La Guerre de Troie et l’Iliade

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En 850 avant notre ère, donc bien avant la naissance de Jésus-Christ, vivait en Grèce un vieux poète aveugle qui distrayait les passants en leur racontant ses histoires. On l’appelait Homère. C’est le plus grand poète grec, et l’un des plus grands poètes de tous les temps.

Il a composé deux grandes épopées : l’Iliade, qui était le récit préféré d’Alexandre le Grand (le puissant roi de Macédoine), et l’Odyssée.

Troie, la ville-forteresse à la triple enceinte La Guerre de Troie
Ilion, aussi appelée Troie, la ville-forteresse à la triple enceinte

Voici ce que raconte l’Iliade.

Le vieux roi Priam règne sur la ville de Troie, que l’on appelle aussi Ilion (d’où le nom d’Iliade). Un beau jour, l’un de ses fils, Pâris-Alexandre, se rend dans la cité grecque de Sparte. Il y est reçu par le roi Ménélas et sa femme, la belle Hélène. À la surprise de tous, Pâris tombe amoureux de la reine. Alors il l’enlève et l’emmène jusqu’à Troie sur son bateau.

Le roi Ménélas, évidemment, est fou de rage :

— Je l’ai reçu sous mon toit ! il était mon hôte, et voici comment il me remercie, s’écrie-t-il. Il m'enlève ma femme !

Alors, pour libérer Hélène, Ménélas appelle à l’aide les autres rois de Grèce. Ce sont de fiers et valeureux guerriers qui accourent avec leurs soldats.

Voici d’abord son frère, le sage Agamemnon. Voici le rusé Ulysse, roi d’Ithaque. Voici le bel et fier Achille. Voici Diomède, Ajax et aussi Idoménée, roi de Crète.

Les héros grecs La Guerre de Troie https://lhistoiredusoir.com
Les héros grecs

Agamemnon est choisi par tous pour être le chef de l’expédition. Des centaines de navires font voile vers Troie, avec à leur bord les rois et leurs armées. La mer d'un bleu éclatant est couverte de voiles blanches qui claquent au vent.

Les Grecs arrivent enfin en baie d’Ilion. Les soldats dressent leurs tentes multicolores sur la plage dans le bruissement des armes, le hennissement des chevaux, les cris des hommes qui s’interpellent.

La cité de Troie, imposante, leur fait face. Le roi Priam, du haut des murs de la cité, convoque son fils Pâris :

— Vois les Grecs qui sont assemblés sur la grève. Ils veulent Hélène !
— La reine de Sparte sera mon épouse, proclame Pâris-Alexandre. Je ne la rendrai pas à Ménélas.
— Quelle folie ! s’écrie le vieux roi. Rends-la lui, il a des droits sur elle, elle est sa femme.
— Jamais ! rétorque Pâris.

Priam se désole :

— Alors, ce sera la guerre, et de valeureux soldats mourront.

En effet,  peu de temps après, la guerre est déclarée pour l’honneur d’une femme. Ainsi étaient les hommes en ce temps-là, raconte Homère.

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Les Grecs, devant la puissante Troie

Le siège de Troie commence. Les Grecs se lancent à l’attaque de la ville mais, protégée par trois murailles épaisses et fortifiées, Troie n’est pas si facile à prendre et ses soldats se défendent avec courage et vigueur. Parfois même, ils osent faire une sortie, entrant dans le camp des Grecs, incendiant leurs navires. La bataille sera faite d'assauts et de contre-assauts, de petites victoires suivies de grandes défaites, et rien n'avancera: aucun camp, hélas, n'emportera la décision. En vain les deux camps s'affronteront-ils semaines après semaines, mois après mois !

Pendant dix ans, les deux armées se mènent cette guerre stupide, à cause de l'entêtement de Pâris. Les batailles se succédèrent, entre la ville et la mer, et cette histoire, sache-le, est vraie !

