Category Archives for "Histoire du soir vraie pour 6-7 ans"

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Les Guerres Médiques racontées aux enfants, Partie II

Vous vous souvenez que la petite armée grecque a battu les Perses à Marathon. Les Perses avaient été rudement vexés du désastre de Marathon. 50.000 hommes écrasés par une armée cinq fois moins nombreuse, quelle honte ! Ils savaient maintenant qu’il ne fallait pas entreprendre une guerre contre la Grèce sans être très bien préparés.

Darius le Grand était mort et son fils Xerxès était devenu roi après lui. En 485 avant Jésus-Christ, il ordonna de reprendre les préparatifs de guerre. Il pensa au moindre détail pour s’assurer la victoire.

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Emplacement du canal: entre les deux points rouges

— Que les Égyptiens et les Phéniciens viennent creuser un canal. Il faut qu’il soit assez large et assez profond pour que nos bateaux y naviguent. Ainsi, nous éviterons la zone dangereuse où une tempête a coulé la flotte de Darius.

En plus du canal, il fit aussi faire un gigantesque pont de bateaux unis entre les deux rives de l’Hellespont. Cela faciliterait le transport des soldats en Grèce.

Tout cela prit cinq ans. Enfin, Xerxès fut prêt à attaquer. Cette fois, il avait rassemblé une armée de 300.000 hommes et plusieurs milliers de bateaux. Il était certain d’écraser la Grèce en très peu de temps.

Quand les Perses lancèrent leur attaque, les Grecs n’étaient pas préparés. Sparte et Athènes, éternelles rivales, et toutes les cités, s’unirent pour se défendre, contrairement à ce qui s’était passé au temps de Darius.

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Emplacement du canal creusé par les armées de Xerxès. Une route l'a remplacé.

Alors que les Grecs discutaient encore pour organiser leur défense, l’énorme armée de Xerxès… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Les Guerres Médiques racontées aux enfants, Partie I

As-tu déjà entendu parler des guerres médiques ? Jamais ? Eh bien ! on appelle guerres médiques les guerres qui ont opposé deux grands peuples de l’Antiquité : les Grecs et Perses. Mais alors pourquoi ce nom de médiques ? On devrait appeler ça les guerres persiques ? Tout simplement parce que les Mèdes étaient l'ancien grand peuple de Perse.

athenes03 Les Guerres médiques racontées aux enfants

Guerriers perses

Tu connais sûrement déjà un peu les Grecs. C’était un peuple fier et intelligent, une très grande civilisation. Si les Perses avaient réussi à détruire la Grèce, notre monde d’aujourd’hui serait très différent.

Notre culture, notre art, notre langue, notre façon de penser, tout cela nous vient en grande partie des Grecs de l’Antiquité. Il y a plein de bâtiments qui sont inspirés du monde grec; même en Amérique ! par exemple la maison du président américain, la Maison blanche, elle a la forme d'un palais grec.

Regarde ces images:

Le Parthénon

L'Eglise de la Madeleine à Paris

La Maison carrée à Nîmes

Le Théâtre de l'Odéon à Paris

Cariatides

Lorsqu'un temple s'effondre (le plus souvent parce que le sol bouge avec les siècles)

La Maison blanche à Washington (Etats-Unis)

Les Perses étaient un peuple très puissant. Quoique moins raffinés, plus pauvres, ils étaient d'une brillante culture. Ce sont les inventeurs du jeu d'échec, le jeu le plus compliqué du monde, et en même temps très simple.

Le jeu d'échecs

Mais revenons à l'empire perse. Il s’étendait sur plus de 7 millions de km² ! Le peuple perse était très nombreux, peut-être vingt millions d'habitants, alors que la Grèce ne comptait qu’à peine un million d'habitants sur un petit territoire de 103 000 km², c’est-à-dire 70 fois plus petit que l’empire perse.

Darius était devenu roi des Perses en 522 avant Jésus Christ.

Depuis 30 ans qu’il était roi, Darius n’avait jamais vu des ennemis lui résister.

battle10 Les Guerres médiques

Voilà pourquoi il eut l’idée d’envahir les îles grecques. C’était comme un véritable ouragan que rien ne peut arrêter.

La panique commençait à envahir le peuple grec :

darius— Comment se battre contre cette terrible armée ?
—  Nous ne sommes pas prêts… !
— Emmené par le roi Darius, ils sont invincibles, aucun ennemi ne leur résiste !
— Malheur pour nous ! Comment tout cela va finir ?

Hélas, ce que beaucoup de gens craignaient finit par arriver… Un jour de l’an 492 av. J-C, le roi Darius déclara à son peuple :

— Nous allons attaquer la Grèce en passant par le nord et le pays des Thraces ! notre pays en sera encore plus vaste, plus puissant. Et cela servira de leçon à ceux qui ont aidé les cités grecques d’Asie à se révolter contre nous.
— Vive notre roi ! vive Darius ! acclama le peuple. Vengeance !

Oui, le géant perse allait se jeter sur le nain grec ! Sûrement, il allait n’en faire qu’une bouchée. C’est certain, les Grecs allaient être écrasés, détruits.

Trieres-Guerres-mediques Les Guerres médiques

Trières: navires grecs légers avec rameurs et soldats sur le pont supérieur

Mais les choses ne se passèrent pas comme l’avait prévu Darius. Voilà quel était son plan.

— Nous allons attaquer la Grèce. Donnez à l’armée l’ordre de marche, par les montagnes. Amiral, comment avance la construction de nos bateaux ?
— La flotte sera bientôt prête, ô roi. Les premiers navires sont déjà en route.
— Bien. Nous aurons besoin de ces bateaux pour attaquer la Grèce par la mer et pour apporter de la nourriture à nos soldats.

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C’est alors que l’inattendu se produisit. Une formidable… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Marco Polo Tableau Canaletto, vue de l'entrée de l'arsenal

Marco Polo

Dans un palais de Venise, il y a de cela fort longtemps, un petit garçon interrogeait sa maman :

— Maman, quand est-ce que papa va revenir ? Raconte-moi encore les voyages qu’il fait.

Ce garçon s’appelait Marco Polo. En français, on pourrait dire Marc, Marc Paul.

— Quand Baudouin était empereur de Constantinople, répondait sa maman, deux gentilshommes de la très illustre famille des Polo…


— Vous parlez de papa et oncle Matteo ? demanda le garçon.
— Oui, Marco. Donc, deux gentilshommes s’embarquent sur un bateau chargé de marchandises. Poussés par le vent qui gonfle la voile, ils traversent la mer Méditerranée puis, avec le secours de Dieu, ils arrivent à Constantinople….
— Moi aussi, quand je serais grand, je partirai avec eux !

Voilà les histoires que sa maman racontait à Marco. Hélas, quand  son père Niccolo Polo rentra enfin, Marco avait déjà 15 ans et sa mère était morte.

