Category Archives for "Histoire du soir vraie pour 6-7 ans"

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L’invention de la mongolfière

Voici l'histoire du premier homme dans le ciel.

Un voyageur de Lyon, venu présenter sa marchandise s’arrêtait un soir dans une auberge des faubourgs d’Avignon, à l’enseigne du « Bon repos ».

Poussant la porte, s'installant, il commanda un dîner qui se devait, selon lui, d'être copieux et de ne pas attendre.
— Fort bien, Monseigneur
, dit l’hôte avec un accent typique de la Provence, en s’inclinant. Nous ferez-vous l'honneur de loger à l'auberge cette nuit ?
Oui, mon cher, mais appelle-moi Monsieur. Je reste chez toi si tu as une chambre convenable et propre.
— Monsieur, toutes mes chambres le sont.
— J'entends: sans blatte, sans cafard, balayée, draps frais, rideaux opaques, couloir silencieux et une fenêtre côté cour. Voici de la monnaie sonnante et trébuchante, finit le voyageur qui semblait savoir ce qu'il voulait, en extrayant un demi-louis d’or de sa bourse.
— C'est bien trop, Monseigneur, vous me comblez.
— Pas du tout, tu me rendras la monnaie. Que crois-tu ?
— C'est ce que je voulais dire. Une nuit trente sols et un repas sept sous. Du vin avec ça ?
— A combien ?
— Cinq sous la pinte.

— Donne-m'en de six.
— Pardon ?
— Donne-m'en de six sous la pinte. A cinq sous, je crains que ton vin soit du vinaigre.
— Oui, j'ai un vin de six sous. Il est meilleur.
— S'il est plus cher, c'est assez naturel, non ?
— Monsieur est perspicace.
— Très.
Mets-m'en pour trois sols.
— Une demi-pinte pour Monseigneur
, dit l’aubergiste en s’inclinant légèrement, affable. Le voyage de Monseigneur a-t-il été agréable ?
— Il a été long. Mais la route est belle.
— Sans doute, je ne la connais pas, je n'ai jamais quitté le bourg, de toute ma vie.
— Le bourg ? Mais mon pauvre ami, ne veux-tu pas voir l'Italie, l'Angleterre, les Alpes vertigineuses ?
— Certainement pas ! si du moins Monseigneur me permet. Ces endroits sont peuplés de gens qui, pour ce qu'on en dit, nous ont fait trop de malheurs; quant aux montagnes, elles sont infestées de loups.
— Tu es une bonne bête, mais tu ne verras rien du monde !
— Monseigneur voyage; moi, je ne vaque qu'à mes affaires...
— Cesse donc de m'appeler Monseigneur, je te l'ai dit, je ne suis qu'un sujet du roi, comme toi. J’ai nom Joseph Montgolfier, humble fabricant de papiers.

Ce Joseph Montgolfier-là n'imaginait pas une seconde comment, dans quelques heures, lui viendrait une idée qui amènerait un changement complet dans la direction du monde. Il découvrirait une invention.

Installé à une table de bois noirci, près de la cheminée, étendant avec plaisir ses jambes engourdies par le long trajet en diligence, le papetier se restaure d'un repas correct. Après le repas, rassasié, il s’attarde un instant à contempler les braises rougeoyantes. Le lendemain, il aurait à finir sa route pour présenter ses papiers aux riches bourgeois d’Avignon. Pour l'heure,il se sent bien, au chaud.

Après une nuit calme, Monsieur est réveillé à l’aube par les pépiements des moineaux dans l’olivier devant sa fenêtre. Un soleil timide perce à peine derrière les nuages et l’air est très frais. Enroulé dans une couverture, il se lève en frissonnant pour aller ranimer le feu qui lui a fait tant de bien la veille au soir. Jetant des brindilles sèches, puis calant une bûche, il reste près du foyer pour se réchauffer un peu, regardant les flammes rouges et or s’élever.

— Peste ! tôt ou tard, il va me falloir enfiler mes habits tout froids… Tiens, mais si je les réchauffais un instant près du feu ?

Aussitôt dit, aussitôt fait. Attrapant sa chemise par le col, il étend le bras dans la cheminée, tenant son vêtement bien au-dessus des flammes. Un moment après, la chemise réchauffée se gonfle comme un ballon et se fit toute légère. Joseph en est très surpris.

— Dame ! Mais elle se serait envolée ! pense-t-il en s’habillant.

Il part faire la tournée de ses clients. En fin de matinée, il se présente chez le gouverneur militaire de la ville, le sieur Dubretol, où un autre incident le rendra plus songeur encore.

