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L’invention de la mongolfière

Voici l'histoire du premier homme dans le ciel.

Un voyageur de Lyon, venu présenter sa marchandise s’arrêtait un soir dans une auberge des faubourgs d’Avignon, à l’enseigne du « Bon repos ».

Poussant la porte, s'installant, il commanda un dîner qui se devait, selon lui, d'être copieux et de ne pas attendre.
— Fort bien, Monseigneur
, dit l’hôte avec un accent typique de la Provence, en s’inclinant. Nous ferez-vous l'honneur de loger à l'auberge cette nuit ?
Oui, mon cher, mais appelle-moi Monsieur. Je reste chez toi si tu as une chambre convenable et propre.
— Monsieur, toutes mes chambres le sont.
— J'entends: sans blatte, sans cafard, balayée, draps frais, rideaux opaques, couloir silencieux et une fenêtre côté cour. Voici de la monnaie sonnante et trébuchante, finit le voyageur qui semblait savoir ce qu'il voulait, en extrayant un demi-louis d’or de sa bourse.
— C'est bien trop, Monseigneur, vous me comblez.
— Pas du tout, tu me rendras la monnaie. Que crois-tu ?
— C'est ce que je voulais dire. Une nuit trente sols et un repas sept sous. Du vin avec ça ?
— A combien ?
— Cinq sous la pinte.

— Donne-m'en de six.
— Pardon ?
— Donne-m'en de six sous la pinte. A cinq sous, je crains que ton vin soit du vinaigre.
— Oui, j'ai un vin de six sous. Il est meilleur.
— S'il est plus cher, c'est assez naturel, non ?
— Monsieur est perspicace.
— Très.
Mets-m'en pour trois sols.
— Une demi-pinte pour Monseigneur
, dit l’aubergiste en s’inclinant légèrement, affable. Le voyage de Monseigneur a-t-il été agréable ?
— Il a été long. Mais la route est belle.
— Sans doute, je ne la connais pas, je n'ai jamais quitté le bourg, de toute ma vie.
— Le bourg ? Mais mon pauvre ami, ne veux-tu pas voir l'Italie, l'Angleterre, les Alpes vertigineuses ?
— Certainement pas ! si du moins Monseigneur me permet. Ces endroits sont peuplés de gens qui, pour ce qu'on en dit, nous ont fait trop de malheurs; quant aux montagnes, elles sont infestées de loups.
— Tu es une bonne bête, mais tu ne verras rien du monde !
— Monseigneur voyage; moi, je ne vaque qu'à mes affaires...
— Cesse donc de m'appeler Monseigneur, je te l'ai dit, je ne suis qu'un sujet du roi, comme toi. J’ai nom Joseph Montgolfier, humble fabricant de papiers.

Ce Joseph Montgolfier-là n'imaginait pas une seconde comment, dans quelques heures, lui viendrait une idée qui amènerait un changement complet dans la direction du monde. Il découvrirait une invention.

Installé à une table de bois noirci, près de la cheminée, étendant avec plaisir ses jambes engourdies par le long trajet en diligence, le papetier se restaure d'un repas correct. Après le repas, rassasié, il s’attarde un instant à contempler les braises rougeoyantes. Le lendemain, il aurait à finir sa route pour présenter ses papiers aux riches bourgeois d’Avignon. Pour l'heure,il se sent bien, au chaud.

Après une nuit calme, Monsieur est réveillé à l’aube par les pépiements des moineaux dans l’olivier devant sa fenêtre. Un soleil timide perce à peine derrière les nuages et l’air est très frais. Enroulé dans une couverture, il se lève en frissonnant pour aller ranimer le feu qui lui a fait tant de bien la veille au soir. Jetant des brindilles sèches, puis calant une bûche, il reste près du foyer pour se réchauffer un peu, regardant les flammes rouges et or s’élever.

— Peste ! tôt ou tard, il va me falloir enfiler mes habits tout froids… Tiens, mais si je les réchauffais un instant près du feu ?

Aussitôt dit, aussitôt fait. Attrapant sa chemise par le col, il étend le bras dans la cheminée, tenant son vêtement bien au-dessus des flammes. Un moment après, la chemise réchauffée se gonfle comme un ballon et se fit toute légère. Joseph en est très surpris.

— Dame ! Mais elle se serait envolée ! pense-t-il en s’habillant.

Il part faire la tournée de ses clients. En fin de matinée, il se présente chez le gouverneur militaire de la ville, le sieur Dubretol, où un autre incident le rendra plus songeur encore.

Joseph de Montgolfier

Montgolfier, notre cher fournisseur ! entrez ! tenez, asseyez-vous là en attendant que mon épouse nous rejoigne, elle veut un nouveau papier pour les murs de sa chambre.
Je l'attendrai avec vous, Excellence.
— Voulez-vous un café ? Il vient de Paris, il est de mode, paraît-il.
— Volontiers, Monsieur, fait le papetier. Puis, comme le silence se fait et que le gouverneur tient en main un gravure qu'il observe en oubliant son visiteur, Joseph se racle la gorge et son hôte se redresse aussitôt :
— Pardonnez-moi, cher ami ! Je manque à mes devoirs. Ceci est une gravure qu'on vient de me faire parvenir et qui me laisse songeur. Voulez-vous y jeter un coup d’œil ?
— Si votre Excellence le juge utile.
— Que voyez-vous ?
— Une... ville; des troupes. Un siège militaire, je suppose ?
— Les Espagnols font le siège de Gibraltar. La voici sous vos yeux. Une ville fortifiée, entourée de remparts. Encercée, mais sans résultats ! Les murs sont trop épais pour les boulets, less canons ne sont pas assez puissants. Que dites-vous de cela. Ah ! naturellement, si l'on pouvait voler…
Voler ? répéta avec surprise Montgolfier.
— Pure spéculation, ou plaisanterie enfantine, pardonnez-m'en.
— Pure spéculation, dites-vous. Eh ! bien. A vrai dire...
— Hm ?
— La chose, je veux dire voler, semble en effet impossible, mais il vient de m'arriver un petit incident...
— De quel ordre ?
— D'ordre aérien. Voler est peut-être possible, voyez-vous !
— Vous vous moquez, sans doute. Ce qui est plus lourd que l'air ne vole pas.
— Mais les oiseaux volent. Et ils sont plus lourds que l'air.
— Ma foi, vous avez raison. Mais... ils sont pourvus d'un appareillage, leurs ailes, leurs muscles, impossibles à reproduire !
— Supposons maintenant une feuille de papier. Elle s'envole, quand elle est prise dans le vent. Est-elle plus lourde ou plus légère que l'air ?