Portrait de l'empereur Koubilaï khan

Mais voici ce que sa maman avait eu le temps de raconter à Marco. Son père et son oncle Mattéo, autrefois, avaient dû quitter Constantinople à cause de la guerre. Les deux riches marchands étaient partis s’installer sur les bords de la mer Noire, puis s’étaient aventurés jusqu’en Chine, au prix de mille embûches, traquenards, maladies et pertes d'affaires. Ce pays était dirigé par l’empereur Koubilaï Khan, petit fils du grand Gengis khan qui avait fondé le puissant empire mongol.

Un ami de Koubilaï khan leur dit un jour :

— Seigneurs marchands, vous qui êtes de l’Europe lointaine, je vous dis que le Grand Empereur n'a jamais vu aucun Européen et qu'il a grand désir et volonté d'en voir, et d’apprendre comment sont ces pays lointains. Si vous voulez venir avec moi, il vous recevra avec plaisir, puisque vous êtes des hommes sages.
— Nous irons volontiers voir le Grand khan, répondirent les frères Polo.

Kubilai_recevant_les_cadeaux_du_pape Marco Polo et le Livre des Merveilles

Koubilaï recevant les cadeaux du pape

Ils furent présentés à l’Empereur, qui leur posa beaucoup de questions sur leur pays. Le khan fut si content qu’il les invita souvent.

— Voici une lettre pour votre Pape, leur dit-il un jour. J’invite à ma cour ses savants, ses artistes, tous ceux qui pourront nous montrer ce que c'est que l’Europe et la Chrétienté.

Les Vénitiens lui promirent de transmettre le message. Et c’est ainsi que Niccolo et Matteo revinrent à Venise en l’an 1269.

Polo_quittant_Venise Marco Polo et le Livre des Merveilles

Ils transmettent au pape l’invitation du khan et se préparent à repartir en Chine. Mais ce long voyage ne s’improvise pas ! Il leur faut deux ans de préparatifs, si bien que le jeune Marco, maintenant âgé de dix-sept ans, est en âge de s’embarquer avec son père et son oncle. Les voilà qui partent part pour la Chine ! Deux prêtres les accompagnent.

Après avoir débarqué de leur navire, les voilà en Irak, puis en Syrie, puis se mettent en route vers l’Arménie. Là, les deux prêtres missionnaires renoncent, effrayés par la longueur du voyage. Courageusement, les trois hommes de la famille Polo continue.  Au début de l'an 1272, ils sont sur le chemin de la montagne dénommée Ararat, où Marco voit jaillir les sources d'une huile ardente. Ils passent en Perse et franchissent les hauts plateaux d’Afghanistan. Ils traversent le désert salé. Marco tombe malade, et ils y restent un an. Marco en profite pour apprendre plusieurs langues.

Pendant trois longues années, ils voyageront ainsi sur les routes de la soie, ces chemins empruntés par les caravanes transportant des épices, de l’or, des pierres précieuses, entre l’Europe et la lointaine Asie. Voyage extraordinaire, plein d’aventures, d’attaques, de maladies !

Blason des Polo

Blason des Polo

Enfin, après la traversée du désert de Gobi, les voilà arrivés en Chine, chez l’empereur Koubilaï.

Ils découvrent un superbe palais, dont les pièces sont décorées de magnifiques peintures d'oiseaux, d'arbres et de fleurs. Les vêtements des courtisans sont faits de soie et d’or, doublés de fourrures.

Devant le khan, les voyageurs se prosternent le visage contre terre, suivant la coutume du pays. Ils sont très impressionnés par la splendeur du palais, et la puissance de l’empereur. Nuit et jour, il est gardé par trois mille cavaliers !

Pendant plus de seize ans, tandis que son père et son oncle continuent leur commerce et gagnent beaucoup d’argent, Marco Polo voyage dans toute la Chine, de la Russie au Tibet, de la Corée au Cambodge, envoyé en missions par le khan. Il découvre ainsi la grande civilisation chinoise, inconnue des Européens.

Marco Polo décrira ensuite dans un livre ce monde merveilleux, où abondent les pierres précieuses, les épices et les étoffes de soie, où les belles dames vivent dans des palais, où des bêtes monstrueuses hantent les campagnes. Mais au-delà des légendes, il établira des cartes géographiques et racontera les coutumes locales. Il expliquera comment est organisé le pays, comment le khan gouverne, et ses conquêtes militaires.

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Tente à auvent chinoise

Il raconte aussi des inventions inconnues en Europe. Saviez-vous qu’en ce temps-là, les Chinois utilisaient déjà des billets de banque, au lieu d’échanger des pièces d’or ou d’argent ? Ils connaissaient également le charbon, tiré des sous-sol, qui brûle plus longtemps que le bois. Les Chinois connaissaient aussi la poudre explosive. Ils faisaient de grandes fêtes avec des cerfs-volants, qu'on ne connaissait pas en France.

Montage de la tente mongole

Marco Polo décrit également les Tartares qui ont envahi la Chine (on appelait Tartares le peuple mongol). Ce sont des nomades qui élèvent de grands troupeaux de moutons. Ils les conduisent de pâturage en pâturage à travers le pays ; en été, ils vont sur les montagnes, pour y chercher la fraîcheur des bois et des alpages. En hiver, ils se retirent dans les vallées.

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Chariot mongol ancien

Ils habitent dans des tentes, qu’ils installent en campements parfois immenses, les yourtes[1]. Ils ont des chariots couverts, traînés par des chameaux, dans lesquels ils transportent les femmes, leurs enfants et tous leurs biens. Les Tartares ne font pas de pain mais font bouillir du riz avec du lait et de la viande, ou fabriquent des fromages.

L’empire chinois est très vaste, et l’administration très bien organisée. Ainsi, pour acheminer rapidement les messages jusque dans les provinces éloignées, des relais ont été construits partout. Les messages sont parfois aussi apportés par des coureurs à pieds. Ces hommes portent une ceinture garnie de grelots. Lorsque le khan remet une lettre à un coureur, il parcourt trois milles en courant. Au relais, on l'entend arriver de loin grâce à ses grelots. Immédiatement, un autre coureur se prépare, de jour comme de nuit. Il y a aussi des postiers à cheval, naturellement. Ainsi le khan obtient en peu de temps des nouvelles d'événements qui se sont passés loin de son palais. Ces messagers peuvent aussi apporter des objets. Il arrive qu'on cueille des fruits à Pékin et que, le soir même, ils soient parvenus au Grand khan à Xendu !

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Enfin, après vingt ans de voyage, les Polo souhaitent revenir dans leur pays.

— Ô Grand khan, permettez-nous de retourner dans notre Venise natale. Les années passées loin des nôtres attristent notre cœur.
— Vous avez été de fidèles amis et vous m’avez rendu bien des services. Je regretterai votre départ, mais je vous accorde cette autorisation. Je vous confie une dernière mission : accompagner ma fille, la princesse, qui va épouser le roi de Perse.

Marco Polo, son père et son oncle à la cour du Grand khan

Ainsi, en 1291, la famille Polo s’embarque pour l’Europe. Mais le voyage du retour est long et dangereux. Les navires passent par les îles de Sumatra, en Indonésie, puis Ceylan en Inde.

