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La guerre des Bretons et des Anglo-Saxons

27-Angles-Saxons-Jutes-&-Frisians La guerre des Bretons et des Anglo-Saxons

Il y a plus de deux mille ans, en l’an 55 avant Jésus-Christ, Jules César achevait la conquête de la Gaule (la France d'avant les rois). Victorieux, il voulut s’emparer aussi de l'Angleterre. Tu sais peut-être que l'Angleterre s'appelle aussi Grande-Bretagne; eh ! bien, en ce temps-là, on l'appelait alors seulement la Bretagne, carnotre Bretagne n'existait pas encore sous ce nom, la nôtre, on l'appelait l'Armorique. Bref.

Les légions romaines débarquèrent en Bretagne, donc, et elles firent facilement la conquête de cette île. Les rois bretons vaincus durent promettre de payer un tribut, c’est-à-dire de donner de l’argent aux Romains, pour pouvoir garder leurs royaumes. Certains rois ne tinrent pas leur promesse. Alors, l’année suivante, Jules César revint avec ses soldats et les soumit tous.

TVEU021 Viking Museum, Norway La guerre des Bretons et des Anglo-SaxonsQuelques dizaines d’année plus tard, sous le règne de l’empereur Néron, les Romains continuèrent leur conquête de la Bretagne. La reine Boadicée protesta, et fut alors affreusement maltraitée par les soldats romains.

— Ils ont maltraité notre reine ! cria le peuple.
— Révoltons-nous contre ces Romains, qui prétendent nous gouverner !
— Aux armes !

Boadicée, à la tête d’une armée très imposante de 230.000 hommes, s’empara de plusieurs forteresses romaines. Les Bretons parvinrent ainsi jusqu’à Londres, une place forte importante tenue par les Romains. Paulus, un général romain, accourut pour défendre Londres avec 20.000 hommes. Mais, voyant cette armée si considérable, il n’osa pas engager la lutte.

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Statue de Boadicée

— Victoire ! s’écrièrent les Bretons. Les romains s’enfuient !
— Brûlons la ville et nous serons vengés.

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Boadicée, la guerrière

Londres fut brûlée, et tous les Romains qui s’y trouvaient furent tués. Enivrée de ses premiers succès, Boadicée entraîna son armée à la suite de Paulus.

Les Bretons étaient dix fois plus nombreux, très courageux, mais indisciplinés, c'est-à-dire qu'ils n'obéissaient pas beaucoup et ne suivaient pas de règles en bataille. Les légions romaines avaient une meilleure stratégie et obéissaient bien à leurs chefs. Les Bretons furent donc vaincus, la moitié d'entre eux moururent lors de la confrontation. La reine Boadicée et ses filles qui s’empoisonnèrent pour ne pas tomber entre les mains du vainqueur.

boadicea3s La guerre des Bretons et des Anglo-SaxonsMalgré ce désastre, il y eut encore de nouvelles révoltes et Rome dut envoyer plusieurs généraux contre les rebelles ; finalement, presque toute l’île fut pacifiée, sauf le Nord.

Jusqu’au début du cinquième siècle, la Bretagne vécut en paix sous le règne de Rome. Le christianisme était la religion officielle. Le pays était parsemé de grandes villes, de garnisons militaires et de fermes. L’Angleterre était paisible et prospère, c’est-à-dire riche.

Mais la puissance romaine faiblissait bientôt, les Romains durent quitter l’Angleterre pour affronter les envahisseurs de l'Empire, venant surtout de Germanie. Les Bretons se retrouvèrent seuls, indépendants. Leurs envahisseurs étaient partis tout seuls. C'était bien la peine d'avoir fait ces guerres !

Cependant, leur tranquillité ne devait pas durer. Venus du nord de l’île, qui est maintenant l’Ecosse, des tribus des Pictes et des Scots se mirent à piller l’ouest du pays. Ils emmenaient en esclavage des milliers de personnes, parmi lesquelles se trouva saint Patrick, le saint le plus vénéré d’Irlande.

monastery_raid La guerre des Bretons et des Anglo-SaxonsC’est à ce moment-là, au cinquième siècle après Jésus-Christ, que des envahisseurs débarquèrent à leur tour sur les cotes de Bretagne, venant vette fois de la mer, et plus précisément du Danemark et d’Allemagne. C'était les redoutables Angles et Saxons, peuples simples et brutaux, tout au contraire des Romains et des Bretons. Ils avaient traversé la mer dans des bateaux longs et étroits, munis de quatorze rames de chaque côté. Quarante personnes pouvaient monter dans chacun de leurs nombreuses embarcations.

C'était une catastrophe. Car si, au début, ils venaient peu nombreux et se tenaient assez tranquilles, il en arriva un grand nombre, et beaucoup plus brutaux, ne se retenant plus du tout quand ils constataient que les Bretons n'étaient pas très bagareurs. Ils attaquaient les maisons des braves gens, sans se gêner. Il semblait impossible de les calmer. La dure traversée de la mer n'avait fait qu'aggraver leur rudesse et leur désir de vol, de pillages, leurs rêves de butin facile. Mais en voilà d'autres ! la mer semble pleine de leurs navires. Ont-ils entendu dire que la Bretagne est pleine de trésors ? Ou leur pays sont-ils pauvres ? Nul ne sait pourquoi ils viennent en quantité. Que va-t-on pouvoir faire ? Pendant leur voyage, les vagues glacées les ont trempés de la tête aux pieds, les courants marins en ont déporté certains parfois bien plus au nord, impossible de dire combien ils sont exactement et où ils vont créer des problèmes. Ces tribus germaniques montrent rapidement qu'elles se débrouillent sans la moindre autorisation ni le moindre traité de paix, ce sont des peuples courageux, n'ayant pour ainsi dire aucun sentiment de pitié et rien ne peut les détourner de leur but.

