St Dominique Savio raconté aux enfants

Dominique Savio piemont

St Dominique Savio raconté aux enfants

Ce soir, je vais te raconter l’histoire d’un petit garçon qui s’appelait Domenico, Dominique en français.

Je ne t'ai pas encore raconté d'histoire de ce genre. C'est une histoire toute simple. Mais elle est vraie et concerne un enfant comme il y en a eu beaucoup, qu'on a appelés saints. Qu'est-ce que les saints ? De curieux personnages qui ont aim&é Dieu plus qu'eux-mêmes. Tous différents. Il y a un livre qui s'appelle "2000 jeunes saints, jeunes témoins" et dans lequel on découvre qu'il y a eu de très nombreux enfants saints mais aussi qu'il n'y en n'a pas eu deux pareils. A Rome, en Grèce, en Russie, en France, chez les Indiens ou dans le Grand nord canadien, au Japon ou en Chine, il y en a eu partout. Il y en a encore, d'ailleurs ! On en trouve de tous les caractères, dans toutes les sortes de familles, en tous pays, à toutes époques, de toutes les manières d'être face à la vie, face au mauvais sort, face au malheur ou au bonheur.

Aujourd'hui, il n'est pas vraiment permis d'en parler parce que ces enfants étaient chrétiens et qu'on est gêné de parler du christianisme. On préfère le foot ou la nourriture, on préfère même les disputes et les discussions plutôt que se demander qui nous sommes et pour quoi nous sommes faits. C'était déjà ainsi au temps des Hébreux, on n'aimait pas trop ces gens exceptionnels qui suppliaient les autres d'arrêter de perdre leur temps et les invitaient à connaître Dieu. Les gens et surtout les enfants qui savent ce qui est vraiment important sont rarement écoutés par les autres.

Dominique est né en Italie, un beau jour de printemps, il y a de cela plus de cent cinquante ans. C’était en 1842.

Son papa, Charles Savio, est forgeron. Il fabrique des outils et des pièces en métal. Sa maman, Brigitte, est couturière.

Monsieur et Madame Savio sont des gens croyants et même pieux : ils s’efforcent d'être de bons chrétiens. Le petit Dominique sera baptisé le soir même de sa naissance.

Ainsi, leur fils chéri grandit dans ce petit village du Piémont. La famille compte dix enfants.

A la tombée de la nuit, quand son papa revient à la maison, le petit garçon court vers lui. Charles, son père, lui apprend à lire et à écrire. Dominique est un enfant simple, très doux, qui ne se révolte jamais et qui ne se met pas en colère, il ouvre de grands yeux, écoute, observe. Sa maman, elle, lui apprend à prier, à ouvrir son cœur à Dieu. Elle lui lit les Évangiles qui racontent l’histoire de Jésus-Christ et celle de ses premiers disciples.

Tous les matins,  son garçon l’accompagne à la messe. L'abbé de leur paroisse, qui se nomme Don Zucca, est émerveillé devant le recueillement de Dominique.

– Madame Savio, lui dit-il un jour, Dominique est très jeune, il n’a que cinq ans, mais quand je le vois prier, je sais qu’il est proche de Dieu. Voudrait-il devenir enfant de chœur ?

Dominique servirait ainsi son Église, apportant la chasuble à monsieur l'Abbé avant l'office ou passant un petit coup de balai dans la sacristie.

La  maman, fière et émue, accepte la proposition et confie quelques heures par semaines son jeune fils aux bons soins du saint prêtre.
C’est une grande joie pour Dominique.

L’année suivante, à sept ans, il reçoit, sa Première communion, le jour de Pâques. Quel bonheur pour lui que de recevoir Jésus !

Ce jour-là, il décide deux choses : « Jésus et Marie seront mes amis pour toujours. Je préfèrerais mourir plutôt que de commettre un péché. »

Bientôt, cette belle résolution est mise à l’épreuve. C’est l’été, et comme tous les étés en Italie, il fait très chaud. Les enfants du village vont se baigner dans l’étang. Pourtant, se baigner là est interdit. En effet, cet étang est réservé aux bêtes: les troupeaux de brebis et de chèvres ont besoin de cette réserve d'eau.

– Allez, viens, Dominique !
– Non, répond-t-il, c’est interdit.
– Voyons, viens, personne ne le saura ! l’appellent encore les enfants.