Joseph de Montgolfier

Montgolfier, notre cher fournisseur ! entrez ! tenez, asseyez-vous là en attendant que mon épouse nous rejoigne, elle veut un nouveau papier pour les murs de sa chambre.
Je l'attendrai avec vous, Excellence.
— Voulez-vous un café ? Il vient de Paris, il est de mode, paraît-il.
— Volontiers, Monsieur, fait le papetier. Puis, comme le silence se fait et que le gouverneur tient en main un gravure qu'il observe en oubliant son visiteur, Joseph se racle la gorge et son hôte se redresse aussitôt :
— Pardonnez-moi, cher ami ! Je manque à mes devoirs. Ceci est une gravure qu'on vient de me faire parvenir et qui me laisse songeur. Voulez-vous y jeter un coup d’œil ?
— Si votre Excellence le juge utile.
— Que voyez-vous ?
— Une... ville; des troupes. Un siège militaire, je suppose ?
— Les Espagnols font le siège de Gibraltar. La voici sous vos yeux. Une ville fortifiée, entourée de remparts. Encercée, mais sans résultats ! Les murs sont trop épais pour les boulets, less canons ne sont pas assez puissants. Que dites-vous de cela. Ah ! naturellement, si l'on pouvait voler…
Voler ? répéta avec surprise Montgolfier.
— Pure spéculation, ou plaisanterie enfantine, pardonnez-m'en.
— Pure spéculation, dites-vous. Eh ! bien. A vrai dire...
— Hm ?
— La chose, je veux dire voler, semble en effet impossible, mais il vient de m'arriver un petit incident...
— De quel ordre ?
— D'ordre aérien. Voler est peut-être possible, voyez-vous !
— Vous vous moquez, sans doute. Ce qui est plus lourd que l'air ne vole pas.
— Mais les oiseaux volent. Et ils sont plus lourds que l'air.
— Ma foi, vous avez raison. Mais... ils sont pourvus d'un appareillage, leurs ailes, leurs muscles, impossibles à reproduire !
— Supposons maintenant une feuille de papier. Elle s'envole, quand elle est prise dans le vent. Est-elle plus lourde ou plus légère que l'air ?

Le gouverneur se sent un peu dépassé par une conversation sans doute amusante, mais purement imaginative.

— Ce n'est pas avec une feuille de papier que nous gagnerons la guerre, mon cher. A moins qu'il s'agisse de l'ordre de reddition de l'ennemi ! Mais vous êtes un garçon intéressant, imaginatif. Attention que vos idées ne vous conduisent pas à la misère; ça s'est vu ! Mais je suis votre ami, et toujours ravi de causer avec vous.

A ce moment, l'épouse du gouverneur fait son entrée et l'on s'en tient là. Mais Montgolfier est maintenant plongé dans la plus profonde réflexion, ou plutôt dans la plus technique des réflexions. Car c'est un esprit pratique, bricoleur, concret. Il se voit fabriquer une voile suspendue au-dessus d'un feu, ce feu porté sur une plateforme et la voile soulevant la plateforme. Poids, équilibre, solidité de la voile, tout se bouscule dans son esprit tumultueux et il lui faut impérativement courir à ses calculs, à ses papiers, à ses matières en papier.

Ces deux incidents, celui de la chemise soulevée au-dessus du feu et cette phrase qu'a eu le gouverneur l'ont inspiré.

Il fut sans tarder de retour chez lui, à Annonay, village de la plaine du Rhône. A peine sautant de voiture:

— Etienne ! Etienne ! appelle-t-il son frère, je crois que j’ai eu une idée !
Encore ! soupire Etienne qui sort de sa maison à sa rencontre. Monsieur mon frère, allez-vous bien, tout d'abord ?
— Mais oui, à merveille ! fait Joseph, pressé de parler, jetant les deux mains vers son frère comme s'il allait lui déverser une livre de fleurs. Tenez, que je vous explique...
— Comment fut la route ?
— Mais oui, vous dis-je !
— Mais oui quoi ?
— Parfaite. Donc...
— Du danger ?
— Bien sûr, bien sûr...
— Quoi, des encombres, des brigands?
— Mais pas du tout !
— Aucun danger ?
— Mais qu'allez-vous me raconter avec votre danger ? Je vous dis que...
— Vous me dites "bien sûr", quand je vous demande s'il y a eu du danger...
— Mais je vous dis oui à tout si c'est ce que vous voulez entendre !
Je...
— Avez-vous, enfin, rempli le carnet de commandes ?
— Des commandes, il y en a. A la fin, me laisserez-vous parler ?
— Tant que le carnet de commandes est plein...
— Il est bien question de carnet de commandes !
Au diable les commandes !

Cette fois, Etienne se tait, un sourcil relevé.

— Ecoutez plutôt : nous allons fabriquer des ballons en papier. Des ballons volant. Entendez-vous ? Connaissez-vous Gibraltar ? L'Espagnol en fait le siège avec ses troupes.

