Le tournoi de Rennes conte pour enfants

Le tournoi de Rennes conte pour enfantsLe tournoi de Rennes conte pour enfants

En 1337, au temps des chevaliers, le neveu du roi de France épousa la nièce du duc de Bretagne à  Rennes. Les Bretons furent  fiers de voir leur petite princesse se marier à un personnage si important. Pour fêter cet événement, un grand tournoi fut organisé à Rennes sur la place du Marché. Tous les chevaliers des environs arrivèrent à cheval pour y participer.

Bertrand du Guesclin était l’un de ces jeunes chevaliers bretons. C'était un garçon un peu étrange, un garçon pas comme les autres.

Plein d'espoir, il voulait essayer lui aussi de gagner le tournoi pour prouver à tout le monde qu’il était courageux. Le jour du tournoi, il quitta le château de ses parents alors que le soleil n’était pas encore levé. Galopant toute la matinée pour rejoindre Rennes, il en aperçoit bientôt les remparts. Le cœur battant, il franchit le pont-levis et entra dans la ville. La fête est au rendez-vous, car des drapeaux colorés volent aux fenêtres et une foule nombreuse se promène dans les rues. Bertrand s’aperçu rapidement que beaucoup de gens se retournaient en le voyant pour rire ou se moquer de lui :

– Tiens ! Voilà l’gardien de cochons qui va faire la guerre !
– Hé, m’sieur l’chevalier, vous vous êtes trompé d’cheval : vous avez pris celui de vot’paysan !

 Même s’il était le fils d’un chevalier breton, Bertrand ressemblait plus à un paysan qu'à un noble cavalier avec ses vêtements pauvres et son cheval de ferme. Mais, il ne répondi pas à ces méchantes remarques. Il avait l’habitude qu’on se moque de lui et qu’on ne l’aime pas.

Ses parents ne le trouvaient pas très beau et ils éprouvaient de la honte à cause de son comportement. En effet, Bertrand préfère se bagarrer avec des mauvais garçons plutôt que d’aller à l’école, ce qui n’est pas digne d'un fils de seigneur.
Aujourd’hui, voulant revenir dans les bonnes grâces de sa famille, il doit être fort. "J'ai le courage d’un chevalier" pense t-il. "Je suis capable de gagner le tournoi."

Le tournoi de Rennes conte pour enfants

Bertrand arrivait à présent sur la place du Marché où devaient avoir lieu les combats. Il arrêta son cheval ouvrant de grands yeux, tellement il fut soudainement ébloui. De belles dames très élégantes sont assises sur une estrade décorée de magnifiques tissus. Au pied de l’estrade, se tient une troupe de chevaliers. Bertrand reconnaît son père parmi eux. Il admire les riches blasons des chevaliers, leurs chevaux et leurs armures qui brillent sous le soleil. Face à eux, il se sent soudain pauvre et grotesque.

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Les chevaux de trait sont taillés pour les travaux de la ferme. Bien que puissants, ils ne peuvent rivaliser avec l'endurance, la discipline et l'agilité des chevaux racés

– Comment mon cheval de ferme pourra-t-il galoper aussi vite que ces beaux chevaux ? Et je n’arriverai pas à me battre avec mon armure qui est vieille et lourde !

    Bertrand réalise que cela ne sert à rien de faire le tournoi avec un équipement aussi pauvre que le sien. Il réussira juste à se ridiculiser et son père aura honte de lui encore une fois. Triste et déçu, Bertrand fait demi-tour. Mais avant de rentrer chez lui, il décide d’aller se reposer un peu chez un de ses oncles qui habite Rennes. Le voyage à cheval jusqu’à chez lui est en effet long et fatiguant. En arrivant chez son oncle, il est surpris de rencontrer un de ses cousins. Celui-ci voit bien que Bertrand a du chagrin.

– Eh bien, Bertrand, qu’est-ce qui t’arrive ? Tu as l’air bien malheureux. Pourquoi n’es-tu pas en train de participer au tournoi ? J’y vais justement. Viens avec moi : nous allons tous les battre !

La tête baissée, Bertrand lui explique pourquoi il ne peut pas participer au tournoi : son père lui a donné une armure beaucoup trop lourde. Et son cheval est plus  fait pour labourer les champs que pour galoper.

