La Deuxième Guerre Punique racontée aux enfants

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A la fin de l'année -218, Hannibal a passé les Alpes.

Ce voyage éprouvant, il le réalise avec une trentaine d'éléphants.

Lorsque Hannibal a commencé la montée des Alpes dans des combes, son armée s’est étirée en longueur. Non seulement, dans les passages escarpés, des bêtes de charge et des chevaux attachées les uns aux autres tombèrent au bas des ravins, mais en plus, il y eut des attaques de la part de Gaulois vivant dans ces lieux. La colonne harcelée perdit beaucoup d'hommes.

Des Gaulois appartenant à une autre tribu viennent parlementer et proposer leur aide à Hannibal, qui accepte de suivre leurs guides. Par prudence, il organise la marche en colonne défensive: sa cavalerie en tête, suivie des éléphants et des transports et enfin les fantassins lourds en arrière-garde.

Ce passage des Alpes, quoique plutôt rapide, dure neuf jours pour la montée au milieu de tribus hostiles, deux jours de regroupement au col et quatre jours de descente en se taillant un chemin dans le versant, avant de descendre enfin sur la plaine. Il a fallu subir des attaques terribles et tailler dans la montagne pour se frayer un chemin.

Hannibal avait traversé le Rhône avec 38.000 hommes de pied et plus de 8.000 chevaux, il ne lui restait en arrivant au pied des Alpes que 20.000 hommes et 6.000 chevaux. Pourtant, son armée est encore assez puissante pour surprendre les Romains. Il a réussi son pari.

Hannibal est obligé de combattre les habitants de la région de Turin qui refusent son alliance, avec ces troupes très réduites. Puis, il rencontre les premières troupes romaines qui lui sont opposées et qu'il bat coup sur coup.

Disposant d'un faible détachement positionné en Gaule, un général romain, Scipion, tente d'intercepter Hannibal. Un mouvement rapide lui permet, en transportant son armée par la mer, d'arriver à temps pour le rattraper.

Pendant ce temps, les forces d'Hannibal traversaient la vallée du Pô et entraient en bataille contre d'autres Romains, au Tessin. Hannibal oblige les Romains à évacuer la plaine. Les Gaulois et les Italiens du Nord se joignent à lui, ce qui augmente la taille de l'armée de plus de 40.000 hommes dont 14.000 Gaulois. Scipion rencontre les troupes carthaginoises et se trouve gravement blessé; il doit se retirer pour  sauver son armée.

Avant que la nouvelle de la défaite du Tessin n'atteigne Rome, le Sénat romain ordonne d'envoyer une autre armée à Scipion pour affronter Hannibal. Ce dernier, par d'habiles manœuvres, se met en travers de la route par où doit venir l'armée romaine. Il prend en même temps une ville où il trouve de grandes quantités d'arme et d'approvisionnements pour ses hommes. Mais ce succès n'est pas complet car l'armée romaine à laquelle il devait barrer la route trompe sa vigilance et se glisse sur son flanc pour rejoindre Scipion près de la ville de Plaisance.

La grande bataille aura lieu, ce sera la bataille de la Trebbie. Après avoir épuisé la résistance de l'infanterie romaine, Hannibal la taille en pièces par une attaque surprise qui débute par une embuscade sur les flancs.

Après les victoires du Tessin et de la Trébie, les Carthaginois se reposent à Bologne puis continuent leur marche vers Rome. Ayant sécurisé sa position dans le nord de l'Italie par sa victoire, Hannibal prend ses quartiers d'hiver avec les Gaulois.

Au printemps 217 av. J.-C., les consuls de Rome mobilisent leurs armées afin de bloquer les routes qu'Hannibal est susceptible d'emprunter pour aller vers Rome. La seule autre route libre passe par un grand marais qui est submergé plus que d'habitude à cette période de l'année. Hannibal sait combien cette route est difficile mais elle est aussi la plus sûre et certainement la plus rapide. Les hommes d'Hannibal marchent quatre jours et trois nuits sur « une route qui était sous les eaux » et souffrant terriblement du manque de sommeil.

Dans ces plaines marécageuses, le chef carthaginois perd une grande partie de ses forces y compris ses derniers éléphants. En arrivant en Toscane, Hannibal décide d'attirer la principale armée romaine, commandée par Flaminius, dans une bataille rangée.

Hannibal décide de marcher en force contre le flanc gauche de son adversaire, ce qui a pour effet de couper ce dernier de la route de Rome.

Progressant ensuite au travers des hautes terres, Hannibal engage la poursuite de Flaminius et, le 21 juin, le surprenant dans un défilé sur la rive du lac Trasimène, détruit son armée dans les eaux ou sur les pentes voisines et tue Flaminius lui-même.

Il a désormais éliminé la seule force terrestre qui aurait pu mettre en échec son avancée sur Rome.

Un an plus tard, ce serait la grande bataille de Cannes.

Cannes, le 2 août 216 av. J.-C. La bataille commence.

C’est le moment décisif de la seconde guerre punique, opposant Rome à Carthage. L’infanterie romaine a attaqué la première en force. Les mercenaires d’Hannibal, le chef carthaginois, battent en retraite.

Mais Carthage a des bataillons alliés : la cavalerie des Gaulois et celle des Ibères, sur la gauche, qui forment l’aile la plus nombreuse. Ces cavaliers attaquent la droite des Romains dont les cavaliers, surpris, débordés puis enfoncés, s’éloignent à grand galop du champ de bataille.

130205_2r69n_arebours_guerre_longue_sn635 Deuxième Guerre Punique

Les éléphants effrayant les Romains

Les mercenaires carthaginois à pied reculent toujours face aux Romains qui les poursuivent.

—Reculez, reculez progressivement, lentement ! Tout en vous battant, ne rompez pas le combat.

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Mercenaires gaulois

— Reculez, reculez, les gars ! transmettent les sous-officiers.

Les ordres sont de donner l’impression à l’ennemi qu’il avance.

Illustration bataille de Cannes

De son côté, une fois que la cavalerie d’Hannibal en a fini avec le premier groupe de cavalerie romaine, elle se porte sur la droite pour renforcer l’autre groupe de cavalerie plus faible. Cependant, le front carthaginois présente une poche dans laquelle l’infanterie romaine s’engage avec confiance pour l’enfoncer. Les meilleures troupes de vétérans carthaginois sont encore en réserve. À ce moment-là, les deux corps de leur cavalerie vont se rejoindre :

— Voilà les nôtres ! les cavaliers romains seront rapidement vaincus.

— En effet, il n’en reste plus beaucoup entre nos camarades et nous. Allons, finissons avec ceux-là !

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