Etienne essaye à nouveau :

— Ouh ! là, en voilà des discours ! Expliquez-vous. Gibraltar, des ballons, des troupes ?
— Oui. Des ballons, des troupes, c'est ça, exactement ! Imaginez que ces troupes puissent passer les murs sans encombre ?
— Avec des ballons volants ?
— Avec des ballons volants.
— Et comment un ballon volerait-il ?
— Avec de la chaleur.
— Laquelle ?
— Celle d'un feu. La chaleur monte, j'en ai fait cette expérience malgré moi: ma chemise, au-dessus de feu, elle s'est soulevée !
— Oui, la chaleur monte, on le sait. Mais, mon pauvre ami, vous me parlez de ballon en papier, pour passer des murs. Trois coup de mousquet de la part des soldats assiégés et votre ballon est par terre !
— Evidemment... Mais, insista Joseph après avoir regardé un court moment vers l'horizon, si le ballon pouvait s'élever loin, haut, hors de portée des fusils ?
— Sans doute, mais quel intérêt ?
— Voir ! Connaître la dispositions des défenseurs. Ses réserves en munition. Son organisation. Le côté où il est le plus faible ! Mille choses enfin que les soldats ont besoin de savoir. Et si ce ne sont pas les soldats, voir Paris, ses rues, ses faubourgs ! voir les montagnes, en faire les relevés cartographiques. Voir la mer et deviner les bateaux avant qu'il soient à portée des côtes !

Etienne se tait. Il comprend enfin ce que signifie cette agitation chez Joseph. Il a effectivement eu une idée. Voilà qui vaut de s'y arrêter.

— Je vois ce que vous voulez dire. Enfin, je le crois.
— Préparez du tissu de taffetas, du cordage et vous verrez l'une des choses les plus étonnantes du monde !
Tenez, voyez mon dessin. Nous allons coudre des larges pièces de tissu, pour former une énorme boule. Il faudra laisser une ouverture en bas par laquelle la chaleur d'un feu entrera. L'enveloppe du ballon en sera gonflée, l'ensemble allégé, puis, si je ne m'abuse, on devrait le voir s'envoler.
— Voyons cette brillante idée, fit Etienne, renonçant à résister à une telle impétuosité.

Dans la manufacture des Montgolfier, tous s’unissent pour fabriquer le ballon.

— Commençons d’abord par fabriquer un petit modèle, décrète Joseph.
Tenez, cher ami, lui propose sa femme Thérèse, voici une grande pièce de tissu en soie de Florence. Je la gardais pour doubler des gilets, mais elle conviendra à votre projet.

C'est décembre 1782 et dans la cour de la manufacture, tous les ouvriers assistent à la première. Un feu brûle et produit sa chaleur. L'enveloppe en tissu se gonfle effectivement. Puis, à la stupéfaction générale, le ballon s’élève !

— Il vole, il vole ! crie Joseph, fou de joie, qui prend son frère dans les bras, passe à un autre, danse en rond.
— M
on frère, pour cette fois, en effet, quelle idée vous avez eue ! Le monde va en être révolutionné...
— C'est la première fois de l'histoire que cela se produit. Entendez-vous ? C'est donc qu'on peut voler !
— Tout au moins, pour l'instant, on peut envoler un objet. Un homme, c'est autre chose. C'est un fameux poids.
— Fabriquons-en un autre. Plus gros !
— Vous ne comptez pas faire voler un homme ?
— Non, bien sûr, faisons un poids équivalent à un homme, pour commencer, et voyons quelle force il faut pour l'envoler. Et puis, pourquoi pas, une bête, un mouton par exemple !
— Oui, bien sûr, c'est ce qu'il faut faire.
— Mais, s’inquiète Adélaïde, l'épouse d’Etienne, il ne sera pas facile de trouver assez de soie.
Nous ferons l'enveloppe en grosse toile, répond Joseph, renforcée par une épaisseur de papier qui la rendra aussi imperméable que la soie.

Après plusieurs mois de travail, un ballon considérable fut enfin prêt. Dans la cour du couvent des Cordeliers, on alluma un grand feu. Les bûches se mirent à flamber, et petit à petit, le ballon se gonfla, enfla, se déploya dans les airs. Il était entravé par de solides cordes, retenues par huit ouvriers.

— Regardez, Etienne ! s’écria Joseph au comble de l’enthousiasme.
Oui, mon frère, mais quelle fumée ! répondit l’autre en toussant.

Le ballon, qui ne portait aucun homme mais une charge équivalente, s’éleva du sol, se mit à tendre les cordes que les hommes tenaient fermement.

— Il veut s’envoler, monsieur Montgolfier !
Lâchez tout ! ordonna Joseph.

Aussitôt, le ballon s’envola dans le ciel et commença son voyage aérien. Tous les spectateurs, poussant des cris d’étonnement, le suivirent des yeux. Le ballon monta à mille mètres de haut, avant de redescendre et de s’affaler au sol à trois kilomètres de là, sans aucun accident.

Le second essai de cette spectaculaire invention avait attiré de nombreux spectateurs.

— Quelle est cette diablerie ? s’étonnaient les uns.
Quelle invention merveilleuse ! se réjouissaient les autres. On dit que cela s'appelle un aérostat. Ce sont les frères Montgolfier qui l'ont inventé.

On en parla tant que la nouvelle arriva jusqu’aux oreilles du roi Louis XVI. Le roi, qui avait grand goût pour les inventions, invita les deux frères à faire une démonstration de leur œuvre devant lui et la Cour. Les Montgolfier firent assembler un autre ballon, encore plus grand, auquel une grande cage était solidement arrimée.