Le gouverneur se sent un peu dépassé par une conversation sans doute amusante, mais purement imaginative.

— Ce n'est pas avec une feuille de papier que nous gagnerons la guerre, mon cher. A moins qu'il s'agisse de l'ordre de reddition de l'ennemi ! Mais vous êtes un garçon intéressant, imaginatif. Attention que vos idées ne vous conduisent pas à la misère; ça s'est vu ! Mais je suis votre ami, et toujours ravi de causer avec vous.

A ce moment, l'épouse du gouverneur fait son entrée et l'on s'en tient là. Mais Montgolfier est maintenant plongé dans la plus profonde réflexion, ou plutôt dans la plus technique des réflexions. Car c'est un esprit pratique, bricoleur, concret. Il se voit fabriquer une voile suspendue au-dessus d'un feu, ce feu porté sur une plateforme et la voile soulevant la plateforme. Poids, équilibre, solidité de la voile, tout se bouscule dans son esprit tumultueux et il lui faut impérativement courir à ses calculs, à ses papiers, à ses matières en papier.

Ces deux incidents, celui de la chemise soulevée au-dessus du feu et cette phrase qu'a eu le gouverneur l'ont inspiré.

Il fut sans tarder de retour chez lui, à Annonay, village de la plaine du Rhône. A peine sautant de voiture:

— Etienne ! Etienne ! appelle-t-il son frère, je crois que j’ai eu une idée !
Encore ! soupire Etienne qui sort de sa maison à sa rencontre. Monsieur mon frère, allez-vous bien, tout d'abord ?
— Mais oui, à merveille ! fait Joseph, pressé de parler, jetant les deux mains vers son frère comme s'il allait lui déverser une livre de fleurs. Tenez, que je vous explique...
— Comment fut la route ?
— Mais oui, vous dis-je !
— Mais oui quoi ?
— Parfaite. Donc...
— Du danger ?
— Bien sûr, bien sûr...
— Quoi, des encombres, des brigands?
— Mais pas du tout !
— Aucun danger ?
— Mais qu'allez-vous me raconter avec votre danger ? Je vous dis que...
— Vous me dites "bien sûr", quand je vous demande s'il y a eu du danger...
— Mais je vous dis oui à tout si c'est ce que vous voulez entendre !
Je...
— Avez-vous, enfin, rempli le carnet de commandes ?
— Des commandes, il y en a. A la fin, me laisserez-vous parler ?
— Tant que le carnet de commandes est plein...
— Il est bien question de carnet de commandes !
Au diable les commandes !

Cette fois, Etienne se tait, un sourcil relevé.

— Ecoutez plutôt : nous allons fabriquer des ballons en papier. Des ballons volant. Entendez-vous ? Connaissez-vous Gibraltar ? L'Espagnol en fait le siège avec ses troupes.

Etienne essaye à nouveau :

— Ouh ! là, en voilà des discours ! Expliquez-vous. Gibraltar, des ballons, des troupes ?
— Oui. Des ballons, des troupes, c'est ça, exactement ! Imaginez que ces troupes puissent passer les murs sans encombre ?
— Avec des ballons volants ?
— Avec des ballons volants.
— Et comment un ballon volerait-il ?
— Avec de la chaleur.
— Laquelle ?
— Celle d'un feu. La chaleur monte, j'en ai fait cette expérience malgré moi: ma chemise, au-dessus de feu, elle s'est soulevée !
— Oui, la chaleur monte, on le sait. Mais, mon pauvre ami, vous me parlez de ballon en papier, pour passer des murs. Trois coup de mousquet de la part des soldats assiégés et votre ballon est par terre !
— Evidemment... Mais, insista Joseph après avoir regardé un court moment vers l'horizon, si le ballon pouvait s'élever loin, haut, hors de portée des fusils ?
— Sans doute, mais quel intérêt ?
— Voir ! Connaître la dispositions des défenseurs. Ses réserves en munition. Son organisation. Le côté où il est le plus faible ! Mille choses enfin que les soldats ont besoin de savoir. Et si ce ne sont pas les soldats, voir Paris, ses rues, ses faubourgs ! voir les montagnes, en faire les relevés cartographiques. Voir la mer et deviner les bateaux avant qu'il soient à portée des côtes !

Etienne se tait. Il comprend enfin ce que signifie cette agitation chez Joseph. Il a effectivement eu une idée. Voilà qui vaut de s'y arrêter.

— Je vois ce que vous voulez dire. Enfin, je le crois.
— Préparez du tissu de taffetas, du cordage et vous verrez l'une des choses les plus étonnantes du monde !
Tenez, voyez mon dessin. Nous allons coudre des larges pièces de tissu, pour former une énorme boule. Il faudra laisser une ouverture en bas par laquelle la chaleur d'un feu entrera. L'enveloppe du ballon en sera gonflée, l'ensemble allégé, puis, si je ne m'abuse, on devrait le voir s'envoler.
— Voyons cette brillante idée, fit Etienne, renonçant à résister à une telle impétuosité.

Dans la manufacture des Montgolfier, tous s’unissent pour fabriquer le ballon.

— Commençons d’abord par fabriquer un petit modèle, décrète Joseph.
Tenez, cher ami, lui propose sa femme Thérèse, voici une grande pièce de tissu en soie de Florence. Je la gardais pour doubler des gilets, mais elle conviendra à votre projet.

C'est décembre 1782 et dans la cour de la manufacture, tous les ouvriers assistent à la première. Un feu brûle et produit sa chaleur. L'enveloppe en tissu se gonfle effectivement. Puis, à la stupéfaction générale, le ballon s’élève !