La princesse est remise saine et sauve en Perse à son royal époux. Les vénitiens continuent leur voyage par la terre, jusqu’à Constantinople.

Sumatra

Sumatra

Ceylan

Enfin, les voilà de retour à Venise, en 1295, après vingt-quatre ans d’exil.

En ce temps là, Venise était en guerre contre Gênes, une autre puissante cité d’Italie.

Au cours d’une terrible bataille navale, en septembre 1298, les Génois capturent sept mille Vénitiens. Marco Polo se trouve là et se retrouve enfermé, comme les autres, dans les prisons de Gênes.

C'est grâce à cela qu'il va devenir célèbre !

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— J’étouffe dans cette prison ! se plaint l’explorateur. J’ai connu les vastes espaces de Chine, chevauché dans les steppes immenses de l’Asie, navigué sur toutes les mers du globe, et me voilà enfermé dans cette geôle !
— L’ami ! lui dit un compagnon d’infortune, n’espère point être libéré avant de longs mois. Mais à nous deux, nous allons transformer cette captivité en bonne fortune. Je me nomme Rustichello, de Pise.
bucentaure— Qu'est-ce que cela me fait ?! J’enrage entre ces quatre murs !
— Dieu m’a donné le talent de conteur et j’écris des romans. Raconte-moi tes aventures merveilleuses et je vais écrire ces précieux souvenirs dans un livre. Je devine qu’il sera lu dans le monde entier !
— Le crois-tu ?
— Je le gage.

En effet, l’ouvrage sera publié quelques temps après : c’est « le Livre des Merveilles du Monde ». Il est écrit en français : c’est la langue que parlent les gens instruits de cette époque, partout en Europe. Tout le parcours incroyable de Marco Polo y figure.

Certains ne croient pas à tout ce que raconte Marco Polo et le soupçonnent d’avoir inventé ces voyages.

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— Avez-vous lu ces fables ? Comment des choses aussi extraordinaires pourraient-elles exister ?
— Ce Marco Polo, on l'appelle "Monsieur Million". C'est l’homme qui raconte un million de merveilles et qui voudrait nous faire croire qu’il est allé non pas seulement au Liban, non pas seulement en Judée, non pas seulement en Perse, non pas seulement aux Indes comme Alexandre le Grand, mais jusqu’en Chine comme personne avant lui !

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Marco Polo à Boukara

Pourtant, c'est vrai, il y est allé. Ses récits sont assez justes et les cartes qu’il a tracées ont été utilisées par de nombreux voyageurs. Il a ainsi inspiré Christophe Colomb, Vasco de Gama, et bien d’autres explorateurs.

Marco Polo est libéré l’année suivante. Il épouse Donata Badoer, la fille d’un riche marchand vénitien. Ils auront trois filles. Renonçant à ses voyages, il reste à Venise auprès de sa famille, se consacrant au commerce, s’impliquant dans la vie de la cité.

Au début de l’année 1324, Marco Polo, après une vie bien remplie, meurt à l’âge de soixante-dix ans.

Son Livre des Merveilles a été écrit avant l’invention de l’imprimerie ; c’est l’un des rares ouvrages manuscrits qui a connu un succès très important. Chacun de ces livres a donc été recopié à la main !

A sa mort, le voyageur vénitien est célèbre dans toute l’Europe.

[1] : la yourte n’est pas la tente mais le camp qui les regroupe.

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Les troubadours changent le monde histoire pour enfants

Ce soir, pendant que tu écoutes ces morceaux de musique, je voudrais te parler des gens qui l'ont inventée. Ce sont les troubadours, des poètes qui ont beaucoup transformé leur époque, le Moyen-âge.

On pense souvent que les troubadours étaient ces gens qui allaient de château en château pour divertir les seigneurs. Mais ceux-là étaient plutôt des ménestrels ou des mimes, des jongleurs, des bateleurs ou des histrions. Les troubadours étaient un peu différents.

Mais je suis d'accord avec toi: voilà beaucoup de noms. Voyons qui étaient ces gens.

Les ménestrels étaient des musiciens.

Les mimes imitaient une autre personne, ou même un animal, copiant leur façon de marcher, de parler; ça tu sais le faire.

Les jongleurs maniaient avec habileté toutes sortes d’objets, souvent des balles, mais aussi des cerceaux, des couteaux, des torches enflammées.

Les bateleurs amusaient leur public avec des tours de force ou d’adresse.

Quant aux histrions, c’était des acteurs tout simplement.

troubadour XIIIème Les troubadours changent le mondeDepuis l’époque des Romains, il y avait toujours eu des acteurs, des mimes ou des poètes dans les villes et les campagnes. Mais à la vérité, tous n’étaient pas très doués, certains amusaient le public avec des spectacles de mauvaise qualité.

C'est pour cela que sont apparus les troubadours qui, eux, cherchaient presque toujours à faire grandir l’esprit et le cœur. Ils ont tellement changé de choses qu'aujourd'hui encore, dans le monde entier, on respecte sans le savoir ce qu'ils ont inventé. Je vais te raconter ça.

Leur grande passion était d’écrire des poésies et de les mettre en musique. Est-ce que tu as déjà fait ça ?

Le plus ancien des troubadours connus s’appelait Guilhem. Ce n'était pas un mendiant errant, au contraire ! Il était duc d’Aquitaine et comte de Poitiers. Un seigneur très puissant, donc, et même beaucoup plus que le roi de France.  Il vécut entre 1071 et 1127. Après lui, on connait environ 460 troubadours. Durant deux siècles, ils ont fait briller la société médiévale par leur esprit raffiné, délicat.

On connaît plus de 2.000 … La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Le jour où la Grèce devint romaine

Il y a fort longtemps, dans un temps que l’on appelle l’Antiquité, deux peuples ont eu une grande importance : celui de la Grèce et celui de Rome. Nous nous souvenons bien d’eux, car ils nous ont donné ce qu’on appelle la culture classique.

Certains aujourd’hui voudraient que l’on n’enseigne plus cette culture. La France l’a même supprimée de ses écoles, hélas. Terrible erreur que ne commettent pas les Chinois, ou les Japonais, qui sont aujourd’hui les plus nombreux au monde à apprendre... le latin ! Incroyable, non ?

herculanum-une rue Le jour où la Grèce devint romaine

Une rue typique de la ville romaine. Nos trottoirs datent de cette époque.

La culture classique nous a donné le latin et le grec, deux langues qui gouvernaient le monde connu ; jusqu’à la fin du Moyen-âge, le latin a été la langue de toute l’Europe. En France, c’est seulement en 1539 que le français est devenu la langue officielle. A l’époque des chevaliers ou de Jeanne d’Arc, les gens instruits parlaient cette belle langue du latin. Parler en français à l'époque, c’était comme pour nous parler un mauvais langage de la rue. Le français, l’espagnol, l’italien viennent en grande partie du latin et du grec.