Un fermier s’approcha, y fit grimper un mouton, qui bêlait d’un air apeuré, puis un coq, qui battait des ailes et enfin un canard, qui lançait des « coin-coin » indignés et qui semblait ne pas trouver convenable qu'on le forçat à monter.

— Quel vacarme ! Que faites-vous donc de ces pauvres bêtes ? s’inquiéta madame de Montgolfier, resserrant autour d’elle les pans de son long châle jaune.
Chère amie, nous avons convenu de les faire voyager par air. Je veux voir s’ils vont survivre à si haute altitude !

Le vol fut une réussite ; le mouton, le canard et le coq revinrent en parfaite santé.
Bravo, Messieurs ! les félicita le roi. C'est un jour dont l'Histoire gardera mémoire, je vous l'assure. Mais, selon vous, verra-t-on un jour des hommes aller ainsi dans le ciel, après ces bonnes bêtes ?
— Certainement, Sire, si un gouvernement le décide.
— Qui oserait cette aventure risquée ?
Moi ! s’écria un jeune homme assez téméraire pour s'avancer au milieu de la foule, moi, je le ferai ! J’ai toujours rêvé de m’envoler dans les airs, dit-il d'un air enjoué en s'approchant, c’est une chance que je ne laisserai pas passer !
— Et qui êtes-vous ?
— Je me nomme Pilâtre du Rozier, Sire.
— Si ce jeune homme vous paraît convenable, Messieurs... Eh !
bien, c’est d’accord. Vous conduirez cet essai au château de la Muette. Faites le nécessaire, Messieurs, pour que Monsieur... du Rozier, c'est cela ? nous revienne sain et sauf. Je ne veux pas que l'un de mes sujets ait à payer le prix de l'innovation que vous avez eu la grâce de me présenter.

C’est ainsi que, le 21 novembre 1783, le roi et près de trois cents curieux se rassemblent. Les frères Montgolfier, très émus et agités, supervisent les préparatifs du vol.

— Si le ballon allait ne pas s’envoler ! s’agite Joseph.
S’il allait ne pas redescendre ! rétorque Etienne, un peu pâle, ou atterrir dans la Seine, ou se prendre dans les arbres de la forêt de Marly !
A la grâce de Dieu ! lance Pilâtre du Rozier, impatient de s’envoler.

Il enjambe lestement la nacelle, nouant autour de son cou une vaste cape de laine.

— Il doit faire terriblement froid, là-haut ! Allons, houspille-t-il les ouvriers, faites donc flamber ce bois. Il faut qu’il ronfle comme en enfer !

La magie opère encore une fois. Soulevé par l’air chaud, le ballon s’envole dans les airs sous les applaudissements de la foule. Après avoir survolé la plaine de Chaillot, il redescend sur la Butte-aux-Cailles, près de Paris, sous les acclamations du peuple.

— Décidément, bravo, Messieurs de Montgolfier ! les félicite le roi, ravi, jovial presque, chaleureux et visiblement passionné. C’est la première fois, me dit-on, qu’un homme peut voler comme un oiseau. La France est fière de vous !
— C
omment allons-nous appeler cette engin volant ? demande la reine.
— Ma mie, ce sera... disons,
la "Montgolfière", qu'en dites-vous ?

Guillaume Tell Histoire de grand homme

Guillaume Tell raconté aux enfants

L'Histoire que voici est une histoire qui mêle des faits historiques et une part de légende. Il est très difficile de savoir ce qui s'est exactement passé. Mais dans cette histoire de Guillaume Tell racontée aux enfants, j'ai essayé de vous esquisser le cœur le plus intéressant de l'histoire.

La dure saison d’hiver approchait, chassant le soleil.

Le lac se couvrait de lourdes vagues soulevées par un vent glacial et menaçant.

Guillaume Tell raconté aux enfants

Les pêcheurs rentraient leurs barques et se préparaient à réparer leurs filets. Les nuages tombant sur eux, les vachers du canton d’Unterwald dirent adieu aux pâturages. Dans un tintement de cloches et de meuglements, les troupeaux redescendaient dans la vallée.

Les monts et les plaines revêtaient leur manteau de neige et de glace. Les chasseurs de chamois du canton d’Uri entendaient le tonnerre gronder derrière les sommets des montagnes. Du haut des sentiers verglacés, la vallée s’étendait à leur pied comme une mer de brume.

Cela se passait au 13e siècle au pays d’Helvétie (que l’on appelle maintenant la Suisse). Les trois cantons de Shwytz, d’Huri et d’Unterwald formaient un petit monde à part sur les bords du lac de Lucerne.

Le lac de Lucerne http://lhistoiredusoir.com guillaume tell raconté

Le lac de Lucerne

On y vivait en paix, dans le droit et la justice. Jadis, l’empereur d’Allemagne, Rodolf de Hasbourg, avait autorisé les citoyens des trois cantons à se gouverner eux-mêmes, en récompense de leur fidèle attachement à l’Empire… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). .