Au début, ce sont des pillages, ce qui n'est pas très heureux, mais bientôt, les Saxons mènent des raids beaucoup plus sérieux, méthodiques. Ils ont l'air d'organiser... l'invasion de l'île toute entière !

Les chrétiens bretons surveillent la cote et aperçoivent les envahisseurs

Les chrétiens bretons surveillent la cote et aperçoivent les envahisseurs

Il faut dire que les Bretons avaient eu une très mauvaise idée :

– Aidez-nous à lutter contre les Pictes, avaient-ils demandé aux Saxons. En échange, nous vous donnerons des terres verdoyantes et des champs fertiles.

En peu de temps, les Saxons se trouvèrent tellement bien installés, qu’ils en profitèrent pour créer une forte colonie, puis un royaume saxon, en chassant les Bretons de chez eux.

Les habitants de l’île durent reculer, et beaucoup se réfugièrent en Gaule, sur les rivages voisins de l’Armorique, que les Gaulois appelèrent donc rapidement la "petite Bretagne" ou plus simplement Bretagne.

Six autres royaumes anglo-saxons se formèrent encore. Les Bretons essayèrent plusieurs fois de reconquérir leur indépendance.

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C’est à cette époque que se déroule l’histoire du grand roi Arthur et de ses chevaliers de la Table Ronde. C'est face aux Anglo-Saxons qu'il fit sa célébrité. Ses exploits réels sont en effet devenus des histoires merveilleuses, pleines de magie ancestrale mêlée à la Foi chrétienne, des légendes racontées durant des siècles.

Or, le roi Arthur qu'on représente souvent en roi barbare, barbu et vêtu de peau de bête comme un guerrier germain, ainsi:

 

ou encore ainsi, dans une comédie récente:

était plus certainement ainsi, en roi plus antique :

En effet, il avait été très proche des Romains, il avait été un soldat dans leurs troupes.

Il combattit donc les Angles et les Saxons et, défendant l’héritage celte de Bretagne, il rétablit le christianisme partout où il le put. On dit qu’il remporta douze victoires sur les envahisseurs anglais ; la dernière eut lieu au mont Badon, vers 500. Le roi Arthur, dit la légende, réunit ses meilleurs chevaliers au sein d’une assemblée : la Table ronde. Leur quête suprême fut de partir en voyage à la recgherche du Graal, un vase sacré qui aurait recueilli le sang de Jésus quand Il fut crucifié.

Mais revenons à l'invasion. Les Anglo-Saxons étaient trop puissants. Dans leurs longs bateaux, ils arrivaient toujours plus nombreux et débarquaient dans les criques et les estuaires de l’est de l’Angleterre. Ils remontaient les rivières et les fleuves et s’installaient sur leurs rives.

vile_peopleHélas pour les Bretons, à la fin du sixième siècle, les Anglais contrôlaient presque toute l’île. Ils repoussaient de plus en plus les Bretons vers l’Ouest. Ceux qui ne voulaient pas s’en aller étaient réduits en esclavage.

Les Anglais étaient des païens, qui adoraient de nombreuses divinités. D’ailleurs, ils donnèrent leurs noms aux jours de la semaine : "Wednesday" (mercredi) vient de Wotan (ou Odin); "Thursday" (jeudi) vient de Thor, et "Friday" (vendredi), de Frigg. Pendant leurs rites, les Anglais sacrifiaient des bœufs, des chevaux ou des porcs, et les assistants s’aspergeaient de leur sang.

battle_sketchAinsi, dans les régions occupées par les Anglais, le christianisme disparut presque complètement. Les papes envoyèrent des moines pour évangéliser les Saxons, parmi lesquels le célèbre saint Augustin de Cantorbéry. Leur mission était très difficile, car les Saxons étaient sans pitié, tuant facilement et détruisant tout.

Mais les moines ne reculaient devant rien, et proclamaient avec force leur religion d’amour. Ils firent tant et si bien que, peu à peu, les Saxons se convertirent.

Pendant ce temps, les derniers Bretons s’étaient réfugiés dans de pauvres villages accrochés à des collines. Les Saxons les détruisirent presque tous pour ne laisser que de pauvres vestiges.

On a retrouvé des cimetières de Saxons.

Qui étaient-ils vraiment, ces envahisseurs barbares ? Dans les tombes, on voit des hommes enterrés avec les têtes de leurs ennemis ! Les hommes portent des habits qui ressemblent un peu à des kilts, et des sortes de capes attachées sur l’épaule par une broche ; les femmes sont vêtues de longues tuniques tombant jusqu’à la cheville et de mantes munies d’un capuchon. Les grands guerriers quant à eux sont ensevelis dans des vêtements brodés d’or et garnis de boucles dorées ; dans leur tombe, on a aussi retrouvé des coupes. Les petites gens se font plus simplement enterrer avec des boîtes à outils, des couteaux ou des objets d’usage courant.