Dominique a tellement chaud, lui aussi… Que va-t-il faire ?

– Non, refuse fermement Dominique. Je ne ferai pas ce qui est défendu.

Dominique est intègre, cela veut dire qu'il fait ce qu'il sait être juste.  Il fait ce qui est bon. Et il sait, notre jeune ami, qu'il est bon que les animaux puissent boire quand il fait très chaud.

Par conséquent, au lieu d'aller se baigner là où il ne le peut pas, il se rafraichit autrement : son ruisseau préféré à l'ombre des grands chênes lui apportera un bienfait innocent. Dominique ne veut pas avoir à rougir de ses bêtises. Il fait au mieux pour se montrer sage. Ce n'est pas facile mais tout son cœur désire être ainsi et cela, il sait que Dieu le voit.

Le temps passe. Dominique grandit. Son esprit se développe du même élan son corps gracile.

– Papa, maman ! demande-t-il à ses parents, j'aime lire, écrire et compter. Papa m'apprend beaucoup de chose mais j'aimerais aller quelques temps à l'école.

Le père n'est pas sûr que ce soit une heureuse perspective :

– Mon pauvre enfant, tu veux aller à l'école ? Eh ! bien, vas-y mais, j'espère juste que tu n'y souffriras pas trop.
– Je pourrais peut-être aller à Castelnuovo, propose Dominique.
– Mon enfant, lui dit doucement sa maman, c’est à quatre kilomètres d’ici. Il te faudra faire ce trajet quatre fois par jour... cela fait seize kilomètres, te rends-tu bien compte ?
– Ce n’est pas grave maman, insiste Dominique. J’en suis capable, je suis décidé.
– Soit, accepte le père. Nous irons parler au maître d'école.

Dès lors, qu'il vente ou qu'il pleuve, Dominique faisait tout les jours des heures pour aller à l’école du village.

 

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La région d'enfance de Dominique, le Piémont, est très vallonnée et couverte de vignes

– N’es-tu pas inquiet, Dominique, de faire ce trajet tout seul ? lui demande-t-on. Il faut dire que les routes ne sont pas totalement sûres à l'époque et qu'on y croise parfois des gredins.

– Je ne suis pas seul, répondait le garçon, je suis avec Jésus.

Son espérance est si grande.

A l’école aussi, il s’appliqua à imiter Jésus en toutes choses.

Un jour, alors que le maître avait de dos tourné, quelques un de ces camarades mirent un seau de neige et de pierres dans le poêle chauffant la classe. La neige fondit et le sol de la classe fût inondé.

– Qui a fait cela ? gronda le maître, fâché.
– C’est Dominique, répondent en chœur les mauvais garnements.

Bien sûr, c’est faux. Mais Dominique ne dit rien. Il se laisse punir.

Le lendemain, le maître apprend les noms des vrais coupables. Il dit à Dominique de venir près de lui puis l'interrogea:

– Pourquoi n’as-tu rien dit lorsque je t’ai accusé ?
– Je ne voulais pas que ceux qui ont fait cela soient renvoyés de l’école. Et puis, ajouta-t-il, enflammé, Jésus aussi a été accusé à tort. Je suis heureux de cette occasion de me rapprocher de lui.

Plus tard, au cours sa douzième année, Dominique rencontra un prêtre extraordinaire. Il s’appelait Don Bosco. Abbé de Turin, Don Bosco avait fondé une école pour les enfants pauvres, le Valdocco.

Le maître d’école de Dominique connaissait bien cet homme. Il lui parla alors de son brillant élève. Si Dominique pouvait étudier dans son école, quelle chance se serait pour lui ! Il organisa une rencontre. Le jeune garçon fut intimidé mais il parla sans crainte.

– Que veux-tu faire lorsque tu seras grand ? demanda Don Bosco à Dominique.
– Je veux être prêtre, répondit Dominique.
– C’est bien, mon garçon, dit Don Bosco. Mais il te faudra travailler, tu sais !
– Je n’ai pas peur du travail, affirma Dominique.
– Eh ! bien, voyons cela, dit Don Bosco en tendant un livre au jeune garçon. Lis ce passage et reviens me voir quand tu penses le connaître par cœur. Pendant ce temps, je vais parler à tes parents.

