Les hommes en vert

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Histoire inventée par Nathalie

Ludivine va bientôt avoir son anniversaire et sa grand-mère lui propose un après-midi en ville, où elle pourra choisir son cadeau. Le trajet en voiture lui semble bien long, car son impatience la submerge un peu.

A peine sortie de la voiture, elle remarque un groupe de personnes attablées à une terrasse : ils sont bruyants, certes, mais ont l'air de bien s'amuser et d'apprécier la compagnie les uns des autres.

– Dis mamie, pourquoi ils sont tous habillés en vert ?
– Tu es observatrice, ma chérie. Je pense que c'est parce que aujourd'hui nous sommes le 17 mars et qu'ils fêtent la saint Patrick mais je n'en connais pas l'origine.
– Demande-leur, mamie.
– Je préfère que ce soit toi qui le fasses. Moi aussi, quand j'étais petite, je craignais d'aborder des gens que je ne connaissais pas ; ma maman me forçait parfois, pour vaincre ma timidité. C'est donc ce que nous allons faire. Je reste à côté de toi. Tu es d'accord ?
– Je peux te donner la main ?

Main dans la main, mamie et Ludivine s'approchent du groupe de joyeux lurons.

– Dites, Monsieur, je voudrais vous poser une question.

Un grand gaillard d'environ 30 ans lui adresse un sourire encourageant et qu'on appelle « petit ménestrel », ce qui signifie chanteur, jongleur, poète du Moyen-Age. Il porte d'ailleurs un vêtement rappelant cette époque, avec des collants et une cote de mailles.

Un autre joyeux luron porte une tunique avec des rabats en fourrure d'hermine, ce carnivore mince et souple comme la belette, à qui elle ressemble beaucoup. Elle s’en distingue par sa taille plus grande, sa queue proportionnellement plus longue et toujours noire au bout.

Le troisième compère porte une longue chemise resserrée à la taille par une épaisse ceinture de laine grossière prélevée des moutons à la ferme, tissée et filée sur place.

Ce qui les caractérise donc, outre le fait de porter des costumes issus de la même époque historique, c'est donc celui d'arborer fièrement la couleur verte, couleur qui était extraite du plantain ou du genêt à l'époque, et qui symbolisait la beauté, la jeunesse et la vigueur.

– Pourquoi vous portez des vêtements verts ? Vous êtes des Hobbits ou quoi ?
– Des Hobbits, nous ? fait le premier. Tu trouves que j'ai la taille des Hobbits, petite chose ? Et le géant fronce les sourcils en se penchant sur elle, il a vraiment l'air immense. Mais il se radoucit et s'esclaffe :

- Ah ah ah ! tu trembles, petite chose ! Allez, va ! Si ta mamie et toi acceptez de vous assoir avec nous un moment, je vais t'expliquer tout ça.

Ludivine regarde sa mamie, qui acquiesce d'un signe de la tête. Mamie n'a pas vraiment l'air de vouloir se battre...

Une fois bien installées, Eric, celui qui porte la cotte de mailles, commence, à forte voix, dans le tohu-nohu :

– La Saint-Patrick est célébrée le 17 mars par les Irlandais pour honorer 
saint Patrick, un missionnaire chrétien, qui a converti l'Irlande au christianisme. 


On dit qu'il a utilisé le trèfle pour expliquer le concept de la Sainte Trinité: 
le Père, le Fils et le Saint-Esprit. 
Depuis ce temps, le trèfle est l'emblème national de l’Irlande, et les Irlandais le portent 
fièrement à leur boutonnière ce jour-là.



- Une légende dit que saint Patrick a chassé les serpents de l'Irlande,
 reprend l'homme à la fourrure d'hermine, ils ont tous été engloutis dans l'océan, 
on ne sait pas tout à fait la raison de cette légende,
 mais on pense que c'est parce que le serpent était un symbole païen 
et que saint Patrick aurait chassé les païens hors de l'Irlande. 

En Amérique, la Saint-Patrick est un jour de fête et de réjouissance.
 La Saint-Patrick a été célébrée pour la première fois, 
à Boston en 1737. 
A Montréal, au Québec, le jour de la saint-Patrick, les Irlandais font une parade,
 tout le monde la fête avec eux. 
Pour les Montréalais, la Saint-Patrick annonce le début du printemps.
– C'est beaucoup d'histoires tout ça ! commente Ludivine.
– Oui, et j'en connais encore plein d'autres. Par exemple, la légende de Blarney Stone. Tu sais ce que « stone » signifie en anglais ?
– Non. Qu'est ce que ça veut dire ?
– Cela signifie « pierre ». La pierre Blarney est une pierre incrustée dans la tour du château de Blarney , dans le village qui porte le même nom, en Irlande. Embrasser cette pierre est supposé donner le pouvoir de parler avec éloquence.
– De parler avec élo quoi ?
– Eloquence, c'est le talent de bien parler, de persuader et de convaincre par la parole. On ne connait pas tout à fait l'origine de cette pierre magique, mais une légende dit qu'une vieille femme a jeté un sort sur la pierre pour remercier un roi qu'il l'avait sauvée de la noyade. Le roi, qui avait de la difficulté à s'exprimer, devint un éloquent interlocuteur après avoir embrassé la pierre, tel que la vielle dame le lui avait promis.

Mamie intervient et annonce que, sans vouloir jouer la rabat-joie, il faut rentrer, car maman et papa viennent bientôt chercher Ludivine.

– Mamie, juste encore une question, d'accord ?
– Je sais ce que tu vas me demander petite princesse ; je t'ai donné plein d'informations mais toujours pas répondu à ta question de départ, n'est-ce-pas ? Pourquoi le vert... On associe le vert à la Saint-Patrick, parce que c'est la couleur du printemps 
et du trèfle, emblème de l'Irlande.
 On dit que trouver un trèfle à 4 feuilles porte chance. 
Une vieille légende dit également qu'il peut rompre le charme d'un mauvais esprit.
 La tradition veut que l'on soit vêtu de vert pour fêter la Saint-Patrick. A certains endroits, les élèves peuvent même pincer leur professeur, 
si celui-ci n'est pas habillé de vert en cette journée.

– Alors ça, ça me plairait bien !

Toute la tablée rit de bon cœur. Le moment de se quitter étant arrivé, Ludivine remercie chaleureusement les 3 compères et s'éloigne avec sa grand-mère.

– Tu sais quoi ma chérie ? On n'a même pas trouvé ton cadeau d’anniversaire du coup !
– En fait, mamie, je sais exactement ce que je veux : un livre sur l'Irlande et une robe de princesse verte !

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