A des siècles de là, les Bretons seraient vengés par un Normand venant de France. Le dernier roi anglo-saxon, Harold, serait vaincu par un Normand. Sais-tu qui il fut ? Guillaume le Conquérant.

symbol empire romain

La Guerre de Jugurtha

Cette histoire se passe il y a fort longtemps, cent ans avant la naissance de Jésus-Christ, dans un ancien royaume d’Afrique, la Numidie.

En ce temps-là, l’Empire romain dominait de nombreux pays, grâce aux célèbres légions romaines : de l’Espagne jusqu’à l’Asie et une partie de l’Afrique. A Rome, après des années de guerre civile et de désordre, la paix régnait enfin.

Le territoire numide, en vert

Le territoire numide

Mais cette période heureuse ne devait pas durer. En Afrique, une nouvelle guerre se préparait.

Micipsa, le roi de Numidie, avait un neveu du nom de Jugurtha. Le jeune homme, assurément, était courageux mais un peu trop ambitieux.

— Jugurtha m’inquiète, confia le roi à son conseiller. Je crains qu’il ne veuille prendre le pouvoir à la place de mes fils.
— Il faut s’en débarrasser, ô roi, répondit le conseiller. Envoyez-le donc faire la guerre au loin. Il pourrait bien y mourir…

Le roi ordonna donc à Jugurtha :

— Jugurtha, mon cher neveu, j’ai remarqué ta vaillance au combat. Tu vas rejoindre notre armée, pour mettre le siège devant la ville de Numance, avec nos alliés de Rome.

Jugurtha partit en guerre. Mais le piège échoua : non seulement Jugurtha ne mourut pas au combat, mais il se fit connaître pour ses exploits.

— Vive le prince Jugurtha ! acclamèrent les soldats. Il a combattu avec courage !
— Déjà nous savions qu’il était un grand chasseur de lions. Maintenant, nous voyons sa vaillance au combat.

Quand le roi mourût, en 118 avant Jésus-Christ, le royaume de Numidie fût partagé entre ses fils et Jugurtha.

jugurtha

Jugurtha

Bien sûr, Jugurtha ne fut pas content : il voulait être le seul roi. Il fit assassiner son cousin. La nouvelle de cet acte se répandit comme une traînée de poudre dans le royaume. Les Numides se divisèrent en deux camps.

La guerre éclata. Jugurtha gagna les batailles. Adherbal, le fils de l'ancien roi, vaincu, s’enfuit du royaume et chercha refuge à Rome. Il raconta au Sénat romain ses malheurs. Jugurtha y envoya des ambassadeurs, pour défendre sa cause. Il leur avait donné beaucoup d’argent, pour faire des cadeaux aux sénateurs et les persuader de le soutenir.

L'ambassade de Jugurtha arrive devant le Sénat romain

L'ambassade de Jugurtha arrive devant le Sénat romain

Le Sénat convoqua les deux parties. Adherbal tint un discours enflammé contre son ennemi et demanda l’appui de Rome pour punir l’usurpateur, tandis que les partisans de Jugurtha défendaient leur chef.

Le Sénat délibéra. Jugurtha semblait puissant, et mieux valait ne pas l’avoir comme ennemi. Le royaume de Numidie fut partagé en deux. Jugurtha reçut la partie orientale, qui est maintenant la Libye, tandis qu’Adherbal reçut la partie occidentale, l’Algérie.

— Je ne veux pas régner sur la moitié du royaume ! s’exclama Jugurtha, furieux. Que l’on rassemble les soldats, nous allons attaquer Adherbal.

Jugurtha mène ses troupes contre Cirta

Jugurtha mène ses troupes contre Cirta

Et l’année suivante, Jugurtha mettait le siège devant la capitale de son cousin, Cirta (aujourd'hui Constantine). Cette ville était habitée par des Numides, bien sûr, mais aussi des Grecs et surtout des Romains. Ceux-ci étaient inquiets de la guerre.

— Nous allons être ruinés, perdre tout notre argent, et peut-être même mourir. Demandons de l’aide à Rome.

Or, les soldats de Rome étaient déjà occupés à combattre les barbares envahisseurs dans le nord de l’Europe. Le Sénat envoya donc des messagers, chargés de trouver une solution entre les deux parties. Mais les discussions étaient interminables, la paix n’était toujours pas retrouvée. Les messagers rentrèrent à Rome, découragés.

Rusé et tenace, Jugurtha triomphait. Après un an de siège, à la fin du printemps de l’an 112 avant Jésus Christ, la ville de Cirta capitulait. Adherbal fut mis à mort. Les soldats de Jugurtha tuèrent les Romains qui avaient participé à la défense de la ville. À la nouvelle du massacre, un grand tumulte s’éleva à Rome.

— Le Sénat a laissé tuer des citoyens romains !
— C'est parce qu'il a reçu de l’or de ce roi de Numidie, sans aucun doute !

Rome déclara rapidement la guerre à la Numidie. Une armée fut rassemblée et débarqua sur les côtes d’Afrique. Jugurtha comprit que les événements prenaient une mauvaise tournure.

— Je ne pourrais pas vaincre ces soldats romains. Il faut éviter la guerre.

