmes préparaient des galettes d’orge pour le repas ou filaient la laine. Les hommes étaient aux champs, réparant les canaux, arrachant les mauvaises herbes, ou redressant les bornes renversées par l’inondation.

Héria se réfugia chez Mikêt, sa grand-mère. Sa maison sentait bon les herbes séchées. Sur un brasero fumait de l’encens, qui purifiait l’air et chassait les insectes. Des lentilles mijotaient dans la marmite. C’était une odeur familière, apaisante. Voyant le visage bouleversé de sa petite-fille, Mikêt se leva de son tabouret et la serra dans ses bras.

– Oh ! grand-mère, il a refusé ! pleura amèrement Héria.

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Au temps de la préhistoire – Partie II, histoire pour enfant

Préhistoire - Histoire pour enfant, Partie II

Touk et Boga sont tombés dans un piège, ils n’arrivent pas à en sortir. Qui viendra à leur secours ? Des guerriers s'approchent, un homme se penche au-dessus de la fosse où ils sont tombés.

– Touk ! Boga ! mais que faites-vous ici ?

C’est le chef Faro ! ils sont sauvés !

Les hommes descendent une longue branche dans la fosse. Boga s’accroche solidement et il est hissé hors du piège. Puis, c’est le tour de Touk. Les garçons s’avancent devant les hommes, confus, la tête basse.  Faro dit de sa voix sévère.

ours– Vous avez encore préféré vos jeux et votre amusement au travail qui vous a été demandé. Que vouliez-vous faire aussi loin du campement ? N’avez-vous pas entendu hier mon avertissement : les ours se réveillent de leur sommeil d’hiver et ils sont dangereux !
– Nous voulions voir un mammouth, dit Boga d’une petite voix timide.
– Un mammouth ! répond Faro. Vous saviez bien pourtant qu’il y en a très peu. Il vous est défendu de vous éloigner.

Les garçons ne répondent rien, ils savent bien qu’ils ont fait une grosse bêtise.

– Vous auriez pu mourir, seuls dans ce trou ! reprend le chef. Je pense que vous avez été assez punis par la peur. Mais demain, vous devrez travailler deux fois plus, pour compenser ce que vous n’avez pas fait aujourd’hui.

Ils se mettent en marche. Touk les suit en boîtant, clopin-clopant, mais il souffre trop. Un homme le porte sur son dos. Quelle humiliation pour le garçon, d'être porté comme un enfant !

Le retour leur paraît interminable, mais voici au loin le campement.

Miti s’avance, très inquiète.

– Enfin vous voilà ! Que s’est-il passé ? Et ton pied, Touk, tu t’es fait mal ?

Faro prend la parole :

– Ils ont désobéi et mis leur vie en danger, simplement pour s’amuser. Leur a-t-on commandé d'y aller ? L'enfant obéit à ceux qui l'élèvent, comme l'Homme obéit à mère nature qui le conduit. Ils devront racheter leur faute… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu.

Au temps de la préhistoire – Partie I, histoire pour enfant

Histoire pour enfant Au temps de la préhistoire

Cette histoire commence il y a fort longtemps, au temps des premiers hommes qui aient jamais habité sur la Terre, au temps de la Préhistoire. Si nous pouvions y être transportés, comme le monde nous paraîtrait étrange ! Pas de maisons en pierre, pas de magasins, pas de voitures, pas de téléphones ni d’ordinateurs, pas de rue, rien de ce qu'on voit dans nos villes ou nos villages, en fait.

Tu reconnaîtrais certains animaux, les rhinocéros, les rennes, les ours, les chevaux, les lièvres ou des oiseaux, mais d’autres te paraîtraient bien différents : des aurochs (qui ressemblent un peu à nos taureaux), des bisons et même des mammouths, ces éléphants couverts d’un épais pelage laineux.

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L'auroch

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Chasseurs et mammouth

La nature était partout, des forêts sombres et touffues, des vastes plaines parsemées de rochers entre lesquels scintillaient des ruisseaux argentés ou des fleuves tumultueux, des montagnes couronnées de neige et percées de grottes au creux desquelles se cachaient les animaux.

C’était le royaume du silence. Du moins, le silence des hommes, car la nature, elle, chantait de tous côtés. Le jour, on entendait le pépiement des oiseaux, les cris des animaux se mettant en chasse, les froissements de cigales ou de crickets, et la nuit le chant des grillons, des oiseaux de nuit, des renards et de toutes les bêtes qui vivent éveillées la nuit ; et de jour comme de nuit, le doux murmure des sources, le vent qui siffle dans les arbres, la pluie qui crépite, l'orage ou le ressac de la mer. Parfois même, on percevait au loin l'effrayant grondement d'un volcan. A la fin de l'hiver, le spectacle le plus saisissant, auquel les hommes allaient parfois se rendre, c'était la débâcle: la glace des rivière se rompait et se bousculait de loin en loin dans le lit du cours d'eau, en faisant un vacarme assourdissant, jusqu'au bout des vallées où elle s'empilait et se fracassait entre les passes rocheuses, à moins qu'elle disparaisse en mer. Il fallait faire attention parce que des morceaux de glace étaient souvent projetés en l'air et allaient frapper les rives. Parfois même, c'était les hommes eux-mêmes qui provoquaient ce grand événement en brisant la glace le plus haut possible dans la rivière, en amont de la montagne, car ils ont besoin de retrouver les poissons, l'une de leur nourriture préférée. Et puis, il y avait les grandes marées où la mer semble un monstre en furie. Les hommes connaissaient très bien la nature, en ce temps-là.