— Il vole, il vole ! crie Joseph, fou de joie, qui prend son frère dans les bras, passe à un autre, danse en rond.
— M
on frère, pour cette fois, en effet, quelle idée vous avez eue ! Le monde va en être révolutionné...
— C'est la première fois de l'histoire que cela se produit. Entendez-vous ? C'est donc qu'on peut voler !
— Tout au moins, pour l'instant, on peut envoler un objet. Un homme, c'est autre chose. C'est un fameux poids.
— Fabriquons-en un autre. Plus gros !
— Vous ne comptez pas faire voler un homme ?
— Non, bien sûr, faisons un poids équivalent à un homme, pour commencer, et voyons quelle force il faut pour l'envoler. Et puis, pourquoi pas, une bête, un mouton par exemple !
— Oui, bien sûr, c'est ce qu'il faut faire.
— Mais, s’inquiète Adélaïde, l'épouse d’Etienne, il ne sera pas facile de trouver assez de soie.
Nous ferons l'enveloppe en grosse toile, répond Joseph, renforcée par une épaisseur de papier qui la rendra aussi imperméable que la soie.

Après plusieurs mois de travail, un ballon considérable fut enfin prêt. Dans la cour du couvent des Cordeliers, on alluma un grand feu. Les bûches se mirent à flamber, et petit à petit, le ballon se gonfla, enfla, se déploya dans les airs. Il était entravé par de solides cordes, retenues par huit ouvriers.

— Regardez, Etienne ! s’écria Joseph au comble de l’enthousiasme.
Oui, mon frère, mais quelle fumée ! répondit l’autre en toussant.

Le ballon, qui ne portait aucun homme mais une charge équivalente, s’éleva du sol, se mit à tendre les cordes que les hommes tenaient fermement.

— Il veut s’envoler, monsieur Montgolfier !
Lâchez tout ! ordonna Joseph.

Aussitôt, le ballon s’envola dans le ciel et commença son voyage aérien. Tous les spectateurs, poussant des cris d’étonnement, le suivirent des yeux. Le ballon monta à mille mètres de haut, avant de redescendre et de s’affaler au sol à trois kilomètres de là, sans aucun accident.

Le second essai de cette spectaculaire invention avait attiré de nombreux spectateurs.

— Quelle est cette diablerie ? s’étonnaient les uns.
Quelle invention merveilleuse ! se réjouissaient les autres. On dit que cela s'appelle un aérostat. Ce sont les frères Montgolfier qui l'ont inventé.

On en parla tant que la nouvelle arriva jusqu’aux oreilles du roi Louis XVI. Le roi, qui avait grand goût pour les inventions, invita les deux frères à faire une démonstration de leur œuvre devant lui et la Cour. Les Montgolfier firent assembler un autre ballon, encore plus grand, auquel une grande cage était solidement arrimée.

Un fermier s’approcha, y fit grimper un mouton, qui bêlait d’un air apeuré, puis un coq, qui battait des ailes et enfin un canard, qui lançait des « coin-coin » indignés et qui semblait ne pas trouver convenable qu'on le forçat à monter.

— Quel vacarme ! Que faites-vous donc de ces pauvres bêtes ? s’inquiéta madame de Montgolfier, resserrant autour d’elle les pans de son long châle jaune.
Chère amie, nous avons convenu de les faire voyager par air. Je veux voir s’ils vont survivre à si haute altitude !

Le vol fut une réussite ; le mouton, le canard et le coq revinrent en parfaite santé.
Bravo, Messieurs ! les félicita le roi. C'est un jour dont l'Histoire gardera mémoire, je vous l'assure. Mais, selon vous, verra-t-on un jour des hommes aller ainsi dans le ciel, après ces bonnes bêtes ?
— Certainement, Sire, si un gouvernement le décide.
— Qui oserait cette aventure risquée ?
Moi ! s’écria un jeune homme assez téméraire pour s'avancer au milieu de la foule, moi, je le ferai ! J’ai toujours rêvé de m’envoler dans les airs, dit-il d'un air enjoué en s'approchant, c’est une chance que je ne laisserai pas passer !
— Et qui êtes-vous ?
— Je me nomme Pilâtre du Rozier, Sire.
— Si ce jeune homme vous paraît convenable, Messieurs... Eh !
bien, c’est d’accord. Vous conduirez cet essai au château de la Muette. Faites le nécessaire, Messieurs, pour que Monsieur... du Rozier, c'est cela ? nous revienne sain et sauf. Je ne veux pas que l'un de mes sujets ait à payer le prix de l'innovation que vous avez eu la grâce de me présenter.

C’est ainsi que, le 21 novembre 1783, le roi et près de trois cents curieux se rassemblent. Les frères Montgolfier, très émus et agités, supervisent les préparatifs du vol.

— Si le ballon allait ne pas s’envoler ! s’agite Joseph.
S’il allait ne pas redescendre ! rétorque Etienne, un peu pâle, ou atterrir dans la Seine, ou se prendre dans les arbres de la forêt de Marly !
A la grâce de Dieu ! lance Pilâtre du Rozier, impatient de s’envoler.

Il enjambe lestement la nacelle, nouant autour de son cou une vaste cape de laine.

— Il doit faire terriblement froid, là-haut ! Allons, houspille-t-il les ouvriers, faites donc flamber ce bois. Il faut qu’il ronfle comme en enfer !

La magie opère encore une fois. Soulevé par l’air chaud, le ballon s’envole dans les airs sous les applaudissements de la foule. Après avoir survolé la plaine de Chaillot, il redescend sur la Butte-aux-Cailles, près de Paris, sous les acclamations du peuple.

— Décidément, bravo, Messieurs de Montgolfier ! les félicite le roi, ravi, jovial presque, chaleureux et visiblement passionné. C’est la première fois, me dit-on, qu’un homme peut voler comme un oiseau. La France est fière de vous !
— C
omment allons-nous appeler cette engin volant ? demande la reine.
— Ma mie, ce sera... disons,
la "Montgolfière", qu'en dites-vous ?

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Hildegarde de Bingen racontée aux enfants

Hildegarde_von_Bingen Hildegarde de Bingen https://lhistoiredusoir.com

Hildegarde de Bingen

Le 17 septembre 1179, voici que deux arcs-en-ciel apparaissent dans le ciel, s’élevant des quatre coins de l’horizon. Là où les arcs se croisent, une croix rayonne dans une vive lumière. D’abord de petite taille, la croix grandit puis emplit l’immensité du ciel.