Il se rendit en personne au camp romain et déclara au commandant, Lucius Calpurnius Bastia :

— Je suis prêt à accepter toutes vos conditions, pourvu que vous renonciez à la faire la guerre à mon royaume.
— C’est d’accord, accepta le commandant. Vous devrez nous donner de l’or, et tous vos éléphants de guerre.

Les terrifiants et redoutables éléphants de guerre de Jugurtha

Les terrifiants et redoutables éléphants de guerre de Jugurtha

Mais à Rome, le peuple fut très mécontent de cet accord.

— Que Jugurtha vienne lui-même à Rome pour s’expliquer !

Jugurtha vint devant le Sénat. Il fut interrogé mais le débat fut interrompu à la suite de l’intervention d’un tribun de la plèbe. Sans aucun doute, le roi de Numidie l’avait acheté à force d’argent.

Cette nouvelle exaspéra le peuple. Voulant éviter les manifestations de la foule, le Sénat décida de déposer Jugurtha et de mettre Massiva, un cousin de Jugurtha, au trône de Numidie.

Jugurtha fut informé de ce projet. En plein cœur de Rome, il osa faire assassiner Massiva. Il fut aussitôt chassé de la cité et la guerre reprit en Afrique.

Le Sénat donne la Numidie à Massiva. De la guerre https://lhistoiredusoir.com

Le Sénat donne la Numidie à Massiva

Mais dans ce pays désertique, habité par des tribus hostiles, les légions romaines ne parvenaient pas à vaincre. Au début de l’an 109 avant Jésus Christ, l’armée romaine, cernée par les Numides, se dispersa entièrement.

— C’est un scandale ! cria le peuple romain très mécontent.

Le Sénat décida qu’il était temps d’en finir et de supprimer cet adversaire diabolique. Il confia le commandement de l’armée à Metellus, le meilleur général de l’époque, un homme honnête et énergique.

Metellus débarqua en Afrique, et réorganisa l’armée avec fermeté. Il entreprit une campagne longue et difficile, dans un pays inconnu et ennemi. Jugurtha se retira à l’intérieur des terres, dans les montagnes sauvages, et s’obstina dans une défense désespérée.

L'armée romaine débarque sur le sol africain. De la guerre https://lhistoiredusoir.com

L'armée romaine débarque sur le sol africain.

La guerre traîna ainsi pendant plus de deux ans en escarmouches, sièges, marches longues et pénibles, embuscades.

— Nous sommes trahis ! clamait le peuple de Rome. Le général et les soldats sont corrompus. Il faut en finir avec Jugurtha.

Profitant de ce mécontentement, Marius, le lieutenant de Metellus, rentra à Rome. Il voulait se faire élire consul, c’est-à-dire participer au gouvernement de la cité.

— Je veux faire partir les généraux corrompus, les sénateurs qui ne comprennent pas la gravité des événements ! proclamait-il. Mes parents étaient des gens pauvres, des paysans, je comprends le peuple.

soldat romain. De la guerre https://lhistoiredusoir.comLes Romains furent séduits, et Marius fut élu. Le Sénat lui confia le commandement suprême de l’armée de Numidie : son triomphe était complet.

— Il me faut une armée nombreuse, déclara le nouveau général. Que tous les hommes en âge de se battre soient convoqués.

À la tête de ces troupes insensées, Marius débarqua en Afrique. Il prit d’assaut plusieurs villes, battant les forces numides.

D’autre part, le général romain envoya un messager secret à Bocchus, un allié à Jugurtha.

— La situation de Jugurtha est désespérée, seigneur Bocchus. Il va perdre la guerre. Signez la paix avec nous, proposa le messager de Marius.

— C’est d’accord, accepta Bocchus.

Au printemps suivant, Marius et Bocchus attirèrent Jugurtha dans un piège. Bocchus lui envoya un message l’invitant à une rencontre avec les Romains pour discuter des modalités de la paix. Après de longues hésitations, le roi numide accepta. Dans le traquenard, tous ses compagnons furent tués. Et Jugurtha lui-même fut fait prisonnier et livré à Marius.

Jugurtha, prisonnier, est emmené. De la guerre https://lhistoiredusoir.com

Jugurtha, prisonnier, est emmené à Rome

Le 1er janvier de l’an 104 avant Jésus Christ, Marius célébra son triomphe à Rome. Le général victorieux défila sur son char, acclamé par la foule en liesse. Derrière eux, Jugurtha, pâle et maigre, marchait enchaîné. Il était suivi de ses enfants et de quelques fidèles courtisans. Il fut ensuite enfermé dans une prison humide et glacée, creusée sous la colline du Capitole. Jugurtha la surnomma le « Bain de glace ». C’est là que mourût de froid et de faim cet homme habitué au climat chaud de l’Afrique.

Ainsi prit fin la guerre contre Jugurtha. Déjà, à Rome, une autre guerre civile se préparait. Marius, assoiffé de pouvoir, allait combattre pendant de longues années Sylla, soutenu par Metellus que Marius avait trahi en Numidie.

florence hospital

La Guerre de Crimée racontée aux enfants

La Crimée est une péninsule située au sud de l'Ukraine

Voici l’histoire de la guerre de Crimée. Comme toutes les guerres, elle est une chose affreuse, mais celle-ci, elle est assez curieuse car personne n'arrive vraiment à expliquer comment elle a pu éclater. Les raisons sont particulièrement difficiles à comprendre.Il arrive fréquemment que des gens, secrètement, s'arrangent pour provoquer la guerre. Mais là, on ne comprend pas bien, tu vas voir pourquoi.