La culture classique grecque, c’est aussi des grands philosophes : Socrate, Aristote, Platon et tant d’autres ; des grands hommes politiques ou des guerriers comme Léonidas, Aristophane, Périclès, Aristophane… Et puis, il y a aussi des écrivains et des poètes : les œuvres de Virgile, d’Homère, de Sophocle, Hérodote et bien d’autres, forment ce qu’on appelle les Humanités, les belles Lettres.

 

Chez les Romains, il y eut des… La suite dans votre abonnement (cliquez ici).

incendie

La Troisième Guerre Punique racontée aux enfants

« Delenda est Carthago », il faut détruire Carthage ! Depuis un an, le sénateur Caton l’Ancien conclue ainsi tous ses discours. Cela se passe en 150 avant Jésus Christ. Mais beaucoup de Romains ne sont pas d’accord avec Caton.

— Détruire, encore détruire ! Rome ne peut-elle plutôt chercher la paix ?

Carthage a été battue à la bataille de Zama lors de la deuxième guerre punique. Elle a dû accepter la paix avec des conditions très strictes.

—  C’est vrai, c’est excessif. Carthage n’a plus le droit de faire la guerre sans l’autorisation des Romains. Même en Afrique, elle ne peut se défendre contre les peuples voisins qu’en nous demandant l’autorisation.

Mais Caton n’était pas de cet avis.

— Je redoute toujours Carthage. Je suis allé en Afrique, et la prospérité renaissante de la ville m’a fortement impressionné. Je suis persuadé qu’un jour, Carthage disputera encore la Méditerranée aux Romains. On n’a rien à redouter d’un lionceau … sauf qu’un jour, il deviendra un lion !

Punic_war_264-fr Troisième Guerre punique

Le Sénat finit par écouter Caton. On détruira Carthage. Mais il faut un prétexte valable pour déclarer la guerre. Or, l’année même où le sénat prend cette décision secrète, une occasion se présente.

Massinissa est le roi de Numidie, un royaume d’Afrique proche de Carthage. C’est un ami de Rome. Massinissa voudrait bien agrandir son pays, en s’emparant de la côte qui appartient à Carthage. En 149 avant Jésus Christ, les Carthaginois en ont assez des attaques incessantes du roi numide et c’est la guerre. Carthage ne fait que se défendre, naturellement. Mais le sénat romain profite de l’occasion :

— Carthage a violé les traités de paix ! Elle fait la guerre sans notre permission. Elle mérite une punition exemplaire.  Cette fois, c’en est trop, nous allons la détruire.
— Rome veut la guerre ! Rome veut la guerre !

Quand ils apprennent la décision de Rome, la terreur s’empare des Carthaginois.

— Nous sommes perdus ! notre armée n’est pas assez forte pour résister…
— Demandons la paix, c’est notre seule solution.

On envoie donc à Rome trente ambassadeurs.

— Carthage veut la paix. Elle est prête à accepter toutes les conditions qui lui fera l’éternelle Rome.
— Très bien, voici nos conditions : vous nous donnerez tous vos navires de guerre et toutes vos armes : les glaives, les lances, 200.000 armures, 2.000 catapultes. Et 300 jeunes nobles carthaginois seront prisonniers à Rome, en otages.

carthage01 Troisième Guerre punique

Les Carthaginois, pour éviter la guerre, se plient à ces demandes. Ils livrent leurs navires de guerre. Une longue file de chariots s’éloigne de Carthage, emportant toutes les armes.

— Prions les dieux pour que les Romains respectent leur parole.

Mais les Romains ajoutent :

— Nous vous louons, Carthaginois, d’avoir remis si vite vos armes et vos otages. Il ne vous reste plus maintenant qu’à obéir au dernier commandement du sénat. Bâtissez une autre ville, loin de la mer, à quatre-vingts stades au moins des côtés (c'est-à-dire quinze kilomètres). Nous avons l’ordre de détruire Carthage !
— Comment ?

Les sénateurs carthaginois sont stupéfaits. Jamais Rome n’a été si fourbe. Sa haine envers la cité rivale l’a conduite à mépriser la loyauté.

Lorsqu’ils apprennent la nouvelle, les Carthaginois refusent d’obéir et préparent la défense de leur ville. Comme ils ont remis tout leur armement aux Romains, ils s’empressent de faire fabriquer, dans les ateliers militaires, le plus grand nombre d’armes possible. Chaque jour, les Carthaginois fabriquent 140 boucliers, 300 épées, 500 lances, 1.000 projectiles de catapultes et un grand nombre de machines de guerre. Quand les cordes servant à actionner les catapultes viennent à manquer, les femmes offrent leurs cheveux pour en fabriquer de nouvelles. Elles s’apprêtent elles-mêmes à se battre et apprennent des hommes à tenir le glaive.

— Tiens le glaive dans cette main, et le bouclier, suspends-le à l’autre bras.
— Mais, cette épée et ce bouclier sont trop lourds !
— Alors, nous en ferons pour vous de plus légers.

Les chefs élaborent une stratégie défensive. Un premier assaut romain est repoussé sans peine. La ville semble imprenable. Située sur une presqu’île, Carthage est protégée côté mer, par des falaises escarpées et, côté terre, par des marécages. À ces défenses naturelles s’ajoutent une enceinte longue de 32 km, avec trois lignes de défense : un fossé, une palissade et un haut mur flanqué de tours. Dans le rempart épais de 8,8 m, il y a des écuries pour 300 éléphants de guerre et pour 4.000 chevaux, avec des greniers et des logements pour 24.000 soldats.

cartaz10 Troisième Guerre puniqueAu printemps de l’an 149, les légions romaines se lancent à l’assaut des murailles de Carthage. Les habitants résistent avec furie. Ils repoussent toutes les attaques romaines et parviennent même à détruire un grand nombre de machines de guerre romaines.

Les Carthaginois rassemblent une importante armée de secours à une trentaine de km au sud-est de Carthage. De là, ils harcèlent les arrières des Romains. Dans la ville, un excellent général de cavalerie, Hamilcar, reçoit pour mission d’effectuer des sorties contre les assiégeants. Plusieurs groupes de légionnaires se font tuer dans des embuscades. Des tours d'assaut romaines sont incendiées lors d'opérations nocturnes. Avec l'été, les marécages deviennent putrides et beaucoup de légionnaires sont touchés par les fièvres.

À Rome, la nouvelle est prise au sérieux.

— Carthage résiste, ô sénateurs.
— Eh bien, que l’on envoie d’autres troupes en Afrique !

Deux ans plus tard, le siège continue toujours et les Romains n’ont encore remporté aucun vrai succès.

— Ce siège va-t-il durer dix ans,  comme la guerre de Troie ? se rappellent certains.

Le sénat romain, décidé à en finir, cherche qui pourra les conduire à la victoire. Le nom de Scipion revint. Scipion Émilien était le neveu adoptif de Scipion l’Africain, le vainqueur de Zama, et qui lui-même était le neveu des deux grands Scipion, morts jadis en Espagne dans la bataille contre Hasdrubal.

