Les Dîners de l’Aristocrate conte pour enfants

Il fut un temps où l’honneur comptait pour tout. Où la parole donnée était respectée. Où le vol était rare. Où la confiance totale régnait entre commerçants et clients.
L’histoire que je vais vous raconter est authentique ; elle s’est vraiment passée ainsi. Je n’ai changé que les noms. Elle commence il y a plus de 200 ans, au moment de la sinistre Révolution.

Il y  avait à Paris, non loin de l’Odéon, un restaurant. Le comte du Plessis, un aristocrate, y avait ses habitudes. Un jour, comme tous les jours, il entra dans le restaurant et dit à l’aubergiste :

— Mon ami, vous me connaissez, je dîne chaque jour, à midi pile, à votre table. Aujourd’hui, je n’ai pas de quoi vous payer. Vous le savez sans doute, la Convention a ruiné les gentilshommes fidèles au roi, et je n’ai plus le sou. Je ne pourrai donc vous régler.

L’aubergiste, sans rajouter à l’humiliation que vivait ce client, répondit:

— Je suis bien navré du sort qui est celui de monseigneur. Que Monseigneur veuille bien s’asseoir à ma table.

— Etes-vous sûr ? Je ne sais pas si je pourrai un jour vous le rendre. Peut-être même finirai-je sur l’échafaud, l’un de ces tristes jours.

La guillotine L'honorable dette de la Révolution Les Dîners de l'Aristocrate

La guillotine

Le comte parlait là de l’estrade où était dressée la guillotine, la machine à couper les têtes des Français.

— J’ai toute confiance en la Providence, qui saura vous rendre la destinée que vous méritez. Pour l’heure, il est de mon devoir de me montrer charitable, dit l’aubergiste, avec une larme à l’œil.

L’aristocrate fit un geste de la tête, ému, les mots se coinçant dans sa gorge. Il s’assit et dîna. Oui, je le dis en passant, on disait … La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

>
error: Contenu protégé par la loi