On aurait pu marcher pendant des journées entières sans rencontrer un seul homme, car ils étaient peu nombreux, ces hommes préhistoriques. Tiens ! Mais justement, ne dirait-on pas là-bas deux petits d’homme ? Approchons-nous un peu…

– Descends, Boga ! s’exclame Touk, un jeune garçon trépignant au pied d’un arbre. C’est à mon tour maintenant
– Oh ! répondit Boga, perché en haut de l’arbre, attends un peu ! D’ailleurs, c’était mon idée. Je veux absolument voir un mammouth !
– Une autre fois, le soleil se couche, il faut rentrer.

Les deux garçons prennent le chemin du campement, escaladant avec agilité les souches, sautant allègrement les ruisseaux. Ils sont vêtus d’une tunique en peau de bête et portent des bottes de peaux.

erectus-cuisson-alimentLorsqu’ils arrivent au camp, chacun s’active. Les chasseurs ont tué un renne : le repas sera bon pour la tribu ! A l’aide de pierres tranchantes, les hommes dépècent des quartiers de viande et les enfilent sur des bâtons, pour les faire cuire au dessus du feu. Les femmes raniment les braises. Miti, la maman de Touk, les interpelle :

– Touk ! Boga ! vous deviez rapporter du bois, qu’avez-vous fait ?
– Oh ! maman, proteste Touk. Je suis presque un homme, je veux apprendre à chasser.  Ramasser du bois, c’est un travail pour les filles.
– Tu te trompes Touk, dit une voix grave derrière lui.

C’est Faro, le chef du clan, un chasseur habile et prudent, un chef sage et juste. Tous l’écoutent et le respectent. Le chef reprend :

– Ramasser du bois est facile, mais c’est une tâche très importante. Sans feu, comment faire cuire la viande ? Comment nous réchauffer ?  Et pense à ces veillées qui nous rassemblent le soir. Le clan ne pourrait pas vivre, sans le feu. Alors, va, mon garçon !

Histoire pour enfant Au temps de la préhistoire

Histoire pour enfant Au temps de la préhistoire Peinture rupestre

La tribu se régale de la viande de renne grillée, d’œufs cuits dans la braise, de racines et de baies. La nuit est tombée, tous se rassemblent autour du feu. Un vieil homme sort une flûte taillée dans un os de bison et commence à jouer. C’est une mélodie simple mais envoûtante. Tous se mettent à chanter, frappant dans leurs mains en rythme. Puis, le silence se fait. On entend un rugissement, des cris d’animaux. Un oiseau de nuit vole lourdement près du feu puis s’éloigne. D’une petite voix, Boga demande timidement :

– Faro, raconte-nous encore la chasse au mammouth…

Le chef sourit, il sait que cette histoire fait rêver les garçons. Et de sa voix grave, il commence.

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« C’était il y a de nombreuses saisons, 251 lunes exactement. J’étais jeune alors et, comme vous, je rêvais d’aventure. Je voulais que tous voient mon courage et ma valeur ! C’était lors d’un hiver très froid, le clan avait faim. La terre était gelée, nous ne pouvions pas déterrer des racines. Les petits animaux, lièvres ou lézards, se cachaient dans leurs terriers. Je suis parti un matin. J’avais fixé une pierre tranchante sur un bâton, je voulais tuer un buffle. Pendant de nombreuses heures, j’ai marché, droit devant moi. J’avais faim, mais je ne voulais pas rentrer les mains vides, sans rien rapporter. Soudain, je l’ai vu, là… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu.

Le dauphin Louis, futur Louis XI raconté aux enfants

Un matin de l’été 1423, un messager s’approche du roi Charles VII. Charles VII, vous savez, c'est ce roi que Jeanne d'Arc a fait sacrer.

— Sire, les armées anglo-normandes se fortifient. L’armée française est mal organisée. Et l’ennemi approche !

Ce sont des nouvelles accablantes. Et pourtant le roi est plutôt heureux. La veille, il a eu un fils. Le dauphin Louis est né. Dauphin ? Oui, c’est ainsi qu’on appelait le fils du roi, à l’époque.

C’était des temps difficiles pour le royaume de France. Les Armagnacs et les Bourguignons se disputaient le pouvoir, au lieu de s’allier contre les Anglais qui voulaient conquérir le pays.