Cette clarté surnaturelle enveloppe toute la colline de Saint-Rupert, au cœur de la vallée du Rhin au sommet de laquelle se dresse une abbaye où une religieuse vient de mourir. C’est Mère Hildegarde, l’abbesse de la communauté.

Les sœurs qui l’entourent ne sont pas surprises de cette étonnante vision. Mère Hildegarde n’avait-elle pas annoncé la date de sa mort quelques jours auparavant ? N’est-elle pas célèbre dans toute l’Europe pour les récits de ses visions divines ?

Cette histoire vraie se passe il y a presque mille ans, en Allemagne.

Dans le château de Bermersheim, vivait une noble famille de chevaliers. Hildebert et Mathilde avaient dix enfants. La benjamine, Hildegarde, était très pieuse. Elle aimait contempler la nature, le Rhin qui serpentait dans la vallée, les champs de blés dorés par le soleil, de même qu'elle aimait se promener dans les forêts verdoyantes.

A l’âge de quatre ans, en promenade dans les champs avec sa nourrice, elle s’exclama joyeusement :

— Nourrice, regarde cette vache, là-bas !
— Oui, mon enfant, répondit la nourrice. Elle va bientôt mettre bas, un petit veau va naître.
— Vois, nourrice, comme il est joli, le veau qui est dans cette vache ! Il est tout blanc, avec de nombreuses taches noires sur le front, les pattes et le dos !

La nourrice, stupéfaite, raconta cela à la maman, Mathilde, au retour de la promenade. Celle-ci désira qu’on lui apporte le veau à la mise bas, à la naissance. Il fut comme Hildegarde l’avait annoncé ! Ce fut sa première vision.

Voyant son amour de Dieu et sa piété, ses parents l’envoyèrent grandir et étudier dans un monastère proche, comme c’était l’usage au Moyen-Age. Ainsi, la jeune Hildegarde âgée de huit ans, fit un beau matin ses adieux à sa famille et … La suite dans votre abonnement (cliquez ici).

auvergne hiver

La Bête du Gévaudan racontée aux enfants

— « Au secours ! à l’aide ! » s’écrie Jeannette en courant à perdre haleine sur le chemin qui mène à son village.
— Ma Jeannette, que se passe-t-il ? s’exclame sa mère en sortant de leur ferme. Pourquoi tes habits sont-ils tout déchirés ? Et où sont les bœufs que tu dois garder ?
— Oh ! maman, répond la jeune fille tout essoufflée, une bête… une bête terrifiante m’a attaquée ! Je menais tranquillement les bœufs à paître dans le pré, lorsqu’elle a surgi du bois et s’est jetée sur moi. J’ai eu tellement peur, maman ! mais les vaches m’ont défendue. La Noiraude lui a donné de grands coups de cornes, et la brave Roussette ! vous auriez dû la voir grattant le sol avec ses sabots !
— Dieu soit loué, mon enfant, tu es saine et sauve ! dit la mère en serrant sa fillette dans ses bras.

C'était, au début de l’été 1764, la première attaque d'une bête mystérieuse qui effraya tout une région, une bête qu'on appellerait la "bête du Gévaudan". La paix de ces petits villages d’Auvergne, nichés au creux des vallées du grand "pays" du Massif Central, allait être troublée pendant plusieurs années.

ob_6bc90e_dsc06015-gf La Bête du Gévaudan

Après la vachère Jeannette, d’autres enfants furent attaqués et gravement blessés par la bête. Son poil roux était strié de bandes noires, et une tâche blanche apparaissait sur son poitrail. Ses courtes oreilles, son museau fin, et sa gueule armée de quarante-deux dents la rendaient terrifiante.

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Charlemagne, l’empereur des Francs raconté aux enfants

Histoire pour enfant Charlemagne, l'empereur des Francs

Voici ce soir une page très célèbre de l’Histoire de France, celle d’un grand roi franc, Charlemagne. Son nom signifie « Charles le grand roi », du latin « magnus rex », non pas parce qu’il était de haute taille, mais parce qu’il a été un roi très important et respecté.

Cette histoire commence le 9 octobre 768, il y a fort longtemps, plus de 1200 ans. Le roi des Francs, Pépin le Bref, vient de mourir.  Son fils aîné Charles arpente à grands pas la salle du palais. C’est un guerrier valeureux, de haute taille, âgé de 29 ans. Son ancêtre Clovis a été le premier roi des Francs, par qui la France est devenue chrétienne. On compte aussi parmi ses aïeux Clotaire II, le fils de la terrible Frédégonde, et l’intrépide Charles Martel, dont le courage à Poitiers a protégé la France de l’invasion arabe.

Charles est fier de cette noble et ancienne famille. Il est fort et ambitieux. Mais, comme le veut la coutume germanique, il doit partager le royaume avec son jeune frère Carloman.  Leur mère, la reine Bertrade, que l’on surnommera « Berthe aux grands pieds », est une femme douce mais ferme. Elle a fort à faire pour maintenir l’amitié entre les deux frères rois.

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Cet homme ressemble peut-être à Charlemagne. Ce qui est sûr, c'est que l'empereur à "la barbe fleurie" ne portait... pas de barbe.

— Carloman a un royaume plus riche et plus grand que le mien ! se révolte Charles. C’est injuste, je suis son aîné !
— Charles, lui répond sa mère, c’est la tradition et la volonté de votre père qu’il en soit ainsi.
— Et Carloman me refuse son aide pour combattre l’Aquitaine en révolte ! s’exaspère Charles. Qu’à cela ne tienne, je vais montrer à tous que je peux m’en sortir seul !

Charlemagne, l'empereur des Francs, carte de deux royaumes de Charles et Carloman https://lhistoiredusoir.com

Le royaume est partagé par les deux frères

Et il réussit à soumettre les Aquitains avec seulement son armée. Il en profite pour agrandir son royaume en Gascogne. Mais après seulement trois ans de règne, Carloman meurt. Maintenant, Charles gouverne seul, ayant écarté du pouvoir ses neveux, les enfants de son frère.

Le royaume des Francs est riche et très vaste, et de nombreux ennemis le convoitent, attaquant les … La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

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Avant la nuit de Noël raconté aux enfants

Lorsque Marie et Joseph traversèrent Bethléem en quête d’un gîte et d’un couvert, ils rencontrèrent ses habitants.

