L’évadé, conte pour enfants

cadillac

L'évadé, conte

Musique: Laura, de David Raksin (inspiré de Daphnis et Chloé, de Ravel)

Cette histoire se passe au pénitencier, à l’extérieur, là où les prisonniers travaillent sous bonne garde. Des gardiens, fusils en main, surveillent les prisonniers, condamnés aux travaux forcés, qui ramassent du coton dans un champ.

travaux forcés

Voici un condamné, André Stewart, qui réfléchit, sous le soleil, en recueillant les fleurs douces et blanches. C’est un homme costaud, et pas bête. Mais il n’en peut plus d’être prisonnier. Il se pose beaucoup de questions :

— Qu’ai-je à dire ? Ce n’est pas si mal, les travaux forcés. Le grand air, le paysage, les chevaux de la police montée, de braves bêtes…

C'est-à-dire que certains des gardiens sont à cheval.

— Et puis, continue-t-il, les gardiens, 'sont pas de mauvais bougres, au fond. Et surtout, je peux m'échapper…

Voilà à quoi il pense, le prisonnier. Peut-être qu’un jour, il aura l’opportunité, la chance… Il suffirait d’un moment d’inattention des gardiens. Ah ! s’il pouvait se passer quelque chose qui puisse les distraire…

— De deux choses l'une, se dit-il : soit j'ai une occasion, soit je n'en ai pas. Si j'en ai pas, ce n'est que partie remise.

« Mais si j'ai l'occasion, de deux choses l'une: soit j'arrive à prendre la clé des champs, soit… ils me tirent dessus. Bon, si je m’échappe, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes : à moi la liberté ! Mais s'ils me tirent dessus...

Un gardien-chef s’approche et lui dit :

— Eh bien ! André, qu’as-tu à marmotter comme ça ? Tu as soif ? Si tu as soif, va boire.
— Merci, mais ça va bien. Je réfléchis à voix haute, c’est tout.
— Et à quoi tu réfléchis ? A la liberté, je parie !
— Oui, à la liberté.
— C’est normal. Un prisonnier, ça doit penser à l’avenir. Un jour, tu seras libéré, et je serais heureux de venir te l’apprendre.
— Vous êtes un bon gardien, monsieur, que Dieu vous bénisse.
— Ouaip ! En attendant, fils, ajoute-t-il avec un clin d’œil et en baissant d'un ton, si l’occasion se présentait, je te signale que le fleuve est à 600 mètres d’ici.
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