— Eh bien ! Caton, que dis-tu de ce nouveau Scipion ?
— Lui seul est inspiré, parmi les ombres vivantes ! acclame le sénateur.

Scipion Émilien reçoit le commandement de toute l’armée romaine. Dès son arrivée, le nouveau commandant voit que la situation des Romains est très grave. A ce moment-là, 3.500 légionnaires, qui ont tenté d’escalader les remparts de la ville du côté de la mer, sont cernés de tous côtés par les Carthaginois. Scipion les sauve grâce à une manœuvre habile. Cela lui permet d’obtenir le respect et l’estime de toute l’armée.

Un vieux précepte romain enseigne qu’une guerre se gagne avec la pioche plutôt qu’avec l’épée. En vingt jours et vingt nuits, Scipion Emilien fait construire des fortifications. Un grand fossé, garni de pieux pointus, renforcé d’une haute muraille, est creusé. Ainsi, Carthage est isolée, elle ne peut plus recevoir des renforts par la terre.

image003 Troisième Guerre puniqueLa route terrestre coupée, il ne reste plus aux Carthaginois que la route par mer. Les navires romains encerclent le port. Pourtant, les marins Carthaginois réussissent à faire entrer dans le port des navires chargés de nourriture. Leurs bateaux à voiles sont poussés par un vent fort, et sont plus maniables que les lourds vaisseaux romains manœuvrés à la rame.

Alors Scipion fait construire une digue de 28 m de large qui barre l’accès au port. Carthage se retrouve coupée du monde. Impossible d’y faire entrer de la nourriture. La famine s’installe.

Avec l’énergie du désespoir, les Carthaginois tentent de rompre le blocus.

— Il nous faut des bateaux !
— Mais, général, il n’y a plus de bois…
— Fouillez toute la ville, récupérez tout ce qui peut être utilisé. Sans ces bateaux, c’est la mort, comprenez-vous ? Allez, maintenant !

Avec le peu de bois trouvé, les charpentiers de Carthage construisent une flotte en très peu de temps. Puisque la sortie normale des ports est fermée, ils percent une autre issue pour leur flotte à l’est.

Pour les Romains, la surprise est complète. Ils ignoraient totalement la présence de ce port de guerre construit en secret peu de temps avant le conflit. Mais les Carthaginois ne parviennent pas à exploiter l’effet de surprise. Le premier combat est indécis. Une deuxième rencontre aboutit à une défaite, durant l’été. Mêmes surpris, les Romains conservent leur supériorité navale.

Scipion fait cerner la nouvelle sortie par sa flotte. Il installe des machines de guerre à l’entrée du port de commerce, pour détruire les ports. Avec beaucoup de courage, les soldats carthaginois lancent une contre-attaque désespérée. Indifférents aux coups qui leur sont portés, ils nagent jusqu’au terre-plein et réussissent à incendier les béliers. Les Romains doivent cesser leurs assauts pour un temps.

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Une nuit, Scipion donne l’ordre à ses troupes de contourner la ville par l’intérieur des terres et de se lancer à l’attaque.

Cette stratégie est couronnée de succès : plus de 4.000 hommes pénètrent dans la ville et en occupent la partie neuve.

Scipion décide alors de tenter l’assaut décisif de la ville. L’attaque est acharnée près du port, où Carthage est mal défendue. Cela dure tout l’été. Enfin, les Romains se rendent maîtres du port.

TRCARTHp40 Troisième Guerre punique

Mais la population se terre encore dans la citadelle. Au printemps suivant, Scipion doit lancer un nouvel assaut de grande envergure. Contraints de reculer, les habitants de Carthage et les soldats se massent dans l’acropole, un quartier dont les maisons sont été transformées en autant de fortins et de redoutes. Une bataille épouvantable se livre alors pendant six jours. Même les femmes y prennent part. Sur les murailles, elles repoussent les échelles des Romains, jettent des cailloux et des lances, et quand les soldats romains réussissent à se hisser devant elles, elles les frappent vaillamment à coups d’épées ou les poussent dans le vide, tombant parfois avec eux.

Les Romains prennent les maisons les unes après les autres. Le septième jour, la résistance héroïque des Carthaginois se termine enfin. Scipion laisse la vie sauve aux survivants, mais il ordonne de faire raser la ville. Des milliers de Carthaginois sont réduits en esclavage. La ville brûle durant dix-sept jours. Ensuite, les Romains recouvrent tout de sel, afin que plus rien ne repousse.

Carthage actuelle

Carthage actuelle

C’est ainsi que finit l’histoire de Carthage, la ville qui, « pendant 700 ans, avait dominé la mer et la terre. Carthage, la ville au grand courage qui, privée de sa flotte de ses armes, put résister trois ans à l’écrasante puissance de Rome… » (Appien).

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La Deuxième Guerre Punique racontée aux enfants

A la fin de l'année -218, Hannibal a passé les Alpes.

Ce voyage éprouvant, il le réalise avec une trentaine d'éléphants.

Lorsque Hannibal a commencé la montée des Alpes dans des combes, son armée s’est étirée en longueur. Non seulement, dans les passages escarpés, des bêtes de charge et des chevaux attachées les uns aux autres tombèrent au bas des ravins, mais en plus, il y eut des attaques de la part de Gaulois vivant dans ces lieux. La colonne perdit beaucoup d'hommes.

Des Gaulois appartenant à une autre tribu viennent proposer leur aide à Hannibal, qui accepte de suivre leurs guides.

Ce passage des Alpes, quoique plutôt rapide, dure neuf jours pour la montée au milieu de tribus hostiles, deux jours de regroupement au col et quatre jours de descente en se taillant un chemin dans le versant, avant de descendre enfin sur la plaine. Il a fallu subir des attaques terribles et même tailler dans la montagne pour se frayer un chemin.

Hannibal avait traversé le Rhône avec 38.000 hommes de pied et plus de 8.000 chevaux, il ne lui restait en arrivant au pied des Alpes que 20.000 hommes et 6.000 chevaux. Pourtant, son armée est encore assez puissante pour surprendre les Romains. Il a réussi son pari.

Hannibal est obligé de combattre les habitants de la région de Turin qui refusent son alliance, avec ces troupes réduites. Puis, il rencontre les premières troupes romaines qui lui sont opposées et qu'il bat coup sur coup.

Disposant d'un faible détachement positionné en Gaule, un général romain, Scipion, tente d'intercepter Hannibal. Un mouvement rapide lui permet, en transportant son armée par la mer, d'arriver à temps pour le rattraper.

Pendant ce temps, les forces d'Hannibal traversaient la vallée du Pô et entraient en bataille contre d'autres Romains qu'il chasse de la plaine. Les Gaulois et les Italiens du Nord se joignent à lui, ce qui augmente la taille de l'armée de plus de 40.000 hommes. Scipion rencontre les troupes carthaginoises et se trouve gravement blessé; il doit se retirer pour  sauver son armée.