A la mort de Rodolf, son fils Albert, le Duc Noir, avait reçu le duché d’Autriche en héritage. Il ne respecta pas les édits accordés par son père, et traita les cantons suisses en pays conquis. Il y installa des baillis autrichiens, qui gouvernaient en son nom. Certains d'entre eux, dit-on, se montrèrent injustes.

C’est ainsi qu’un jour, au début de l’hiver, il y eut un incident. Sur la rive du lac, un batelier sifflotait en rangeant sa barque dans son abri, aidé de son ami, un certain Guillaume Tell, connu pour être un chasseur adroit. Soudain, ils entendirent les pas d'un homme qui accourait.

— Eh ! mais voilà notre camarade Baumgarten ! s’écria le batelier.

Baumgarten, hors d’haleine, s’arrêta près d’eux.

— Pour l’amour de Dieu, batelier, ressors ta barque ! Transporte-moi vite de l’autre côté du lac !
— Eh, là ! l’interpella Guillaume. Qu’est-ce qui te presse tant, camarade Baumgarten ?
— Ah ! c’est toi, Guillaume ! répondit l’homme. Les soldats me poursuivent. Je suis un homme mort s’ils m’attrapent. Je viens de tuer le bailli d’Unterwald d’un coup de hache !
— Tué, le bailli ? fit Guillaume Tell. Voilà une mauvaise affaire. Du moins pour toi. Ce maudit bailli a fait trop de mal pour que je le regrette, que Dieu ait son âme ! Mais te voilà en danger, désormais.
— Oui, fit Baumgarten, il me faut passer le lac, et vite. Batelier ! Mène-moi donc sur l’autre bord !
— Mais comment voulez-vous que je fasse ?! s’exclama le batelier. Le vent est déchainé ! Voyez comme le lac se soulève !
— Il y va de ma vie, batelier ! le supplia Baumgarten. Pense à ma femme et à mes enfants !
— Moi aussi, j’ai femme et enfants ! fit le batelier. Je ne veux pas risquer de me noyer ! Aucun homme de bon sens ne tenterait de traverser le lac aujourd’hui !

Alors Guillaume Tell dit calmement, avec un calme étrange d'ailleurs :

— Il faut venir en aide à celui qui demande du secours. Donne-moi ton bateau, ami ! Allons, Baumgarten, nous allons traverser ensemble.
— Merci, Guillaume, tu me sauves la vie.
— De nos jours, reprit Guillaume Tell, il vaut mieux confier sa vie aux mains de Dieu qu’à celle des hommes.Lire davantage

Découverte de la grotte de Lascaux racontée aux enfants

Découverte de la grotte de Lascaux raconté aux enfants

Un jour, des amis aventureux partaient avec en tête l'idée de trouver un trésor. La légende qui circulait parmi les gens du village voulait que le seigneur de Lascaux, dont le château aujourd'hui en ruine dominait la ville de Montignac, eût caché ses richesses dans le souterrain traversant la colline.

Découverte de la grotte de Lascaux raconté aux enfants

Cette histoire commence comme un roman d’aventures, mais c’est une histoire vraie. Elle s’est passée en 1940, quand vos grands-parents étaient encore, je suppose, des bébés au berceau ou même pas nés. D'ailleurs, quand sont nés vos parents ? Et leurs parents, le savez-vous ?

Cette année-là, la France était en guerre. Mais le Périgord, cette belle région du Sud de la France, était en zone sans guerre, loin du front et du bruit des armes.

Une innocente ballade entre amis allait finir par changer beaucoup de choses.

Ce dimanche de septembre, six garçons, presque des hommes, s’étaient promenés sur les collines, dans les châtaigneraies, au travers les prairies grasses parsemées de fleurs. Ils avaient flâné agréablement, cherchant, comme tant d’autres garçons avant eux, la mystérieuse entrée du souterrain au trésor. L’heure s’avançant, ils s’en retournaient au village, discutant gaiement et jetant machinalement des cailloux sur le côté ou mâchouillant un brin d'herbe.

Un chien aux longs poils roux, tournant autour d’eux à se faire presque marcher dessus, jappait après les papillons, reniflant la piste d’un… (...) la suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu.

Le dauphin Louis, futur Louis XI raconté aux enfants

Un matin de l’été 1423, un messager s’approche du roi Charles VII. Charles VII, vous savez, c'est ce roi que Jeanne d'Arc a fait sacrer.

— Sire, les armées anglo-normandes se fortifient. L’armée française est mal organisée. Et l’ennemi approche !

Ce sont des nouvelles accablantes. Et pourtant le roi est plutôt heureux. La veille, il a eu un fils. Le dauphin Louis est né. Dauphin ? Oui, c’est ainsi qu’on appelait le fils du roi, à l’époque.

C’était des temps difficiles pour le royaume de France. Les Armagnacs et les Bourguignons se disputaient le pouvoir, au lieu de s’allier contre les Anglais qui voulaient conquérir le pays.