Mais après seulement quelques minutes, Dominique revint et récita la page sans se tromper. Don Bosco fut étonné par sa mémoire extraordinaire. C’était décidé: il emmènerait Dominique à Turin.

Dans cette école, avec les autres garçons, Dominique étudia, pria et joua avec entrain. Tous les soirs, Don Bosco parlait de Dieu.

– Veux-tu devenir saint, comme le demande l'apôtre Paul ? Par la grâce du Seigneur, dit don Bosco, tu en as l'étoffe !
– Oui, je le désire vivement et je souhaite que cette étoffe devienne un bel habit pour le Seigneur, répond Dominique; mais il me faut pour cela un bon tailleur. Acceptez-vous de le devenir pour moi ?

Don Bosco comprit qu'il avait affaire à un garçon décidé, qui brûlait de Foi.

Savio raconté, l'histoire du soir

– Dieu vous appelle tous à être saints, enseignait Don Bosco aux enfants.

C'est pourquoi Dominique est émerveillé.

– Aidez-moi à devenir saint, s'il vous plaît, padre.

– Sois joyeux, prie, étudie et fais du bien aux autres. C'est tout. Et c'est déjà beaucoup.

Dominique suivit ces conseils.

Il voulait que tous ses amis vivent en paix. Il se plaçait entre les garçons qui en arrivaient aux mains et recevait des coups à leur place, mais il trouvait cela juste car il voulait la paix. La guerre entre enfants lui faisait tellement mal au cœur ! Il essayait de réconcilier ceux qui étaient fâchés, même les garçons plus âgés que lui. Il se disait ainsi qu'en éteignant la guerre chez les enfants, il empêcherait de grandes guerres d'adultes.

– Giovanni, et toi, Marco, cessez de vous battre, pour l’amour de Dieu !

Mais les deux garçons étaient très en colère. Ils voulaient se battre à coup de pierres.

– Pousse-toi, Dominique, va-t-en ! je veux lui donner une bonne leçon !
– Non ! dit Dominique qui s'interpose. Je ne m’en irai pas. Si vous voulez lancer des pierres, jetez-les sur moi.

Suite à cette parole, pleine de calme et de courage, les deux garçons renoncèrent à la bagarre et se réconcilièrent quelques jours plus tard.

Dominique était attentif aux autres. S'il fallait aider un de ses camarades, il était là. Dans la cour de récréation, il veillait à ce qu’aucun enfant ne soit laissé de côté.

– Enrico, viens donc jouer avec nous ! Tiens ! hop ! attrape ce ballon !

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l'histoire du soir: St Dominique

Une fois, par un jour de grand froid, il donna ses gants à un enfant qui avait les mains glacées.

A l’école, il aidait ceux qui ne comprenaient pas bien les devoirs. Il rangeait le réfectoire après le dîner, balayant les miettes tombées au sol.

Ainsi plein de compassion et d'ardeur, Dominique voulait devenir un Saint…

Avec quelques amis, il fonda « la Compagnie de Marie Immaculée », pour s’entraider à prier, à grandir dans la Foi. Lorsque certains garçons faisaient de mauvaises actions, il s’efforçait de les aider en priant pour eux,  les invitant à jouer avec lui. Il voulait toucher leur cœur en leur offrant son amitié.

Néanmoins, Dominique n’avait pas une bonne santé. En mars 1857, a presque quinze ans, il tomba gravement malade. Ses parents vinrent le chercher pour le soigner à la maison.

La séparation fut douloureuse.

Savio raconté

– Adieu, cher Don Bosco, et vous, tous mes amis. Priez pour moi comme je prierai pour vous !

Comme il était triste de quitter ses amis. Les reverrait-il un jour ?

Il retrouva tout de même avec joie sa famille, ses parents, ses sœurs et son petit frère. Le bon air de la campagne lui fit du bien et sa maman se dévouait pour le soigner de son mieux. Malgré tout, la maladie s'aggrava et son état s'effondra brutalement.

Le 9 mars, Dominique ferma pour toujours ces yeux magnifiques qu'il avait, entouré de ceux qui l'aimait.

Cent ans après ses humbles aventures, Dominique fût reconnu saint. Il fut canonisé en 1954 et a été proclamé patron des "Pueri Cantores", des petits chanteurs et des jeunes délinquants parce qu'il aidait ses camarades à retrouver le chemin de l'Évangile.

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St Dominique Savio raconté aux enfants

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