Histoire pour enfant Avant la nuit de Noël

Histoire pour enfant Avant la nuit de Noël le voyage de Joseph et Marie

Ils ne trouvèrent nulle part où se loger. Par charité, tout le monde a oublié les réponses des habitants de la ville, qui ne leur trouvèrent aucune place. Pourtant, Marie et Joseph n’étaient pas encombrants, ils n’avaient qu’un petit bagage. La maman était enceinte et avait besoin d’un toit sous lequel dormir. Mais rien n’y fit, ils ne trouvèrent pas à se loger dans cette grande ville.

Mais rien n’est plus simple que de savoir ce que les habitants leur dirent : ils suffit de traverser une vie et de tendre l’oreille.

A la première maison, Joseph avait frappé doucement sur la porte en chêne. Il n’y avait eu aucune réponse. Personne non plus à la seconde maison. Peut-être ne frappait-il pas assez fort ? Alors, à la troisième maison, il tapa du poing. La porte s’ouvrit sur une dame au visage impassible.
— Madame, que Dieu soit sur vous et tous les vôtres, nous sommes à la recherche d’un logis, connaîtriez-vous quelqu’un qui pourrait nous héberger ?
La dame ne fut guère surprise. L’empereur romain avait ordonné à tous les habitants de l’empire de se faire recenser. Alors chacun des environs était venu en ville avec sa famille. Ils étaient très nombreux à la recherche d’un abri. Mais c’était là le premier couple qui osait venir jusque chez elle.

Histoire pour enfant Avant la nuit de Noël

Bruegel l'ancien: le dénombrement de Bethléem

— Est-ce que dans ce quartier on ne trouverait pas une place pour ma femme, qui est sur le point d’accoucher ? redit Joseph.
Impavide, la dame ne trouvait pas de réponse :
— Je vais voir. Repassez plus tard, je me renseignerai. Continuez à chercher et si jamais vous ne trouvez rien, revenez par ici, j’aurai peut-être trouvé quelque chose. Mais je ne vous promets rien.
Marie et Joseph s’éloignèrent et naturellement la brave dame oublia l’incident.
Plus loin, on leur répondit :
— Vous allez au-devant d’une grosse désillusion. Les gens ici sont égoïstes.
— Est-ce possible ?
— Vous verrez, ils vous diront qu’ils vont essayer de trouver, mais ils ne feront rien. Allez, bonne chance quand même.
Plus loin encore, ils furent mis en garde :
— Méfiez-vous, on va vous dire « oui », mais au final on vous fera payer une fortune.
Et la porte se refermait.