Avant que la nouvelle de la défaite n'atteigne Rome, le Sénat romain ordonne d'envoyer une autre armée à Scipion pour affronter Hannibal. Ce dernier, par d'habiles manœuvres, se met en travers de la route par où doit venir l'armée romaine. Il prend en même temps une ville où il trouve de grandes quantités d'arme et d'approvisionnements pour ses hommes. Mais ce succès n'est pas complet car l'armée romaine à laquelle il devait barrer la route trompe sa vigilance et réussit à rejoindre Scipion près de la ville de Plaisance.

La grande bataille aura lieu, ce sera la bataille de la Trebbie. Après avoir épuisé la résistance de l'infanterie romaine, Hannibal la taille en pièces par une attaque surprise qui débute par une embuscade sur les flancs.

Après ces deux victoires, les Carthaginois se reposent à Bologne puis continuent leur marche vers Rome.

Au printemps 217 av. J.-C., les consuls de Rome mobilisent leurs armées afin de bloquer les routes qu'Hannibal est susceptible d'emprunter pour aller vers Rome. La seule autre route libre passe par un grand marais qui est submergé plus que d'habitude à cette période de l'année. Hannibal sait combien cette route est difficile mais elle est aussi la plus sûre et certainement la plus rapide. Les hommes d'Hannibal marchent quatre jours et trois nuits, souffrant terriblement de la fatigue.

Dans ces plaines marécageuses, le chef carthaginois perd une grande partie de ses forces y compris ses derniers éléphants.

Là, Hannibal décide d'attirer la principale armée romaine, commandée par Flaminius, dans une bataille rangée. Il décide de marcher en force contre le flanc gauche de son adversaire, ce qui a pour effet de couper ce dernier de la route de Rome.

Progressant ensuite au travers des hautes terres, Hannibal engage la poursuite de Flaminius et, le 21 juin, le surprenant dans un défilé sur la rive du lac Trasimène, détruit son armée dans les eaux ou sur les pentes voisines et tue Flaminius lui-même.

Il a désormais éliminé la seule force terrestre qui aurait pu mettre en échec son avancée sur Rome.

Un an plus tard, ce serait la grande bataille de Cannes.

La bataille commence en plein cœur de l’été, le 2 août 216 avant J.-C. Près du village de Cannes, au sud de l’Italie, Rome et Carthage s’affrontent  encore une fois : c’est la deuxième guerre punique.

Douze légions romaines sont regroupées sur le champ de bataille et forment trois grands rectangles. Les mercenaires carthaginois, commandés par le général Hannibal, sont beaucoup moins nombreux. Hannibal élabore une stratégie, qui sera très adroite.

130205_2r69n_arebours_guerre_longue_sn635 Deuxième Guerre Punique

Les éléphants d'Hannibal effrayant les Romains

— Nous allons leur tendre un piège. Que les soldats à pieds se mettent en ligne, ordonne le général. Lorsque les Romains nous attaqueront, nous reculerons ;  ils s’avanceront pour continuer à se battre, et nos cavaliers les surprendront par derrière. Ainsi, les légions seront encerclées.

Et tout se déroule selon le plan d’Hannibal.

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Mercenaires gaulois

L’infanterie romaine, soldats à pieds, attaque la première. Les soldats de Carthage se battent un peu et commencent à reculer. Pendant ce temps, les cavaliers gaulois et ibères, alliés à Carthage, attaquent les Romains par la droite. Surpris, débordés, les cavaliers romains s’enfuient au grand galop. Les Gaulois et les Ibères s’approchent de leurs alliés :

— Hourrah, voilà nos amis ! s’écrient les cavaliers de Carthage.
— Allons, finissons-en !

La cavalerie romaine prise entre les deux groupes est totalement détruite.

Pendant ce temps, les mercenaires carthaginois à pied reculent toujours face aux Romains qui les poursuivent.

— Reculez, reculez, lentement ! En continuant à vous battre !
— Reculez, les gars, en combattant ! transmettent les sous-officiers.

Illustration bataille de Cannes

Maintenant, le front carthaginois présente une poche, dans laquelle… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

La Première Guerre Punique- https://lhistoiredusoir.com

La Première Guerre Punique racontée aux enfants

Au deuxième siècle avant Jésus Christ, deux puissantes cités se dressaient sur les bords de la Mer Méditerranée : Rome et Carthage.

Vous connaissez sûrement la ville de Rome, c'était la capitale de quel empire ? Oui, l'Empire romain. C’était la cité des Latins, la future capitale de l’empire romain.

Carthage était une ville d’Afrique, dans le pays qu’on appelle maintenant Tunisie. Cette cité avait été bâtie par le peuple phénicien.

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Les Guerres puniques* sont trois guerres qui opposèrent Rome et Carthage. Le conflit commença en l’an 264 avant Jésus Christ. Il dura 118 ans.

Au début de notre histoire, Carthage était la reine de la mer. Les Carthaginois possédaient une flotte de guerre, la première à l’époque.

Avec leur 500 navires légers et rapides, ainsi que de nombreux navires marchands, ils contrôlaient de nombreux ports en Afrique du Nord, en Corse, en Sardaigne et en Sicile, et même le sud de l’Espagne.

Carthage n’était pas une nation guerrière. Les marchands étaient la véritable force de Carthage. La vente de leurs produits entre l’Orient et l’Occident leur rapportait beaucoup d’argent. La riche cité pouvait se défendre avec ses mercenaires, c’est-à-dire des soldats qui ne se battent pas pour leur pays, mais pour l’argent. C’était des soldats très expérimentés, et donc fort redoutés. Parmi les mercenaires carthaginois se trouvaient des Gaulois, célèbres combattants.

Au début, Carthage et Rome étaient des cités amies. Les Romains étaient occupés à conquérir toute la botte italienne. Mais quand… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

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Le Chevalier du Guesclin raconté aux enfants

Bertrand du Guesclin est l'un des deux plus célèbres chevaliers de France, avec Bayard. Je vais ce soir vous raconter comment il est devenu ce héros.

Quand il était enfant, du Guesclin n’était vraiment pas sage. Il n'était pas vraiment beau non plus, non, pas du tout !

Mais il était très fort. Ses jambes étaient courtes, ses épaules larges, et ses bras longs et musclés. Il a une grosse tête ronde. Sa peau est noire comme celle d'un sanglier, dit-on; c'est exagéré. Les gens disent qu'il est l'enfant le plus laid de la région.

Son papa et sa maman ont bien du mal à aimer cet enfant. Il est très souvent puni, plus que ses frères et sœurs. Le petit Bertrand est triste et colérique.

Un jour, alors que son père est absent, il explose de colère et bouscule ses frères pour prendre sa place d'aîné sur le banc. Sa mère s'apprête à le punir quand il renverse la lourde table. Une femme qui est là prédit que cet enfant bagarreur se couvrira de gloire, un jour. A partir de ce moment, Bertrand est traité avec davantage d'égards et de crainte.

Il aime se battre avec ses amis, des petits paysans. C’est pour cette raison qu’une fois de plus, son père l’a enfermé.