Charles est devenu roi il y a un an. Mais il règne seulement sur un petit domaine, les Anglais sont installés presque partout en France. La naissance du dauphin Louis est une grande joie pour lui, mais le reste de la France est dans l’inquiétude. Le peuple manque de nourriture, et il y a la guerre, et les brigands qui ravagent les campagnes !

D’ailleurs, il faut mettre le petit dauphin en sécurité. Il est emmené à Loches, dans le centre de la France, non loin de Tours. C’est un grand château fort, assez triste et isolé. C’est là que Louis passera toute… La suite dans votre abonnement (cliquez ici).  

Le Titanic raconté aux enfants

Un homme avait décidé de partir en voyage. Il avait acheté un billet pour s’embarquer sur le Titanic, cet immense paquebot qui venait d’être construit par la compagnie anglaise White Star.

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Pourtant, ce matin, il a reçu un télégramme d’un ami : « Ne vous embarquez pas sur le Titanic. Ce navire aura un destin tragique… ».

« Ce télégramme est absurde, pense l’homme, le paquebot est déclaré insubmersible. Oublions ça. »

Mais il y a, parfois, des gens qui ont une vision prophétique…

Le Titanic, c'est plus qu'un bateau. C'est une chose énorme. Un immeuble flottant. Un monstre des mers. Long de 271 m, large de 28 m, il a une hauteur de 53 mètres de la quille aux cheminées.

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À bord, on trouve même une grande piscine. Sa construction a coûté 50 millions de francs-or.

Pour cette première traversée de l’Atlantique, des millionnaires ont été nombreux à louer les cabines luxueuses de première classe. Il y a aussi des gens plus pauvres qui veulent se rendre en Amérique. Avec les 900 membres de l’équipage, il y a donc 2.213 personnes à bord.

Le mercredi 10 avril 1912, tôt le matin, les passagers embarquent. Miss Sylvia Caldwell, passagère de 2ème classe, gravit la passerelle et pose le pied sur le navire.

— Puis-je vous aider, Madame ? propose un steward.
— Êtes-vous sûr, jeune homme, dit la dame avec une pointe d’inquiétude dans la voix, que ce bateau ne risque pas de couler ?
— Je vous assure, chère madame, répond le steward, que Dieu lui-même ne pourrait faire couler le Titanic !

Titanic expo 18082013- la taille du Titanic Le Titanic raconté aux enfants

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La White star a fait des déclarations tapageuses. Les dirigeants ont proclamé avec arrogance :

— Jamais le Titanic ne coulera ! Il a été conçu par les ingénieurs les plus compétents et avec la technologie les plus modernes.

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Le Titanic et le City of New York presque au contact

Et ils ont donné beaucoup d’argent aux journaux, pour que tout le monde parle de ce navire insubmersible. C’était un défi à la nature : rien ne pouvait entraver la marche de l’homme et de sa technique. D’une certaine manière, c’était aussi un défi envers Dieu, comme avait dit le steward.

À dix heures du matin, les amarres, cordes qui relient le navire à ses bouées, sont larguées. Les passagers font de grands signes à leurs familles et amis restés sur le quai. L’énorme navire se met en mouvement.

Les premiers jours de la traversée se déroulent sans incident. La mer est calme. Le navire avance rapidement, sa vitesse est de vingt-deux nœuds. Si le Titanic arrive à New York le 16 avril comme prévu, il recevra le « Ruban bleu », un trophée remis aux bateaux ayant accompli la traversée transatlantique dans un temps record.

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Le commandant descend sur le pont du navire pour saluer les passagers de première classe.

— Êtes-vous bien installés, Monsieur Jones ? Votre femme désire-t-elle quelque chose ?
— Tout serait pour le mieux, commandant, avec une coupe de champagne, répond un gros monsieur, qui fume le cigare allongé dans un transat.
— Vous aurez votre champagne, Monsieur Jones, promet le capitaine. Je vous souhaite une excellente traversée.

Le Titanic raconté aux enfants

Sur les ponts inférieurs se trouvent les passagers moins fortunés, ceux de seconde classe. Le capitaine ne va pas les saluer, mais il y a tout de même quelques stewards, un restaurant modeste. Et plus bas encore, presque au fond du navire, il y a les passagers de la troisième classe. Ceux-là n’ont droit à rien, ils ont payé le strict minimum.

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Chambre de première classe du Titanic

Après quatre jours de mer, le dimanche 14 avril… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Vision-de-Constantin

Les 10 grandes persécutions des chrétiens à l’époque de l’empire romain racontées aux enfants

Saint Maurice Les 10 grandes persécutions des chrétiens à l'époque de l'empire romain

Saint Maurice

Histoire achevée et pouvant être publiée en attente de publication de "l'Empire romain et le christianisme"

Le 22 septembre 286, une légion romaine entière venait de franchir les Alpes. Ses soldats avaient gagné de nombreuses batailles, commandés par un général courageux, Maurice.

L'empereur Maximien était fier et content d'eux. Cette fois, il les emmenait combattre la Gaule en révolte.

Après le passage des Alpes, un sacrifice solennel fut ordonné.