– Cher cousin, continue Bertrand en se mettant à genoux devant lui, aide-moi s’il te plaît. Je voulais montrer à mon père que j’étais un vrai chevalier, courageux et brave. Il pense que je suis un garnement. Aide-moi à lui prouver que je ne suis pas un bon à rien, je t’en prie.

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Le cousin de Bertrand est ému devant le chagrin de celui-ci. Il l’aide à se relever et lui dit :

– Ne t’en fais pas ! Moi je sais que tu es un brave garçon, même si tu passes ton temps à te bagarrer avec les fils de paysans. Je veux t’aider Bertrand. Alors, prends mon armure, ma lance et mon cheval, et va combattre à ma place.

Ravi, Bertrand se met debout et embrasse son généreux cousin pour le remercier. Grâce à lui, il va pouvoir participer au tournoi !

Le tournoi de Rennes conte pour enfants

Sur la place du Marché, les trompes et les cors retentissent pour annoncer le début du tournoi. Les premiers combattants s’élancent au galop face à face, en tenant fermement leur lance sous le bras. Les armes se percutent avec force et certaines se brisent même sous la violence du choc.

Le visage caché sous son heaume, Bertrand admire le spectacle et attend. Bientôt, son tour arrive et, sûr de lui, il éperonne son cheval. D’un seul coup de lance, il fait tomber à terre son adversaire. La foule l’applaudit et les cors sonnent. Très vite, un deuxième combattant arrive pour l’affronter. Fièrement dressé sur ses étriers, Bertrand fait face. Le choc est très violent et il réussit à arracher le heaume de son rival qui doit renoncer au combat. Ainsi, les combats se succèdent pour Bertrand. Il les gagne tous. La foule l’applaudit et se demande qui il est.

– Qui est ce mystérieux inconnu qui réussit à vaincre tous ses adversaires ?
– C’est sûrement un chevalier de sang noble !

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Du Guesclin est devenu l'un des meilleurs chevaliers qu'ait connu le Royaume de France. Un exemple de courage et de noblesse

Caché par la visière de son heaume, Bertrand n’a aucune envie de dire qu’il est le garçon bagarreur dont tout le monde se moque. Un chevalier se place déjà face à lui, prêt à se battre. Concentré, Bertrand s’élance. Le choc risque d’être terrible, car les deux combattants galopent l’un vers l’autre à grande vitesse … Mais d’un seul coup, Bertrand tire sur les rênes de son cheval et fait demi-tour. Que se passe-t-il ? Pourquoi refuse-t-il de se battre ? Le public est furieux et pense qu’il a peur. Personne n’a deviné que Bertrand a reconnu au dernier moment le chevalier. Il s’agissait de Robert du Guesclin, son père. Et même si son père ne l’aime pas beaucoup, Bertrand le respecte et ne veut pas se battre contre lui.

Cependant, Bertrand n’a pas le temps de réfléchir plus longtemps. En effet, un nouvel adversaire galope vers lui rapidement. Surpris, le garçon n’a pas le temps de se protéger et son heaume est arraché. Tout d’abord, le public se tait, car tout le monde est déçu de voir que le courageux inconnu a perdu. Puis, peu à peu, les gens le reconnaissent :

– Regardez, c’est Bertrand, le fils aîné du seigneur du Guesclin !
– Oui, c’est le bagarreur si laid dont tout le monde se moque !

Peu à peu, la foule comprend pourquoi Bertrand a refusé le duel précédent. Il ne voulait pas combattre contre son père. Quel garçon respectueux et valeureux ! Les spectateurs et tous les chevaliers l’applaudissent : c’est lui le vainqueur du tournoi ! Sous les bravos, Robert du Guesclin s’approche de son fils et le prend dans ses bras pour la première fois de sa vie.

– Bertrand, je me suis trompé sur toi. En fait, tu es le plus vaillant et le plus fort de tous les chevaliers bretons qui sont ici. Je suis fier de toi, mon fils.

Même si Bertrand a gagné le tournoi et est le héros du jour, sa plus grande récompense est de voir la fierté qui brille dans les yeux de son père. Pour lui, c’est la plus belle des récompenses.

 

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