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Joseph comprit alors qu’il était bien loin de Nazareth, la petite ville où il travaillait, où les choses étaient plus simples.
De seuil de porte en seuil de porte, la plupart des gens ne répondaient pratiquement rien. Neuf sur dix ne répondaient vraiment rien, à part quelques mots gênés comme « je ne sais pas » ou « je ne suis pas au courant ». Il n’y avait pas vraiment lieu d’être « au courant », mais c’était le genre de mots qu’on dit sans y penser, pour se défausser.
Ou encore :
— Excusez-moi, mais on ne se connaît pas. Avec tous ces brigands sur la route. Sans compter tous ces étrangers qui rôdent comme s’ils étaient chez eux…
Et ainsi de suite, la litanie des mauvaises excuses n’avait pas de cesse :
— Nous n’avons pas de place et je suis trop occupé.
— Je peux vous donner un quignon de pain, mais pour vous loger, ce n’est pas possible.
— Ce serait sacrilège, pour nous, c’est le 25ème jour du calendrier qui précède l’immolation des brebis offertes à Phoibos (il y avait une quantité de religions alors, et il était impossible de dénombrer les cultes et les rituels).
— Je passe mon temps à m’occuper des pauvres et des miséreux, je leur donne tout, laissez-moi en paix un jour ou deux, voulez-vous ?
Cette dernière réponse était la plus fréquente, avec des variations, telles que :
— J’ai déjà hébergé quelqu’un hier.
— Ce serait avec plaisir et grande joie, mais le personnel de maison a pris son congé.
— Je garde une chambre, c’est vrai, d’ailleurs chacun doit avoir de quoi loger un pèlerin, mais d’abord vous n’êtes pas pèlerins et puis pour tout vous dire, je conserve cette chambre pour des gens qui seraient vraiment démunis, pour des vrais pauvres. Si je vous logeait et qu’un vrai pauvre surgissait ? Nous serions vous et moi dans le pétrin, pas vrai ?
Bref, les mauvaises excuses étaient nombreuses.
— Personne ne vous obligeait à venir à Bethléem.
— Vous collaborez à l’ordre romain en vous faisant recenser.
— Cachez-vous vite, fuyez, ne restez pas dans les parages ! (la porte dans ce cas-là claquait fort au nez de Joseph).
— Réfléchissez une seconde : si je vous héberge, je rends service à l’Empire, et pour moi mieux vaut ne rien faire qui arrange ses affaires.
— Il va y avoir du grabuge. Si quelqu'un vous trouve chez moi, ma retraite est fichue. Essayez de comprendre un peu.
— Ne faites pas de la provocation. A errer ainsi dans la rue, vous allez nous attirer des ennuis.
— Est-ce que vous avez l’air de dire que Rome n’a pas prévu de vous loger ? Impossible ! A moins que vous soyez des propagandistes ennemis de Rome.
Une jeune dame voulait absolument faire comprendre qu’elle était riche :
— Une chambre ? Vous plaisantez ! Je peux vous offrir un palais, seulement mon mari attend le droit de le construire, revenez l’année prochaine.
Il y avait les impies qui disaient non et ajoutaient, une fois la porte refermée :
« Si Dieu existait réellement, il ne les aurait pas envoyés sur la route dans cet état-là ! »
Il est vrai qu’enceinte et sur le point d’accoucher, Marie ne pouvait que supporter difficilement le voyage.
Une fois, ils tombèrent sur un homme très intelligent, un lettré, qui discourut d’un air très pénétré sur ce qu’il convenait de mettre en place en faveur des pèlerins et des voyageurs, sur la politique de la ville et sur le destin de l’homme confronté à la solitude et à l’égoïsme.
Mais il y avait d’autres réactions, moins courantes. Par exemple, cette maisonnée pleine de rires et d’humour, qui orienta le pauvre couple dans une mauvaise direction et les observa se perdre. C’était si drôle.
Tout en s’égarant, convaincus d’aller vers un lieu hospitalier, les trois saintes personnes (Joseph et Marie, et puis Jésus dans le ventre de Marie) passèrent devant une maison à laquelle Joseph n’osa pas frapper, et l’hôte de cette demeure prit très mal la chose :
— Ils ne viennent même pas frapper chez nous comme chez la voisine. Non, mais, pour qui se prennent-ils ? Ce n’est pas croyable !
Il y avait bien sûr ces gens qui les orientaient vers l’hospice public ou le temple, après tout il y a des services publics pour ça, à quoi servent les impôts et les offrandes ?
— Le temple et l’hospice sont pleins, malheureusement, nous y sommes allés.
— Il faut dire que vous vous y prenez un peu tard. Vous avez planifié votre déplacement ? Il fallait vous organiser. Vous n’avez pas entendu parler du recensement ?
Celui-ci ajouterait vers sa femme, une fois la porte tirée : « Il voyage avec une femme enceinte et il s’y prend au dernier moment. On se demande vraiment dans quel monde on est. »
Dans un autre registre, il y avait ceux qui se scandalisaient à mi-mots :
— Le problème, c’est que par ce temps-là, vous jouez avec la santé de l’enfant. La santé, c’est primordial.
Ou ceux qui ne s’inquiétaient pas, ils étaient nombreux, spécialement ceux qui étaient sur le point de passer à table :
— Ne vous en faites pas, ça va s’arranger. Soyez patients.
Ou même :
— Priez, priez, priez ! Le Ciel vous viendra en aide. Bonne route !
— Le Ciel entend toutes les prières et Dieu est bon. Gardez courage. J’ai bien connu votre situation. Il y a des tas de gens dans votre situation, il ont besoin de votre courage. Au revoir !
Pourtant, Marie et Joseph pensèrent à un moment donné toucher au but. Il y eut de très braves gens qui, pleins de bons sentiments, répondirent :
— Nous ne méritons pas votre présence chez nous.
— Mais au contraire, insistait Joseph qui reprit courage, vous nous feriez grand honneur, vraiment si vous aviez une petite place.
— Oh ! non, monsieur, madame, on voit bien que vous êtes des gens bien élevés, avec de la religion et tout et tout, non, nous ne sommes pas dignes. Si j’avais de quoi, une pièce propre... digne des gens de la "haute"... non, vraiment, nous n’oserons jamais. Passez votre chemin, nous sommes trop humbles.
Cette remarque laissa Marie et Joseph décontenancés car ils se pensaient eux-mêmes fort humbles, et ils étaient réellement fort modestes, à Nazareth, étant parmi les plus pauvres alors qu'il y avait au village de puissants personnages possédant des centaines de bêtes et de grandes maisons. Ce n'était pas leur cas, Joseph et Marie étaient simples; comme beaucoup de jeunes couples, il faut le dire. Assurément, jamais ils n'auraient pensé être regardés comme d'un haut rang social. Mais à la vérité, si cette personne leur avait dit ça, c'est parce qu'ils portaient non seulement sur leur visage la royauté sublime de leur deux belles âmes mais en plus, dans tout leur être irradiait la divinité rayonnante de l'enfant qu'ils attendaient. Si bien que, si une maman est bien contente de s'entendre dire qu'elle rayonne grâce à sa grossesse, imaginez ce que ce devait être chez Marie, combien elle pouvait être belle !
Oui, enfin, en attendant, il n’y avait rien à faire. Ils étaient toujours sur la route, le vent sifflait doucement en refroidissant de minute en minute. Sans doute qu'il neigerait, cette nuit.
Le meilleur, je vous le garde pour la fin. Un homme qui avait tout l’air d’un visionnaire leur dit :
— Pour l’amour du Ciel, mais je sais qui vous êtes !
— Vous savez qui nous sommes ?
— Par le Très-Haut, vous êtes Marie et Joseph, de Nazareth !
— C’est vrai. Nous serions-nous déjà rencontrés ?
Joseph eut un regard joyeux vers Marie qui sourit, dans la joie d’avoir rencontré quelqu’un qui les reconnaissait.
— Oui, je vous ai vus, à Nazareth. Je suis persuadé que c'est votre enfant qui sera le Sauveur. Je l'ai entendu en songe. Il est écrit qu’un sauveur va nous naître, les prophètes nous l’ont annoncé, et je sais au fond de moi qu’Il va venir par vous et je sens… Dieu me garde ! Je sais que c’est l’enfant qui est dans ce ventre ! N’est-ce pas ? J’en ai eu l’illumination dès que je vous ai revus à l'instant.
— Béni soit l’Esprit !
— Je vous en supplie, priez pour moi !
— Nous prierons pour vous.
— Je vais de ce pas prévenir les miens !
— Mais nous logeriez-vous ?
— Hosanna ! Je cours avertir mon père et ma mère, et ma famille tout entière, les voisins, les prêtres, mes amis. Béni soit le Ciel. Restez ici, je serai bientôt de retour. Dieu soit loué, j’ai vu les parents du Sauveur ! Priez pour moi, je vais annoncer cette bonne nouvelle.
Et le visionnaire disparut aussitôt, laissant Joseph et Marie à leur dénuement. Il n’avait pas compris qu’ils avaient besoin de lui.

Joseph emmena donc Marie à l’écart de la ville où personne n’avait su les recevoir.