Car tu le sais, beaucoup plus tard, au dix-neuvième siècle, Henri Schliemann dont tu te souviens a découvert la ville enterrée, et les traces de la bataille. Certes, on ne sait pas si les choses se sont passées exactement comme les raconte Homère, mais en son temps, elles étaient racontées ainsi.

Homère cependant ne parlait pas que des hommes, mais aussi des dieux grecs. Les dieux, raconte-t-il Homère, suivent l’action avec intérêt ; parfois même, ils descendent sur terre au milieu des combats et prennent parti pour l’un ou l’autre camp. Héra, épouse de Zeus, Athéna, déesse de la sagesse et Poséidon, le dieu de la mer, sont du côté des Grecs. Arès, dieu de la Guerre, Aphrodite, déesse de la beauté et Apollon, dieu du Soleil, soutiennent les Troyens. C’est la guerre des dieux et des hommes fameux.

Hector, le fils aîné de Priam, est aussi le plus féroce des Troyens. Lors d’un combat, il tue Patrocle d’un coup de lance. Achille, le valeureux grec, triste et surtout furieux qu’on ait tué son très cher ami, provoque Hector en duel :

— Hector, fils de Priam, lance-t-il d’une voix forte sous les murs de la cité, viens m’affronter, si tu l’oses !
— J’accepte le combat, répond Hector, je relèverai ton défi. Prends garde à toi, vermisseau grec !

Achille le Grec et Hector le Troyen s'affrontent : le duel des champions La Guerre de Troie https://lhistoiredusoir.com
Achille le Grec et Hector le Troyen s'affrontent : le duel des champions

L’affrontement commence. Achille jette le premier sa lance, mais sans toucher le troyen. A son tour, Hector frappe le bouclier d’Achille d’un coup violent, sans parvenir à le percer. Le prince troyen se penche pour empoigner son épée. Achille saisit alors la lance qu’il a reçue de la déesse Athéna, et blesse mortellement Hector à la gorge. Les grecs crient leur joie .

— Vive Achille, vive notre héros !

Sous les acclamations, Achille victorieux attache à son char le corps de son adversaire tombé mort en combattant. Lancé au galop, il traîne le cadavre d’Hector tout autour des murailles de Troie. Puis, il l’emmène dans son camp. Les Troyens sont affligés, découragés. Leur meilleur combattant est mort.

Le lendemain, le roi de Troie, Priam, se rend dans le camp des Grecs avec des cadeaux. Se jetant aux pieds d’Achille, il le supplie :

— Ô Achille, je t’en prie, rends-moi la dépouille de mon fils. Je voudrais qu’il reçoive des funérailles dignes d’un prince.
— Je te l’accorde, roi Priam, acquiesce Achille, enfin touché par la douleur de ce père.

talon d'achille

Troie ainsi perdait son meilleur guerrier. Mais Pâris venge bientôt son frère aîné en affrontant Achille à son tour. Au bout d’une lutte sans merci, il envoie une flèche empoisonnée dans le talon d’Achille, le seul endroit de son corps qui n’avait pas reçu la protection des dieux.

Et la guerre continue, malgré la perte de tels hommes valeureux. Ulysse, le plus astucieux des Grecs, a un jour une idée.

— Bâtissons un immense cheval de bois dans lequel se cacheront nos combattants les plus féroces.
— Excellente idée, s’exclame Agamemnon. Tendons un piège aux Troyens !
— Nous ferons semblant d’abandonner le siège, reprend Ulysse. Les Troyens se penseront vainqueurs, et ne se méfieront pas de ce cheval.

Les Grecs alors construisent ce monumental cheval de bois et l’abandonnent sur la plage. Puis, ils embarquent dans leurs navires, faisant mine de quitter le pays. En réalité, la flotte va se dissimuler sur une île proche.

Voyant la plage déserte, les Troyens sortent de la ville. En liesse, ils fêtent leur victoire et la fin de la guerre.