— Est-ce qu'on va pouvoir dormir un peu, après le passage de cette montagne ? grognait un soldat.
— Pas encore, répondit un autre, l'empereur demande qu'on fasse une fête. Tiens, d'ailleurs, voilà son envoyé.
— Venez, vous autres, fit l'homme en s'approchant, légionnaires de Maurice, venez à la cérémonie en l’honneur de César.
— Ce sont des fêtes païennes, célébrées pour des faux dieux, dit un soldat.
— Comment ? Refusez-vous d’honorer l’empereur et les dieux ? Nous le devons, avant de passer à l’attaque des Bagaudes.
— Justement, dit le général Maurice en s'interposant. Nous avons appris que les Bagaudes sont chrétiens. Nous ne voulons pas les combattre, car nous aussi, nous sommes chrétiens.
— Comment ? C’est de la désobéissance ! Etes-vous sûrs ? Vous serez sévèrement punis !
— Nous refusons tout de même. Va dire cela à l'empereur.

La décapitation de Maurice (tapisserie) Les 10 grandes persécutions des chrétiens à l'époque de l'empire romain http://lhistoiredusoir.com

La décapitation de Maurice (tapisserie)

La légion chrétienne ne voulait prendre part ni à la cérémonie ni à l’attaque contre les Bagaudes. Elle s’en alla un peu plus loin, à l’écart des autres légions, près du lieu appelé aujourd'hui Saint-Maurice-d'Agaune (en Suisse). Apprenant cela, l'empereur renvoya son messager à Maurice :
— Venez avec nous pour la fête, c’est l’empereur qui l’ordonne.
— Non, refusa encore Maurice. Mes soldats sont chrétiens. Ils préfèrent obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes.
— L’empereur n’est pas un homme, c’est un dieu.
— Certes non ! Il n’y a qu’un seul Dieu et il n’est pas de ce monde.
— Ainsi donc, tu dis que l’empereur n’est pas un dieu... Allez-vous enfin obéir, ou pas ?… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Alfred le Grand

Le roi Alfred d’Angleterre raconté aux enfants

Voilà 300 ans que les Anglo-Saxons avaient conquis l’Angleterre, chassant les Bretons qui y vivaient.

280px-Iona_Abbey_-_July_2011 http://lhistoiredusoir.com Alfred le Grand

Abbaye d'Iona

Vous vous souvenez que, quand les Romains avaient quitté l’Angleterre, le pays avait été laissé à l’abandon. Plus personne ne le défendait. Alors, des peuples païens, comme les Saxons et les Angles, étaient venus de la mer et avaient commencé leur conquête. Au début, les Bretons avaient réussi à se défendre. Ils avaient même gagné la bataille du Mont Badon. Mais finalement, les Anglo-saxons les en avaient chassés, pillant et brûlant leurs villes et leurs villages. Ils s’étaient installés  dans le pays et lui avaient même donné leur nom : on l’appelait maintenant Angleterre, terre des Angles, et non plus Bretagne.

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Les royaumes anglais vers 802

Les Irlandais, eux aussi, attaquaient souvent les villages sur la côte ouest de la Bretagne. Ils finirent par s’y installer, fondant ainsi le pays qui deviendra l’Ecosse.

Les Anglo-Saxons s’étaient assagis et convertis au christianisme. Mais à partir de l’an 795, voilà que d’autres pillards avaient débarqué dans le pays. C’était des guerriers venus du Danemark par la mer. Ils arrivèrent en Écosse et découvrirent l’abbaye d’Iona, celle qui avait réussi à convertir toute l’Ecosse.

Ils avaient débarqué l’été de l’année 806. Ils repartirent en automne, avant que l’hiver ne les empêche de reprendre la mer. Ils laissaient derrière eux les ruines fumantes du monastère, mais aussi des fermes et des églises qui se trouvaient à proximité. Ils avaient tout détruit et tué les moines et les paysans.

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Guerriers anglo-saxons

Les Anglo-Saxons, autrement dit les Anglais, n’étaient plus les guerriers de jadis. Ils étaient tranquillement installés depuis longtemps et ils ne savaient plus bien se battre. Et même, ils se disputaient entre eux.  Les Merciens, un peuple du Nord de l’Angleterre, se battaient contre les Saxons pour agrandir leur royaume. C’était folie, car les habitants de l’Angleterre auraient dû s’unir contre les Danois, qui venaient les envahir, les attaquer. Les pirates danois pouvaient donc piller sans être dérangés, semant la terreur partout où ils passaient.

Les anciens textes d’Histoire racontent ces raids massifs. On racontait que… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Les Dîners de l’Aristocrate conte pour enfants

Il fut un temps où l’honneur comptait pour tout. Où la parole donnée était respectée. Où le vol était rare. Où la confiance totale régnait entre commerçants et clients.
L’histoire que je vais vous raconter est authentique ; elle s’est vraiment passée ainsi. Je n’ai changé que les noms. Elle commence il y a plus de 200 ans, au moment de la sinistre Révolution.