Pendant cette guerre, les Turcs, alliés aux Anglais et aux Français, se battirent contre les Russes.

l'Ukraine, carte

Regarde sur la carte. La Crimée est une région entre l’Asie et l’Europe, sur les bords de la Mer Noire. Aujourd’hui, c’est une partie de l’Ukraine. Voici un agrandissement de la carte, en-dessous. Que vois-tu ? Ce genre de "presque île" s'appelle une presqu'île.

La Crimée est une péninsule située au sud de l'Ukraine Guerre de Crimée https://lhistoiredusoir.com

La Turquie, qu’on appelait alors l’empire ottoman, perdait du pouvoir, mais elle dominait encore plusieurs pays d’Europe, dans lesquels les chrétiens étaient maltraités. Parmi eux, il y avait les Grecs, qui avaient réussi à obtenir leur indépendance, en 1830, après une lutte farouche contre les Turcs.

Les détroits des Dardanelles et d'Istanbul (Bosphore) Guerre de Crimée https://lhistoiredusoir.com

Les détroits des Dardanelles et d'Istanbul (Bosphore)

Les Russes sont… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

galere_malte enfants

La Bataille de Lépante racontée aux enfants

En ce temps-là, les Turcs menaçaient toute l’Europe.

Une centaine d’année auparavant, ils s’étaient emparés de la ville de Constantinople. L’ancien Empire Romain d’Orient, qu’on appelait aussi l’Empire byzantin, avait disparu sous leurs attaques. Depuis, leur puissance n’avait cessé d’augmenter. Ils pratiquaient des razzias, débarquant sur les côtes italiennes ou espagnoles, pillant les villes du littoral et emmenant les habitants en esclavage.

selim 1er La Bataille de Lépante https://lhistoiredusoir.com

Sélim Premier, dit le Féroce, sultan ottoman

Venise avait dû céder, une à une, toutes les îles qu’elle possédait dans la mer Égée. Elle avait tout de même conservé deux avant-postes importants en Méditerranée orientale, les îles de Crète et de Chypre. Or, en 1570, Chypre fut attaquée par les Turcs. Cette fois, la menace contre l’Europe chrétienne se rapprochait.

C’était ennuyeux pour Venise : Chypre était comme un pont entre l’Orient et l’Occident pour le commerce. Dans tous les pays d’Europe, le prix de certaines marchandises allaient augmenter dramatiquement. Mais le plus grave, c’était que les Turcs n’arrêteraient pas leur invasion à Chypre, et allaient entrer en Europe. Il fallait vraiment se défendre.

Venise fit d’abord seule face à l’ennemi.

Averti pourtant du danger, le pape Pie V fut le premier à avoir conscience de cette redoutable menace. Les Turcs formaient une armée unie et assez disciplinée, tandis que les Européens étaient divisés. La poussée turque paraissait impossible à contenir. Le Pape devait donc convaincre… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Syrie

L’Empire romain et le Christianisme racontés aux enfants

Palestine antique l'empire romain et le christianisme

Palestine antique

Jésus avait dit à ses amis : « Allez, et enseignez tous les peuples ». Alors, ses amis les apôtres (cela veut dire « envoyé de Dieu » en grec) s’en furent  partout dans le monde proclamer la Bonne Nouvelle, tout ce que Jésus leur avait appris.

— Quelle route prends-tu, Jude ?
— Celle du nord, vers d’Antioche. Et toi, Philippe ?
— Celle de droite, vers la Samarie. Peut-être y a-t-il là-bas des gens qui m’écouteront. Au revoir, les amis !
— Bonne route à tous ! Que le Christ notre Seigneur soit avec vous !

C’était le début d’une grande Histoire, celle du Christ et de son Eglise, l’extraordinaire histoire du christianisme.

Syrie l'empire romain et le christianisme

La Syrie

Chacun des apôtres s’en alla de son côté, sans rien emporter, ni argent, ni nourriture, ni vêtements. Comment pouvaient-ils donc partir ainsi, et qu’allaient-ils dire ? Ils répéteraient simplement aux gens les paroles que Jésus-Christ lui-même leur avait dites. Voilà tout ce qu’ils avaient, pas de bagage, pas d'argent, rien, seulement la Parole du Christ. C’était le plus important.

Ecoutez donc ce que les apôtres disaient quand ils rencontraient des gens :

— Bonjour, braves gens, je vous vois au travail et c’est beau à voir. Etes-vous contents de votre sort ?
— Sûrement pas, étranger ! notre maître est mauvais et nous bat, il n’est jamais content de notre travail.
— Savez-vous que vous avez un autre maître… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Jules César raconté aux enfants (suite)

César avait accompli sa mission en Gaule, et son mandat de proconsul se terminait. Il voulut alors se faire aimer du peuple. Il écrivit un livre, la Guerre des Gaules, pour répondre à ceux qui disaient qu'il avait beaucoup détruit et beaucoup tué de gens. Il annonça la construction d’un magnifique et nouveau forum, financé par le butin des Gaules.

cesar à la tête de ses troupes

Il voulait revenir à Rome, accompagné de ses soldats. On lui donna l’ordre de se présenter seul ; en effet, il était interdit à un général d’entrer sur le territoire romain avec sa propre armée. Il refusa.