Charles est devenu roi il y a un an. Mais il règne seulement sur un petit domaine, les Anglais sont installés presque partout en France. La naissance du dauphin Louis est une grande joie pour lui, mais le reste de la France est dans l’inquiétude. Le peuple manque de nourriture, et il y a la guerre, et les brigands qui ravagent les campagnes !

D’ailleurs, il faut mettre le petit dauphin en sécurité. Il est emmené à Loches, dans le centre de la France, non loin de Tours. C’est un grand château fort, assez triste et isolé. C’est là que Louis passera toute… La suite dans votre abonnement (cliquez ici).  

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L’Île au trésor histoire pour enfants

« Debout, Jim! » lance sa maman depuis la cuisine. « Il faut nettoyer l'auberge. »

« Encore et toujours nettoyer l'auberge » marmonne Jim en glissant hors du lit.

Il descend à la cuisine, où sa mère Rose l'accueille d'un baiser sur le front. « Déjeune rapidement, fiston. Tu dois préparer la chambre d'invité, car nous avons un client. »

Jim soupire. « J'allais jouer aux pirates avec les amis du village » maugrée-t-il.

Sa maman rit doucement. « Ce sera pour une autre fois. Allez, mange ton gruau, et au travail ! »

Jim avale son repas et court chercher les draps propres sur la corde à linge dans la cour.

Il s'arrête net à la porte. Un homme lui bloque le chemin. Il porte un long manteau sombre à large collet, un chapeau cornu et une barbe épaisse. « Un pirate ! » pense Jim.

« Ouste, chenapan! » grommelle l'homme avant de se mettre à tousser. Il a un œil abîmé, presque blanc.

Treasure island L'Île au trésor

C'est le client attendu de l'auberge. Jim propose son mouchoir propre à l'invité. L'homme le saisit et se mouche bruyamment. « Bernard le Borgne te remercie, matelot, » lui dit-il.

En changeant les draps dans la chambre, Jim observe les quelques biens de l'homme : une grosse malle et un petit coffre orné de ferrures. « Un trésor de pirate », murmure le garçon.

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« Qu'as-tu dit ? » tonne soudain une grosse voix derrière lui depuis le chambranle de la porte. Jim se tourne pour voir l'invité le regarder avec suspicion et, il faut le dire, comme avec une menace dans les yeux. « Hors de ma chambre ! » lui ordonne-t-il. « Ce n'est pas un petit marin d'eau douce comme toi qui va me ravir... mon trésor. » Il a dit ces mots presque en les murmurant. Finalement, l'étranger chasse Jim de la chambre et verrouille la porte de sa chambre derrière lui.

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Le lendemain, l'inquiétant étranger ne descend pas pour le petit déjeuner.

« Jim, va cogner doucement à sa porte » lui demande sa mère.

trou_serrureJim monte et cogne à la porte, mais pas de réponse. Il regarde par le trou de la serrure. L'homme n'est pas étendu dans son lit, mais sur le sol.

Il descend à la cuisine. « Maman, le monsieur semble aller mal ! »… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu.

« Cours chercher le docteur. »

Le médecin du village accourt, monte à l'étage et doit forcer la porte de la chambre pour entrer, mais il est trop tard pour aider Bernard le Borgne. « La pneumonie l'a emporté » dit gravement le docteur. « Je vais demander aux hommes du village de l'enterrer au cimetière. » Il couvre l'homme d'un drap. « Il faut annoncer son décès à sa famille. Rose, vous devrez trouver dans ses affaires de quoi savoir où envoyer les lettres.
- Je vais devoir fouiller les affaires d'un mort ? se dit la pauvre maman.
- Si vous avez une autre idée... »

Quand les hommes sont partis en emportant le mort, Jim et sa mère forcent les serrures de la malle et du petit coffre. Ils ne trouvent aucune lettre de proches de l'homme mort. Mais le petit coffre contient un objet : une carte.

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« Maman, on dirait... une carte au trésor. »

Rose rit et prend la carte pour l'observer de plus près. Mais à présent, elle fronce les sourcils.
- Jim... Je crois que tu as raison. Va aux quais pour la montrer à Anna.
- Ton amie ?
- Oui, elle saura te le dire.

Jim court jusqu'aux quais du village. Il demande à quelques matelots où trouver Anna. L'un d'eux pointe du doigt le haut du mât d'un navire amarré. Perchée dans le cordage à dix mètres de haut, la fameuse Anna est dans la mâture et vérifie des nœuds.

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« Anna ! » crie Jim, moulinant des bras pour attirer son attention. Anna lève la tête, lui fait signe, puis descend du beaupré aussi habilement qu'une acrobate.
- Bonjour, Jim. Quoi de neuf ?
- Un client de l'auberge est mort la nuit dernière.
- Pauvre gars, dit Anna.
- Mais regarde ce qu'on a trouvé dans ses affaires.
Et Jim déplie la carte.Lire davantage

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