Il y  avait à Paris, non loin de l’Odéon, un restaurant. Le comte du Plessis, un aristocrate, y avait ses habitudes. Un jour, comme tous les jours, il entra dans le restaurant et dit à l’aubergiste :

— Mon ami, vous me connaissez, je dîne chaque jour, à midi pile, à votre table. Aujourd’hui, je n’ai pas de quoi vous payer. Vous le savez sans doute, la Convention a ruiné les gentilshommes fidèles au roi, et je n’ai plus le sou. Je ne pourrai donc vous régler.

L’aubergiste, sans rajouter à l’humiliation que vivait ce client, répondit:

— Je suis bien navré du sort qui est celui de monseigneur. Que Monseigneur veuille bien s’asseoir à ma table.

— Etes-vous sûr ? Je ne sais pas si je pourrai un jour vous le rendre. Peut-être même finirai-je sur l’échafaud, l’un de ces tristes jours.

La guillotine L'honorable dette de la Révolution Les Dîners de l'Aristocrate

La guillotine

Le comte parlait là de l’estrade où était dressée la guillotine, la machine à couper les têtes des Français.

— J’ai toute confiance en la Providence, qui saura vous rendre la destinée que vous méritez. Pour l’heure, il est de mon devoir de me montrer charitable, dit l’aubergiste, avec une larme à l’œil.

L’aristocrate fit un geste de la tête, ému, les mots se coinçant dans sa gorge. Il s’assit et dîna. Oui, je le dis en passant, on disait … La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

écu d'or

Saint Louis raconté aux enfants – partie II

Le roi Louis IX est en Terre sainte. Hélas, les nouvelles de France ne sont pas bonnes

statue-saint-Louis roi de FranceLe roi a maintenant passé deux ans en Terre Sainte à fortifier le royaume chrétien. Il reçoit une triste nouvelle : sa mère, la reine Blanche de Castille, vient de mourir. Le royaume de France est sans chef. Il lui faut rentrer, après en tout six ans d’absence, ce qui est très long (imaginons l'un de nos présidents parti pendant 6 ans).

Voici enfin le roi en France, à l’été 1253. Il va se consacrer entièrement à son devoir de roi, cherchant à établir la paix et la justice, en se laissant guider par Dieu pour le bien du royaume.

Mais certains seigneurs ne comprennent pas le roi.

— Sire, vous êtes vêtu trop simplement ! Vous ne portez pas de riches fourrures, ni d’étoffes précieuses. Les gens pensent que vous êtes comme eux, ils ne vous respectent pas assez. Il faut montrer votre richesse. Le roi d'Angleterre est respecté et puissant, lui, car il montre sa magnificence !
— Croyez-vous ? Les gens me critiquent aujourd’hui, mais vous verrez que je leur laisserai bon souvenir car on se rappelle mieux ce qui est proche de soi. La richesse que je veux, c'est la richesse de l’âme, la richesse des vertus.
On lui dit un jour :
— Mais enfin, Sire, vous mélangez votre vin avec de l'eau. C’est pourtant un vin excellent, nos vignerons risquent d'être bien fâchés. Et vous mangez les plats les plus simples, donnant aux pauvres ceux que les cuisiniers ont préparés pour vous. Vraiment, vous allez attrister vos sujets.… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

sainte-chapelle

Saint Louis raconté aux enfants – partie I

Saint Louis roiEn ce matin de novembre 1226, il y a de cela huit cents ans, les cloches de la cathédrale de Reims sonnent à la volée. Leur carillon joyeux est bientôt repris par toutes les églises du royaume de France. Petites chapelles et fières cathédrales lancent ainsi dans le ciel leur message : un nouveau roi vient d’être couronné !

Le prince, un jeune garçon de douze ans, vient d’être sacré roi. Il sera Louis IX. Il a promis de servir Dieu, de défendre l’Eglise et de garder son royaume en paix. On lui a remis les insignes de la royauté : la couronne, l’épée de Charlemagne, les éperons, la main de justice et le sceptre.

Près de lui se tient sa mère, la reine Blanche de Castille. Le roi Louis VIII, son père, est mort soudainement de maladie, après six ans de règne seulement. La reine Blanche avait voulu que ses enfants reçoivent une bonne instruction et soient entraînés au maniement des armes. Aussi le roi Louis fut-il un vrai chevalier, courageux, pieux et instruit.

— Mon fils, aime à lui répéter la reine, vous êtes roi par la grâce de Dieu. Souvenez-vous toujours que vous êtes chrétien, priez Dieu en toutes circonstances de vous guider. Restez digne de vos ancêtres : votre grand-père, le roi Philippe-Auguste, a établi la paix et la prospérité en France. Vous êtes né la même année que la bataille de Bouvines, cette victoire importante contre les Anglais. Et moi, je vais consacrer mes forces à vous maintenir en ce royaume que notre Seigneur Dieu vous a confié.

En ce temps-là, le pouvoir du roi est assez fragile. Les grands seigneurs du royaume cherchent à affirmer leur indépendance. Et le roi n’est qu’un enfant; quelle chance pour eux ! Ils vont pouvoir agir à leur guise. Et voilà ! Les barons se révoltent.… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

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