Napoléon Bonaparte raconté aux enfants, première partie

corse

Perdu entre le bleu du ciel et celui de la mer, un navire, toutes voiles dehors, s’éloigne à l’horizon.

A la poupe, un jeune garçon de dix ans regarde avec mélancolie disparaître au loin la Corse. Napoléon Bonaparte quitte pour la première fois son île natale, accompagné de son frère aîné, Joseph. La veille, il a fait ses adieux à sa mère, Letizia, à son jeune frère Lucien et à la petite Elisa, sans oublier le bébé Louis. Il sait qu’il ne les reverra pas avant plusieurs années.

Letizia Bonaparte Napoléon Bonaparte raconté aux enfants, première partie

Letizia Bonaparte

Après un voyage de plusieurs semaines à travers la France, les deux frères entrent à l’école militaire de Brienne, en mai 1779. Les débuts au collège sont difficiles. La règle est dure. Turbulent et intrépide, lui qui aimait courir dans le maquis corse ou les ruelles d’Ajaccio, Napoléon doit maintenant apprendre à se plier à la sévère discipline militaire. Le climat gris et couvert est très rude pour cet enfant du soleil : les hivers sont froids, les chambres des élèves ne sont pas chauffées. Elles sont loin, les cigales qui chantent, ils sont loin, les cyprès qui se bercent au vent des collines ensoleillées. Néanmoins, en classe, il se révèle doué en mathématiques et passionné par l’histoire. Le latin et la littérature ne l’attirent guère. Il fera des fautes d’orthographe toute sa vie.

Ses camarades se moquent :

— Napoleoné, la paille-au-nez !

Napoléon, à son arrivée, ne parlait que le corse. En trois mois, il apprend tout de même le français, démontrant un esprit travailleur et décidé. Il est assez solitaire, mais se lie d’amitié avec quelques garçons qui lui resteront fidèles. Parmi eux, Louis de Bourrienne, qui deviendra son secrétaire et confident, ou Louis d’Avout, qui sera maréchal et ministre de la guerre.

napoleon_ecole_militaire_brienne Napoléon Bonaparte raconté aux enfants, première partie

Bonaparte enfant, à l'école militaire de Brienne

Déjà, le jeune corse montre son esprit de commandement, son don pour entraîner les autres. C’est un chef né, il est fait pour commander. Un jour d’hiver, une épaisse couche de neige recouvre la cour de récréation.

— Faisons ici des tranchées. Là, vous allez faire un muret.
— Oui, oui, bonne idée !
— Et quand les fortifications seront achevées, on fera deux camps, on se battra et je me charge de diriger l’assaut !

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