Il se trouvait alors avec sa fidèle XIIIème légion sur la rive du Rubicon, le fleuve qui sépare… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Jules César raconté aux enfants

Jules César est le plus illustre des empereurs romains et l’un des plus fameux conquérants.

Il est né cent ans avant Jésus Christ.

Déjà, alors qu’il n’était qu’un enfant, il voulait toujours gagner.

dés romains

— Tu as perdu, Jules ! lui dit-on alors qu’il venait de perdre une partie de dés (les Romains aimaient beaucoup les dés).

Il se mit en colère et commença à pleurer, vexé.

Dans sa jeunesse, il aimait les beaux vêtements et dépensait beaucoup d’argent pour s’amuser. Mais il était intelligent, et il apprit avec de très bons maîtres. Il avait pensé devenir orateur, quand il se sentit attiré par la politique.

Rome était alors divisée entre deux partis : l’un du côté des familles nobles, l’autre du côté du simple peuple. Jules César s’engagea dans le parti du peuple.

Sylla Qui est Jules César ?

Sylla

Or en ces années-là, en 88 av. J.-C, c’était la guerre à Rome. Les chefs s’affrontaient. Il y avait des combats dans les rues, des gens mourraient. Sylla, l'un des chefs, fit venir les légions, l’armée romaine, et fut vainqueur. Tous ceux qui avaient soutenu l'autre parti étaient recherchés, et devaient se cacher ou s’enfuir. Jules César faisait partie de ceux-là.

À la mort de Sylla, César demeure quelque temps en Asie mineure. Lors d’un voyage sur la mer Égée, des pirates le retiennent prisonnier durant 38 jours et réclament une rançon.

— Combien demandez-vous pour me racheter ?
— Quoi ? dit le chef des pirates, méprisant.
— Combien as-tu demandé pour me faire libérer ?
— Vingt talents d'or.

César s’offusque :

— Vingt ? J’en vaux bien davantage !
— Et combien vaux-tu donc ?
— Au moins cinquante, répond-il fièrement… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

couvent

Hildegarde de Bingen racontée aux enfants

Hildegarde de Bingen

Hildegarde de Bingen

Il y a de cela bien longtemps, l’abbaye de Saint-Rupert se dressait sur une colline, au creux de la vallée du Rhin. Et voici qu’un jour, on assista à un grand prodige. Le 17 septembre 1179, deux arcs en ciel apparaissent dans le ciel. Ils s’élèvent des quatre coins de l’horizon. Là où les arcs se croisent, une croix rayonne dans une grande lumière. Tout d’abord, la croix est de petite taille. Puis elle grandit, emplit l’immensité du ciel. Cette lumière extraordinaire enveloppe toute la colline de Saint-Rupert.

Mère Hildegarde, l’abbesse de cette abbaye, vient de mourir. Les religieuses qui l’entourent ne sont pas surprises de cette vision étonnante. Mère Hildegarde n’avait-elle pas annoncée la date de sa mort quelques jours auparavant ? N’est-elle pas célèbre dans toute l’Europe pour les récits de ses visions divines ?

Cette histoire vraie se passe il y a presque mille ans, en Allemagne. Dans le château de Bermersheim, vivait une noble famille de chevaliers. Hildebert et Mathilde avaient dix enfants. La benjamine, Hildegarde, était très pieuse. Elle aimait contempler la nature, le fleuve du Rhin qui serpentait dans la vallée, les champs de blés dorés par le soleil; sa grande passion était de se promener dans les forêts verdoyantes.

Paysage agricole des Vosges du Nord

Un jour qu’elle avait quatre ans, elle allait par les champs avec sa nourrice. Soudain, elle s’exclama, ravie :

— Nourrice, regarde cette vache, là bas !
— Oui, mon enfant, répondit la nourrice. Elle va bientôt mettre bas, un petit veau va naître.
— Vois, nourrice, comme il est joli, le veau qui est dans cette vache ! Il est tout blanc, avec de nombreuses taches noires sur le front, les pattes et le dos !
— Mais Hildegarde, comment peux-tu voir un veau qui n’est pas né ? s’étonna la nourrice.

Au retour de la promenade, la nourrice raconta ceci à la maman. Alors Mathilde ordonna :

— Dès que le petit veau sera né, je voudrais qu’on me l’apporte.

C’est ce qu’on fit, et il était comme Hildegarde l’avait annoncé ! Ce fut sa première vision.

Voyant son amour de Dieu et sa piété, ses parents l’envoyèrent grandir et étudier dans un monastère proche, comme c’était l’usage au Moyen-Age. Ainsi, à l’âge de huit ans, la jeune Hildegarde partit un beau matin pour le monastère de Saint-Disibod.

— Au revoir, chers parents, et vous mes frères et sœurs !
— Que Dieu te garde, Hildegarde, mon enfant chéri, dit sa mère Mathilde en la serrant dans ses bras.

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A l’abbaye, elle fut confiée à Mère Judith de Spanheim. Elle y apprit le chant de messe, le latin, un peu de science et… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

fouilles

Henri Schliemann raconté aux enfants

Henri Schliemann, découvreur de Troie

Henri Schliemann, découvreur de Troie

C’est un jour d’hiver. Un homme âgé, mal habillé, traverse une place de la ville. Soudain, il tombe au sol, sans un cri. On l’emmène à l’hôpital. Dans ses poches, un papier porte l’adresse d’un médecin très connu. On le fait venir aussitôt. Le médecin reconnaît le vieil homme et s’approche avec respect, au grand étonnement des infirmières. Dans une poche du manteau du malade, il trouve un petit sac de cuir. Quelle surprise : le sac est plein de pièces d’or !