— Tu resteras enfermé dans la tourelle, ordonne son père, furieux. Se battre encore avec des paysans ! cela n’est pas digne de toi.

Cette fois-ci, c’en est trop, Bertrand est bien décidé à s’échapper coûte que coûte. Lorsqu’une servante lui apporte son maigre repas, le jeune homme bouscule la pauvre femme et s’enfuit en courant. Sitôt dehors, il enfourche un cheval et part au galop. Mais que faire ? il n’a pas d’argent et n’a rien à manger. Il s’en va jusqu'à Rennes, chez son oncle.

Durant plusieurs mois, Bertrand semble s’assagir. Mais il a bientôt dix-sept ans et l’esprit aventureux, si bien qu'il s’ennuie, dans cette ville paisible. Il apprend un jour qu’une grande joute doit avoir lieu. Pendant ce tournoi, les chevaliers vont s’affronter à cheval, et essayer de désarçonner, de faire tomber leurs adversaires.

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Le jour venu, Bertrand se rend à l’endroit où doit avoir lieu la joute. L’un de ses cousins, battu à une joute précédente, veut bien lui prêter son armement. Bertrand grimpe à cheval, abaisse son heaume et entre en lice. Le voilà lancé contre son adversaire ! le choc est rude mais il l'a fait tomber ! Il n’a aucune expérience des joutes, et pourtant il déploie tant de force et d’adresse, qu’il triomphe de tous les autres chevaliers.

Voici qu’un nouvel adversaire lui fait face. Bertrand le reconnaît à son blason : c’est son père ! Il jette alors sa lance à terre, montrant qu’il refuse de combattre. Le sire du Guesclin se demande qui est ce mystérieux combattant, si adroit. Mais Bertrand refuse de faire connaître son nom. Un dernier chevalier enfin défie Bertrand et parvient à faire sauter la visière de son heaume. Son père, stupéfait, le reconnait et le félicite.

— Bertrand, mon fils, je suis fier de toi. Tu t’es battu vaillamment. Je te pardonne de t’être enfui de la maison.  Voici des armes et un cheval.

Bertrand a conquis l’estime de son père et le droit de porter des armes. Désormais, il sera au service de la France.

Voilà qu'en 1341, Jean le duc de Bretagne meurt. Deux hommes veulent lui succéder : Jean de Montfort, soutenu par les Anglais, et Charles de Blois, vassal du roi de France. Aussitôt, la Bretagne se divise en deux camps ennemis. Pendant cette guerre, du Guesclin combat pour le « camp des lys », le camp français.

Il établit son quartier général dans la forêt de Brocéliande. C’est un refuge impénétrable, idéal pour se cacher. Du Guesclin et ses compagnons surveillent les routes. Dès qu’un convoi anglais s’approche, ils surgissent des bois.

— A l'attaque ! crie-t-il et il se lance sans la moindre peur. Ses compagnons sont sidérés de son audace.

Invisibles avant les attaques, ils sont aussi insaisissables après car ils retournent aussitôt se cacher dans les taillis.

Restes du Chateau de Fougeray que du Guesclin attaqua

Rapidement, les Anglais craignent cet homme qu’ils appellent « le Dogue noir de Brocéliande » (le dogue est un chien redouté à l'époque, avec des mâchoires puissantes). Les Anglais constituent des troupes nombreuses et mieux armées. Bertrand du Guesclin ne se laisse pas impressionner. Avec un courage incroyable, il attaque quand même.

En 1350, un capitaine anglais occupe le château de Fougeray, près de la forêt de Brocéliande. Voici qu’on amène à Bertrand un prisonnier.

— Capitaine ! s’écrie un soldat, voici un domestique que nous avons capturé dans les bois. Le maraud ramassait du bois.
— Combien d’hommes logent dans le château ? demande du Guesclin à l’homme.
— Seigneur du Guesclin, répond l’homme, tremblant, le capitaine anglais est parti hier, avec ses soldats.
— Il est parti, dis-tu ?
— Oui, messire, dit l’homme.
— Connais-tu un moyen de pénétrer dans le château ?
— La chose est très difficile, messire. Les portes sont ouvertes bien peu souvent…
— Et quand sont-elles ouvertes ?
— Eh ! bien, quand on y apporte de la nourriture, ou du bois. Tenez, par exemple, on doit livrer du bois au château, prochainement.
— Du bois au château, dis-tu ? et Bertrand se met à réfléchir.

Il imagine une ruse. Le lendemain, au petit jour, Bertrand et ses hommes se déguisent en bûcherons. Chargés de lourds fagots, ils se présentent devant le pont-levis de Fougeray. Les gardent l’abaissent sans méfiance. Aussitôt, Bertrand et ses hommes jettent leurs fagots en travers de la porte pour bloquer le pont, et brandissent des haches tirées de sous leurs manteaux. Les Anglais sont bien plus nombreux, mais surpris de cette attaque, ils reculent dans la cour du château.

Bertrand et ses hommes se battent avec courage, dans les escaliers, les couloirs et les tours. Enfin, ils ont conquis toute la forteresse. A ce moment, le capitaine anglais revient avec ses soldats. Le combat s’engage contre Bertrand et ses hommes. Par chance, un grand nombre de chevaliers français suivaient les Anglais. Ils arrivent au secours de du Guesclin. Le combat fait rage dans les grandes pièces, dans les escaliers, dans les coursives ! Les Anglais sont enfin battus !

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Bertrand est armé chevalier. Il prend alors pour devise « Le courage donne ce que la beauté refuse. » Il sait qu'il est laid mais il a du courage et il veut qu'on le sache.

En 1356, du Guesclin va défendre Rennes assiégé par les Anglais. Il se bat tant et si bien que le dauphin Charles, futur roi de France, reconnaît sa valeur.

— Messire du Guesclin, vous avez défendu la France avec grand courage. Je vous nomme capitaine de Pontorson. Continuez à vous battre vaillamment.

A la bataille de Cocherel, les Français sont à nouveau vainqueurs. Bertrand s’est encore une fois illustré par sa bravoure. Il est alors nommé lieutenant général de Normandie et comte de Longueville.

Après cette victoire, il vole au secours de Charles de Blois en Bretagne. Mais en septembre 1364, il est fait prisonnier par les Anglais, à la bataille d'Auray. Le roi de France paie la rançon de 100.000 livres, une grosse somme d’argent.

— C’est une fort grande dépense, sire… lui fait remarquer son trésorier
— Certes, mais c’est une dépense bien utile au royaume. Le chevalier du Guesclin est l’un de mes plus braves chevaliers.

L’année suivante, le roi de France le convoque.