Extension, si l'enfant est à même de l'entendre:

La neige commença à tomber — beaucoup de gens sourient à cette idée, c’est qu’ils ne connaissent pas Bethléem, sur les montagnes de Judée, à 800 mètres d’altitude, où les neiges ne sont pas rares à ce moment de l’année. C’était un 25 décembre, les historiens sérieux le savent à cause du recensement de l’empereur Auguste, et puis les registres des heures sacerdotales trouvés à Qu’mran mentionnent celle de saint Zacharie, père de saint Jean-Baptiste, datant l’apparition de l’Archange saint Gabriel dans le temple, venu annoncé la conception de son fils le 25 septembre, 6 mois pile avant l’Annonciation à Marie ; et puis, c’était le jour de la Fête des lumières et du solstice d’hiver, quand le soleil recommence à s’élever sur l’horizon. Jésus Soleil de Justice, qui illumine les ténèbres de ce monde, a voulu apparaître sur Terre le jour de cette fête païenne. Enfin, la Sibille de Rome indiqua que Dieu naîtrait sur Terre un 25 décembre. D’autres prophéties avaient prédit qu’en cette nuit un immeuble connu de Rome se serait écroulé, ce qui se produisit, et que la fontaine de l’Hospice des vieux soldats donnerait de l’huile au lieu d’eau, ce qui eut lieu. Telle fut la nuit ou naquît l’Enfant Jésus, quoi qu’en disent les farfelus qui prétendent que Jésus ne naquit pas le jour de sa naissance… Et oui, mais ce n’est pas une surprise pour les gens qui ont du bon sens : Noël a lieu à Noël.

Donc, grelottant de froid, Joseph et Marie trouvèrent une étable abandonnée et s’y installèrent. Marie accoucha là et ne trouva, comme lit pour le bébé, qu’une mangeoire emplie de paille. Bientôt viendraient des gens simples, sans demeure, des bergers qui leur sacrifièrent leur temps et leurs présents ; il vint aussi des gens qui avaient de quoi leur offrir de l’or, de la myrrhe et de l’encens, des mages. Ceux-là, pauvres ou riches, étaient déjà sur la route.

Avant la nuit de Noël

Ary_Scheffer_-_Bataille_de_Tolbiac

Ste Geneviève et ste Clotilde racontées aux enfants – deuxième partie

Clovis réfléchit à épouser Clotilde.Il n'est pas encore tout à fait décidé

Le roi Clovis envoya son ami Aurélien à Genève, où vivait la princesse Clotilde. Il voulait s’assurer qu’elle avait toute les qualités dont l'évêque Rémi l’avait parée, et qu’elle consentirait à ce mariage. Aurélien vit la princesse, qui était très belle. Il accomplit sa mission secrète, et Clotilde accepta d’épouser Clovis. Elle avait grandi dans la foi catholique, et depuis son enfance, l’évêque Avitus l’avait préparée à son rôle : épouser un chef païen et le convertir, l’amener à Dieu. Génie d'un grand évêque !

Clovis demanda donc au roi Gondebaud la main de sa nièce. Celui-ci n’osa pas refuser la demande de son puissant voisin. Ainsi, un matin de l’an 492, Clotilde prit ainsi le chemin de Soissons. Elle était escortée d’évêques et de guerriers. De lourds chariots traînés par des bœufs transportaient ses bagages, mais ralentissaient l’avance du convoi. Aussi la princesse fit-elle appeler le chef des guerriers qui l’accompagnaient :

charettes ste clotilde

— Je me méfie de mon oncle Gondebaud, dit-elle. Il pourrait bien changer d’avis, et chercher à me rattraper. Laissons donc les chariots continuer sur ce chemin, et prenons un raccourci à cheval.

Effectivement, Gondebaud envoya ses cavaliers pour tenter de rattraper sa nièce ! Clotilde avait eu une juste intuition. Mais c’était trop tard. Clovis l’attendait à la frontière, près de Troyes. … La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

les huns

Ste Geneviève et ste Clotilde, Clovis roi racontés aux enfants– première partie

En ce temps-là, des peuples barbares s’installaient en Gaule romaine, se mêlant aux chefferies gauloises et aux romains établis depuis plusieurs générations, adoptant leurs coutumes et leurs façons de vivre. Certains étaient devenus chrétiens, d’autres étaient restés païens, adorant les dieux des forêts et des fontaines.

Mais voici qu’au milieu du quatrième siècle surgit une tribu barbare redoutable : les Huns, dont nous avons parlé il y a plusieurs mois. On racontait que ces cavaliers étaient infatigables, mangeant et dormant sur leurs petits chevaux. Ils pillaient, tuaient, incendiaient tout sur leur passage. Les terribles hordes barbares déferlèrent en Allemagne puis en Gaule. Détruisant, pillant, ils semaient la terreur ; et tous fuyaient devant eux.

Les Huns : de redoutables barbares Clovis roi

Les Huns : de redoutables barbares menés par le célèbre Attila

C’est ainsi que les Huns arrivèrent devant Paris, après avoir rasé la ville de Metz. Les édiles qui dirigeaient la ville furent épouvantés.

— Les Huns arrivent ! Sauvons-nous ! s’exclama un chef des commerçants.
— Attila va nous massacrer, si nous tentons de résister, dit un notable.
— Ouvrons les portes de la ville aux barbares. Peut-être ainsi serons-nous épargnés ? ajouta un clerc de notaire.

C’est alors qu’une… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

Saint Louis roi de France raconté aux enfants – première partie

Saint Louis roi

Saint Louis

Histoire-pour-enfant-saint-louis-roi-de-france-premiere-partie

En ce matin de novembre 1226, il y a de cela presque huit cents ans, les cloches de la cathédrale de Reims sonnent à la volée, et leur carillon joyeux est bientôt repris par toutes les églises du royaume de France. Modestes chapelles, églises de villages et fières cathédrales lancent ainsi dans le ciel leur message : un nouveau roi vient d’être couronné !

Un jeune garçon de douze ans, le prince Louis, vient d’être sacré roi. Il a prêté le serment avec sérieux, puis a reçu l’onction sainte et les insignes de la royauté : la couronne, l’épée de Charlemagne, les éperons, la main de justice, et le sceptre.

Près de lui se tient sa mère, la reine Blanche de Castille. Son père, le roi Louis VIII, est mort soudainement de maladie, après six ans de règne seulement. La reine avait toujours veillé à ce que ses enfants soient instruits par de bons précepteurs et entraînés au maniement des armes. Aussi le roi Louis fut un vrai chevalier, énergique, pieux et instruit.