— C’est homme-là est quelqu’un d’exceptionnel, vous pouvez me croire.

Le vieil homme meurt le lendemain, tout simplement. Cela se passe à Naples, en Italie. Mais qui est-il donc ? Un vieillard comme un autre qui meurt de façon banale dans un hôpital, un homme ordinaire ? Non ! On s’apercevra bientôt qu’il s’agit d’un personnage extraordinaire, dont les aventures méritent d’être racontées : c'est Henri Schliemann… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Franz Schubert

Franz-SchubertVoici l’histoire d’un célèbre musicien et compositeur autrichien, Franz Schubert, dont vous pourrez entendre la musique au long de ma narration.

Franz est né en Autriche il y a deux cents ans. Il sera le cinquième de dix-neuf frères et sœurs !

Le petit Franz est gentil et travailleur, toujours au premier rang de la classe. Son père joue du violoncelle, mais il voit cela simplement comme une activité enrichissante pour l’esprit.

— Franz, la musique n’est pas un vrai métier. Nous jouons pour nous distraire. Mais être musicien, monter sur des estrades et faire des spectacles devant des gens, c’est ridicule. Tu seras instituteur, comme moi.
— Oh ! Papa. je voudrais tellement étudier la musique et y consacrer ma vie !
— Non. Tu seras instituteur, mon fils, et ne discute pas !

Pour le jeune Franz, c’est une cruelle déception. Il en est très triste. Mais d’un caractère obéissant et sage, il ne songe pas à désobéir à son père.

Schubert et son père, jouant un quatuor

Schubert et son père, jouant un quatuor

Son père est dur et tyrannique. Un jour, il s’aperçoit que Franz griffonne des essais de composition musicale sur des morceaux de papier.

— Franz ! je t’ai interdit de continuer la musique ! Tu étais prévenu. Hors de ma vue ! quitte la maison immédiatement, et ne reparais jamais devant moi !!

Il le chasse de sa maison, alors que Franz n’a que 14 ans ! Le jeune Schubert ne sait où aller, il erre dans la rue. Très sensible, il souffre beaucoup de ce qui s’est passé.

A quelques temps de là, sa maman, douce et tendre, tombe gravement malade. Le père de Franz lui interdit de venir la voir avant sa mort. C’est une épreuve terrible pour lui. Franz ne peut entrer dans la maison que lorsque sa maman est morte, pour voir le cercueil.

Franz est admis au collège municipal de Vienne, où sont formés les petits chanteurs de la Chapelle impériale ; il reçoit gratuitement une éducation complète. Avec les autres pensionnaires, il mène une vie assez rude qui lui fait regretter la maison familiale. Ses notes ne sont pas très bonnes, sauf en musique. C’est la seule chose qui le réconforte. Pendant les récréations, il retrouve quelques camarades dans une salle abandonnée et glaciale où se trouve un vieux piano désaccordé.

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— Franz, joue nous encore un de tes morceaux, s’il te plait !
— Oh ! oui, Franz, vas-y !
— Bien, si ça vous fait plaisir. Ce morceau, qu’en dites-vous ?

Et l se met à inventer une musique charmante.

— C’est vraiment toi qui les invente, comme ça ?

C’est déjà une musique merveilleuse… Bien que la température soit glaciale à cause des vitres brisées, Franz leur joue souvent, pendant la récréation, des improvisations qui les émerveillent, c’est-à-dire qu’il invente des morceaux. Il a vraiment beaucoup de talent.

Schubert peint par Gustav Klimt

Schubert peint par Gustav Klimt

Il fait aussi partie de l’orchestre et il apprend avec passion tous les secrets de la technique de chaque instrument. Par ailleurs, il commence à composer beaucoup de petits morceaux, avec une facilité et une rapidité stupéfiantes.

A 17 ans, un jour, en compagnie de deux amis, il est enthousiasmé par un poème du célèbre écrivain allemand Goethe, « Le roi des aulnes ». Il le relit à haute voix en marchant de long en large dans sa chambre. Puis, il écrit la musique qui lui vient à l’esprit, inspiré par cette poésie. Il écrit sans hésiter, sans ratures, ni retouches. Pas besoin de brouillon, ça vient tout seul. Il fait entendre sa musique à ses amis : ils sont stupéfaits. Un vieux professeur d’orgue qui est averti rejoue lentement la partie de piano et s’émerveille de chaque mesure écrite par Franz :

— Franz, je suis très ému. Comme cette musique est ingénieuse, et nouvelle. Et quelles harmonies puissantes ! C’est déjà le travail d’un maître accompli.
— Vous croyez, monsieur le professeur ?
— J’en suis certain.

L’un des amis de Franz envoie cette partition à Goethe. Hélas, le poète ne lui répond pas.

Heureusement, Vienne est une ville qui aime les musiciens. Les commerçants installent des chaises sur le trottoir, devant leurs boutiques, afin que leurs clients puissent écouter la musique qui s’échappe du collège. C’est ainsi que Franz est rapidement remarqué. Autour de lui, une bonne douzaine de garçons l’accompagnent et l’entourent de leur dévouement et de leur admiration.