— Chevalier du Guesclin, un grand malheur frappe le royaume. Des brigands, les Grandes Compagnies, pillent nos provinces, tuant les pauvres gens et détroussant les voyageurs. Ces gens rentrent dans les fermes et obligent les gens à dire où se trouve leur argent, en les brutalisant.
— Ah ! les mauvaises gens ! les bandits ! les damnés ! les...
— Reprenez-vous, du Guesclin, lui dit un conseiller.
— Mais quoi, notre cher Bertrand est en colère et j'en suis heureux ! Irez-vous les combattre ?
— Vous avez raison Sire roi, dit en se calmant du Guesclin, vous pouvez compter sur moi. Nous allons débarrasser le royaume de ces... enfin de ces gens, quoi.

chevalier du Guesclin, Bertrand du Guesclin, connétable de France

Du Guesclin, homme petit, laid, mais terriblement efficace

Bertrand réussit l’exploit de vaincre presque tous ces bandits, en les traquant dans les taillis, les sous-bois, les chemins, les collines escarpées où ils se réfugient et vendent chèrement leur peau. Ce sont des gens qui savent se servir du couteau ou de la hache. Mais il y arrive enfin. En même temps, il conduit une guerre acharnée contre les Anglais. Il les chasse de Normandie, de Guyenne, de la Saintonge et du Poitou. Il invente la guerre d'embuscade que l’on appelle guérilla. D’habitude, les chevaliers français menaient de grandes campagnes, avec tout l’ost, c’est-à-dire toute l’armée rassemblée. Mais Bertrand a seulement un petit nombre de soldats. Cela lui convient, car il préfère la surprise aux grandes batailles. Il assiège château après château. Bien souvent, l’assaut est rapide et victorieux. De vrais commandos ! Souvent, il ruse. Ainsi, à Niort, il fait revêtir ses soldats de l'uniforme anglais. L'ennemi, confiant, ouvre les portes de la ville et l'armée française s'en empare.

Avec sa petite troupe de quelques centaines d'hommes, il obtient des résultats plus importants qu'avec une armée nombreuse, coûteuse et lente. Son petit groupe d’élite, bien uni, attaque à l'improviste, en restant insaisissable. L’ennemi se sent toujours menacé, et, peu à peu, est découragé.

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Maintenant, du Guesclin est vraiment célèbre.

— Sire du Guesclin, lui dit le roi, j’ai besoin de vous en Espagne, pour conquérir la région de Castille. Et cela va nous permettre de nous débarrasser des brigands qui restent dans les Grandes Compagnies aux abords des Pyrénées. Proposez-leur de mourir ou de combattre dans notre armée !

Du Guesclin part combattre en Espagne. Mais il est si hardi qu’il est fait prisonnier, et Charles V doit encore payer sa rançon. Il entreprend une seconde campagne et, en 1370, c’est la victoire. Un allié du roi de France monte sur le trône de Castille.

Le nouveau roi espagnol estime tant du Guesclin qu’il lui donne de l’or et le fait connétable de Castille, duc de Molinà, duc de Soria et roi de Grenade !

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Cependant, de graves messages parviennent de France, il lui faut revenir. Les Anglais se préparent à attaquer Paris. À son retour, il est nommé connétable de France, c’est-à-dire l’un des titres les plus importants de France. Quel grand honneur pour ce petit Breton, qui ne sait ni lire ni écrire, et qui était le plus vilain garçon de son pays natal !

Bertrand n’a qu’un seul but : chasser les Anglais de son pays. À la tête de ses troupes, il traque l’ennemi sans relâche. Et partout, il triomphe. Entre 1370 et 1373, il gagne toutes ses batailles. Il est vraiment le libérateur de la France.

Hélas, en 1380, pendant le siège d’un château, après avoir combattu en plein soleil, il boit de l’eau glacée. Il est pris de fièvre et meurt en quelques jours. Tout le pays est consterné.

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Le roi craint que la foule ne soit très nombreuse à vouloir lui rendre hommage. Il décide de faire transporter son corps en secret, la nuit, à la basilique de Saint-Denis. Le connétable du Guesclin a le grand honneur d’y être enseveli auprès des rois de France.

C’est une triste nouvelle pour le royaume de France. Bertrand était fort et vaillant, mais surtout il était simple. On dit que jamais homme ne fut de sa vie plus aimé du peuple de France avant sa mort, qui fut tant pleurée.

Nineveh

La Mésopotamie racontée aux enfants

La Mésopotamie, c'est l'endroit où a commencé la plus ancienne civilisation que nous connaissons, bien avant les Romains ou les Egyptiens.

Tu sais, les choses qui sont enfouies sous la terre s'usent assez vite. Si tu enterres une salade, elle aura disparu avant 1 an. Au bout de 300 ans, il ne reste presque plus rien: plus de papier, plus de bois sauf le bois très dur comme l'acacia. Mais la pierre résiste bien. Celle-ci peut durer pendant des milliers d'années sans être trop usée.

C'est grâce à ces pierres que nous connaissons un peu ce qui s'est passé jadis, avant les Romains. Et puis, les hommes ont écrit des choses sur ce qu'on leur a appris, et cela s'est transmis de père en fils puis sur des parchemins ou plus tard des feuilles de papier.

C'est ainsi que l'on sait que pendant 30 siècles, de grandes civilisations se sont développées en Mésopotamie. C’est une région d’Asie, qui s’étendait là où se trouvent aujourd’hui l’Irak, une partie de l’Iran et de la Syrie.

La Mésopotamie, entre le Tigre et l'Euphrate https://lhistoiredusoir.com

La Mésopotamie, entre le Tigre et l'Euphrate

Aujourd’hui, quand on s’y promène, on ne trouve qu’un paysage aride, fait de cailloux, de sable, et sillonné de ruisseaux presque toujours à sec. On trouve quelques rares champs cultivés, autour de villages peu habités. Mais il y a plusieurs milliers d’années, cette région était l’une des plus riches du monde. Deux grands fleuves, le Tigre et l’Euphrate, apportaient de l’eau à toute la plaine. Ce sont ces deux cours d’eau qui ont donné son nom à la Mésopotamie : ce nom signifie en grec « au milieu des fleuves ».

Le paysage aujourd'hui : abandonné et aride La Mésopotamie https://lhistoiredusoir.com

Le paysage aujourd'hui : abandonné et aride

On y cultivait le blé, l’orge dont on faisait la bière, le raisin, les dattes, les figues, les grenades, et tout cela se récoltait en abondance. On y élevait des porcs, des vaches et des bœufs, des chèvres ainsi que de nombreux chevaux. La beauté du paysage, les vergers, le soleil, les champs paisibles et les rivières en faisaient comme le paradis sur Terre.

800px-Raminathicket Statuette d'un bouquetin se nourrissant des feuilles d'un arbuste La Mésopotamie https://lhistoiredusoir.com

Statuette d'un bouquetin à l'arbuste, retrouvée dans les tombes royales d'Ur, v. 2500 av. J.-C.

Au nord, il y avait l'Assyrie, un pays de montagnes ; au centre, la Mésopotamie proprement dite ; au sud, la Babylonie qu’on appelait aussi Chaldée, plus petite mais fertile et très peuplée.

Les plus anciens habitants de la Mésopotamie que l’on connaisse étaient les… La suite dans votre abonnement (cliquez ici).  

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