— Hourrah, les Grecs sont partis !
— Nous sommes vainqueurs !
— Mais, qu’est-ce que ce cheval de bois ?
— Faisons-le entrer dans la ville ! Ce sera notre trophée, en souvenir de nos exploits.

Voyant cela, le vieux prince Laocoon, intervient, exhortant ses compatriotes à se débarrasser du cheval :

— Je me méfie toujours des Grecs, même de ceux qui nous font des cadeaux !

Cassandra_troie
Cassandre

La princesse Cassandre les avertit également:

— Je sens que ce cheval est maléfique. Je vous en supplie, laissons-le ici, ou brûlons-le.

Mais pas plus que Laocoon on n’écoute Cassandre :

— Tu annonces toujours des malheurs, Cassandre ! Réjouis-toi aujourd’hui, nous sommes vainqueurs !

A ce moment, un soldat grec surgit sur la grève et demande à parler aux chefs de Troie.

— Les Grecs ont mal agi avec moi, je veux me venger ! Voyez ce cheval, il est magique, les Grecs l’ont offert aux dieux de l’Olympe. Si vous le transportez dans la ville, vous aurez la puissance sur tout le pays !

On le croit, hélas ! Les Troyens attachent de grosses cordes au cheval pour le tracter vers leur cité. Il est lourd. Très lourd. À plusieurs reprises, lorsqu'ils déplacent l'engin, ils perçoivent des bruits à l'intérieur.

— Ecoutez, supplie à nouveau Laocoon, j’entends comme des bruits d’armes qui s'entrechoquent !

Mais personne n’y prête attention. Le cheval est si haut qu’il ne peut passer par la porte de la ville. Qu’importe! On casse les murs pour pratiquer une brèche. Quand le colosse a pénétré les remparts, les Troyens célèbrent la fin des hostilités en festoyant.

Le célèbre Cheval de Troie, créé par Ulysse, entre dans l'enceinte de la ville
Le Cheval de Troie, créé par Ulysse, entre dans l'enceinte de la ville

La cité s’endort, tranquille et sans méfiance. Soudain, dans la nuit sombre, un léger grincement se fait entendre. Une trappe s’ouvre sous le ventre du cheval de bois. Des ombres en sortent et se glissent jusqu'au sol. Ce sont les soldats grecs, emmenés par Ulysse.

Les sentinelles chargées de la cité sont aux aguets mais toute leur attention est fixée sur la mer et aucun ne se doute que le danger vient de la ville ! A ce moment, les soldats grecs qui s’étaient faufilés jusqu’aux remparts, tuent les sentinelles et ouvrent grand les portes de la ville.

Par des signaux de lumière, ils avertissent la flotte grecque que Troie est ouverte. L’armée grecque tout entière débarque sur le littoral et se répand à l’intérieur de la cité. Les Troyens, surpris, livrent un ultime combat. C’est un horrible massacre. Presque tous les hommes sont mis à mort ; les femmes sont emmenées captives en Grèce. Le vieux roi Priam est tué, Pâris-Alexandre aussi. Troie brûle. A la lueur des incendies, seul le prince Énée parvient à s’enfuir avec quelques amis. Après un long périple, ils fonderont une colonie, en Italie, de laquelle sortira ensuite la future ville de Rome.

Virgile, un poète latin, reprendra cette épopée racontée par Homère, et racontera les aventures d’Énée dans un long poème, appelé l’Énéide.

Au soir de la guerre de Troie, Ménélas retrouve sa femme Hélène. Chargés d’un immense butin, les rois grecs prennent la mer pour retourner vers leur patrie, après dix ans d’absence. Cette fois, la Guerre de Troie a bel et bien pris fin.

About the author 

Max Montgomery

Max Montgomery, auteur du roman "Reinhardt Tarkand", a écrit des milliers de pages pour les enfants. Collectionneur de parcours, c'est un éducateur, un aventurier polyglotte. Père de 10 enfants, il se lance dans l'aventure de l'écriture en ligne et construit plusieurs sites populaires.

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