Jules César empereur

La légion ordonnée

César étant parvenu au bout de sa mission, puisqu’il termine son mandat de proconsul, il cherche à plaire à l’opinion romaine : il répond aux critiques sur sa conduite de la guerre en écrivant sa version de la Guerre des Gaules. Le livre deviendra fort célèbre, jusqu'à nos jours.

— J'annonce la construction d’un magnifique et nouveau forum, financé par le butin des Gaules. J'ai ramené beaucoup d'argent de cette nouvelle province romaine riche à foison !

—Et quand seras-tu à Rome ?

—Aussitôt que possible.

Il voulait revenir à Rome, mais il comptait y entrer avec ses troupes.

— César, un message du Sénat: tu dois te présenter seul à Rome, sans tes troupes. La limite qui t'est assignée et que tu ne dois pas franchir avec l'armée, c'est le fleuve Rubicon.

— Entendu.

Mais il repensa à cet ordre et décida de le contourner.

— Qui peut dire à César ce qu'il doit faire ? Si je me présente, mes adversaires pourront me faire mettre en prison, n'est-ce pas ? Alors, je ne peux aller à Rome sans mon armée.

— César, c'est contraire à la loi. Ne défie pas les dieux ni le Sénat !

Il décida pourtant de franchir le Rubicon, le fleuve qui faisait alors frontière entre la Gaule cisalpine et l’Italie, avec sa fidèle XIIIème légion. Il était formellement interdit à un général de se présenter sur le territoire romain avec sa propre armée (comme il est interdit à l'armée française d'entrer dans Paris, sauf le 14 juillet, fête nationale).

César franchit le Rubicon

César franchit le Rubicon

Le soir venu, « pour ne pas éveiller de soupçon, nous raconte l'historien Suétone, il assista par dissimulation à un spectacle public, examina le plan d'une école de gladiateurs qu'il devait faire construire et se livra, selon sa coutume, au plaisir d'un festin. Puis, après le coucher du soleil, il fit atteler à un chariot des mulets pris au moulin le plus proche, et s'engagea avec une faible escorte dans le chemin le plus détourné [pour rejoindre ses troupes et franchir le fleuve alors que c'était interdit]. Les flambeaux s'étant éteints, il s'égara et erra longtemps. Au point du jour, il trouva un guide, marcha à pied par des sentiers extrêmement étroits et rejoignit ses cohortes au fleuve de Rubicon, qui était la frontière de sa province6. Là il s'arrêta quelques instants, et, supputant la grandeur de son entreprise7, il se tourna vers ceux qui l'accompagnaient : "Maintenant encore, dit-il, nous pouvons revenir sur nos pas ; mais, si nous passons ce petit pont, le sort des armes décidera de tout."  »

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