Franz écrit remarquablement bien et parmi ses œuvres les plus célèbres se trouvent des hymnes vibrants dédiés aux femmes : le Tilleul, Marguerite au rouet et la Belle Meunière. Il rêve secrètement de se marier. Malheureusement pour lui, les jeunes filles de son âge ne le prennent pas au sérieux :

— Il est bon camarade, mais tout de même !
— Oui, c’est un artiste bien sympathique, mais comme il est laid !
— Il est petit et trapu… son nez est aplati…. On dirait un champignon.
— Et il parait qu’il ne quitte jamais ses lunettes de professeur, même pour dormir !
— C’est vrai qu’il ressemble à un champignon !

Voilà quel surnom on lui donne.

Robe grise à carreaux, typique à Vienne à l'époque de Schubert

Robe grise à carreaux, typique à Vienne à l'époque de Schubert

Ce n’est pas ainsi qu’il peut conquérir le cœur des jeunes filles à marier… Il rencontre un jour Thérèse, une jeune fille sérieuse, honnête et bonne musicienne. Il l’aime aussitôt et elle accepte de l’épouser. Mais Franz doit lui demander d’attendre qu’il ait suffisamment d’argent pour fonder un foyer. Elle patiente durant trois ans, puis se décourage et épouse un boulanger.

Soirée à Vienne, vers 1840. Les jeunes femmes ne regardent pas Schubert

Soirée à Vienne, vers 1840. Les jeunes femmes ne regardent pas Schubert

Schubert est désespéré, tous ses rêves s’écroulent. Il pense qu’il est trop laid pour se marier un jour et qu’il restera pauvre toute sa vie.

Presque personne ne le connaît. Personne ne s’intéresse à lui, seulement un peu à sa musique. Personne ne se doute du trésor qu’il porte dans son cœur. Il éprouve une mélancolie secrète, et la musique est sa seule consolation. Il y exprime toute sa tendresse et sa sensibilité.

Souvent, dans la rue, au théâtre, au restaurant, il voit de jeunes couples qui semblent heureux et il en est triste pour lui-même. La jeunesse s’enivre de bonheur et rie autour de lui. Sur une table d’auberge, il prend le menu, le retourne et se met à écrire l’une de ses mélodies qui deviendront célèbres.

Il tombe malade et va à l’hôpital où on le soigne. Mais son état se dégrade car on lui donne le remède de l’époque, du mercure, qui est connu maintenant pour être un dangereux poison (voilà pourquoi on a besoin de bons savants et de grands médecins, car on continue aujourd’hui à donner de mauvais médicaments, mais c’est une autre histoire. Cependant, rappelle-le toi, peut-être qu’un jour tu pourrais aider la médecine).

Tout semble aller contre le bonheur du pauvre Franz Schubert, tout semble se liguer contre lui. Il est convoqué pour son service militaire, qui dure alors 14 ans.

« Je ne peux pas vivre sans la musique… Sinon je mourrais, se dit-il ! Je préfère encore aller travailler comme maître d’école chez mon père »

C’est ce qu’il est obligé de faire : instituteur. C’est pour lui une cruelle expérience : il ne voulait à aucun prix devenir instituteur. Il déteste ça, il n’a pas d’autorité et du coup, ses élèves se comportent en véritables garnements. Il ne les supporte pas et parfois leur donne un gifle ou un coup de règle sur les doigts.

Beethoven et Schubert en promenade à Vienne

Beethoven et Schubert en promenade à Vienne

Son père, qui l’avait repris à la maison, est toujours aussi dur avec lui. Sa tyrannie oblige Franz à le quitter une fois de plus et le revoilà à la rue. Il est recueilli par des amis qui essaient d’adoucir son triste sort.

Schubert s’installe dans un modeste appartement. Sans argent, il est obligé de le quitter bientôt pour aller dans une mansarde, un logement pauvre, sale et triste, puis une autre encore, plus pauvre encore. Il mène une existence de bohême, sans le sou. Mais il accepte son sort avec courage et philosophie. La musique est sa seule joie, sa raison de vivre. Il compose sans cesse. Il accumule 9 symphonies, 7 ouvertures, 17 œuvres dramatiques, 7 messes, 21 sonates pour piano, 64 œuvres pour chœur, 32 duos, 19 quatuors et plus de 600 poèmes chantés accompagnés par un instrument de musique, sans compter de nombreuses pièces instrumentales.

Tombe de Schubert

Tombe de Schubert

Parfois, un chanteur interprète sa composition. Une famille l’engage comme professeur de piano. Mais il ne connaîtra ni la fortune, ni la célébrité. Il ne vit que pour son art et pour ses amis. Il est courageux, et il se montre toujours joyeux dans la peine et les difficultés. Dans les restaurants, on organise des soirées, les « schubertiades », où il montre tout son talent et ses facéties.

Schubert est épuisé. Il attrape le typhus. Il en meurt à l’âge de 31 ans. Sa dernière pièce musicale, très mélancolique, est appelée le Voyage d’hiver.

C’est bien après sa mort qu’on reconnaîtra son œuvre. Il deviendra si célèbre que des pièces seront frappées à son image ; des rues, des boulevards, des places porteront son nom et il rejoindra enfin le cercle des plus grands compositeurs de l’Histoire.

 

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