Henri Schliemann, découvreur de Troie

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Henri Schliemann, découvreur de Troie

 

Naples Henri Schliemann, découvreur de Troie

Naples aujourd'hui (Italie)

Un jour, à Naples, au beau milieu d’une place, un homme tombe au sol, sans crier. Les passants s’approchent de lui et l’entourent. C’est un homme âgé et assez mal habillé. On l’emmène à l’hôpital pour le soigner et on trouve dans ses poches un bout de papier portant l’adresse d’un médecin très connu. On appelle le médecin. Il arrive et reconnaît aussitôt le vieil homme, lui montrant beaucoup de respect. À la surprise des infirmières, le médecin fouille le manteau qu’on a déposé là et retire d’une poche un petit sac de cuir. Il ouvre et montre ce qu’il y a dedans. Tout le monde est stupéfait : le sac est plein de pièces d’or !

Le vieil homme qui est tombé dans les rues de Naples meurt le lendemain, d’une manière toute simple, alors qu'on l'a installé dans une chambre d’hôtel. Lorsque l’enquête sera terminée, on s’apercevra qu’il s’agissait d’un personnage extraordinaire et dont les aventures méritent d’être racontées.

Il s’appelait Henri Schliemann. Un homme qui fut un découvreur, qui découvrit une ville disparue depuis des millénaires.

Il était né en 1822 en Allemagne. Tout jeune, Henri s’était passionné pour l’archéologie. Il avait lu tous les poèmes d’Homère. Son rêve était de retrouver tous les endroits disparus où s’étaient déroulés les deux grands textes de l’Iliade et de l’Odyssée. La ville de Troie, les tombeaux des rois achéens, le palais d’Ulysse. Idée qui semblait folle alors, car les textes d’Homère semblaient une histoire largement inventée plutôt qu’une histoire vraie. Le jeune garçon ne pouvait vivre sans l’idée de retrouver cette ville de Troie où l’on avait fait entrer un immense cheval de bois cachant des soldats qui avaient ouvert les portes de la ville à une armée. Mais Henri comprit très vite qu’il lui faudrait beaucoup d’argent pour réaliser ce rêve.

Fils d'un pauvre pasteur protestant (c’est à dire un prêtre de la religion protestante), Schliemann doit interrompre ses études à 14 ans pour devenir commis d'un épicier. Il vend des harengs et des chandelles pendant cinq ans. Ces petits métiers n’avaient aucune chance de l’enrichir. Il serait plus tard mousse à bord d’un navire de commerce qui part pour le Venezuela. Mais le bateau fait naufrage au large des Pays-Bas. Henri est sauvé et retrouve un petit travail.

Il se passionne bientôt pour les langues, surtout les langues anciennes, le grec et le latin. À l’âge de 20 ans, en 1842, il apprend six langues différentes, qu’il parle à la perfection. Il est très doué. Devenu interprète et traducteur dans une maison de commerce, il se fait rapidement apprécier et se retrouve envoyé dans différents pays du monde entier pour traiter des affaires.

Par exemple, il part en Russie où il apprend le russe en six semaines. Quelle est sa méthode ? il apprend par cœur une œuvre littéraire en version originale (c’est à dire dans la langue de l’auteur), rien que ça ! C’est durant ce voyage qu’il décide de travailler à son propre compte, c’est à dire sans patron, pour lui-même. En 1851, il ouvre un bureau d'achat et de revente de poudre d'or. Sa fortune se construit rapidement. C’est le début d’une grande carrière.

ruée vers l'or Henri Schliemann, découvreur de Troie

La ruée vers l'or entraîna des dizaines de milliers d'hommes vers le rêve de s'enrichir. Beaucoup moururent sur place.

 

300px-Sorbonne_by_Dargaud Henri Schliemann, découvreur de Troie

La Sorbonne

 

balance du banquier pour peser l'or Henri Schliemann, découvreur de Troie

Balance du banquier pour peser l'or

Entre 1858 et 1859, il voyage pour ses affaires. La Californie semble être une terre prometteuse. Il s'y installe le temps de parier sur l'or. C'est l’époque de la « Ruée vers l’or » durant laquelle des dizaines de milliers d’Américains et d’Européens partirent à la recherche de filons d’or, c'est-à-dire de veines d’or dans le sol. Plutôt que de creuser, malin comme tout, il se fait banquier et prête aux mineurs à 12 % le mois, autrement dit il prête un dollar et il faut lui rendre 1,12 dollars à la fin du mois. Ainsi, il devient encore plus riche. Il revient en Russie, profite du blocus (un blocus est quand on ferme les frontières d’un pays, on le « bloque ») et de la guerre de Crimée pour vendre des armes, des munitions, de la nourriture. Il gagne beaucoup d’argent. Il s'installe à Paris. En 1866, il s'inscrit à la Sorbonne (une université très connue à Paris) en sciences de l'Antiquité et langues orientales. En même temps, il continue à développer ses affaires (par exemple en achetant des terrains à canne à sucre à Cuba). Il est l'un des correspondants de la reine Sophie des Pays-Bas.

À la fois touriste et homme d'affaires, Henri parcourt l'Égypte, l'Inde, le Japon et la Chine en wagons de… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

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