Blanche de Castille, mère de Saint Louis et reine régente Saint Louis roi

Blanche de Castille, mère de Saint Louis et reine régente

— Mon fils, aime à lui répéter la reine, vous êtes roi par la grâce de Dieu, et je vais consacrer mes forces à vous maintenir en ce royaume que notre Seigneur Dieu vous a confié. Soyez toujours digne de vos ancêtres : votre grand-père, le roi Philippe-Auguste, a établi la paix et la prospérité en France. Vous êtes né la même année que la bataille de Bouvines, cette victoire décisive contre les Anglais. Mais surtout, souvenez-vous toujours que vous êtes chrétien, priez Dieu en toutes circonstances de vous guider.

En ce temps-là, le trône royal était assez fragile, et les grands seigneurs du royaume ne manquaient pas une occasion d’affirmer leur pouvoir et leur indépendance : quelle chance pour eux que de voir un jeune prince inexpérimenté monter sur ce trône ! Ils allaient ainsi pouvoir régner à sa place. Mais c’était sans compter sur la force et la volonté de la reine Blanche. Courageuse et déterminée, en digne petite fille de la reine Aliénor d’Aquitaine, elle est nommée régente du royaume pour son jeune fils.

La France au XIIIe siècle : une mosaïque de duchés Saint Louis roi

La France au XIIIe siècle : une mosaïque de duchés dirigés par des seigneurs, certains puissants et ambitieux

Mais déjà, les barons entrent en rébellion. Le… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu.

écu d'or

Saint Louis roi de France raconté aux enfants – seconde partie

Histoire pour enfant Saint Louis, roi de France - seconde partie

Le roi Louis IX est en Terre sainte. Hélas, les nouvelles de France ne sont pas bonnes.

statue-saint-Louis roi de FranceAprès ces deux ans passés en Terre Sainte, à fortifier le royaume chrétien, le roi Louis reçoit une triste nouvelle : sa mère, la reine Blanche de Castille, vient de mourir. Le royaume de France est sans chef. Il lui faut rentrer au plus vite, après en tout six ans d’absence, ce qui est énorme (imagine l'un de nos présidents parti pendant 6 ans).

Voici enfin le roi de retour en France, l’été 1253. Il va se consacrer entièrement à son devoir de roi, cherchant à établir la paix, la justice, en se laissant guider par Dieu pour le bien du royaume.

— Sire, tout de même, vous êtes vêtu trop simplement ! Vous ne portez pas de riches fourrures, ni d’étoffes précieuses. Les gens vous regardent comme l'un d'entre eux et ne vous respectent pas assez. Plus de faste serait plus avantageux pour le royaume. Le roi d'Angleterre est respecté et puissant, lui, car il sait montrer sa magnificence !
— Croyez-vous ? Les gens me critiquent sur le moment, peut-être, mais vous verrez que je leur laisserai bon souvenir car on se rappelle mieux ce qui est proche de soi. Le faste que je veux, c'est le faste spirituel, le faste des vertus.
Un autre jour, on lui dit:
— Mais enfin, Sire, vous coupez votre vin avec de l'eau, un vin excellent pourtant de nos meilleurs vignerons qui risquent d'être bien fâchés, et puis vous mangez les mets les plus pauvres, au lieu de ce que les cuisiniers avaient prévu. Vraiment, vous allez peiner bien de vos sujets.
— Croyez-vous ? Ils ne le sauront pas si vous ne le leur dites point, tout simplement. Et puis la bonne nourriture doit être pour les sujets, et non les princes qui au contraire doivent descendre au niveau du peuple, alors que celui-ci cherche à s'élever à eux. Pour moi qui suis roi, je dois montrer l'exemple et ne pas offenser notre Seigneur qui est mon modèle puisqu'il est roi de la Terre et du Ciel. Il mangeait simplement, Lui. Oui, je veux vivre un peu de la pauvreté du Christ et je veux être attentif à ce que les pauvres gens reçoivent à manger.

Le roi veille aussi à ce que ses enfants reçoivent … La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

galère espagnole

« La Terreur du Diable » et les barbaresques racontés aux enfants

Barberousse https://lhistoiredusoir.com « La Terreur du Diable » et les barbaresques

Barberousse, célèbre pirate qui a nourri beaucoup de fictions

Il y a quelques siècles, sur les côtes françaises de la Méditerranée, comme sur les côtes italiennes ou grecques, bref tout le long des côtes européennes de la Méditerranée, on ne trouvait pas de villages aussi charmants et paisibles que ceux que l’on y trouve aujourd’hui. Au contraire, il s’agissait de villages pauvres de pêcheurs qui vivaient constamment dans l’inquiétude : ils redoutaient sans cesse l’apparition soudaine et catastrophique des pirates, ceux qu’on appelait les « Barbaresques », venus des côtes africaines. L’un des plus célèbres de ces pirates fut Barberousse. Mais Barberousse a eu un fils aîné, devenu un pirate fameux et intelligent, qui avait réussi à constituer autour de lui, et sous son commandement, une équipe terrible. À Alger, il devint le maître incontesté et chacun de ses lieutenants étaient également bien connus. L’homme dont nous allons parler aujourd’hui fut l’un de ses lieutenants, il s’appelait Aydin, un Français, qui s’était donné le nom de "la Terreur du Diable".

Les villages de pêcheurs, sur le littoral https://lhistoiredusoir.com « La Terreur du Diable » et les barbaresques

Les villages de pêcheurs, sur le littoral, étaient bien incapables de se défendre contre les pirates

Ce pirate terrifiant devint rapidement célèbre à cause d’une audace qui ne connaissait pas de limites.

En 1529, alors que la Terreur du Diable croisait autour des îles Baléares, attendant de trouver sur sa route un navire espagnol qu’il aurait pu attaquer et piller, on lui signala dans un petit port de la côte de Valence, la présence d’un grand nombre de "moriscos", des esclaves captifs des Espagnols.

— Il y a des prisonniers, des moriscos, et ils sont prêts à payer pour être délivrés.

— La belle affaire que voilà ! Et combien payent-ils ?

— Je leur ai fait demander, nous le saurons dans un prochain message. Ils veulent qu'on les emmène à Alger.

— C'est d'accord, s'ils payent le double.

Ces esclaves firent savoir au pirate qu'ils étaient d'accord, qu'ils payeraient largement. Ces esclaves n’avaient qu’une idée en tête :… La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Abonnés, connectez-vous dans le menu. 

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