Le voile, histoire pour enfants

Greco-visage-du-Christ

Ce jour-là, à Jérusalem, capitale de la Judée, la ville est remplie de monde, car c'est le jour de la grande fête de Pâques. Un peuple immense s'amasse dans les rues jusqu'au palais de Pilate, le gouverneur romain.

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Que se passe-t-il ? Pourquoi tant de cris et de bruits ?

Une femme est là, se frayant un chemin dans la foule, une femme pieuse de la ville. Plus tard, on donnerait à cette femme inconnue le prénom de Véronique et je t'expliquerai pourquoi.

Elle est très attachée à sa religion et elle pratique avec ferveur. Son mari s'appelle Sirach. Il est opposé aux chrétiens et enferme souvent sa femme dans leur maison lorsqu'il s'aperçoit qu'elle prodigue des soins pour leur venir en aide. Véronique trouve toujours le moyen de s'échapper. Ils vivent dans une petite maison et ont trois enfants. Des fenêtres de la maison, ce matin, on peut entendre le brouhaha qui s’élève de la ville.

Qui sont-ils, qui sont ces trois hommes ?

Des bandits, sans aucun doute. « A mort ! A mort ! » crient certains. Véronique s’approche d’un groupe qui discute pour prendre des nouvelles.

— Oui, ce sont des bandits qu’on crucifie, comme la dernière fois. Des voleurs de grands chemins.
— Deux d’entre eux sont des voleurs, corrige une femme, mais on dit que le troisième est un prêtre du temple.
— Un prêtre voleur ? répond son mari. Est-ce possible ? On voit de ces choses, de nos jours !
— Non, pas un voleur, fait un autre, c’est un certain Jésus, qui vient de Nazareth, on dit qu’il soigne les gens, qu’il les guérit. Et même des aveugles.
— Et même des aveugles, vous entendez ça ? Il ferait mieux de soigner les Romains de leur goût pour la terre d’Israël, ah ah !
— Ah ah ! toujours le mot pour rire, Mosche. Enfin bref, si ce rabbi soigne des gens, ça n’a rien à voir avec un bandit ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Si ça se trouve, c’est une histoire politique et on ferait bien d’aller voir, qu’on ne nous tue pas l’un des nôtres.
— Oui, tu as raison, allons-y !

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Véronique suit le groupe. On croise des gens, certains crient de joie. D'autres sont désolés et pleurent. D'autres enfin gardent le silence, indifférents. Voilà qui est bizarre, d'habitude, les gens sont tous tristes ou heureux ensemble. Véronique se fraye un chemin, ne comprenant pas bien ce qui se passe, mais elle a entendu ces mots disant que des hommes seraient crucifiés et elle déteste cela, elle trouve ça horrible.

— Pourquoi est-ce qu’ils pleurent, ces gens-là ? disent les gens qu’elle suit.
— Ce sont des disciples de ce Jésus.

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Plus on approche de la scène, plus les gens semblent au courant.

— Jésus, Jésus, pourquoi ne te délivre-t-on pas ?

La confusion règne. Véronique s'approche un peu plus encore. Il fait chaud et la poussière qui s'élève de terre rend chaque pas plus pénible encore. Ce n'est pas la curiosité qui la fait avancer, mais un sentiment étrange qui lui étreint le cœur.

C'est alors que Jésus de Nazareth apparaît au milieu de tout ce peuple.

Il porte une croix. Il semble souffrir de porter ce poids, il marche avec difficulté. C’est la croix que les Romains utilisent pour crucifier leurs condamnés. Donc, Jésus a été condamné. Mais qu’a-t-il fait de mal ? Qui a prononcé l'injuste sentence ? Et puis, il a des chaînes aux pieds. Il dégouline de sang car on a dû le battre. Il a été fouetté, son corps est strié de marques régulières. Quelle horreur. Et, chose étrange et affreuse, il porte une couronne d'épines dont les piquants sont enfoncés dans la chair ; ça ne peut pas être prévu par la punition du tribunal, ce sont sans doute les soldats romains qui la lui ont plantée sur la tête. Il marche entre deux voleurs, afin que tout le monde croie qu'il est un malfaiteur et un scélérat comme les autres.

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On l’emmène à la butte du Crâne, le mont Golgotha, une haute colline voisine du mont Sion, pour être crucifié. Ses bourreaux le tirent, le poussent, et Jésus tombe plusieurs fois. Il est épuisé. Véronique aperçoit une femme plus âgée qu’elle, qui est en pleurs. Ce doit être sa mère.

— Qui est-ce ? demande Véronique.
— Qui ? fait un homme adossé à sa maison.
— Cette femme.
— C’est sa mère. Je la connais, c’est une sainte femme. Elle doit avoir le cœur percé de voir ça.

Cet homme a raison; d’ailleurs, jadis, quand Jésus était bébé et que Marie l’avait emmené au temple, un vieux sage, un certain Siméon, lui avait dit : « Un jour, à cause de lui, tu auras le cœur percé comme par un glaive. »… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu.

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